‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 20 sur 183 · ACO · texte numérisé non relu

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moment, comme quelques auteurs l'onl écrit, mais parce qu'ils observaient dans leurs églises une psalmodie perpétuelle, sans l'in-

plus sons ees espèces, mais le corps et le sang de Jésus-Christ. »

t Si les cartésiens ne veulent pas que les accidents du pain et du vin subsistent miraculeusement hors «le leur sujet substantiel, ne faut- 1 pas qu'ils aient eux-mêmes recours au miracle, pour que les impressions faites sur nos sens par le pain et le vin , ou les actions de nos sens soient permanentes?

« Si on nous opposait que les anciens Pères, quand ils ont parlé de l'eucharistie, n'ont point fait mention d'accidents qui soient sans sujet, et qui subsistent par eux-mêmes, nous demeurerions d'accord que les premiers Pères se sont contentés de dire « que le sacrement de l'eucharistie éiait composé de deux choses, > dont l'une es! céleste et l'autre terrestre, l'une visible et l'autre invisible. Mais, quand la loi de ce mystère a été attai|uée par les hérétiques, et qu'il a fallu en expliquer la vérité, pour mettre les fidèles eu état de ne pas se laisser surprendre par les subtilités artificieuses des hérétiques, on a dit que < la substance du pain et du vin était changée par la consécration, mais que les accidents étaient conservés et restaient après la consécration, «le crainte que nous n'eussions horreur de manger la chair de Jésu^-Christ et de boire son sang. » Cuilrnond, archevêque d'Avers*', qui écrivait contre Béreger, dans le onzième siècle, parlait ainsi dans sou lu* livre : Cm nonsufficil Kcclesiœ ratio... generalilet respondentis, rentra quidem substantias mu tari, sed propter honorent, priorem saporem, colomnque et cœlera quœdant accidenlia ad sensitm dunl xal perlinenlia, retineri? On peut môme dire que c'est là le langage de l'Eglise, puisque, dans l'office du jour de la Kête-Dieu, on lit à matines une leçon tirée de l'opuscule 57 de saint Thomas, où il dit : Accidenlia eiiitn sine subjecto in eodem (sacramento) exialunt,ut fi les tocum habeat, dunt invisibde vmbiliter sumitnr sub aliéna specie. Le concile de Cologne de l'an 1556 si aussi canonisé celte manière de parler, en disant, dans le chapitre 15 du titre de l'administration des sacrements, que < les espèces du pain et du vin ne sont autre chose, apiès la consécration, que îles apparences sacramentelles et des accidents sans sujet (a). » Celui donc qui nierait qu'il y eût dans l'eucharistie des accidents qui subsistassent sans sujet, ne serait pas exempt de blâme.

« En effet, un bénédictin de la congrégation de Saint-Maur ayant avancé en des thèses soutenues dans l'abbaye de Saint-Etienne de Caen, au diocèse de Uayeux , une proposition qui laissait incertain s'il y a des accidents sans sujet dans l'eucharistie, M. Pèvèque de Bayeux la condamna par un mandement du 5 mai 1707, comme téméraire et comme ayant été condamnée par plusieurs universités (b), et favorisant la seconde proposition de Wiclef, condamnée par le concile de Consumée, dans la huitième session, tenue le 4 mai 14-15. Accidenlia punis non manenl sine subjecto in eodem sacramento : Les accidents du pain ne demeurent point sans sujet dans le sacrement de l'eucharistie, Bien plus, le concile tic Bourges, de l'an Lr>8i, litre 22 de l'eucharistie, lanon 3, veut < qu'on excommunie et qu'on regarde COmme hérétiques ceux qui nient que les accidents «lu pain et du vin demeurent dans le sacrement de l'eucharistie, sans la substance du pain et du vin (c).» Voy. Eucuaiustii;.

(«) Quid enim pattts et vint species aliud sunt post consecrutionem, quant species s crumenulcs et uccidenùu s.ite tubjecto y

(l>) l.'iuiivrrsiié i'Anuers esi de ce nombre.

