‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 101 sur 183 · MF · texte numérisé non relu

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paraissent les contradictions apparentes dos mystères dont la hauteur étonne notre raison -, là se développent toute l'étendue de l'amour de Dieu pour nous, et la multitude de ses bienfaits; là s'allume dans l'âme cet amour immense qui ne s'éteindra jamais, parce que l'amour de Dieu pour elle sera son aliment éternel.

Bienheureux se dit encore de ceux auxquels l'Eglise décerne un culte public, mais subordonné à celui qu'elle rend aux sainls qu'elle a canonisés. La béatification est un degré pour arriver à la canonisation. Voy. ces articles.

¥ BIENS (Communauté des). H y a dans noire siècle un terrible antagonisme entre ce qui possède et ne possède pas. On rêve un changement total des for. unes ; on croit que la communauté des biens serait le remède salutaire à relie inégalité qui dévore la société. Nous avons montré, au mot Propriété, que la propriété est un véritable progrès dans la société et une source de peifeclionnemenls. (Voy. le. Dict. de Théolog. mor., arl. Propriété). Nous ne reviendrons pas sur les considérations que nous avons présentées d ms cet article. Il est bon de savoir si à l'ongine, lorsque l'homme sortait à peme des mains du Créateur, tous les biens étaient communs. C'est une erreur encore répandue dans plusieurs de nos livres philosophiques el même religieux.

M. de Courson a écrit plusieurs letires sur le socialisme moderne. Il se propose, dans la quatrième, de faire l'histoire de la. communauté telle qu'elle a existé chez les nations barbares de ï antiquité. Il commence ainsi son travail : « L'histoire nous révèle que dans l'enfance des sociétés, avant que les peuplades nomades ne lussent descendues de leurs chariots de voyage, la tene était commune entre les hommes. Ainsi chez les Scythes, au témoignage de Nicolas de Damas, les biens étaient en commun. (Prodrom. de la Biblioth. grecque de Coray, p. 271,272.); le même*usage était en vigueur chez les Bretons. Quant aux Germains, César nous apprend que la propriété fixe et limitée à la manière romaine leur était tout à fait inconnue : c'étaient les magistrats el les princes de la nation, dit le grand historien, qui, sur l'auire rive du Khin, assignaient chaque année aux familles et aux tribus, la portion de terrain qu'elles (leva ent occuper dans telle ou telle localité. L'année suivante, ils les obligeaient à s'établir ailh-urs. (Cœsar, de Bell. Cuil., vi, 32). Les mêmes faits se retrouvent au même degré de culture encore chez tous les peunles, ajoute M. de Courson. (Uerod. Melp. 180 ; Diod. Sicul. t. I, p. 155; Pomp. Mêla, ï, 8) ; et c'est ce qui explique les étranges systèmes de la République de Platon, souvenirs vivaces d'une époque toute barbare au sein d'une civilisation très-avancée. > Telle est la théorie ex posée par M. de Courson. Nous croyons que si elle était vraie, si les mêmes faits se r< trouvaient chez tous les autres peuples, le communisme pourrait s'en prévaloir ; heureusement qu'il n'en est rien. 11 y a ici ou exagération donnée sur quelques faits, ou erreur complète sur les autres. Non, l'histoire ne nous révèle rien de semblable. Elle nous dit au contraire que dès le commencement les biens n'ont pas été communs. Abel avait ses troupeaux, Caïu ses fruits qu'ils offraient au Seigneur : l'offrande de l'un n'était pas celle de l'autre. Ces idées, ces pensées de vraie propriété, ces paroles, mes troupeaux, mes fruits, ont été prononcées dès le commencement : elles représentaient l'ordre prescrit, enseigné, ordonné de Dieu, et les chefs des peuples enseignèrent el transmirent ces mêmes enseignements el ces mêmes traditions à leurs enfants el aux peuples qui en descendirent. La même chose ad-

vint sous Noé. Ses enfants avaient leurs troupeaux, LEURS habits, leurs lentes, tout cela leur appartenait et constituait une véritable propriété. Cet ordre avait été établi de Dieu, pour rendre la société possible et durable. Dès le premier jour où il y eut des familles, le précepte tu ne voleras point, fut promulgué el connu. Voilà le vrai fondement de la propriété, et non ceux que l'on cherche péniblement à établir et qui croulent aussi de toutes parts sous tes coups du communisme. Il en arrivera ainsi de tout étal, de tout ordre que l'on voudra établir sans tradition el sans Dieu.

