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de regarder aujourd'hui ce droit comme injuste.
il faut donc se rapproiher des mœurs an- Tiques pour sentir l'énergie de plusieurs expressions de l'Ecriture sainte. Dieu promet à David qu'il le rendra Yaîné de tous les rois. Saint Paul nomme Jésus-Christ aîné de t ouïes les -créatures, pnree qu'il a été engendré du Père avant la création; dans l'Apocalypse, il est appelé le premier-né d'entre les morts, parce qu'il r si le premier qui soit ressuscité par sa propre vertu. Isaïe nomme premiersnés des pâtures, ceux qui souffrent le plus; dans le livre de Job primogenita mors signifie la pl«s cruelle de toutes les morts.
Il paraît p.'ir l'histoire sainte que le droit d'aînesse a été é'ahli dès la création, mais il n'était pas inaliénable; Dieu, pour de bonnes raisons, l'a souvent transporté aux puînés. Ainsi Caïn, fils aîné d'Adam, fut pri\é de ses droits en punition de son crime, Selh lui fut substitué. J phe», fils aîné de Noé, fut moins privilégié que Sem ; Isaac fut préféré à 1-maël son aîné, mais qui était né d'une étrangère ; Jacob acheta le droit d'aînesse de son frère Esaii, il l'ôla à son propre fils R<;hen, pour le donner à Joseph ; et en bénissant les deux fils de Joseph , il accorda la préférence a Ephraïm sur Manass 3
Nous voyons par le cb ip. xxi, 12 du Dculéronome, que .Yaîné avait une double portion dans l'héritage paternel ; et après la mort du père, il devenait le chef, par conséquent le prêtre de sa famille.
Les incrédules ont censuré avec beaucoup d'aigreur la conduite de Jacob, qui profila «te la lassitude de son fi ère pour acheter de lui le droit d'aînesse à très-vil prix, et qui trompa son père Isaac pour extorquer de lui la bénédiction destinée à l'aîné. Nous examinerons ce trait d'histoire au mot Jacob.
Depuis que Dieu eut fait mourir tous les premiers-ués des Egyptiens par i'épée de l'ange exterminateur, et qu'il eut préservé ceux des Israélite-, il ordonna que ceux-ci lui fussent offerts et consacrés ; celte loi ne regardait que les mâles, so.t des hommes, soit des animaux. Eocod. xm. Si le premier enfant d'une femme était fille, le père n'était obligé à rien, ni pour cet enfant, ni pour les suivants ; si un homme avait deux femmes, il était obligé d'offrir au Seigneur les premiers-nés de ( hacune. En les offrant dans le temple, les parents les rachetaient p iur la somme «le cinq sicles. Jésus-Christ fut offert et r.icheté par ses parents connue les autres premiers-nés ; mais il était destiné à être luimême le prix de la rédemption du monde.
Les premiers-nés des animaux purs, tels que le veau, l'agneau, le chevreau, devaient être offerts dans le temple, immolés en sacrifice, et non rachetés ; «iuant à ceux des animaux impurs qui ne pouvaient pas servir de victimes, ils étaient rachetés ou tués.
Celle 1 >i était un monument irrécusable du miracle opéré en Egypte en faveur des Israélites ; elle fut observée d'abord par «eux même qui avaient été témoins oculaires du prodige. Auraient-ils voulu se soumettre à
cette loi onéreuse, s'ils n'avaient pas été convainc is par leurs propres yeux de la vérité du fait? Il leur fut ordonné d'instruire soigneusement leurs enfants du sens et du motif delà cérémonie. Exod. xv, H. Ce témoignage, ainsi transmis de génération en génération avec l'observance de la loi, était une preuve à laquelle l'incrédulité la plus hardie ne pouvait rien opposer. Vi\ incrédule quelconque vou trait-il ainsi attester par ses paroles et par son obéissance, un fait nubiic ot très éclatant de la fausseté duquel il serait intimement convaincu? La conduite des Juifs dans tous les temps démontre qu'ils n'étaient pas plus disposés que les mécréants d'aujourd'hui à croire des choses dont ils n'auraient pas eu la preuve.
¥ AINOS. Il se trouve dans les îles situées au nord du Janon des peuples connus sous ce nom. Le soleil, la loue, la mer, sont l'objet de leur culte. Ils reconnaissent aussi un Dieu du ciel et un maître des enfers. Les Japonais ont fait souvent de g>ands elForts pour introduire chez <;es peu, les la religion des bouddhistes. Leurs tentatives ont été inutiles.
ALBANAIS , hérétiques qui troublèrent dans le vne siècle la paix de l'Eglise, et qui parurent principalement dans l'Albanie, ou dans la partie orientale de la Géorgie, ils renouvelèrent la plupart des erreurs «les manichéens et des autres hérétiques qui avaient vécu depuis plus de trois cents ans. Leur première rêverie consistait à élablir deux principes : l'un hou, pèie de Jésus-Christ, auteur du bien el du Nouveau Testament; et l'autre mauvais, auteur de l'Ancien Tes;ament , qu'ils rejetaient en s'inscrivaut en faux contre loul ce qu'Abraham et Moïse ont pu dire. Ils ajoutaient que le monde est de toute éternité; que le Fils de Dieu avait apporté un corps du cie! ; que les sacrements, à la réserve du baptême, sont des superstitions inutiles; que l'Eglise n'a point le pouvoir d'excommunier, el que l'enfer est un conte fait à plaisir. Pratéote Gautier, dans sa Chron.