(r) ffeyaniet accidentia panis et vini m sncramcnlo cu~ > liaiuliœ.

tcrri»mprc ni jour ni nuit. Ce mol est grec, composé d'« privatif et de yoly.v.) , dormir. Les acœrnèles étaient partagés en trois bandes, dont chacune psalmodiai! à son tour et relevait les autres; de sorte que cet excrcic-î durait sans inlerrup'.ion pendant toutes lc3 heures du jour et de la nuit. Suivant ce partage chaque acœmèle consacrait religieusement tous les jours huit heures entières au chant des psaume*, à quoi ils joignaient la vie la plus exemplaire et la plus édifiante : aussi ont-ils illustré l'Eglise orientale par un grand nombre de saints, d'évéques et de patriarches.

Nicéphore donne pour fondateur aux «cœmètes un nommé Marcellus, que quelques écriva ns modernes appellent Marcellus d'Apamée; niais Bollandus nous apprend que ce lut Alexandre, moine de Syrie, antérieur de plusieurs années à Marcellus. Suivant Bollandus, celui-là mourut vers l'an 330. Il fut remplacé dans le gouvernement des acœmrtes par Jean Calybe, et celui-ci par Marcellus.

On lit dans saint Grégoire de Tours et plusieurs autres écrivains , que Sigismond , roi de Bourgogne, inconsolable d'avoir, à l'instigation d'une méchante princesse qu'il avait épousée en secondes noces, et qui était fille de Théodoric, roi d'Italie, fait périr Géséric sui fils, prince qu'il avait eu de sa première femme, se retira dans le monastère de Sainl- Maurice, connu autrefois sous le nom d'Ag.tune, et y établit les ncœmèles, pour laisser dans l'Eglise un monument durable de sa douleur et de sa pénitence.

Il n'en fallut pas davantage pour que le nom li'acœinèle et la psalmodie perpétuelle fussent mis en usage dans l'Occident, et surtout en France. Plusieurs monastères, entre autr s celui de Saint-Denis, suivirei.t l'exemde Saint-Maurice. Quelques monastères de filles se conformèrent à la même règle. Il paraît par l'abrégé des actes de sainte Saleberge, recueillis dans un manuscrit de Compiègne cité par le Père Ménard, que cetto sainte, après avoir fait bâtir un v.;ste monastère et y avoir rassemblé trois cents religieuses, les partagea en plusieurs chœurs différents, de manière qu'elles pussent l'ai c retentir nuit et jour leur église du chaut des psaumes.

Ou pourrait encore donner aujourd'hui le nom d'acœmèlex à quelques maisons religieuses, où l'adoration perpétuelle du saint sacrement l'ait partie delà règle; en sorte qu'il y a jour cl nuit quelques personnes de la communauté occupées de ce pieux exercice. Vol/. PSAI.MODIK.

On a quelquefois appelé les styliles, <tc rmètet,ei les ucœmètes, sludites. Yo>j. Stylitr cl Studiti..

ACOLYTE, c'est-à-dire, suivant, celui qui accompagne. Dans les auteurs ecclésiastiques, ce nom est spécialement donné aux' jeunes clercs qui aspiraient au saint ministère, et tenaient dans le clergé le premier rang après les sous diacres. L'Eglise grecque n'avait point à'acofyteê , au moins les plus ancien» monuments n'en fout aucune meu-

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lion ; mais l'Eglise latine en a eu dès le troisième siècle; saint Cyprien et le pape Corneille en parlent dans leurs épîtres, et le quatrième concile de Carthage prescrit la manière de les ordonner.

Les acolytes étaient de jeunes hommes entre 20 et 30 ans, destinés à suivre toujours l'évêque et à cire sous sa main. Leurs principales fonctions, dans les premiers siècles de l'Eglise, étaient de porter aux évoques les lettres que les Eglises étaient en usage de s'écrire mutuellement , lorsqu'elles avaient quelque affaire importante à consulter; ce qui dans les temps de perséculioa, où les Gentils épiaient toutes les occasions de profiner nos mystères, exigeait un secret inviolable et une fidélité à toute épreuve. Ces qualités leur firent donner le nom d'acolytes , aussi bien que leur assiduité auprès de l'évêque, qu'ils étaient obligés d'accompagner et de servir. Ils faisaient ses messages, portaient les eulogies , c'est-à-dire les pains bénits que l'on envoyait en signe de communion : ils portaient même l'eucharistie dans les premiers temps ; ils servaient à l'autel sous les diacres; et avant qu'il y eût des sous-diacres, ils en tenaient la place. Le martyrologe marque qu'ils tenaient autrefois à la messe la patène enveloppée, ce que font à présent les sous-diacres; et il est dit dans d'autres endroits qu'ils tenaient aussi le chalumeau qui servait à la communion du calice. Enfin, ils servaient encore les évêques et les officiants en leur présentant les ornements sacerdotaux. Leurs fonctions ont changé; le pontifical ne leur en assigne point d'autre que de porter les chandeliers, allumer les cierges, et préparer le vin et l'eau pour le sacrifice : ils servent aussi l'encens, et c'est l'ordre que les jeunes clercs exercent le plus souvent. Thomass. Dtsc/p/. de l'Eglise. Fleury, Instit. ou Droit ecclés., lom. I, part. i, chap. 6; Grandcolas, Ancien Sacrant., ire part., p. 124.

