‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 19 sur 183 · ACCORD DE LA RAISON ET DE LA FOI · texte numérisé non relu

ACCORD DE LA RAISON ET DE LA FOI

Voy. Foi, Raison.

ACÉPHALES, sans chef. L'histoire ecclésiastique fait mention de plusieurs sectes nommées acéphales. De ce nombre sont 1° ceux qui ne voulurent adhérer ni à Jean , patriarche d'Antioche, ni à saint Cyrille d'Alexandrie, au sujet de la condamnation deNestorius au concile d'Ephèse. 2° Certains hérétiques du cinquième siècle, qui suivirent d'abord les erreurs de Pierre Mongus, évêque d'Alexandrie , et l'abandonnèrent ensuite, parce qu'il avait feint de souscrire à la décision du concile de Chalcédoine ; c'étaient des sectateurs d'Eu'ychès. Voy. Eutïchiens. 3° Les partisans de Sévère, évêque d'Antioche, et tous ceux qui refusaient d'ad-

(1) c La difficulté, disent les Conférences d'Angers, esi de savoir ce que c'est que les apparences du pain et du vin, que le concile de Trente, dans le même canon, reconnaît, demeurer aprè-. la Iranssubstanlialion, mmicntibus dimlaxal speciebus panis el vmi.i Les théologiens de l'école de saint Thomas et de celle de Scot disent que i ce sont les accidei.ls du pain et du vin qui subsistent miraculeusement séparés de leur substance. > Ce sentiment était généralement reçu dans toutes Jes universités catholiques, avant qu'on eût ouï parler de la philosophie de Descartes; mais les carlé-iens se sont imaginé < qu'il n'est pas possible que des accidents réels puissent subsister sans leur substance ; qu'ainsi, si les accidents du pain et du vin demeurent après la conséiralion, il faut dire que la substance du pain et du vin den\eure aussi dans l'eucharistie. » (M. Cousin a renouvelé de nos jours celle doctrine) qui est directement contre le dogme de la transsubstantiation étab'i par le concile de Trente. Les cartésiens catholiques disent que « le» espèces eucharistiques sont seulement des apparences du pain et du vin ; » et quand on les presse d'expliquer qu'est ce que sont ces apparences, les uns disent que « ce sont des impressions faites sur nos sens par le pain el le vin, lesquelles demeurent après la consécration : » d'autres disent que ce sont les actions de nos sens, savoir, visionem, tactionem, yustalionem, que Dieu conserve eu nous ou produit de nouveau en l'absence de la substance du pain cl du viu : < d'autres disent

mettre le concile de Chalcédoine : c'étaient encore des eutychiens.

On a aussi nommé acéphales les prêtres qui se soustraient à la juridiction de leur évêque, les évèques qui refusent de se soumettre à celle de leur métropolitain, les chapitres et les monastères qui se prétendent indépendants de la juridiction des ordinaires. Ce point de discipline regarda les canonistes. „

* ACHAMOTII (Sophie). Les Yaleminiens ophiies avaient, dans leurs rêveries sur les Eons, imaginé une Sopltia Achamolh, qui avait pris tant d'empire sur le Christ, qu'e le conduisit toute la grande affaire de la Rédemption. Mais ce ne fut que dans le ciel que se consomma l'union complète du Christ avec Soplùa. II lit un céleste mariage, et s'unit à elle pour toute l'éternité. Ce sont là des rêveries dont la seule exposition est une réfutation suffî-anie. Voy le Dictionnaire des Hérésies, arl.VALi--.NTiN (édit. Migne .

ACHIAS. Voy. Amas.

ACHIMELECH. Voy. Abiathar.

ACOEMÈTES, qui ne dorment point. Nom de certains religieux fort célèbres dans les premiers siècles de l'Eglise, el surtout dans l'Orient, appelés ainsi, non qu'ils eussent les yeux toujours ouverts sans dormir un seul

q'te c-^ sont de pures apparences des choses absentes, c'est-à-dire des speclres, des fantômes. »

« L'on ne peut s'abstenir dédire qu'il est très-difficile d'accorder, avec l> croyance de l'Eglise ro naine, le sentiment des cartésiens : de quelque manière qu'ils l'expliquent, il nous paraît contraire à la doctrine du concile de Trente, qui, dans la session 15, chapitre 5, dit que « l'eucharistie est un signe d'une chose sacrée el une forme visible de la grâce invisible, que Jésus-Christ est tout entier sous chaque partie d'une espèce : » dans le canon 4, « que le corps de Jésus-Christ est d'une manière permanente dans des hosties consacrées qu'on réserve après la communion : » dans le chapilié G, que « la coutume de conserver l'eucharistie dans le tabernacle était établie dès le siècle du premier concile de Nicée, que depuis très-longlemps on a porté l'eucharistie aux malades, s Je demande aux cartésiens si tout cela se peut dire raisonnablement des impressions faites sur nos sens, des actions de nos sens, ou de pures apparences. Ils voient bien que non. Et il faut de nécessité qu'ils conviennent que ce que le concile dit ne peut s'appliquer qu'à quelque chose de réel, qui était dans le pain et le vin qui est resté après la consécration : or il ne demeure rien de la substance du pain el du vin; elle est toute changée au corps et au sang de Jésus-Christ : c'est pourquoi nous disons que les espèces du pain el du vin qui restent après la consécration, sous lesquelles le corps et le sang de Jésus-Christ sont renfermés, et qui font partie du sacrement de l'eucharistie, sont de véritables et réels aceidenis du pain et du vin, qui conservent celle même existence après la transsubstantiation du pain et du vin au corps et au sang de Jésus-Christ, comme saint Thomas l'enseigne (Part, ni, q. 77), qui retiennent leur qualité d'accidents, et qui sont les mêmes qu'ils étaient auparavant, mais qui ne sont plus inhérents à la substance du pain el du vin qui étaient leur sujet ; lesquels Dieu conserve hors de leur sujet, de sorte qu'ils sub-istenl miraculeusement par eux-mêmes. On appelle ces accidents les espèces du pain et du vin, parce qu'ils nous mettent devant les yeux la ressemblance du pain et du vin, ce qui est le même que de dire « qu'ils nous représentent le pain cl le vin après la coiibccraiion, quoique le pain el le vin ne soicut

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