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Les protestants ont fait les plus grands efforts pour prouver que cotte pratique n'est l'ondée ni sur l'Ecriture sainte, ni sur la tradition des premiers siècles. Daillé a fait un gros livre sur ce sujet; il a été réfuté par plusieurs de noscontroversisles, en particulier par D. Denis de Sainte-Marthe, dans un Traité de la confession, contre les erreurs des calvinistes, imprimé à Paris en 1085, in 12. Cet auteur a rapporté les passages de l'Ecriture sainte et ceux des Pères de tous les siècles, à commencer depuis les apôtres jusqu'à nous: il a fait voir qu'il n'y a aucun point de foi ou de discipline sur lequel la tradition soit plus constan'e et mieux établie.
Dans l'Evangile [Matin, xvm, 18), Jésus- Clirist a dit à ses apôtres : Tout ce que vous lierez ou délierez sur la terre sera lié ou délié dans le ciel ( Joan. xx, 22 ). Recevez te Saint-Esprit; les péchés seront remis d ceux auxquels vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux auxquels vous les r< tiendrez. Les apôtres ne pouvaient faire un usage légitime et sage de ce pouvoir, à moins qu'ils ne connussent quels étaient les péchés qu'ils devaient remettre ou retenir, et le moyen le plus naturel de les connaître était la confession. — En effet, nous lisons dans les Actes des ap. (six, 18) , qu'une multitude de fidèles venaient trouver saint Paul , et confessaient et accusaient leurs péchés. 5» nous confessons nos péchés , dit saint Jean, Dieu juste et fidèle dans ses promesses nous les remettra [I Joan. i, 9). Lorsque saint Jacques dit aux fidèles (v, 16) : Confessez vos péchés les uns aux autres, nous ne pensons pas qu'il les ait exhortés à s'accuser publiquement et à toutes sortes de personnes indifférentes. Nous verrons ci-après de quelle manière les protestants entendent ces passages. — Au i" siècle, saint Barnabe dit, dans sa lettre , n° 19 : Vous confesserez vos péchés. Et saint Clément [Epist. 2, n°8) : « Convertissonsnous... Car, lorsque nous serons sortis de ce monde, nous ne pourrons plus nous confesser ni faire pénitence. » — Au n* siècle, saint
pour la rémission de ses péchés, de confesser tous et un chacun des péchés mortels dont on peut se souvenir après y avoir bien et soigneusement pensé, même les péchés secrets qui sont contre les deux derniers préceptes du décalogue et les circonstances qui changent l'espèce du péché, mais qu'une telle confession est seulement utile pour l'instruction et pour la consolation du pénitent , et qu'autrefois elle n'était en usage que pour impo er une satisfaction canonique: ou si quelqu'un avance que ceux qui s'attachent à confesser tous leurs péchés semblent ne vouloir rien laisser à lt miséricorde de Dieu à pardonner ; ou enfln qu'il n'est pas permis de confesser les péchés véniels ; qu'il soit anathème. » Can. 7. — | Si quelqu'un dit que la confession de tous ses péchés, telle que l'observe l'Eglise, est impossible ci n'est qu'une tradition humaine que les gens de bien doivent lâcher d'abolir, ou bien que tous et chacun des lidèl s chrétiens de l'un et de l'autre sexe n'y sont pas obligés une fois l'an, conformément à lu constitution du grand concile de Lutr.ni, et que pour cela il faut d'usuader les fidèles de se confesser d ms le temps du cuièine ; qu'il suit anallieui':. > tan. 8.
Irénée (Adv. Hœr., 1. i, c. 9), pariant des femmes qui avaient été séduites par l'hérétique Marc, dit qu'étant converties et rêvenues à l'Eglise, elles confessèrent qu'elles s'étaient laissé corrompre pir cet imposteur. Liv. ni, c. k, il dit que Cerdon , revenant souvent à l'Eglise et faisant sa confession, continua de vivre dans une alternative de confessions et de rechutes dans ses erreurs. — Terlullien ( L. de Pœnit., c. 8 et suiv. ) parle de la confession comme d'une partie essentielle de la pénitence ; il blâme ceux qui , par honte, cachent leurs péchés aux hommes , comme s'ils pouvaient aussi les cacher à Dieu. — Origcne [Homil. 2, in Lcvit., n° k) dit qu'un moyen pour le pécheur qui veut rentrer en grâce avec Dieu , est de déclarer son péché au prêtre du Seigneur, et d'en chercher le remède. Il répète la même chose, llom. 2, in Ps. xxxvu, 19. — Au m* siècle, l'Eglise condamna les monlanistes, et ensuite les novaliens, qui lui refusaient le pouvoir d'absoudre des grands erimes ; comment pouvait-on les distinguer d'avec les fautes légères, sinon par la confession? Saint Cyprien [De Lapsis , p. 190 et 191) fait mention de ceux qui confessaient aux prêtres la simple pensée qu'ils avaient eue de retomber dans l'idolâtrie; il exhorte les fidèles à faire de même, pendant que la rémission accordée par les prêtres est agréée de Dieu. — Lactance [Divin. Jnstit., I. iv, c. 17), dit que la confession des péchés, suivie de la satisfaction, est la circoncision du cœur que Dieu nous a commandée par les prophètes. Chap. 30, il dit que la véritable Eglise est celle qui guérit les maladies de l'âme par la confession et la pénitence.
Nous nous abstenons de citer les Pères du iv° siècle et des suivants ; on peut voir leurs passages, non seulement dans D. de Sainte- Marthe, mais dans le P. Drouin (De Re sacramentaria, lom. Vil ). L'essentiel est de prouver la fausseté de ce qui a été soutenu parles protestants, savoir, qu'il u'y a aucun vestige de confession sacramentelle dans les trois premiers siècles de l'Eglise (1).
Ils prétendent que, dans les textes de l'Ecriture et des Pères que nous alléguons, il n'est point question de confession auriculaire ni d'absolution, mais d'un aveu que les fi' dèles se faisaient l'un à l'autre par humilité, pour obtenir le secours de leurs prières mutuelles ; que, quand les anciens se servent du terme è%o[floyri<Ti;, confession, ils entendent la confession publique, qui faisait partie de la pénitence canonique. — 1° Cela est faux: dès le ne siècle., Origène parle d'une confession faite au prêtre , et non au commun des fidèles. Au m*, saint Cyprien s'explique de même des péchés secrets confiés aux prêtres, et de la rémission accordée par les prêtres : doue il l'entend de la confession sacramentelle et de l'absolution. — 2" Supposons, pour un moment, qu'il est question d'une confession publique ; les Pères la
(I) Nous allons citer quelques-uns des texies des Pèies île «c siècle.