Dans l'Eglise romaine, il y avait trois sortes d'acolytes: ceux qui servaient le pape dans son palais et qu'on nommait palatins ; les slationnaires,qui servaient dans les églises, et les régionnaires, qui aidaient les diacres dans les fonctions qu'ils exerçaient dans les divers quartiers de la ville. Voy. Or-

DllES (1).

ACTE, ACTION. Les théologiens emploient ces deux termes à l'égard de Dieu et à l'égard de l'homme, mais dans un sens différent. Ils disent que Dieu est un acte pur , c'est-à-dire que l'on ne peut pas supposer en Dieu une puissance d'agir qui ait réellement existé avant Yaction; il est éternel et parfait; il ne peut lui survenir, comme à l'homme, une nouvelle modification, un nouvel attribut, ou une nouvelle action, qui change son état, qui le rende autre qu'il n'était.

Cependant, comme nous ne pouvons concevoir ni exprimer les attributs et les actions

(1) Voici la matière el la forme de l'acolytat. L'évêi|ije ri.il, en faisant loucher le cicige el le chandelier : Accipe cerv ferai ium cum ceieo, el scias le ad

de Dieu que par analogie aux nôtres, nous sommes forcés de distinguer en Dieu comme en nous, 1° deux facultés ou deux puissances actives, savoir l'entendement et la volonté, et les actes qui sont propres à l'un el à l'autre.

2° Des actes intérieurs ou ad intra, et des actes extérieurs ou ad extra, comme s'expri-, ment les scolasliques. Dieu se connaît et! s'aime : ce sont là des actes purement intérieurs qui ne produisent rien au dehors. Dieu a voulu créer le monde : cet acte de volontén'était qu'intérieur, avantque le monde existât; depuis que les créatures existent cet acte est censé extérieur; il a produit un effet réellement distingué de Dieu ; Vacte ou le décret est éternel, mais son effet n'a commencé qu'avec le temps. De même, dans l'homme, une pensée, un désir, sont des actes intérieurs; une parole, un mouvement, uni; prière , une aumône, sont des actes extérieurs et sensibles : les premiers sont nommés par les scolastiques, actus immanens ou elicitus ; les seconds , actus transiens ou imper ut us.

3° L'on distingue les actes nécessaires d'avec les actes libres : Dieu se connaît et s'aime nécessairement, mais il a voulu librement créer le monde , il aurait pu ne pas vouloir et ne pas créer. Le sentiment intérieur nous convainc que nous sommes capables nous-mêmes d.' ces deux espèces d'actes, et qu'il y a une différence essentielle entre les uns et les autres. Voy. L:ise»té.

k° La nécessité d'exposer le mystère de la sainte Trinité a obligé les théologiens d'appeler en Dieu actes essentiels les opérations communes aux trois Personnes divines, telles que la création, et actes nationaux ou notions, les actions qui servent à caractériser ces Personnes et à les distinguer; ainsi, la génération active est face notional du Père, la spiraiion ac ive est propre au Père et au Fils, la procession, au seul Saint Esprit, etc. Voy. ces mots.

On demandera sans doute à quoi servent toutes ces distinctions subtiles : à donnerait langage théologique la précision nécessaire pour éviter les erreurs et pour prévenir les équivoques frauduleuses des hérétiques.

3° Nous distinguons en nous les actes spontanés, c'est-à-dire, indélibérés et non réfléchis (1), comme l'action d'étendre le bras pour nous empêcher de tomber ; les actes volonlaires et non libres, comme le désir de manger, lorsque nous sommes pressés par la faim, l'amour du bien en général, etc.; les

accendenda ecclesice luminaria manetpari in nomine Domini. Il lui l'ail ensuite loucher les burettes vides, en disant : Accipe urceolum ad suggrenduai vinum el aquam in eucliarislinm sanguines Lkristi , m nomine Domini. Celle matière el cette forme étaieui déjà employées dès le quatrième siècle, comme nous l'apprend le corn ile de Canhage de Tan 5'JS. Celle antiquité les rend infiniment respectables.

