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Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié leur chair avec ses vices et ses convoitises. I Corinth. ix, 27 : Je châtie mon corps, et je le réduis en servitude, de peur d'être réprouvé après avoir prêché aux antres.
Comme on a eu de nos jours l'ambilion de ré'ormer toutes les lois, on a proposé fort sérieusement de retrancher un b<>n nombre <îes jours d'abstinence et de jeûne, parce que la loi qui les ordonne n'est plus respectée < t devient une occasion continuelle de transgression ; l'on a cité à ce sujet le passage de saint Paul, Rom. vu, .0: Le commandement qui devait me donner la vie a servi à me donner la mort.
Si cette raison était solide, il ne faudrait pas seulement conclure à retrancher quelques jours d'abstinence, mais à supprimer l >ute loi d'abstinence quelconque. On n'a pas vu que saint Paul parlait du précepte de la loi naturelle : Tu ne convoiteras point, etc. Faut-il aussi abolir la loi naturelle, parce qu'elle est souvent violée? Lorsque les mœurs publiques sont licencieuses, on ne respecte plus aucune loi ; ce n'est point alors le cas d'abolir les lois , mais de les renforcer si on le peut. Voy. Carême, Jeune. [Voy. aussi ces mois dans le Dicl. de Tlicol. mor.]
ABSTINENTS, secte d'hérétiques qui parurent dans les Gaules et en Espagne sur la fin du troisième siècle. On croit qu'ils avaient emprunté une partie de leurs opinions des gnosliques et des manichéens, parce qu'ils décriaient le mariage, condamnaient l'usage des viandes et mettaient le Saint-Esprit au rang des créatures. Baronius semble 1< s confondre avec les hiéraciies ; mais ce qu'il en dit, d'après saint Philaslre , convient mieux aux encratites dont le nom se rend exactement par ceux d'abstinents et de continents. Voy. Encratites et Hiéracjtes.
ABUS en fait de Religion. Vu la manière dont l'homme est constitué, il abuse souvent de la religion, comme il abuse des lois, d< s coutumes, du langage, de l'amitié, des signes d'affection, des talents, des arls, etc. il n'abuserait de rien, s'il était sans passions et si la droite raison était toujours la règle de sa conduite ; mais celle perfection est au-dessus de ses forces.
Les pratiques, du culle primitif étaient simples et pures; l'homme, devenu polyihéiste, s'en servit pour honorer les divinités imaginaires qu'il s'était forgées : ce fut un abus et une profanation. Ces pratiques étaient destinées à exciter en lui des sentiments intérieurs de respect, de soumission, de reconnaissance, de pénitence, de confiance à 1 égard de Dieu ; il se persuada que les signes seuls suffisaient, pouvaient tenir lieu de piété, plaire à Dieu et mériter ses grâces, sans être accompagnés des sentiments du cœur. Dieu n'avait pas défendu d'employer à son culte les signes de la joie, le chant, la danse, les repas de fraternité ; l'homme voluptueux en abusa, pour satisfaire sa sensualité. Les signes du repentir buni utiles pour uuus humilier et uous cor-
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riger ; des esprits ardents peuvent les pousser à l'excès et les rendre nuisibles. La rcli gion est destinée à réprimer l'orgueil, l'intérêt, l'ambition, la jalousie, la haine ; sou vent des hommes, dominés par ces passions impérieuses, se sont persuadés qu'ils agissaient par motif de religion, etc. Voilà d'e' normes abus.
Si nous remontons à la source première de tous les abus, nous la trouverons toujours dans les passions humaines ; sans elle l'ignorance slupide n'a «irait pas pu agir: mais les passions inquiètes suggérèrent de faux raisonnements et une fausse science, bien plus red.uiables que l'ignorance. Ainsi l'avidité pour les biens de ce monde et la crainte de les perdre, firent inventer la multitude des dieux ou génies chargés de les distribuer , et le culte insensé qu'on leur rendit ; la vanité des imposteurs leur suggéra des fables et des pratiques prétendues merveilleuses pour tromper les hommes : l'amour impudique, l.i haine, la jalousie, la vengeance, invoquèrent les puissances infernales ; la curiosité effrénée voulut pénétrer dans l'avenir et forger l'art delà divination; la mollesse trouva son compte dans le culte purement extérieur, etc. Quel remède y apporta la philosophie ? Aucun. Loin d'attaquer de front tous ces abus, elle les confirma par son suffrage ; elle les étaya par des sophismes et les rendit ainsi plus incurables.