Saint Allumage ( Sur le Lécitique ) : « Examinons
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jugent nécessaire; pouvait-elle l'être, si Jésus-Christ et les apôtres ne l'avaient pas commandée? les pasteurs de l'Eglise auraientils prescrit, de leur propre autorité, une pra-
dans notre conscience si nos liens sont dissous ; que s'il ne Tétaient pas encore, livrez-vous aux disciples de Jésus qui sont à vos côtés et prêts à vous délier en vertu de la puissance qu'ils ont reçue du Sauveur : Tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel, etc. » — Saint Basile ( Qnœsl. 22!) ) : «On doit garder pour la confession des péchés la même mesure que l'on suit pour les maladies du corps. Ainsi, comme nous ne découvrons pas les malad es de notre corps à tout 1e monde, ni aux premiers venus, mais uniquement à ceux qui savent les guérir, de même la confession des péchés ne peut se faire qu'à ceux qui peuvent les guérir... Il faut nécessairement ( liègl. 288) découvrir ses péchés à ceux qui ont reçu la dispensation des mystères de Dieu. > — Saint Pacien ( Exhortation à la Pénitence ) : < Q*'e faitesvous, vous qui trompez le prêtre, vous qui régirez par l'ignorance dans laquelle vous le laissez, ou le jetez dans l'embarras déjuger, en ne lui donnant pas une pleine connaissance de vous-mêmes ?.... Je vous conjure donc, mes frères, par ce Dieu à qui rien n'échappe, cess z de me cacher votre conscience ulcérée, je vous le demande à cause du danger où vous m'exposez. Les malades qui ont de la prudence ne rougissent pas de se montrer au médecin, lors même qu'il doit porter le fer ou le feu aux parties les plus cachées.» — Saint Grégoire de Nysse ( Lettre à révêque de Mitijlène) : < Ainsi que dans le traitement des maladies corporelles, la médecine n'a qu'un but, la guérison de celui qui souffre ; mais une grande variété dans l'application des remèdes (car, suivant la variété des maladies, les remèdes et le régime doivent être propres et convenaltles à chacun) : de même, dans les maladies de l'a me, les affections étant très-variées, la guérison doit l'èire aussi, puisqu'il faut appliquer les remèdes suivant les affections, i Et Discours sur la femme pécheresse : t Prenez un prêtre comme un père ; faites en le confident de vos peines, l'associé de votre aflliction. Montrezlui hardiment ce qui est recelé dans voire âme. Découvrez-lui les secrets de votre conscience, comme les blessures cachées se découvrent au médecin. Lui, à son tour, prendra le soin de votre honneur et de votre santé. » — Saint Ambroise (Sur la Pénitence, I. n, c. 8), exhortant les pécheurs à ne pas différer leur conversion jusqu'à la mort : t Nous devons nous abstenir dès à présent de tous les vices, parce que nous ignorons si nous pourrons alors nous confesser à Dieu et au prêtre. » Réfutant, c. 2, les prétextes de ceux qui refusent de s'approcher du sacré tribunal de la pénitence : « Nuls ne font une plus grande injure au ciel que ceux qui veulent abroger ses ordonnances, et annuler la commission qu'il a donnée. Car Noire-Seigneur ayant dii : A quiconque vous remettrez les péchés, ils leur seront remis; à quiconque vous les retiendrez, ils leur seront retenus : lequel des deux l'honore davantage, celui qui obéit à son ordre ou celui qui lui résiste 1 Mais l'Eglise se montre obéissante, soit qu'elle lie, soit qu'elle relâche les péchés. » — Saini Jeau Chrysostome (Homélie 2 tur la Genèse): i Si le pécheur veut se hàier de faire la confession de ses crimes, s'il veut découvrir i'uli ère à un mé lecin qui le traite sans se permettre de reproches, s'il veui en accepter les remèdes, ne parler qu'à lui seul, à l'insu de tout autre, mais lui avouer exactement tous ses péchés, il parviendra facilement à les guér.r, car la confession des péchés commis en est l'aboliiion. i — Saint Jérôme (Sur le chapitre dixième de CEcclésiasl.) : < Si le serpent infernal avait porté à quelqu'un une morsure cachée; si, à l'écart et sans témoin, il lui avait insinué le veuiu
tiqueaussi humiliante, elles fidèles auraientils voulu s'y soumettre? Donc tnute l'antiquité a cru qu'en verlu des paroles de Jésus-Christ et des apôtres il fallait, pour la pénitence, une confession faite aux prêtres , soit en public , soit en particulier. De quel droit les protestants n'en veulentils admettre aucune? Que l'Eglise, après av>ir reconnu les inconvénients de la confession publique, n'ait plus exigé qu'une confession secrète et auriculaire, c'a été un trait de sagesse ; la conduite des protestants qui rejettent toute confession, et tordent à leur gré !e sens de l'Ecriture sainte, est une folle témérité.