Ainsi donc il est faux que, dans l'enfance des sociétés, tous les biens fusssenl communs. Mais n'al-il pas pu arriver que quelques tribus, quelque portion de la grande famille humaine, détachées de la souche commune, ayant perdu la tradition, aient regardé les terres et les biens comme communs ? Ceci est une auire question qui n'infirme en rien la première ; ce serait une anomalie, un oubli, un égarement, un abrutissement el non un établissement primitif. Examinons si celle assertion est entièrement réelle. César s'exprime ainsi relativement au communisme des Germains : i Les Germains ne s'occupent pas d'agriculture ; leur nourriture la plu* commune consiste en lait, fromage el chair d'animaux ; personne n'a de champs déterminés ni de limites propres ; mais les magistrats et les princes assignent tous les ans à chaque tribu et à chaque famille d'individus, qui se sont assemblés en commun, autant de champs qu'il leur fuit, et dans le lieu qu'il leur plaît, et puis, l'an d'après, les obligenf à passer ailleurs. » (Caisar, de Bello Galiico, I. vi, c. 5.) — Les commentateurs et les légistes ont longuement disserté sur ces textes ; nous n'avons pas à les y suivre, mais pour la thèse actuelle nous dirons : 1° Que supposé mê . e que celle communauté de terres Au complète et entière, on ne devrait pas en conclure que les mêmes faits se retrouvent dans l'histoire de tous les autres peuples. Qu'estce que cette peuplade de Germains en comparaison des Gaulois, des Bretons, des Arabes, des Egyptiens, des Assyriens, des Indiens, des Chinois chez lequels le principe de la propriété était bien neileineat reconnu? Pourquoi prendre une peuplade pour l'univers entier' 2° — M lis est-il bien vrai que le principe de propriété fut inconnu aux Germains ? N'avaient-ils pas leurs femmes el leurs enfants propres ? n'avaient ils pas leurs chars et leurs troupeaux propres, c'est-à-dire les ob,ets de nécessité première, leurs maisons ei leurs voilures ? ces terres mêmes n'é aient-elles pas leur propriété pendant l'année qu'ils les possédaient ? celte propriété n'élail-elle pas concédée avec ordre et par autorité, par les magistrats, comme chez nous ? César ne dit-il pas expressément que les vols cl les dépiéd. liions étaient défendus parmi eux? t'.cla ne piouvo-i-il pas que le principe de la proprié. é y était connu? — 5° Il csi vrai que la propriété immobilière n'y était pas eu usage : mais ou lie les raisons qu'en donne César, et dont la principale était la crainte que le peuple n'abandonnât le métier des armes pour l'agriculture, n'était-ce pas une condition forcée de leur vie première, d'une vie errante et riche en troupeaux ? Tous les peuples qui oui d'immenses troupeaux, et qui sont dans des lieux espacés et sans propriétaires, peuvent-ils faire autrement ? Même de nos jours, les Tari ares ont-ils un autre genre de vie, nos Arabes d'Algérie ne font-ils pas comme les Germains, changeant de pâturages selon leurs besoins ou leur plaisir ? Cela einpêche-t-il que le principe de la propriété ne soil connu d eux ? Dans notre France même, n'avons-nous pas ims terrains communaux et de libre pâture ? Que cirait-on de celui qui viendrait en induire que le principe de la propriété n'y étail pas connu, ou qui voudrait étendre cet usage restreint a tnus les au!res peuples (Eccard, Montesquieu, et do

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