La lumière du christianisme en fit disparaître le plus grand nombre ; mais elle n'étouffa pas toutes les passions prêtes à les reproduire. Plusieurs sectes d'hérétiques s'obstinèrent à en conserver une partie, et les éclectiques du quatrième siècle firent tous leurs efforts pour remettre en crédit toutes les superstitions du paganisme. Ait cinquième, les barbares du Nord nous apportèrent celles qui étaient nées dans leurs forêts, et ils en consacrèrent plusieurs parleurs lois. L'Eglise ne cessa de faire des décrets et de prononcer des anathèmes pour les extirper ; mais que peuvent les leçons, les lois, les menaces, les censures contre des Barbares? Aujourd'hui de faux raisonneurs accusent l'Eglise même d'avoir fomenté les superstitions, en y attachant trop d'importance : C'est par la physique, disentils, et par l'histoire naturelle qu'il faut instruire les peuples ; et celte grande révolution était réservée* à notre siècle qui est celui de la philosophie.
I^ous voudrions savoir d'abord quels progrès la physique a faits dans les vallées des Pyrénées, des Cévennes, des Alpes, des Vosges et du Mont Jura ; dans les campagnes du Berri, de la Bretagne, de la Champagne et de la Picardie. Ce ne sont pas des livres d'histoire naturelle que nos philosophes s'attachent à répandre parmi le peuple , mais des livres d'athéisme et d'incrédulité. Or, nous savons par une longue expérience que l'incrédulité ne guérit ni les passions, ni la superstition qui en est l'effet, et que Ton peut très-bien croire à la magie sans croire en Dieu. Si le peuple, affranchi du
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joug de la religion, pouvait donner un libre cours à ses vices, serait-ce la philosophie qui le retiendrait ?
Nous avouons sans difficulté qu'aujourd'hui comme autn fois toute passion quelconque peut abuser de la religion : ainsi, Ion en abuse par orgueil, lorsqu'on se glorifie des grâces de Dieu, que l'on montre de la haine ou du mépris pour ceux à qui Dieu n'a pas fait les mêmes faveurs ; c 'était le défaut des Juifs : on en abuse par ambition, lorsque sous prétexte de zèle, on se croit fait pour remplir toutes les places, pour obtenir toutes les dignités de l'Église ; par avarice, lorsque l'on trafique des choses saintes, que l'on emploie des impostures et des fraudes pieuses pour extorquer les aumônes des fidèles ; par envie ou par jalousie, lorsque l'on ne rend pas justice aux talents, aux vertus, aux travaux, aux succès d'un ouvrier evaugélique ; par violence de caractère , quand on voudrait faire tomber le feu du ciel sur les Samaritains, ou exterminer tous les mécréants ; par paresse, lorsque, par une fausse humilité, l'on reluse de travailler au salut des âmes, etc.
Mais ne sont-ce pas ces mêmes passions qui font naître l'incrédulité? On l'embrasse par orgueil, parce qu'elle donne un relief d'esprit fort aux yeux des ignorants, et que l'on se pique de mieux penser que les autres hommes ; par ambition et par cupidilé, lorsqu'on l'envisage comme un moyen de plaire aux grands, de se donner du crédit, de parvenir aux honneurs littéraires et aux récompenses des talents; par lubricité, parce que c'est un moyen de séduire les femmes et de les débarrasser du joug de la religon ; par jalousie contre le clergé, parce que l'on est fâché du crédit et de la considération dont il jouit ; par emportement d'humeur, lorsque l'on déclame et que Ton invective contre lui, sans garder aucune bienséance ; par mollesse, parce que les pratiques de religion sont incommodes, etc. De quoi servent donc aux incrédules leurs dissertations continuelles touchant les abus, en fait de Religion? Il y aura des vices tant qu'il y aura des hommes, vilia erunt donec homines ; ce n'est pas l'incrédulité qui guérira les imperfections de l'humanité.