Les apôtres et leurs disciples ont dit : Confessez vos péchés ; quinze cents ans après, les réformateurs leur ont dit : N'en fuiles rien,
du péché, et que. le malheureux infecté s'obstinât à n'en point parler, à ne point faire pénitence, à ne pas découvrir sa blessure à son frère et à son maître ; le maître, qui possède les paroles de la guérison, ne lui sera pas plus de ressouice que le médecin au malade qui rougit de s'ouvrir à lui. Car ce qu'elle ignore, la médecine ne le guérit pas : Quod euim ignorât, medicina non curât. > — Saint Augustin ( Homélie sur le Ps. 6G ) : i Soyez donc triste avant la confession, mais réjouissez-vous après ; car vous serez guéri. Le venin s'était amassé dans votre conscience ; l'apostume s'était gonflé, v<>u< mettait à la torture, et ne vous laissait aucun repos. Le médecin vient y apposer le baume des paroles, ou quelquefois y porter un feu salutaire ; il ouvic, il ampute ; reconnaissez sa main bienfaisante. Confesse?vous, et que par votre confession sorte ri découle tout ce qui s'y était accumulé de pourriture. Alors soyez joyeux et content : le reste sera d'une guéris n facile. > Parlant du pécheur en généra! : i Qu'il aille se présenter au pontife, car à lui est confié l'administialion des clefs; qu'il en reçoive le mode convenable de satisfaction , qu'il fa;-se ce. qu'il faut pour recouvrer le salut et servir d'exemple aux autres ;, que si son péché lui a causé un grand dommage et beaucoup de scandale aux autres, si le p n ife estime expé lient pour l'édification de l'église que ce péché devienne connu, non-seulement de plusieurs, mais encore de tout le peuple, qu'il ne s'y refuse point, qu'il ne résiste pas, et que par houle il n'aille point ajouter une tumeur funeste à une plaie déjà mortelle. » Sermon 392: e Faites pénitence comme elle se fait dans l'Eglise, afin que l'Eglise prie pour vous. Que personne ne se dise : Je la fais intérieurement et devant Dieu ; qu'il me pardonne, il sait que je la fais dans mou cœur... Eh quoi ! C'est donc en vain que les clefs en ont été données à l'Eglise!... Ce serait frustrer l'Evangile ; ce serait frustrer les paroles de Jésus-Christ. > Saint Léon (Lettre 156, c 2) : < Tandis qu'il suffit d'indiquer aux seuls prêtres, et par une confession seciè:e, les délits des consciences. Car, quelque louable que paraisse cette plénitude de foi qui, e:i vue de Dieu, ne craint pas de rougir devant les hommes, cepen lant comme tous les péchés ne sont point de nature à ce que les pénitents ne puissent avoir aucune frayeur de les manifester, qu'un renonce à celle blâmable pratique, de crainte que plusieurs ne s'éloignent des remèdes de la pénitence, détournés soit par la honte, soit par la peur de puhlier de .ant leurs ennemis des actions qui pourraient être frappées par les lois civiles. Il sullit d'une confession faite d'ahoid à Dieu, ensuite au prêtre qui intercède pour les péchés du pénitent. l'ar là plusieurs sjronl attirés à la pénitence, lorsque les conscience ne seront plus ouvertes devant le pub'ic. »
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/a confession est une invention que les papes ont mise en usage pour asservir tes fidèles nu clergé, cl l'on a écoulé les réformateurs pluloi que les apôlrcs.
Bingham, qui a tant étudié l'antiquité, après avoir rapporté les trente arguments que Dailléa faits contre la confession auriculaire, est forcé de convenir que les anciens tels qu'Origène, saint Cyprien, saint Grégoire de Nysse, saint Basile -, saint Amhroisc, saint Paulin, saint Léon , etc., parlent souvent d'une confession faite aux prêtres seuls ; mais il en imagine différentes raisons, et ne veut pas convenir que c'a été afin de recevoir des prôlres l'absolution sacramentelle (Origin. teelés., I. s vin, c. 3, §7 et suiv.). Dans ce cas, nous demandons de quelle manière les prêtres ont donc exercé le pouvoir que Jésus-Christ leur a donné de remettre les péchés. Si les fidèles n'avaient pas eu confiance à ce pouvoir, pourquoi se seraient-ils confessés aux prêtres plutôt qu'aux laïques ?
Dans le fond , les trente arguments de Daillè se réduisent à un seul, qui consiste à. faire voir que, dans les premiers siècles, l'on n'a pas parlé de la confession aussi souvent et aussi expressément qu'on l'a fait dans les derniers. Mais qu'importe, pourvu que l'on r-n ait dit assez pour nous convaincre que l'on reconnaissait alors la nécessité d'une confession quelconque? II en résulte toujours que les prolestants ont lort de n'en admettre et de n'en pratiquer aucune. — Si Daillé avait eu la bonne foi de citer les passages des Pères que nous venons d'alléguer , il aurait vu que c'est la réfutation complète de ses trente arguments.
Ce théologien en impose encore quand il avance que les Grecs, les jacohites, les nestoriens, les arminiens, ne croient point la confession nécessaire; le contraire est prouvé d'une manière incontestable par les livres et par la pratique de ces différentes sectes. Voy. Perpétuité de la Foi, tom. IV, pag. 47 et 85; loin. V, I. in, c. 5 ; Assémani, Bibl. orient., tom. Il, préf., § 5. Ces sectes , séparées de l'Eglise romaine depuis douze cents ans, n'ont certainement pas emprunté d'elle l'usage de la confession. Il faut donc que cet usage ail été cel ii de toute l'Eglise dans le temps de leur séparation, et non une nouvelle discipline introduite dans l'Eglise romaine au xiue siècle, comme le prétendent les protestants.
Bingham convient que les novatiens furent traités comme schismaliques, parce qu'ils contestaient à l'Eglise le pouvoir de remettre les péchés (Ibid., c. 4, § 5) ; mais il ne nous apprend pas de quelle manière cl par qui l'Eglise exerçait ce pouvoir qu'elle s'est constamment attribué en vertu des paroles de Jésus-Christ , si elle donnait ou refusait l'absolution des péchés qu'elle ne connaissait pas, et qui n'étaient pas confessés. Or , nous soutenons que, dans tous les temps , \u\ des préliminaires indispensables de L'absolution a toujours é:é la confession; que l'on s'esi confessé aux évoques et aux prê-
tres, et non à d'autres. — Cela est prouvé par un fait du me siècle, dont les protestants ont voulu tirer avantage. Socrate (Ilist. certes., I. v, c. 19) rapporte qu'après la persécution de Dèce , par conséquent vers l'an 250, les évêques établirent un prêlre pénitencier pour entendre les confessions de ceux qui étaient tombés après leur bapiême. Il dit que cet usage avait subsisté jusqu'à son temps, excepté chez les novatiens, qui ne voulaient pas que l'on admîl ces tombés à la communion ; mais qu'à Constantinople, le patriarche Nectaire, placé sur ce siège l'an 381, supprima la pénitence, parce que l'on sut, par la confession d'une femme, qu'elle avait péchéavecuu diacre; qu'ainsi, Nectaire laissa chaque fidèle dans la liberté de se présenter à la communion selon sa conscience, et qu'il fut imité par les autres évêques homousiens : c'est le nom que les ariens donnaient aux catholiques. Sozomène (Ilist. ecclés., liv. vu, c. 16) raconte la même chose, avec de légères variétés dans les circonstances.