ALBIGEOIS, nom général donné aux hérétiques qui parurent en France dans les xne et xm* siècles , et qui furent ainsi nommés, parce qu'ils se multiplièrent non-seulement dans la ville d'AIbi, mais encore dans le Bas-Languedoc, dont les habitants sont nommés parles auteurs de ce temps-là Albi~ genses.
Le fond de leur doctrine était le manichéisme , mais différemment modifie par les visions des différents chefs qui l'avaient prêché en France, tels que lierre de Bruis, Henri son disciple, Arnaud de Bresse, etc. : c'est ce qui fil nommer ces sectaires pélrobrusiens, henriciens, arnaldisles ou arnaudistes ; mais ils portèrent encore plusieurs autres noms tirés de leurs mœurs, don nous parlerons ci-après. Nous ne devons donc pas être étonnés de ce que les auteurs qui ont exposé leurs erreurs ne les ont pas rapportées uniformément; jamais aucune secte d'hérétiques ne fut conviante dans ses opinions : chaque docteur se croit le maître du les entendre et de les arranger comme il lui
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plaît. Les albigeois étaient un amas confus croyance à peu près de même. M. Bossuet , de sectaires, la plupart très-ignorants et Hist. des variât., I. ix , a cité encore d'aulres très-peu en état de rendre compte de leur ailleurs qui confirment toutes ces accucroyance; mais tous se réunissaient à cou- salions.
damner l'usage des sacrements et le culte A la vérité, la plupart des protestants qui extérieur de l'Kg ise catholique, à vouloir auraient voulu persuader que les albigeois détruire la hiérarchie et changer la disci- soutenaient la même doctrine qu'eux, ont pline établir. C'est à ce titre que les proie-;- accusé les écrivains catholiques d'avoir altants leur ont fait l'honneur de les regarder Iribué à ces sectaires des erreurs qu'ils n'acomm ■ leurs ancêtres. vaient pas, afin de les rendre odieux, et de Al ;nus, moine deCîteaux, et Pierre, moine justifier la rigueur avec laquelle on les a de Vaux-Cernay, qui ont écril centre eux, traités. Mosheim, mieux instruit, n'a pas leur reprochent, 1° d'admettre deux princi- osé faire de même, il n'a rien dit de leur pes ou deux créateurs, l'un bon et l'autre dogme ni de leur conduite, parce qu'il a bien méchant ; le premier, créateur des choses in- senti qu'il n'était pas possible de justifier ni visibles et spirituelles ; le second , créateur l'un ni l'autre, uist. ecclés. , xm< siècle, des corps auteur de l'Ancien Testament et deuxième partie, c. 5, § 2 et suiv. de la loi judaïque, pour lesquels ces héré- Le nom de bonshommes leur fut donné tiques n'avaient aucun respeci : voilà le fond d'abord parce qu'ils affectaient un extérieur dcl'ancien manichéisme. 2"I)e supposer deux, simple, régulier et paisible, et ils se don- Christs, l'un méchant, qui avait paru sur la liaient eux-mêmes le nom de cathares , qui terre avec un corps fantastique , qui n'était signifie pars ; mais leur conduite leur en fit mort cl ressuscité qu'eu apparence; l'autre bientôt donner d'autres : on tes appela pifres bon, mais qui n'avait pas été vu en ce mon- et patarins, c'est-à-dire ruslres et grossiers; de : c'était l'erreur de la plupart des gnosti- pubicuins ou poplicains, parce qu'on supques. 3" De nier la résurrection future de la posa que les femmes étaient communes enchair, d'enseigner que nos âmes sont des Ire eux ; passagers, parce qu'ils envoyaient démons, qui ont été logés dans nos corps en des émissaires et des" prédicants de toutes punition des crimes qu'ils avaient commis; parts pour répandre leur doctrine et faire des conséquemment ils niaient le purgatoire cl prosélytes.