Que faire pour prévenir tous les abus ? LjM lois, les défenses, les menaces, les peines, sonl souvent inutiles ; l'homme passionné les esquive ou les brave. L'Eglise, qui ne peut inlliger que des peines spirituelles, qui craint d'aigrir le mal par des remèdes violents, gémit, exhorte, instruit, se home à des réprimandes et à des menaces ; elle tolère des abus qu'elle ne peut ni empocher ni réfermer. L'expérience des maux causés par les réformes imprudentes, la résistance qu'elle a souvent éprouvée de la part de ceux qui étaient intéressés à perpétuer les abus, la jalousie et les alarmes que produit presque toujours l'usage de son autorité, la retiennent et l'empêchent de sévir. Ceux qui la blâment seraient pcul-élre les premiers à muiuteuir les abus qu'elle vou-
drait corriger, et ils abusent eux-mêmes de la simplicité des hommes, souvent dupes de ce zèle hypocrite.
ABYSSINS. Voy. Ethiopiens.
ACACIENS. Acace, surnommé le Borgne , fut disciple et successeur d'Eusèbe dans le siège de Césarée, et eut comme lui ungrande part aux troubles de l'arianisme. Il avait de l'érudition et de l'éloquence, mais beaucoup d'ambition; et ce vice lui fit faire un très mauvais usage de ses talents. C'était un de ces hommes inquiets, intrigants et ardents, qui se mêlent de toutes les affaires, veulent avoir du crédit à quelque prix que ce soit, et qui n'ont de religion qu'autant qu'elle peut servir à leur intérêt. Acace fut arien déterminé sous l'empereur Constance; i! redevint catholique sous Jovien,el rentra dans le parti des ariens sous Valens. On ne peut pas savoir quelle était la croyance de ceux qui se laissaient conduire par lui et qui furent nommés Acaciens. Il fit déposer saint Cyrille de Jérusalem, qu'il avait ordonné lui-même ; il eut pari au bannissement du pape Libère et à l'intrusion de l'antipape Félix ; il fut déposé à son tour par le concile de Séleucie en 359, et par celui de Lampsaque en 365; et il mourut probablement sans savoir ce qu'il croyait ou ne croyait pas. Voy. Tillemoul, Mém., t. VI, p. 304 et suiv.
Il y a eu plusieurs autres évéques du même nom, qu'il ne faut pas confondre avec lui. Acace de Bérée, en Palestine, fut ami de saint Epiphane et se fit longtemps respecter par ses vertus ; mais il déshonora sa vieillesse en se mettant à la têle des persécuteurs de saint Jean Chrysoslomc. Acace, évêque d'Amide, se rendit célèbre par sa charité envers les pauvres. Acace de Constantinople fut un des partisans d'Eutychès, etc.
ACCEPTION DE PEBSONNES. L'Ecriture nomme ainsi la faute d'un juge qui favorise un parti au préjudice de l'autre, qui a plus d'égard pour un homme puissant que pour un pauvre : Dieu le défend, Denteron. i, 17, et ailleurs : c'est un crime contraire à la loi naturelle : Job en témoigne de l'horreur, c. 24 et 31. Il est dit dans l'ancien et le nouveau Testament que Dieu ne fait point acception de personnes ; que quand il est question de justice, de bonnes œuvres, de récompenses, il traite de même les Juifs et les païens. Il ne s'ensuit pas de là que Dieu ne puisse, sans blesser sa justice, accorder plus de bienfait naturels ou surnaturels à une personne, à une famille, à une nation qu'a une autre. Quand il s'agit de grâces ou du dons purement gratuits, ce n'est plus une affaire de justice ; ce que Dieu donne à un homme ne porte aucun préjudice à un autre. Il peut donc accorder à l'un la grâce de la foi, le baptême, tel ou tel moyen de salut, et ne pas l'accorder à l'autre. Il peut punir un pécheur en ce monde, différer le châtiment d'un autre jusqu'après la mort: dès qu'il ne rend au coupable que ce qu'il a mérité, la justice est observée; personne n'a