‹ Œuvres complètes de Benvenuto CelliniChapitre 82 sur 285 · LIVRE Ql'ATRlfcMK. ttft · texte numérisé non relu

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hoùie ce stopide pantin, et j'aurais, & coup sûr, trouvé quelque excuse pour réparer sa folie.

Dès que j'eus reçu la lettre du cardinal de Ferrare, je loi répondis que le cardinal Gaddi ne m'avait rien offert, elque uiéme, s'il m'avait adressé quelques propositions, je n'aurais pas quitté l'Italie avant d'avoir consulté Sa Seigneurie révérendissime, d'autant plus que j'avais à Rome plus d'affaires que jamais. J'ajoutai cependant que je partirais de suite en abandonnant tout, si Sa Seigneurie révérendissime me transmettait un seul mot de Sa Majesté.

Dès que j'eus expédié mes lettres, mon traître d'ouvrier pérugin imagina une malice qui obtint un succès complet et immédiat, grâce à l'avarice du pape Paul, et surtout a celle de Pier Luigi, son bâtard, qui portait alors le titre de doc de Castro. Mon ouvrier dit à un des secrétaires du signor Pier Luigi qu'ayant travaillé avec moi pendant plusieurs années , toutes mes affaires lui étaient connues , qu'en conséquence il pouvait assurer au signor Pier Luigi que je possédais plus de quatre-vingt mille ducats, dont la plus grande partie était en joyaux appartenant à l'Eglise, et que j'avais volés à l'époque du sac de Rome, dans le château Sant'-Agnolo ; ainsi, qu'on devait m'arrêter surle champ, en se gardant bien de me donner l'éveil.

In matin, après avoir travaillé plus de trois heures avant le jour aux bijoux de la signora Orsina, j'endossai ma cape pour faire une petite promenade pendant que l'on ouvrait et que l'on balayait ma boutique. Au moment où je débouchais par la Strada Giulia sur la Ghiavica, le bargello Crespino me barra le chemin avec tous ses sbires , el me dit : — « Tu es prisonnier du pape. » — « Crespino, m'écriai-je, tu me prends pour un autre. » — a Non, ditil* tu es l'habile Benvenuto, je te connais très-bien, et il faut que je te mène au château Sant'-Agnolo, où l'on n'envoie que les seigneurs et les gens de talent comme toi. -

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Quatre sbires s' étant jetés sur moi pour m* enlever une dague que je portais au côté et des anneaux que j'avais aux doigts, Grespino leur dit : — a Qu'aucun de vous ne le touche. Faites seulement votre devoir, qui est de veiller à ce qu'il ne m'échappe pas. » — Puis il s'approcha de tnoî , et me demanda poliment mon arme. Pendant que je la lui remettais, je vins à penser que cet endroit était précisément celui où j'avais tué Pompeo. On me conduisît au château , et on m'enferma dans nne des chambres de l'étage supérieur de la tour. J'avais trente-sept ans, et c'était la première fois que je goûtais de la prison.

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