De là nous concluons , 1° qu'avant l'an 250, ce n'étaient pas ordinairement les prêtres , mais les évêques, qui entendaient les confessions des fidèles. L'an 390 , le concile de Carthage, can. 3 cl 4, n'accorda encore aux prêtres le pouvoir de réconcilier les pénitents que dans l'absence de 1 evèque. 2" Que l'on jugeait la confession nécessaire avant de recevoir la communion. 3° Quel'on n'exigeait pas une confession publique, autrement l'établissement d'un pénitencier aurait été inutle. 4 Que Nectaire ne fit autre chose, en supprimant le pénitencier , que rétablir la discipline telle qu'elle était avant l'an
Les protestants au contraire, soutiennent que Nectaire abolit toute espèce de confession, chose qu'il n'aurait pas osé faire , et qui n'aurait pas été usitée par les aulrcs évêqu s, si l'on n'avait cru que la confession était commandée par Jésus-Christ ou par les apôtres. Cette prétention est certainement fausse. En premier lieu, Socrale et Sozomène ne disent point que Nectaire abolit toute confession; et quand ils l'auraient dit, nous ne serions pas obligés de les croire, dès qu'il y a des preuves positives du contraire. Ils disent, à la vérité , que Nectaire laissa chaque fidèle dans la liberté de se présenter à la communion selon sa conscience; cela signifie que l'on n'exigea plus, comme autrefois , de chaque fidèle, une confession quelconque, mais qu'on lui laissa la liberté de juger s'il en avait besoin ou non. Ils disent que le changement de discipline causa du relâchement dans les mœurs , et l'on ne peut pas douter que la confession publique n'ait élé un frein puissant pour les mœurs , lorsqu'elle était en usage. En second lieu , nous voyons, par les canons du concile de Carthage, et par le témoignage des Pères du vc siècle , que l'on continua d'exiger au moins la confession secrète ou auriculaire , et qu'elle n'a jauiais cessé d'élro pratiquée. Encore une fois, personne n'auraii voulu s'y
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soumettre, si l'on n'avait pas clé persuade que Jésus-Christ l'avait commandée.
Lorsque les nesloiïens se s«nl séparés de l'Eglise catholique au V siècle, et les eulyrhiens au vc, ils ont emporté avec eux l'usage de la confession auriculaire ; il y subsiste encore, quoiqu'il y ail été quelquefois interrompu. Vainement nos adversaires ont voulu contester ce fait, il est prouvé par des témoignages et par des monuments irrécusables. De quel front peuvent-ils soutenir que c'est une invention nouvelle de la politique des papes et de l'ambition du clergé?
Plus d'une fois les prolestants se sont repentis d'avoir aboli l'usage Je la confession. Ceux de Nuremberg envoyèrent une ambassade à Charles-Quint , pour le prier de. la rétablir chez eux par un édit (Soto, in-k, dist. 18, q. 1, art. 1). Ceux de Strasbourg auraient aussi voulu la remettre en usage (Lettre du P. S chef mâcher, h" lettre, § 3). Elle a été conservée en Suède, parce que c'est un des articles dont on était convenu dans la Confession d'Augsbourg (Bossuet, Hist. des Variations, liv. m, n° i(3). Mosheim nous apprend qu'elle esl encore pratiquée dans la Prusse, et il blâme un ministre de Berlin , qui, en 1697, s'avisa de prêcher contre cet usage [Hist. ecclés. du xvn* siècle, secl.2, ne part., c. 1, § 55). Quelques incrédules d'Angleterre ont accusé le clergé anglican d'en souhaiter le rétablissement et d'y travailler (Etat présent de C Eglise romaine, épître au pape, pag. 30 et 31). Vaines tmtatives : dès que l'on est parvenu à persuader aux protestants que la confession sacramentelle n'est pas une institution de Jésus -Christ, jamais ils ne consentiront à en reprendre le joug, et jamais les premiers fidèles ne s'y seraient assujettis, s'ils avaient été dans la même opinion.
Par ces mêmes faits, il esl prouvé que les prolestants modérés rougissent aujourd'hui des invectives que leurs réformateurs ont vomies contre la confession auriculaire; ce fui cependant un des principaux sujets de leur schisme, et un des attraits par lesquels ils séduisirent les peuples. Mais les incrédudules, peu délicats sur le choix de leurs arguments, n'ont pas dédaigné de répéter les plus faux et les plus aisés à réfuter. — Ils disent, avec Bayle, que la confession est dangereuse pour le confesseur et pour la plupart des pénitents ; que c'est une tentation terrible pour \a premier d'entendre le récit de certains désordres, et qu'il y a, surtout pour les jeunes personnes, beaucoup de danger à entrer dans ce détail. Nous soutenons, au contraire, que, pour tout homme sensé, le meilleur préservatif contre les désordres est de voir à quels excès ils conduisent. Dans un siècle où la corruption des mœurs est à son comble, y a-t-il rien de plus mortifiant el de plus douloureux pour un homme qui croil en Dieu, que de voir jusqu'à quel point l'oubli de la nu. raie chrétienne, le mépris de toutes les lois , la dépravation de lous les principes régnent dans le inonde? Si c'était un «lirait pour des cœurs gâtés , les ecclésiastiques les [dus vicieux seraient aussi les
plus empressés à exercer la fonction de confesseur : en est-il ainsi ? A moins qu'une personne n'ait perdu toute honte et loule crainlc de Dieu, il esl impossible que le récil de ses désordres ne serve à l'humilier et à lui causer du repentir ; celles qui veulent y persévérer ne se confessent plus. — Pour rendre la doctrine catholique odieuse, ils affectent de supposer que nous attribuons à la confession toute nue le pouvoir de remettre les péchés : c'est une fausse imputation. Suivant la croyance catholique, la confession n'a de verlu que comme partie du sacrement de pénitence, et qu'autant qu'elle est jointe à la contrition ou au repentir d'avoir péché , à la résolution de n'y plus retomber et de satisfaire à Dieu el au prochain. — D'un côté, les prolestants exagèrent la difficulté de la confession, elle leur paraît une pratique capable de bourreler la conscience; de l'autre, les incrédules tournent en ridicule la facilité avec laquelle les plus grands pécheurs sont absous dès qu'ils se conlessenl : contradiction palpable. — Puisque la confession esl humiliante et difficile , un pécheur ne peut guère s'y résoudre à moins qu'il ne soit déjà repentant et résolu de se réconcilier avec Dieu; mais cette difficulté est bien adoucie par l'espérance d'être absous et purifié; donc c'est un abus d'envisager la confessionseule comme séparée des dispositions essentielles dont elle doit élre accompagnée, el de l'absolution dont elle est suivie.
