‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 12 sur 183 · Y 01/. DÉFENSE DE SOI-MÊME · texte numérisé non relu

Y 01/. DÉFENSE DE SOI-MÊME

ABELIENS, ABELOlïKS, secte d'hérétiques assez obscurs cl en petit nombre, qui ont subsisté pendant quelques années auprès d'Hippone en Afrique. Quoique mariés, ils s'abstenaient de tout commerce conjugal avec leurs femmes. le motif de cette conduite bizarre était probablement d'imiter la chasteté d'Abel, que l'on suppose n'avoir jamais eu d'enfanls. Mais, outre l'incenitude de ce fait, il aurait été plus simple de s'abstenir du mariage. Celle continence mal entendue ne pouvait manquer de produire bientôt du désordre dans un climat tel que l'Afrique. Quels qu'aient pu être leurs motifs, ils no valaient pas la peine que plusieurs écrivains se sont donnée pour les deviner. S. Aug., de Hœr., n. 87.

Mosheim , Hist. ecclésiast., w siècle , part, m, c. 5, n. 18, a pris les Abéliens pour une secte de gnostiques. Il nous paraît qu'il s'esi trompé. Saint Augustin parle de ceux d'Afrique comme d'une secte qui venait de s'é:cindre , et qui n'avait pas duré longtemps.

ABCARE, roi d'Edesse, ville de la Mésopotamie, esi connu dans l'histoire ecclésiastique par ce que Eusèbe en rapporte, liv. 1, c. 13 ; il dit que ce roi écrivit à Jésus-Christ pour le prier de venir le guérir d'une maladie : que le Sauveur lui fil réponse et promit de lui envoyer un de ses disciples; qu'après l'ascension, saint Thomas envoya en effet saint ïhadée, qui guérit Abgare et convertit la ville d'Edesse. Eusèbe rapporte la lettre et la réponse, et prélend les avoir tirées des archives de la ville d'Edesse.

De savants critiques oui regardé ces deux pièces comme supposées ; Tiliemont, Cave èl d'autres , les reçoivent comme authentiques et icpondenl aux difficultés qu'on leur oppose. Mosheim n'oserait garantir l'authenticité de ces deux lettres ; mais il ne voii aucune raison de rejeter l'histoire qui y a donné lieu. D'autres protestants plus hardis s'inscrivent également en faux contre l'histoire et contre les lettres; mais ils n'allèguent que des preuves négatives.

Il n'est pas fort nécessaire à un théologien de prendre parti dans celte dispute, qui est dans le fond très-indifférente à la religion chrétienne. On ne fonde sur ce monument aucun fait, aucun dogme, aucun point de morale, cl c'cbl pour cela même

qu'il ne parait pas probable que l'on ait fait une supercherie sans molif. La lettre d'Abgare | ourrait fournir une preuve do plus de la réalité de l'éclat des miracles de Jésus-Christ ; mais nous en avons assez d'autres pour pou\oir aisément nous passer de celle-là. Voyez les notes Variorum sur Vllist. Ecclés. d'Eusèbc, et Tiliemont, torn. 1,

pag. 360 el suiv.

ABIATHAR, fils d'Achimelech, fut le dixième grand-prêtre des Juifs, depuis Aaron. 11 est dit , / Beg., c. 22, v. 18 et suiv., que S;iùl ayant appris qu'Achimelech avaii fourni à David des vivres et une épée, fit massacrer ce sacrificateur et tous ceux de la ville deNobé, au nombre de quatre-vingt-cinq hommes, et fit passer tous les habitants de celle ville au fil de l'épée; qu'un fils d'Achimelech, nommé Abiathar, se sauva auprès de David, qui le prit sous sa protection. De là on a conclu qu'il y eut alors deux grandsprêtres; savoir: Sadoc dans le parti de Saiil, el Abiathar dans celui de David. Sous le rèiine de Salomon , Abiathar s'étant altachéau parti d'Adonias, fut privé du sacerdoce et relégué à Analholh.