(I) Le sens du mot spontanés n'est pas celui que lui donne Bergier : il signilie actes libres et volontaires. L'auteur le confond avec ce que les seolastiques nomment actes de l'homme.

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actes libres que nous faisons avec réflexion et de propos délibéré : ces derniers sont les seuls imputables, les seuls moralement bons ou mauvais, dignes du récompense ou de châtiment. Ils sonl nommés par les moralistes actes humains, parce qu'ils sont propres à l'homme seul; les actes spontanés sont appelés actes de l'homme, parce que c'est lui qui les produit, quoique les animaux en paraissent capable*. Quant aux actes purement volontaires, nous les appelons mouvements , sentiments, plutôt qu'actions.

G" Les actes humains ou libres sont principalement considérés par les théologiens relativement à la loi de Dieu, qui les commande ou les défend, qui les approuve ou les condamne; et c'est sous cet aspect qu'ils sonl censés bons ou mauvais, péchés ou bonnes oeuvre..

M lis on demande s'il peut y avoir des actions indifférentes, qui ne soient moralement ni lionnes ni mauvaises. Il nous paraît difficile d'en admettre de telles à l'égard d'un chrétien, parce qu'il n'est jamais indifférent au salut de perdre le mérite d'une action quelconque : or, il n'en est aucune qui ne puisse être méritoire par le motif et par le secours de la grâce. En second lieu, la loi de Dieu ne nous laisse la liberté de perdre le fruit d'aucune action, puisqu'elle nous commande de tout fiire pour la gloire de Dieu, 1 Cor. x, 31. En troisième lieu, la grâce est, pour ainsi dire, prodiguée au chrétien, et donnée avec tant d'abondance, qu'il n'est jamais innocent lorsqu'il n'agit pas par son secours. Il ne peut donc y avoir pour lui 6' actions indifférentes , sinon par le défaut d'attention et de réflexion.

7° Parmi les actions bonnes et louables, les unes sont naturelle*, les autres surnaturelles. Un païen qui fait l'aumône à un pauvre, par compassion, fait une bonne œuvre naturellement ; il n'est pas besoin de la révélation , ni d'une lumière surnaturelle de la grâce, pour sentir qu'il est bon et louable de secourir nos semblables quand ils souffrent; la nature seule nous inspire de la pitié pour eux. Un chrétien, qui fait l'aumône parce que le pauvre lient à son égard la place de Jésus-Christ, parce que Dieu a promis à celte bonne œuvre la rémission des péchés et une récompense éternelle, agitsurnalurellement; la raison seule n'a pas pu lui suggérer ces motifs, et il ne peut agir ainsi que par le secours d'une grâce intérieure et prévenante. Ces sortes de bonnes œuvres sont les seules méritoires cl les seules utiles au salul éternel. Quant à celles que font naturellement les païens, nous prouverons, au mol 1>hi)ki.e, que ce ne sont pas des péchés cl que Dieu les a souvent récompensées. [Voy. OEuvhes (lionnes .]

Mais un chrétien pècbe-t-il lorsqu'il fait une bonne œuvre par un molif purement naturel? Nous ne le pensons pas et nous ne voyons pas par quelle raison l'on pourrait je prouver; il nous paraît même à peu près impossible qu'un chrétien fasse une bonne ouvre, sans que les motifs qui lui sont BUg-

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gérés par la foi y entrent pour quelque chose.

8° Entre les actions surnaturelles on dislingue les actes des différentes vertus. Un acte de foi est une protestation que nous faisons à Dieu de croire à sa parole ; par un acte d'espérance, nous lui témoignons la confiance que nous avons à ses promesses ; un acte de charité est un témoignage de noire amour pour lui.

Nous sommes obligés sans doute de produire de temps en temps ces sortes d'actes; mais, pour prévenir les scrupules et les inquiétudes des âmes simples, il est bon de les avertir que la récitation du symbole est un acte de foi ; que quand elles disent, Je crois lu vie éternelle, c'est un témoignage d'espérance; qu'en disant à Dieu, dans l'oraison dominicale, Que votre nom soit sanctifié, que votre volonté soit faite, etc., elles fonl un acte d'amour de Dieu. La piièrc, en général, est un accède religion, de confiance en Dieu, de soumission à sa providence, etc.