Nos adversaires soutiennent que ceux qui se confessent n'ont pas les mœurs plus pures que les autres; qu'il y a moins de vices chez les protestants depuis qu'ils onl aboli la confession. Double fausseté. Tous ceux qui se livrent au désordre commencent par abandonner la confession, el ils y reviennent lorsqu'ils veulent se convertir. Le motif qui a engagé plus d'une fois les protestants à désirer le rétablissement de la confession parmi eux, esl le dérèglement des mœurs dont l'abolition de celle pratique a élé suivie. Plusieurs de leurs écrivains sont convenus de ce fait essentiel, el ont avoué que leur prétendue réforme aurait grand besoin d être reformée. — On objecte que plusieurs scélérats se sont confessés avanl de commettre des forfaits, que d'autres se confessent afin de pallier leursdésordres sous une apparence do piété et de conserver leur réputation. Outre l'incertitude de lous ces faits , qui ne sont rien moins que prouvés, nous répondons qu'il en résulte seulement que les scélérats peuvent abuser de tout , el que, dans aucun genre, l'exemple des monstres ne peut servir de règle. A-t-on comparé le nombre de ceux qui ont abusé de la confession, avec ta multitude de ceux qui y ont renoncé afin de pécher plus librement? Ceux qui se sont confessés avant de commettre une mauvaise action nela regardaient pas comme un crime, donc ils n'en ont pas fait confidence à leur confesseur.
Le quatrième concile de Latran, tenu l'an 1215, sous Innocent III, can. 21, ordonne à lous les fidèles de l'un et de laulre sexe, pa*5*
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venus a l'âge de discrétion, de confesser tous leurs pcclit s, au moins une fuis l'an, à leur propre prêtre.... Que si quelqu'un, pour une jusle cause, veut confesser ses péchés à un prêtr.e étranger, il en demandera et en obtiendra la permission de son propre prêtre, parce qu'autrement cet étranger ne pourrait le lier ni le délier. C'est de ce canon que les protestants ont pris occasion de soutenir que la confession sacramentelle est une invention du pape Innocent III, et qu'elle ne remonte pas plus hiutque le xme siècle ; le contraire est suffisamment prouvé. — Mais on a disputé, même parmi les catholiques, pour savoir ce que le concile de Lalran a entendu par propre prêtre et prêtre étranger. Plus d'une fois les religieux ont voulu soutenir que le propre prêtre est non-seulement le curé, mais tout confesseur approuvé ; ils ont obtenu plusieurs bulles des papes qui le déclaraient ainsi. En 1321, Jean XXII condamna Jean de Puilly, docteur de Paris, qui avait soutenu le contraire, à se rétracter publiquement (Fleury. Iîist ecclés., liv. xcn, § 54). — Cependant, l'an 1280, un synode de Cologne, et l'an 1281, un concile de Paris, composé de vingt-quatre évêques et d'un grand nombre de docteurs, avaient déjà décidé la contestation en faveur des curés. Aussi, en 1451 et 1456, la faculté de théologie de Paris, en 1V78, le pape Sixte IV, confirmèrent celte décision , et elle a toujours été suivie dans le clergé de France. C'est évidemment le sens du concile de Latran, puisqu'il exige que celui qui voudra se confesser à un prêtre étranger, en obtienne la permission de son propre prêtre. Certainement, tout prêtre approuvé ne peut pas donner cette permission, et sous le nom de prêtre étranger, le concile n'a pas entendu un prêtre non approuvé ; aucune permission ne pourrait suppléer au défaut d'approbation. Mais cela n'ôte point aux évêques le droit d'accorder à tout prêtre approuvé pour leur diocèse, le pouvoir d'entendre les confessions pascales, sans qu'il soit besoin d'une permission expresse des curés.
Ce même concile de Latran a déclaré que le secret de la confession est inviolable dans tous les cas, et sans aucune exception. Il l'est en effet de droit naturel, puisque le bien delà société chrétienne l'exige ainsi; sans celle sûreté, quel est le pécheur coupable de grands crimes, qui voudrait les accuser à un confesseur ? Quoique l'on ne connaisse aucune loi divine positive qui ordonne ce «ecret iuviolable, on ne peut pas croire que Jésus-Christ ait impose aux pécheurs le joug de la confession, avec le danger de se diffamer eux-mêmes ; il n'a pas même exigé l'aveu formel de ceux auxquels il accordait le pardon, parce qu'il connaissait leur intérieur. Quant à la loi ecclésiastique , qui prescrit aux confesseurs un silence absolu, elle est très-ancienne, puisqu'au iv° siècle on supprima les pénitenciers , parce qu'un crime accusé à celui de Conslantinople était devenu public, et avait causé du seaudalCi
Il est donc étonnant que, dans le Dictionnaire de Jurisprudence, on ait décidé qu'il faut excepter du secret de la confession le crime de lèse-majesté au premier chef, c'està-dire les conspirations tramées contre l.e roi ou contre l'Etat, et que le confesseur se rendrait coupable en ne les révélant pas. Nous soutenons avec tous les théologiens, qu'au contraire il se rendrait très-coupable en les révélant. Où est le criminel qui voudrait accuser, dans le tribunal de la pénitence, un pareil crime, s'il savait que le confesseur doit le révéler au magistrat? C'est le sceau inviolable de la confession qui seul peut l'engagera s'accuser, qui met le confesseur à portée de le détourner de ce forfait, de l'obliger même, par le refus de l'absolution, à en prévenir l'exécution par des avis indirects ou autrement. L'opinion du jurisconsulte que nous réfutons, loin de pourvoir à la sûreté des rois et de l'Etat, les met en plus grand danger. Henri IV le comprit trèsbien, lorsque le pèreColton, son confesseur, lui allégua cette raison. — L'auteur du Dictionnaire s'en est laissé imposer par un de nos philosophes, qui a écrit qu'en 1610, trois mois après le meurtre de Henri IV, le parlement de Paris décida, par un arrêt, qu'un prêtre qui sait, par la confession, une conspiration contre le roi et l'Etat, doit la révéler aux magistrats. Si cet arrêt était réel, il faudrait l'attribuer à un défaut de réflexion et à la consternation dans laquelle tout le royaume fut plongé par la mort funeste de ce bon roi.— Mais comment ajouter foi à un écrivain aussi célèbre par ses mensonges, et qui ajoute en même temps une autre imposture? 11 dit que Paul IV, Pie IV, Clément VIII, et, en 1622, Grégoire XV, ont obligé les confesseurs à dénoncer aux inquisiteurs ceux que leurs pénitentes accusaient en con~* fession de les avoir séduites et so licitées au crime dans le tribunal de la pénitence. C'est une fausseté calomnieuse; voici ce que ces papes ont ordonné. Lorsqu'une pénitente déclare à son confesseur qu'elle a été sollicitée au crime dans la confession, même par un autre, ils exigent que ce confesseur oblige sa pénitente à révéler aux supérieurs ecclésiastiques le crime du confesseur coupable, mais ils ne prescrivent pas au confesseur de faire cetle révélation lui-même ; il ne peut cl ne doit la faire dans aucun cas. La loi qu'ils imposent est donc établie contre la sûreté des confesseurs, et non contre celle des pénitents; mais le philosophe a confondu malicieusement la révélation faite par une pénitente avec la révélation faite par un confesseur, afin d'avoir occasion de dire qu'il y a une contradiction absurde et horrible entre cette décision des papes et celle du concile de Latran, et une opposition formelle entre nos lois ecclésiastiques cl nos lois civiles. Il n'y a rien ici d'absurde ni d'horrible que la mauvaise foi du philosophe, de laquelle un jurisconsulte a été la dupe.