Mais il esl dit dans saint Marc, c. n, v. 2G, que le fait de D ivid arriva sous le grandpréire Abiathar. Comment cela s'accurde-l-il avec le premier livre dej Rois qui nous apprend que ce fut sous Achimelech? — On répond ordinairement, 1° que, sous le règne de Saùl, Abiathar exerçait déjà le souverain sacerdoce conjointement avec son père, et que cela s'est vu plus d'une fois ; qu'ainsi l'évangéliste a pu nommer l'un ou l'autre indifféremment. 2° Que comme Abiathar a élé revêtu de cette dignité pendant tout le règne de David, et même pendant la première année de Salomon , il était plus convenable de le nommer que son père.

Mais un auteur anglais, nommé Wiston, a résolu autrement cette difficulté; il soutient qu'Achimelech, et son fils Abiathar, dont il est parlé dans le livre des Rois, ne sont point deux grands-prêtres, mais de simples sacrificateurs, aussi bien que les autres prêtres de la ville de Nobé, que Saiil fit mourir. En effet, ni l'un ni l'autre ne sont appelés grands -pré très , mais seulement sacrificateurs, et il n'est pas probable que Saùl eûl osé faire massacrer deux grands-prêtres.

Wislo'n prétend encore qu'il y a eu deux gramls-prêlres nommés Abiathar, l'un sous Saùl, et qui était frère d'Achimelech ; l'autre sous David et sous Salomon, et qui était fils d'Achimelech; mais qu'ils ne sont point les mêmes personnages que les sacrificateurs de Nobé dont il est question dans le xxi' chap. du l"r livi e des Rois. Voyez la Bible de Chais sur cet endroit.

AB1SME, ou plutôt Adïsme , formé d'o privatif el de jSvrooc, fond ; il signifie sum fond. Ce mot se prend dans l'Ecriture, 1' pour l'immensité des eaux qui environnaient le globe de la terre au moment de la création, et avant que Dieu les eût renfermée: dans un même lit. G eues., c. i, v. 2 et 9. 2 Pour la mer; eu parlant du déluge, il es

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dil que les sources du grand abîme forent rompues, c'est-à-dire, que la mer sorlil.de son lit. Gènes., c. vu , v. 11. Au sujet des Egyptiens submergés dans la mer Rouge, Moïse dit qu'ils ont été couverts par les abîmes. Exod. xv, 5, etc. 3° Pour les lieu* les plus profonds de la mer. Eccli. i, 2. k° Pour l'enfer. Il est représenté comme un gouffre placé sous les eaux et vers le centre de la terre, dans lequel sont renfermés les impies, les géants qui ont fait trembler les peuples, les rois de Tyr, de Babylone, d'Egypte, toujours vivants, et portant la peine de leur orgueil et de leur cruauté. Isaïe, parlant de la mort du roi de Babylone, lui adresse ainsi la parole : Ton arrivée a troublé les enfers, a éveillé les géants ; les rois des nations se sont levés de leurs sièges : ils te diront : Te voilà donc blrssé aussi bien que nous, et devenu semblable à nous; ton orgueil a été précipité aux enfers, ton cadavre est tombé; il sera la proie de la pourriture et des vers, etc. {Isaïe, xiv, 9 et suiv.) Ezéchiel dit la même chose du roi de Tyr, chap. xxvui, v. 8; du roi d'Egypte et de ses sujets, c. xxxu, v. 18et suiv. L'abîme est au^si pris pour l'enfer dans l'Apocalypse, c. ix, xi, xv, etc.

Les conjectures des savants, sur la manière dont les Hébreux concevaient le centre de la terre ou le fond de V abîme , la source des fontaines et des rivières, etc., nous importent fort peu; il nous suffit de présenter le sens littéral et naturel des livres saints : il en résulte que ceux qui ont assuré que les anciens Heureux n'avaient aucune idée de l'enfer se sont trompés. Voy. En.-er.

ABISS1NS. Voy. EnnoP :Èns.

ABJURATION, est le serment par lequel on hérétique converti renonce à ses erreurs et fait profession de la foi catholique ; cette cérémonie est nécessaire pour qu'il puisse cire absous des censures qu'il a encourues, et être réconcilié à l'Eglise.