ACTES DES APOTKES. Livre sacré du Nouveau Testament, qui contient l'histoire de l'Eglise naissante pendant l'espace de vingl-neuf ou trente ans, depuis l'ascension de Notre-Seigneur Jésus-Christ jusqu'à l'année 63 de l'ère chrétienne. Saint Luc esl l'auteur de cet ouvrage, au commencement duquel il se désigne, et il l'adresse à Théophile, auquel il avait déjà adressé son Evangile. Il y rapporte les actions des apôtres, et presque toujours comme témoin oculaire : de là vient que, dans le texte grec, ce livre est intitulé Actes. On y voit l'accomplissement de plusieurs promesses de Jésus-Christ, son ascension, la descente du Saint-Esprit, les premières prédications des apôtres et les prodiges par lesquels elles furent confirmées ; un tableau admirable des mœurs des premiers chrétiens ; enfin tout ce qui se passa dans l'Eglise jusqu'à la dispersion des apôtres, qui se partagèrent pour porter l'Evangile dans lout le monde. Depuis le point de cette séparation, saint Luc abandonna l'histoire des autres apôtres dont il était Irop éloigné, pour s'attacher particulièrement à celle de saint Paul, qui l'avait choisi pour son disciple et pour compagnon de ses travaux. Il suit cet apôtre dans toutes ses missions, et jusqu'à Rome même, où il paraît que les Actes ont été publiés la seconde année du séjour qu'y fit saint Paul, c'est-à-dire, la soixante-troisième année de l'ère chrétienne, et les neuvième et dixième de l'empire de Néron. Au reste le style de cet ouvrage, qui a été composé en grec, est plus pur que celui des autres écrivains canoniques ; el l'on remarque que saint Lnc, qui possédait beaucoup mieux la langue grecque que l'hébraïque, s'y sert toujours de la version des Septante dans les citations de l'Ecriture. Ce livre esl cité dans l'épître de saint Polyearpe aux Pbilippiens, n. t. Eusôbc le met au rang des écrils du nouveau Testinienl de l'authenticité desquels on n'a jamais douté; il esl placé comme tel dans le canon dressé par le concile de Laodicce, cl il n'y a jamais eu là-

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dessus de conteslation. Saint Epiphane, fJœr. 20, c. 3 cl 6, dit que ces Actes ont été traduits en hébreu ou dans la langue syro-hébraïque des Eglises de la Palestine; ils ont donc été très-connus dès le moment de leur publication.

On ne peut pas non plus révoquer en doute la vérilé de l'histoire qu'ils renferment. 1" L'ascension de Jésus-Christ, la descente du Saint-Esprit, la prédication de saint Pierre , ses miracles , la formation d'une Eglise à Jérusalem, la persécution des premiers fidèles, la conversion de saint Paul, jes voyage*, ses travaux, etc., sont des faits qui se tiennent; l'un ne peut pas être faux sans que tout le reste ne soit renversé. Ces faits sont trop publics et en trop grand nombie, la scène est en trop de lieux différents, pour que toute celte narration soit fabuleuse. Les fidèles de la Judée, ceux d'Anlioche et d'Alexandrie, n'ont pas pu ignorer ce qui s'était passé à Jérusalem depuis la mort de Jésus Christ; leur conversion même prouve la vérilé de ce qui est rapporté par saint Luc; s'il l'avait altérée en quelque chose, les fidèles de Jérusalem se seraient inscrits en faux contre son histoire ; ceux d'Anlioche, d'Ephèse, de Corinthe, etc., auraient fait de même, si ce qui s'était passé chez eux n'avait pas été fidèlement rapporté. 2U Les lettres de saint Pau! confirment la plupart de ces faits, et les supposent. 3° Le schisme arrivé à Jérusalem entre les disciples des apôtres et les ébioniles ou judaïsanls, démontre qu'il n'a pas été possible d'en imposer à personne sur des faits qui intéressaient les deux partis. Dans la suite, les ébionites cherchèrent à décrier la doctrine et la conduite de saint Paul ; ils foigèrent de faux actes pour le rendre odieux; mais il n'ont pas osé s'juscrire eu faux contre les actes écrits par saint Luc : d'ailleurs leur témoignage est venu trop tard pour affaiblir celui d'un témoin oculaire. 4° Le Juif que Celse fait parler avoue ou suppose la naissance d'une Eglise à Jérusalem, telle que saint Luc la raconte. L'apôtre saint Jean a vécu jusqu'au commencement du second siècle : tant qu'il a subsisté, a-t-il été possible de forger une fausse histoire des travaux des apôtres et de l'établissement de l'Eglise? 5° Ce que l'on a nommé faux Actes des apôtres composés par les hérétiques, ne sont pas des histoires qui contredisent celle de saint Luc, mais de prétendues relations de ce qu'ont fait les apôtres, desquels saint Luc n'a pas parlé : tels sont les Actes de saint Thomas, de saint Philippe, de saint André, etc.; pièces apocryphes, inconnues aux anciens Pères, qui n'ont paru que fort tard, dont on ne peut fixer la date ni nommer les auteurs.

