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ne me louchent qu'autant qu'ils peuvent servira mou bonheur. On me parle d'un intérêt bien entendu : mais c'est à moi seul de l'entendre bien ou mal ; et quand je l'entendrais mal , ce serait une erreur et non un crime. — h" Parce que la sagesse de Dieu exige qu'il commande ou défende telle action , il ne s'ensuit pas qu'il y est obligé par une loi antérieure et indépendante de sa volonté; si Dieu n'avait rien voulu créer, où sentit la loi qui l'y aurait forcé? Gela ne signifie rien, sinon" que Dieu se contredirait lui-même, si, en créant l'homme, il ne lui imposait pas telle loi : or un être infiniment sage ne peut pas être en contradiction avec lui-même.
Les déistes ont encore abusé delà distinction faite par les théologiens, en soutenant que Dieu ne peut pas commander ou défondre par des lois positives des choses qui sont pu elles-mêmes indifférentes; c'est une erreur, puisque Dieu, par ses lois positives, rend l'observation de la loi naturelle plus sûre, et en prévient la transgression ; ainsi la défense de manger du sang avait pour objet d'inspirer à l'homme l'horreur du meurtre, et la loi du sabbat était une leçon d'humanité, qui obligeait l'homme à donner <!u repos aux esclaves et même aux animaux {Deut. v, IV. — Appellera-t-on bien moral ce qui est conforme à la raison? La raion nous montre ce qui est bien ou mal, mais ce n'est pas elle qui le rend tel ; d'aiileurs qui nous oblige à suivie notre raison plutôt que notre appétit? Ce qui est conforme à notre conscience? Même réflexion ; si la conscience ne nous montre pas une loi, nous en serons quittes pour l'étouffer. Ce qui nous est avantageux à Ions égards? Notre avantage n'est pis une loi ; en y renonçant nous serons peut-être insensés, mais nous ne serons point criminels.
La révélation nous a donc donné la vraie notion du bien et du mal moral, ou de la moralité de nos actions, en nous montrant Dieu comme un souverain législateur, qui a exercé celle auguste fonction dès la création. En s'écarlanl de cette idée lumineuse et primitive, les philosophes ont vainement disputé sur la régie des mœurs ; ils n'ont trouvé que des erreurs et des ténèbres. Voy. Conscience, Dkvoir, Loi naturelle.
Une grande question est de savoir si un Dieu bon, jus'e, saint, a pu permettre le mal moral, s'il n'a pas dû le prévenir cl l'empê> cher; nous la traiterons à l'article Mal. RIENS. Voy. Richesses.
R K\S ECCLÉSIASTIQUES. Vo\J. BÉNÉFICES.
BIENFAITS DE DIEU. L'Ecriture sainte nous dit que Dieu a béni tous ses ouvrages, qu'il ne néglige aucune de ses créatures, qu'il est bon et bienfaisant à l'égard de tous les hommes, que ses miséricordes se répandent sur tous sans exception (Gm. v,2; Sap. xi, -25; Ps. cxi.iv, 9). C'est une des vérit s dont il nous importe le plus d'être persuadés.
Il faut distinguer les bienfaits de Dieu dans l'ordre phvsiq le et dans l'ordre moral; ces
derniers sont ou naturels ou surnature!». Tout ce qui peut contribuer au bien-être d'une créature sensible, dans l'ordre physique, est sans doute un bien fait. Indép ndam ment de la multitude des êtres destinés dans l'univers à notre usage, il est des bienfait^ personnels accordés à chaque particulier, comme des organes sensitifs bien conformés, un tempérament robuste, une sanlé constante, un caractère toujours égal, etc.; sans cla l'homme ne jouit qu'imparfaitement des êtn-s créés pour lui. Un esprit juste et droit, des passions calmes, un goût inné pour la vertu, sont dans l'ordre moral des avantages inestimables. — Tous ces dons sont distribués aux hommes avec beaucoup d'inégalilé; il n'est peut-être pas deux individus qui les possèdent dans la inême mesure ; les tempéraments sont aussi variés que les visages; mais il n'est personne qui ne participe plus ou moins aux bienfaits de Dieu, dans l'ordre physique et dans l'ordre moral. Quand on y regarde de près, l'inégalité ne se trouve plus aussi grande qu'elle le parait d'abord; Dieu a tellement ménagé et compensé ses dons, que personne n'a lieu de se plaindre. Quel est l'homme sensé qui voudrait changer son existence, prise dans sa totalité, contre celle d'un autre homme quelconque? En général chacun est content de soi ; il n'a donc pas droit d'être mécontent de Dieu. Mais ses bienfaits sont nuls pour quiconque n'en sent pas le prix ; c'est la sagesse, la reconnaissance, le bon esprit, et non la quantité des biens, qui nous rendent heureux. Les désirs vagues du mieux être sont un égarement de l'imagination, presque toujours nous aurions suj't de nous affliger, si Dieu exauçait nos vœux.
Les bienfaits surnaturels sont tous les moyens intérieurs ou extérieurs de parvenir au salut éternel. Voy. Grâce.
L'essentiel est de savoir, à l'égard des uns et des autres, que la bonté infinie de Dieu n'exige point qu'elle nous les accorde plus abondamment qu'elle ne fait ; que sa justice ne consiste point à les distribuer également à tous, mais à ne demander compte à chaque particulier que de ce qu'il lui a donné. Ces deux vérités bien comprises épargneraient au commun des hommes une infinité de murmures injustes, et aux philosophes un grand nombre de faux raisonnements. Voy. Ronté, Justice, Egalité.
BIENHEUREUX. En théologie, ce terme signifie ceux auxquels une vie pure cl sainte omre le royaume des cieux. Qui pourrait peindre le ravissement d'une âme qui, détachée tout à coup des liens du corps, et débarrassée du voile qui lui dérobe la Divinité, se trouve admise à contempler celte di\ine essence, à voir Dieu tel qu'il est, à puiser le bonheur dans sa source même? Noits serons semblables à lui, dit saint Jean, parce que nous le verrons tel qu'il est (I Joan. ni, 9). l 'os saints. Seigneur, seront enivrés de l'abondance de vos biens, vous les abreuvertM
d'un ton rut d>' délices , et les éclairerez de 90lf8 propre lumière (Ps. xxxm, 9). Là dis-