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CON
Les protestants en ont encore imposé, lorsqu'ils ont assuré qu'il n'y a aucun vestige du sacrement de confirmation dans la tradition des premiers siècles. Mosheim , mieux instruit que le commun de leurs écrivains, convient que , dès les premiers siècles , les évêques, en permettant aux anciens ou prêtres débaptiser Ici nouveaux convertis, se réservèrent le droit de confirmer le baptême (flist. ecclés. du vr siècle, 11e part., e. 4, §8). Il fallait dire, de confirmer dans la foi les fidèles baptisés. Saint Jérôme (Dial. conlra L-icifer.) témoigne que tel éiail l'usage de son temps ; et le concile d'Elvire , en Espagne, tenu au commencement du ive siè-
cle, l'ordonna ainsi
Au ne, saint Théo-
phile d'Anlioche (L. i ad Aulol., n. 12) dit (jue nous sommes nommés chrétiens, parce que nous recevons l'onction d'une huile divine. Saint Irénée (Adv. htvr., Mb. i, c. 21 , n. 5) dit des valentiniens qu'après avoir baptisé à leur manière leurs néophytes, ils leur faisaient une onction de baume ; c'était une imitation de ce qui se faisait dans l'Eglise catholique. — Au in% Tertullien (L. de Bapt., c 7 J dit : « Au sortir des fonts baptismaux, nous recevons l'onction d'une huile bénite, suivant l'ancien usage de consacrer les prêtres par une onction; celle onclion ne touche que la chair, mai* elle opère un effet spirituel. Ensuite on nous impose les mains, en invoquant, par une bénédiction, le Saint- Esprit (L. de Itesurr. carnis, c.8). La chair est baptisée, afin que l'âme soit purifiée ; la chair reçoit une onclion , un signe , une imposition des mains, afin que I âme soil consacrée, fortifiée, éclairée par le Saint- Esprit. » Dans le livre des Prescriptions, ch. kO, il dit que le démon, singe de la Divinité, fait imiter par les idolâtres les divins sacrements, qu'il les fait baptiser, signer au front, cl célébrer l'offrande du pain. Il joint encore l'onction des fidèles au baptême et à l'eucharistie, et les nomme sacrements (Contra Murcion., lib. i). — Saint Cyprien (Epist. 73, ad Jubaianum , pag. 131 et 132) dit que « si quelqu'un, dans l'hérésie et hors de l'Eglise, a pu recevoir la rémission de ses péchés par le baptême, il a pu recevoir aussi le Saint- Esprit, et qu'il n'est plus besoin , lorsqu'il revient, de lui imposer les mains et de le signer, ;tfin qu'il reçoive le Saint-Esprit. Or, notre usage, dit-il, est que ceux qui ont élé baptisés dans l'Eglise soient présentés aux évêques , afin que, par notre prière cl par l'imposition des mains, ilsrcçoivent le Saint- Esprit, et soient marqués du signe du Seigneur. » Il le répèle, epist. 74, ad Pompeium, pag. 139. — Le pape Corneille, dans une de ses lettres, dit de Novalien, qu'après son baptême il ne fut point signé par l'evêque ; que, par le défaut de ce signe, il n'a pas pu recevoir le Saint-Esprit. (Dans Eusèbe, I. vi, C. 43, p. 313.)
Nous pourrions citer, au ivf siècle , les conciles d'Elvirc, de Nicée cl de Laodicée , Optât de Milèvc, saint Pacien de Barcelone , saint Cyrille «le Jérusalem, saint Ambroisc et luiol Jeàu Chrysûstome ; au v", suint Jé-
rôme, le pape Innocent Ier, saint Augustin , saint Cyrille d'Alexandrie , Théodoret , etc. Le P. Drouin (De Re sacrum., tom. III) a rapporté leurs passages et ceux des siècles suivants.
Les prolestants prétendent que ces Pères parlent d'une onclion qui faisait partie des cérémonies du baptême, et non d'un sacrement différent ; mais outre que le contraire est évident par la seule force des termes, quand cela serait vrai, les protestants seraient encore condamnables d'avoir retranché du baptême une cérémonie à laquelle on attribuait la vertu de donner le Saint-Esprit. N'esl-il pas absurde de supposer que le baptême pouvait être administré par un prêtre, par un diacre, par un laïque ; et qu'une simple cérémonie ne pouvait êire faite que par l'evêque, quoique ce ne fût pas un sacrement différent ? — De là même il est évident que le concile de Trente a suivi la tradition primitive, lorsqu'il a décidé , sess. 7, can. 3, que le ministre ordinaire de la confirmation est l'evêque seul, et non le simple prêtre. Celte tradition n'est pas moins constante que celle qui établit la matière, la forme, les effets du sacrement, le caractère qu il imprime au chrétien, etc. — Quand on a examiné celle question, que peut-on penser des assertions fausses , des impostures et des puérilités que fiasnage a rassemblées sur ce sujet (Hist. de l'Eijlise , I. xxvn, c. 9)? Ce n'était pas la peine, après deux cents ans, de renouveler les preuves de l'ignorance affectée et de la mauvaise foi de Calvin.
Dans l'Eglise grecque, le même prêtre qui donne le baptême donne aussi la confirmation, et, selon Luc Holstenius, cet usage de l'Eglise orientale est de la plus haute antiquité. Selon les théologiens catholiques, les prêtres ont pu donner la confirmation comme délégués des évêques ; mais ceux-ci en sont les ministres ordinaires. Le concile de Rouen prescrit que celui qui donne la confirmation, et celui qui la reçoit, soient à jeun. Les cérémonies et les prières qui accompagnent l'administration sont édifiantes; on peut le voir dans le pontifical et dans les rituels. Voy. Y Ancien Sacram., par Grandco-, las, iie part., p. 114 et 193.
Ce sacrement était surtout nécessaire dans le temps des perséculions, lorsque tous les chrétiens devaient être prêts à répandre leur sang pour attester leur foi ; il n'a pas cessé de l'être depuis que le christianisme est établi. La foi a toujours été combattue par les hérétiques, par les incrédules, par les chrétiens scandaleux : elle l'est encore. Mais la grâce que Dieu nous accorde pour résister ne nous est pas donnée pour attaquer; le vrai zèle de religion n'est ni inquiet, ni ombrageux, ni malfaisant. Dira, dit saint Paul, ne nous a point donné un esprit de crainte . mais de force, de charité et de modération (il Tint., i, 7). C'est donc très-injustement que plusieurs incrédules ont dit que le sacrement de confirmation était institué pour inspirer aux chrétiens un zèle fanatique, iololciaul cl persécuteur,