On sait qu'en 13SJ saint Jcan-Népomucène .min mieux endurer des louimenls crucJj et la mort, que de rcvvlcr à Tempe-
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reur Venccslas la confession de l'impératrice son épouse. Dès le vr siècle, saint Jean Climaque a dit : « H est inouï que les péchés, dont on a fait l'aveu dans le tribunal de la pénitence, aient été divulgués. Dieu le permet ainsi, afin que les pécheurs ne soient pas détournés de la confession, et qu'ils ne soient pas privés de l'unique espérance de salut qui leur reste. » (Epist. ad Paston., c. 13.) Voy. PÉNITENCE.
Confession de foi, déclaration publique et par écrit de ce que l'on croit. Les conciles ont dressé des confessions ou professions de loi, que l'on a aussi nommées symboles, pour distinguer la doctrine catholique d'avec les erreurs; les hérétiques en ont fait de leur côté, pour exposer leur croyance. Au concile de Rimini, les ariens présentèrent aux évêques catholiques une formule ou confes' sion de foi, qui portail en tête, le 22 mai
359, sous le consulat de et ils voulaient
c»ue l'on s'en contentât, sans avoir égard aux décrets des conciles, ni aux formulas précédentes. Par l'inscription ou la date, les évêques catholiques reconnurent que c'était la dernière formule de Sirmich, qui était mauvaise ; ils la rejetèrent et se moquèrent de l'inscription (Socrate , Hist. ecclésiastique, liv. n, chap. 37).
La plupart des hérétiques ont varié, comme les ariens, dans leurs confessions de foi; jamais ils n'ont pu contenter tous leurs sectateurs, ni se satisfaire eux-mêmes ; ou a souvent fait ce reproche aux protestants en particulier. — lis ont fait un recueil de leurs confessions de foi, divisé en deux parlies : la première partie en contient sept, savoir, 1° la confession helvétique, dressée par les églises protestantes de la Suisse. Il y en avait déjà une faite à Bâle en 1536 ; mais comme elle, ne parut pas assez ample, on en dressa une seconde en 1566, à laquelle ils prétendent que toutes les églises calvinistes, non-seulement de la Suisse et des Grisons, mais encore de l'Angleterre, de l'Ecosse, de la France et de la Flandre, souscrivirent ou acquiescèrent. — 2° Celle que les calvinistes de France présentèrent à Charles IX au colloque de Poissy, l'an 1261, qui avait été dressée par Théodore de Bèze ; elle fut souscrite par la reine de Navarre, par Henri IV son fils, par le prince de Condé, par le comte de Nassau, etc. — 3* La confession anglicane, rédigée dans un synode de Londres, l'an 1562, et publiée sous la reine Elisabeth, l'an 1571. — 4° Celle des Ecossais, faite en 1568, dans une assemblée du parlement de ce royaume. — 5° La confession belgique, dressée en 1561, pour les églises de Fiandre, approuvée dans un de leurs synodes, en 1579, et confirmée au synode de Dordrecht,en 1619.-6° Celle des calvinistes polonais, composée dans un synode de Gzenger, l'an 1570. —7° Celle que l'on nomma des quatre villes impériales, savoir : Strasbourg, Constance. Memmingue et Lindau, présentée à Charles-Quint, l'an 1530, en même temps que celle d'Augsbourg.
La seconde partie du recueil renferme les
confessions de foi des église* luthériennes, et celles qui y ont le plus de rapport. En premier lieu, la confession d'Augsbourg, dressée par Mélanelhon, en 1530, et présentée à Charles-Quint par plusieurs princes de l'empire, dans la diète tenue dans cette ville. — 2" La confession saxonne, faite à Witteinberg en 1551, pour être présentée au concile de Trente. — 3° Une autre, dressée dans la même ville, en 1552, et qui fut en effet présentée au concile de Trente par les ambassadeurs du duc de Wirtemberg.— i° Celle de Frédéric, électeur palatin, mort l'an 1566, publiée en 1577, comme il l'avait ordonné par son testament.— 5° La confession des bohémiens ou des vaudois, approuvée par Luther, par Mélanchton et par l'académie de Witteniberg, en 1532, publiée parles seigneurs, et présentée à Ferdinand, roi de Hongrie et de Bohême, en 1535. — 6° La déclaration intitulée Consensus in Fide, etc., dressée par les ministres des églises de Pologne, dans un synode de Sendomir, en 1570. On a mis à la suite les décrets du synode de Dordrechl, tenu en 1618 et 1619. Enfin, la confession de foi que les protestants reçurent de Cyrille-Lucar, patriarche grec de Conslantinople, en 1631. Cette multitude de confessions de foi, données par les protestants dans un espace de quarante ans, fournit matière à plusieurs réflexions. — En premier lieu, nous ne voyons pas de quoi elles peuvent servir à des sectes qui soutiennent toutes que l'Ecriture saiute est la seule règle de foi ; que les hommes n'onl droit d'y rien ajouter ; qu'aucune décision de concile ni de synode n'a par elle-même aucune autorité; que l'on n'est obligé d'y déférer qu'autant qu'elle paraît conforme à l'Ecriture sainte ; qu'après l'avoir signée, l'on est encore en droit de la contredire, dès que l'on s'apercevra que cette doctrine ne s'accorde pas avec la parole de Dieu. En obligeant les particuliers à y souscrire, et les ministres à s'y conformer, les protestants ont évidemment renversé le principe fondamental de la réforme. Vainement nous voudrions argumenter contre eux sur leur prétendue profession de foi, ils seraient toujours en droit de nous répondre : Ainsi pensaient nos pères, mais nous ne croyons plus de même aujourd'hui. — En second lieu, si l'Ecriture sainte est claire, formelle, suffisante sur tous les points de foi, comme le prétendent les prolestants, c'a été de leur part un attentat d'oser y ajouter quelque chose, ou de vouloir en réformer les expressions ; se sont-ils flattés de mieux parler que le Saint-Espril ? une explication quelconque n'est plus la parole de Dieu, mais celle des hommes. Il est étonnant qu'aucune de ces sectes n'ait voulu se borner à mettre bout à bout les passages de l'Ecriture sainte, pour rendre témoignage de sa foi. Si les premiers qui ont dressé leur confession, en 1530, ont bien pris le sens de l'Ecriture sainte, pourquoi aucune secte n'a-t-elle voulu s'y tenir, et pourquoi a-t il fallu sans cesse y revenir sur nouveaux frais ? — En troisième lieu, quiconque prendra la peine
