‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 10 sur 183 · ADE · texte numérisé non relu

ADE

monastères que sous un aspect politique, ces établissements sont Irès-avantageux, et qu'en les détruisant ou en changeant leur destination, l'on produirait beaucoup plus de mal que de bien ; il a répondu d'une manière très-satisfaisante à toules les objections que les censeurs de l'état monastique ont compilées dans leurs dissertations.

Sans entrer ici dans un grand détail, il est évident, l°que, dans toutes les abbayes et les monastères en règle, le revenu est consumé sur le lieu même etdans le voisinage; au lieu que s'il était donné à des séculiers, il serait dépensé à la cour, dans la capitale, ou dans quelqu'autre demeure éloignée du sol et du séjour des colons. 2° Que, par, le moyen des commendes, il n'est aucune espèce de revenu qui soil plus immédiatement sous la main du gouvernement; puisque le roi en dispose à chaque mutation, et que l'on peut les employer à l'utilité publique par des réunions, par les économats, par des pensions, etc. 3° Qur, dans toules les calamités quiaffligent les campagnes, il n'est point de ressource plus prompte et plus certaine que celle que l'on peut trouver dans les abbayes. Si l'on faisait une liste des bonnes œuvres qui se font journellement dans ce genre, les ennemis des moines seraient forcés de rougir de leurs déclamations. t° Que ces vastes bâtiments qui insultent, dit-on, à la misère publique, ont été élevés par les bras des ouvriers du canton , qui y ont ainsi gagné leur vie; qu'en cela l'on s'est conformé au sentiment de nos philosophes politiques, qui soutiennent que la meilleure espèce d'aumône est de faire travailler le peuple. Il y aurait bien d'autres observations à faire. Voyez Moine, Monastère. ABDaS. [C'était un évêque d'un zèle inconsidéré, qui mit le feu à un temple d'idoles.] Voy. Zèi.e.

ABDENAGO. Voy. Enfants dans la fournaise.

ABDIAS, lequatrième desdouze petits prophètes, vivait sous le règne d'Ezéchias, vers l'an 726 avant Jésus-Christ : il prédit la ruine des Iduméens et le retour de la captivité de Juda, la venue du Messie et la vocation des gentils; mais ces dernières prédictions ne paraissent pas aussi claires que les premières. Il ne faut pas le confondre avec plusieurs autres Abdias, dont il est parlé dans l'Ecriture, savoir : 1* un certain Abdias, intendant de la maison d'Achab, qui cacha, dans la caverne d'une montagne à laquelle il donna son nom, cent prophètes, pour les soustraire à la fureur de Jézabel ; 2° Un intendant des Gnanccs de David ; 3° un des généraux d'armée du même roi ; k° un lévite qui rétablit le temple sous le règne de Josias.

Abdias de Babylone, auteur supposé d'une histoire du combat des apôtres. Il nous dit dans sa préface q:î'il avait vu Jésus-Christ ; qu'il était du nombre des soixante et douze disciples; qu'il suivit en Perse saint Simon et saint Jude, qui l'ordonnèrent premier évêque de Babylone. Mais en même temps il

cite Hégésippo, qui n'a vécu que cent trente ans après l'ascension de Jésus-Christ, et veut nous faire accroire qu'ayant écrit luimême en hébreu, son ouvrage a été traduit en grec par un nomméEutrope, sondisciplc, et du grec en latin, par Jules Africain, qui vivait en 221. Ces contradictions démontrent que le prétendu Abdias est un imposteur. Wolfang Lazius, qui déterra le manuscrit de cet ouvrage dans le monastère d'Ossak en Carinthie, le fil imprimer à Bâle en 1551, comme un monument précieux. 11 y en a eu plusieurs autres é lilions sans que celte histoire en ait acquis plus d'autorité.

ABD1SSI, ABDJESU ou EBEDJESU. Voyez Chaldéens.

ABECEDAIBES, branche d'anabaptistes, qu' prétendaient quepourêlre sauvé il fallait ne savoir ni lire, ni écrire. Voyez Anabaptistes.

ABEL, second fils d'Adam. Selon l'histoire sainte, Caïn son fils aîné, cultivait la terre; Abel élevait des troupeaux ; le premier offrait à Dieu les fruits de l'agriculture ; le second lui présentait la graisse ou le lait des animaux : il était naturel que, par reconnaissance, les hommes fissent à Dieu l'offrande des aliments qu'ils tenaient de sa bonté. Dieu agréa les dons d'Abel, et n'eut point égard àceux de Caïn. Celui-ci, jaloux de la prospérité de son frère, conçut contre lui une haine violente et le tua.

Les rêveries que les rabbins ont écrites sur la conduite d'Abel ne méritent aucune attention; le récit simple et naïf de l'Ecriture donne lieu à plusieurs réfle\ions. 1e Le sort des deux frères dut faire sentir à nos premiers parents les suites terribles de leur péché, l'excès des misères auxquelles était condamnée leur postérité. 2° La destinée â'Abei démontre que les récompenses de la vertu ne sont pas de ce monde. Dieu avait dit à Caïn, pendanlqu'il méditait son crime: Si tu fais bien, n'en recevras-tu pas la récompense? Si tu fais mal, ton péché s'élèvera contre toi. Cependant Abel reçoit pour toute récompense de sa piété une mort violente et prématurée. Dieu a donc accompli sa promesse dans une autre vie. Selon saint Paul, Abel, par sa foi, a offert à Dieu de meilleurs sacrifices que Caïn ; par là il a mérité le nom de juste; Dieu lui-même a rendu témoignage à ses offrandes, et parcelle foi il parle encore après sa mort. Hebr. xi, k.

Quelle a pu être la foi à' Abel, sinon une fer/ne croyance à la vie future? Le témoignage que Dieu lui a rendu serait illusoire , si la piété A'Abei était frustrée de toute récompense. L'indulgence avec laquelle Dieu traite Caïn après son crime serait un nouveau sujet de scandale. Voy. Caïn.

Comme sainl Cypaien, /. de Bono patienliœ, a loué Abel de ne s'être pas défendu contre sun frère, et d'avoir ainsi donné un prélude de la constance des martyrs et de la patience des ju les , Barbeyrac accuse ce Père d'avuir détruit par là le droit naturel d'une juste défense de sui-même. Traité de tu morale des Pères, e. 8, § M.

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