Le premier livre de cette nature qu'on fit paraître, et qui fut intitulé Actes de Paul, et de Thècle, avait pour auteur un prêtre, disciple de saint Paul. Son imposture lut découverte par saint Jean, et quoique ce prêtre ne se fût porté à composer cet ouvrage que par un faux zèle pour sou maître, il ne laissa pas

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d'être dégradé du sricerdoce. Ces Actes ont été rejelés comme apocryphes par le pape Gélase. Depuis, les manichéens supposèrent des Acte* de saint Pierre et saint Paul, où ils semèrent leurs erreurs. On vil ensuite les Actes de saint André, de saint Jean et des apôtres en général, supposés par les mêmes hérétiques, selon saint Epiphane, saint Augustin etPhilastre; les Actes des apôtres fais par les ébionites ; le Voyage de saint Pierre, faussement allrib lé à saint Clément ; Y Enlèvement et le ravissement de saint Paul, dont les gnostiques se servaient ; les Actes de saint Philippe et de saint Thomas, forgés par les encratites cl les apostoliques; la Mémoire des apôtres , composée par les priscillianistes ; l' Itinéraire des apôtres, qui fut rejeté dans le concile de Nicée ; cl divers aulres dont nous ferons mention sous le nom des sectes qui les ont fabriqués. Voyez Hieronym., De Viris illust., c.7; Ghrys., In Act.; Dupin, Dissert, prélim. sur le Nouveau Testam.; Tertull., De Baptism.; Epiphan., Hœres. 8, n° 47 cl Cl ; S. Aug., De Vide contra Manich., et Tract. inJoan.; Philast., Hœres. 48; Dupin, Biblioth. des Auteurs ecclésiastiques des trois premiers siècles.

ACTES DES CONCILES. Voy. Conciles.

ACTES DES MARTYRS. V oy. Martyre et

MàRT; ROLOGE.

ACTES DE PILATE. Voy. Pilate.

ACTUEL. Les théologiens distinguent la grâce actuelle et la grâce habituelle, le péché actuel et le péché originel.

La grâce actuelle est celle qui nous est accordée par manière d'acte ou de motion passagère. On pourrait la définir plus clairement, celle que Dieu nous donne pour nous mettre en état de pouvoir agir ou de faire quelque action. C'est de cette grâce que parle saint Paul quand ildit aux Philippiens,ch. i : Il vous a été donné non-seulement de croire en Jésus-Christ, mais encore de souffrir pour lui. Saint Augustin a démontré, contre les pélagiens, que la grâce actuelle est absolument nécessaire pour toute action méritoire dans l'ordre du salut.

La grâce habituelle est celle qui nous est donnée par manière d'habitude, de qualité fixe et permanente, inhérente à l'âme, qui nous rend agréables à Dieu et dignes des récompenses éternelles. Telle est la grâce du baptême dans les enfants. Voy. Grâce.

Le péché actuel est celui que commet, par sa propre volonté et avec pleine connaissance, une personne qui est parvenue à l'âge de discrétion. Le péché originel est celui que nous contractons en venant au monde, parce que nous sommes enfants d'Adam. Voy. Pécué. Le péch:> actuel se subdivise en pécné mortel et pé'ché véniel. Voy. Mortel et Véniel.

ADAM, nom du premier homme que Dieu a créé pour être la tige du genre humain. Adam est aussi en hébreu le nom appellatif de l'homme en générai ; il paraît formé d'à augmentatif et de la racine dam, dom, élevé, supérieur ; il désigne le principal et le plus fort individu do l'espèce.

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