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do comparer ces confessions, verra que, loin d'avoir établi l'uniformité de croyance entre I s différentes sectes protestantes, elles ne servent qu'à démontrer l'opposition de leurs sentiments. Aussi, depuis cette époque, les luthériens n'ont pas été mieux d'accord avec les calvinistes ; les uns ni les autres ne se sont pas rapprochés davantage des anglicans ; les sociniens et d'autres sectes n'en ont pas moins fait bande à part. Si toutes pensaient de même, une seule profession de foi suffirait pour toutes, de même que les décisions du concile de Trente ont suffi cl suffisent encore pour réunir tous les catholiques dans la môme croyance. Inutilement l'on nous répondra que tous les protestants sont unanimes dans la croyance des articles fondamentaux ; si cela suffit, l'on a eu tort de mettre d'autres articles dans les confessions de foi ; il fallait se borner à dire : chacun croira ce qui lui paraîtra clairement révélé dans l'Ecriture sainte. Bossuet, dans son Histoire des Variations, a fait voir Pinconstance, les équivoques, les contradictions de toutes ces confessions de foi. — En quatrième lieu, puisqu'il a été permis à chacune des sectes de faire sa déclaration de foi particulière, nous ne vo.ons pas pourquoi le concile de Trente n'a pas eu aussi le droit de dresser une ample profession de la croyance catholique. Si les protestants se sont vantés de fonder leur doctrine sur l'Ecriture sainte, ce concile y a de même fondé la sienne, il en a cité les passages aussi bien que les protestants ; il reste à savoir si ces derniers ont été mieux éclairés que lui par le Saint-Esprit, pour en prendre le vrai sen9. A la vue de treize ou quatorze confessions de foi, il nous paraît qu'un simple particulier protestant ne doit pas être peu embarrassé à juger quelle est la meilleure. — Us ont fait, contre celle du concile de Trente, des reproches contradictoires. Ils disent d'un côté, que l'on y a décidé, comme article de foi, plusieurs opinions sur des points obscurs et difficiles, sur lesquels il était permis à chacun de croire ce que bon lui semblait. D'autre part, ils se plaignent de ce qu'on y a exprimé plusieurs choses d'une manière ambiguë , à cause des débats qui régnent parmi les théologiens. Ainsi, les protestants sont mécontents de ce que le concile a décidé trop d'articles, et de ce qu'il en a décidé trop peu ; ils trouvent encore mauvais que les papes aient expliqué par des bulles ce qui n'était pas exprimé assez clairement dans les décrets du concile. ( Mosheim , Histoire ecclésiast., xvie siècle, sect. 3, prem. part., c. 1, § 23 et 24.) Gomment contenter de pareils censeurs?
Quant à la confession de foi de Cyrille-Lucar, que les protestants ont pompeusement intitulée confession de foi orientale, on sait «jue celte affaire ne leur a pas fait beaucoup d'honneur. Ce patriarche, qui avait étudié en Italie et voyagé en Allemagne, avait pris du goût pour les opinions des protestants, et voulut les introduire dans son Eglise, lorsqu'il lut placé sui le su ge de ConstanUnople<
Son clergé même et les autres évêques grecs s'y opposèrent. Après avoir été chassé et rétabli cinq ou six fois, il fut mis en prison et étranglé par ordre du Grand- Seigneur, en 1G38. Ses erreurs furent désavouées et condamnées par Cyrille de Béréc, son successeur, dans un concile de Gonstantinople, tenu cette même année, auquel assistèrent Métrophane, patriarche grec d'Alexandrie, et Théophane , patriarche de Jérusalem. Elles le furent dans un synode de Jassy en Moldavie ; dans un autre concile de Gonstantinople, en 16V2; dans un synode de Leucosie, ville de l'île de Chypre, en 1668; dans un synode de Jérusalem, sous les patriarches Nectaire et Dosi.hôe, en 1672 ; et plusieurs théologiens grecs les ont réfutées dans des ouvrages composés exprès.— A peine la confession de Cyrille-Lucar fut-elle imprimée à Genève, en 1633, que Grotius et plusieurs théologiens luthériens s'en moquèrent, parce que l'on vit qu'elle avait été copiée sur les Institutions de Calvin. Plus de cinquante ans auparavant, Jérémie, préJécesseur de Cyrille-Lucar, avait réfuté la confession d'Augsbourg, qui lui avait été envoyée par les théologiens de NYittemherg. On peut voir, par les divers monuments rassemblés dans la Perpétuité de la foi, que jamais les Grecs n'ont été dans les mêmes sentiments que les protestants, sur aucun des articles pour lesquels ceux-ci se so .t séparés de l'Eglise romaine. Voy. Grecs.
Confession, en termes de li'urgie et d'histoire ecclésiastique, était un lieu, dans les églises, ordinairement placé sous le grand autel, où reposaient les corps des martyrs ou des confesseurs. La confession de saint Pierre, placée dans l'Eglise qui porte son nom à Rome est cé'.èbre.
CONFESSIONN1STES. Les catholiques allemands nommèrent ainsi , dans les actes de la paix de Westphalie , les luthériens qui suivaient la confession d'Augsbourg.
CONFIANCE EN DIEU. A proprement parler, c'est la même chose que l'espérance chrétienne; ainsi, l'on ne peut pas mettre en question si c'est pour nous un devoir de nous confier en la miséricorde infinie de Dieu, et de bannir toute inquiétude par rapport à notre salut. En nous imprimant l'auguste caractère d'enfants de Dieu, notre religion ne tend à autre chose qu'à nous inspirer, envers ce souverain bienfaiteur, la même confiance que des entants bien nés ont pour leur père, dont ils n'ont jamais cessé d'éprouver la tendresse.