Les protestants ont souvent tourné en ridicule les conversions et les abjurations de ceux d'entre eux qui rentrent dans le sein de l'Eglise catholique; pour prévenir cette espèce de désertion, ils ont posé pour maxime qu'un honnête homme ne change jamais de religion. Ils ne voient pas qu'ils couvrent d'ignominie, non-seulement leurs pères, mais les apôtres de la prétendue réforme, qui ont certainement changé de religion, et qui ont engagé les autres à en changer; ils rendent suspectes les conversions des juifs, des ma ho» métans, des païens, qui se font prolestants ; et leur censure retombe même sur tous ceux qui se sont convertis à la prédication des apôtres. Leur maxime ne peut être fondée que sur une indifférence absolue pour toutes les religions, par conséquent sur une incrédulité décidée. Voyez Conversion (1).

, (1) La seule religion, dil M. Laval, qui ail droit de dire: Ne changez pas, est celle <|uï n'a jamais changé. Mais que fut le protestantisme à son origine, sinon un grand changement dans la rel gion? Uu'est-il dans toute son histoire, qu'une suite de changement où Ton voit les dogmes, les confessions

ABLUTION. C'est l'action de se laver le corps. Tous les peuples, dans tous les temps, ont compris que la propreté du corps était le symbole de la propreté de l'âme; que le péché pouvait être envisagé comme une tache de la conscience; qu'en se lavant le corps, un homme témoigne le désir qu'il a de se purifier l'âme. Ainsi les ablutions, trèsnécessaires à la santédans les climatschauds, où l'on ne connaissait pas l'usage du linge , sont devenues un acte religieux universellement pratiqué. A-t-on cru pour cela que celte cérémonie avait la vertu d'effacer le péché aux yeux de la Divinité? Si les ignorants l'ont pensé, les sages du moins ont senti qu'un rite extérieur ne peut être efficace qu'aulanl qu'il est accompagné d'un sentiment intérieur de pénitence.

11 paraît que les ablutions ont été en usage chez les patriarches, puisqu'il enestpadé dans le livre de Job, ch. ix, v. 30. Moïse eu prescrivit aux Juifs un grand nombre; Jésus-Christ les a consacrées en donnant au baptême, conféré en son nom, la force d'effacer le péchô. Voyez Baptême. L'Eglise, animée par le même esprit, a conservé l'usage de l'eau bénite. On sait que les païens pratiquaient aussi différentes espèces ù'ablutions; que les mahométans se lavent plusieurs fois le jour, surtout avant la prière; que les peuples les plus grossiers pensent sur ce sujet comme les nations les plus éclairées.

Esl-ce une superstition générale qui a saisi tous les esprits? Quiconque se persuade que, pour effacer le crime, il suffit de se laver le corps, sans avoir aucun sentiment de componction et de regret, sans au* cun désir de se corriger, est superstitieux sans doute; il abuse d'un signe destiné à lui rappeler ce qu'il doil faire intérieurement : mais l'abus dans aucun genre ne prouve rien contre un usage utile en lui-même. 11 n'est aucune institution de laquelle on ne puisse abuser ; l'ignorance, lastupidité, l'hypocrisie, ne prescriront jamais contre les signes naturels de la piété et de la religion. Voyez Expiât. ons.

En terme de liturgie, l'on nomme ablution l'eau et le vin que le prêtre met«dans le ca-

de foi, les secles, perpétuellement varier? Pourquoi le protestantisme, qui change sans cesse, voudrait-il nous défendre de retourner à l'Eglise qui n'a jamais changé. Pourquoi demeurerions-nous obstinément attachés à toutes ces circonstances? et rentrer dans l'Eglise, qu'est-ce autre chose que mettre fin pour soi à tous ces changements pour se reposer enlîn dans l'antique foi? C'est lui qui a voulu en changer; nous ne faisons qu'y revenir. Sans doute si on quittait une secte pour entrer dans une autre, ce serait une chose bien vaine : car toutes les sectes protestantes étant également dépourvues d'autorité, on retrouverait dans toutes les autres incei lilinle : mais sortir du protestantisme pour rentrer dans l'Eglise catholique, cVst passer des variaiions à la croyance invariable, des divisions à l'unité, de l'erreur qui est d'hier, à la vérité qui est de tous les temps; c'est passer du doute à la loi, c'est sortir de la mort pour recouvrer la vie. ( Lettre de M. Imvu', ci-devant minislie à Condésur-lSoire<iu.)

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