Pour remplir ses apôtres de courage , Jésns-ChrisI leur dit : A\cz confiance, j'ai vaincu le monde (Joan. xvi, 33). Saint I'.nil exhorte les fidèles à ne jamais perdre leur confiance, à laquelle une grande récompense est attachée [llcbr. x, 35). Il représente la crainte comme le caractère distiuclif du ju daïsme [llom. vm , 15). Saint Jean dit que celui qui a l'espérance en Dieu se sanctifie, comme Dieu est saint lui-même (I Joan. ni, 3). C'est donc, se tromper étrangement que de pictaidre sautlilicr Ici flmci en leur tus-
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pirant une frayeur excessive des jugements de Dieu, plutôt qu'une ferme confiance en sa boulé. — Jésus-Christ, les apôtres , les anciens Pères, les hommes apostoliques (te tous les siècles , n'ont pas cherché à épouvanter les pécheurs, mais à les gagner par la confiance ; ils ont fait beaucoup de promesses et peu de menaces ; ils ont pardonné à tous et n'ont rebuté personne ; ils ont parlé avec force et très-souvent de la bonté de Dieu, de sa patience envers les pécheurs, de la charité de Jésus-Christ, de l'elficacité Je la rédemption; du pardon promis au genre humain, de la récompense éternelle, rarement de la damnation. Ceux qui sont chargés d'instruire peuvent-ils suivre de meilleurs modèles?
On dira sans doute que, dans un siècle pervers à l'excès, ce n'est pas le temps d'inspirer la confiance, mais la crainte. Sans comparer le tableau de notre siècle avec celui que les Pères de l'Eglise ont tracé du leur, nous demandons si la crainte convertit les pécheurs plus efficacement que la confiance; si , parmi ceux qui persévèrent dans le crime, le plus grand nombre y est retenu par la présomption et non par le désespoir; si les prédicateurs les plus rigides sont ceux qui gagnent le plus grand nombre d'âmes à Dieu. — Nous connaissons un Judas perdu par le désespoir, l'Ecriture ne nous montre aucun pécheur endurci par un excès de confiance en Dieu. Saint Pierre tomba, parce qu'il s'élait fié à ses propres forces, el non à la bonté de son maître. Jésus-Christ le fit rentrer en lui-même par un regard de tendresse, el non par un coup d'œil d'indignation. Saint Augustin demeura dans lu désordre, tant qu'il se défia de la grâce; il en sortit, dès qu'il fut animé par la confiance. Saint Paul nous apprend que les païens se sont livrés à l'impudicité par désespoir (Eph. iv, 19).
Sur ce point de morale très-important , il faut consulter les hommes blanchis dans les travaux du saint ministère, et non les docteurs qui ne connaissent que leurs livres el leur cabinet. Lorsque l'un d'entre eux aura converti autant de pécheurs par ses écrits , que saini François de Sales par la douceur de ses maximes et par l'attrait invincible de sa charité, il méritera d'être pris pour maître. Mais Jésus-Christ nous ordonne de nous défier des pharisiens, qui mettent sur les épaules des autres un fardeau insupportable, el ne veulent pas seulemeut le remuer du doigt IMallh. xxi i, 4).
CONFIRMATION, sacrementde la loi nouvelle, qui donne à un fidèle baptisé, non-seulement la grâce sanctifiante et les dons du Saint-Esprit, mais des grâces spéciales pour confesser courageusement la foi de Jésus- Christ. Il est administré par l'imposition des mains et par l'onction du saint chiême sur le front du baptisé (1).
(1) Critérium de la foi sur la confirmation. Il est de foi que la continuation n'est pas une vaine cérémonie, el qu'elle n'a pas été dans les premiers siècles de l'Eglise un simple catéchisme pour l'instruction
tle* lidèles, mais qu'elle eut un véritable sacrement
De là les théologiens disputent pour savoir laquelle de ces deux actions est la matière essentielle el principale de ce sacrement : les uns ont pensé que c'était la première , d'autres que c'était la seconde ; le sentiment le plus suivi est que l'une et l'autre sonl nécessaires pour l'intégrité du sacrement, conséquemment que la prière qui accompagne l'imposition de* mains , et les paroles jointes à l'onction, font également partie de la forme. La confirmation est un des trois sacrements qui impriment un carat 1ère.
Dans l'Eglise grecque el dans les autres sectes orientales, on donne ce sacrement immédiatement après le baptême, et on l'administre, comme dans 1 Eglise romaine, par l'onction du saint chrême, au lieu que chez nous, l'évêque dit au confirmé: Je vous marque du signe de la croix, et je vous confirme par le chrême du salut, au nom du Père, etc.; les Grecs disent : C'est ici le signe, ou le sceau du don du Saint-Esprit.
Les prolestants, qui rejettent ce sacrement comme une institution nouvelle , prétendent qu'il n'en est pas question dans l'Ecriture sainte ; ils se trompent. Jésus-Christ (Joan. xîv, 16) dit à ses apôtres : Je prierai mon Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu'il demeure avec vous pour toujours ; c'est l'Esprit de vérité, etc. Il dil à son Père, en parlant des apôtres : Je ne prie pas seulement pour eux, mais encore pour tous ceux qui croiront en moi par leur parole [Joan. xv;i, 20). Dans les Actes, c. ri , v. 38 , saint Pierre dit à ceux qui ('écoulaient : Que chacun de vous reçoive le baptême, et vous recevrez le don du Saint-Esprit; car la promesse vous regarde, vous et vos enfants, et tous ceux qui sonl encore éloignés, mais que le Seigneur notre Dieu appellera. En effet, chap. vm, v. 17, et chap. xix, v. 6, les apôtres impo aient les mains sur les baptisés, et leur donnaient le Saint-Esprit. Voilà donc la promesse du Saint-Esprit faite par Jésus- Christ à lous les fidèles, suivie de l'exécution, et un rite mis en usage par les apôtres pour en produire l'effet. — Il n'esl pas vrai que le Saint-Esprit, donné par l'imposition des mains des apôtres , ait été seulement le don des langues, de prophétie et des miracles. Jésus-Christ avait promis l'Esprit de vérité. Saint Pierre promettait à tous les fidèles le Saint-Esprit, et lous ne recevaient pas les dons miraculeux. L'onction de laquelle parle saint Jean esl la connaissance de toutes choses, et non le pouvoir de faire des miracles. Selon sainl Paul, les fruits ou les effels du Saiut-Espril sonl toutes les vertus chrétiennes (Galat. v, 22).
(Concil. Trid., can. \). Celui qui regarde comme injurieuse à la Divinité la croyance qui attribue an saint cliréme la vertu de produire la giàce, mérite d'être Irappé d'ana thème ( Concil. Trid., can. 2 ). L'évêque seul esl le ministre ordinaire de la confirmation (Concil. Trid., can. 3).— Il n'y a rien de délini sur la natuic do la matière et"de la forme de la continuation.