l'utilité de la prière pour les morts; ils Irai- Leur condamnation, prononcée au concile taient n ême de folie la croyance des calho- d'Albi, l'an 1176, fut confirmée dans celui de liques touchant les peines de l'enfer. Ces Latran, l'an 1179, et dans d'autres conciles rêveries sont empruntées de différentes sec- provinciaux ; mais la protection que leur les d'hérétiques. 4* De condamner tous les accorda Uaimond VI, comte de Toulouse , sacrements de l'Eglise, de rejeter le baptême leur fil mépriser les censures de l'Eglise, les comme inutile, d'avoir en horreur l'eucha- rendit plus entreprenants, et empêcha le ristie, de ne pratiquer ni la confession, ni la fruit des prédications de saint Dominique et pénitence, de croire le mariage défendu , ou des autres missionnaires que l'on envoya du moins de regarder la procréation des en- pour les instruire et les convertir. Les viofants comme un crime. C'était encore l'opi- lences qu'ils exercèrent engagèrent les papes nion des manichéens. Enfin ces auteurs rap- à publier une croisade contre eux l'an 1*210. portent que le- albigeois délestaient les mi- Ce ne fut qu'après dix-huit ans de guerres nislres de l'Eglise, ne cessaient de les dé- et de massacres, qu'abandonnés par les crier et de déclamer contre eux ; qu'ils n'a- comtes de Toulouse leurs protecteurs, afvaient aucun respect pour la croix, pour les faiblis par les victoires de Simon de Montimages, pour le- reliques ; qu'ils les détrui- fort, poursuivis dans les tribunaux ecrlcsiassaienl et les brûlaient partout où ils étaient tiques et livrés au bras séculier, les albigeois les maîtres. furent entièrement détruit'. Quelques-uns Ils (taient divisés en deux ordres ; savoir, s'échappèrent et se joignirent aux vaudois les parfaits et les croyants. Les premiers dans les vallées du Piémont, de la Provence, menaient une vie austère en apparence, du Dauphiné et de la Savoie ; c'est pour cela vivaient dans la continence , faisaient pro- que quelques auteurs ont quelquefois confession d'avoir en horreur le jurement et le foudu ces deux sectes, mais elles étaient mensonge. Les seconds vivaient comme le très-différentes dans l'origine; les vaudois reste des hommes, et plusieurs avaient des n'ont jamais été manichéens. Yoy. Vaudois. mœurs très -déréglées; il croyaient étresau- A la naissance de la prétendue reforme, vés par la foi et par l'imposition des mains les uns et les autres eh. relièrent à se joindes parfaits. Celait l'ancienne discipline des dre aux zuing,iens,cl ils s'unirent enfin aux manichéens. calvinistes, sous le règne de François ï". Le concile d'Albi, que quelques-uns Eiers de ce nouvel appui , ils se permirent nomment concile de tombez, tenu l'an 117G, des violences qui attirèrent sur eu\ l'exécudans lequel les albigeois lurent condamnés lion sanglante de Cabrière et de Mérindol ; sous \enomdeboni-hommei , et dont les actes depuis ce moment ils ont disparu, et il n'en sont cités par Fleury, Hist. ecclcs., I. i.xxii, reste plus que le nom.
n. 61, leur attribue les mêmes erreurs d'à- La croisade entreprise contre les albigeo s,
près leur propre confession. Hainerius, dans les supplices auxquels on les condamna, l'iii-
1 histoire qu'il a donné." de ces mêmes héré- quisition que l'on établit contre eux, ont
tiques sous le nom de cathares, expose leur fourni une ample matière Je déclamations
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anx protestants et aux incrédules, leurs copistes. Les uns et les autres ont répète cent fois que cette guerre fut une scène continuelle <ie barbarie; qu'il y avait de la démence à vouloir convertir des hérétiques par le fer et par le feu ; que le vrai molli de celte Kuerre fut l'ambition du comte de Montlort, qui voulait s'emparer des Etats du comte de Toulouse , et la fausse politique de nos rois, qui ont été bien aises d'en partager les
dépouilles. u ,
Nous n'avons aucun dessein de jusliuer les excès qui ont pu être commis de part ou d'autre par des gens armés, pendant une guerre de dix-huit ans ; nous savons assez que dès que l'on a tiré l'épée, l'on se croit tout permis; qu'un trait de cruauté commis par l'un des deux partis devient un motif ou un prétexte de représailles sanglantes : c'est ce que l'on a vu dans nos guerres civiles du xvi* siècle ; l'on n'était sûrement pas plus modéré au xiu*. Nous ne prétendons pas soutenir non plus qu'il est louable ou permis de poursuivre à feu « t à sang des hérétiques dont la doctrine n'intéresse en rien l'ordre et la tranquillité publique, et dont la conduite est paisible d'ailleurs ; toute la question est de sa\ oir si les albigeois étaient dans ce cas. C'est une discussion dans laquelle nos adversaires n'ont jamais voulu
entrer.
1° Enseigner que le mariage ou la procréation des enfants est un crime ; que tout le culte extérieur de l'Eglise catholique est un abus , et qu'il faut le détruire; que tous les pasteurs sont des loups ravissants, et qu'il faut les exterminer ; est-ce une doctrine qui puisse être suivie et réduite en pratique sans que l'ordre et le repos public en souffrent? Les pasteurs de l'Eglise peuvent-ils se croire obligés en conscience de la tolérer? Le comte de Toulouse, quels que fussent ses motifs, était-il sage et avait- il raison <iela protéger? Nous savons bienqu à la réserve du premier article, les protestants ont été de cet avis ; mais nous en appellerons toujours au tribunal du bon sens, de leur décision. Il est fort singulier que les catholiques aient dû tolérer des opinions qui ne tendaient à rien moins qu'à les faire apostasier et à les faire blasphémer contre Jésus- Christ, et que les albigeois aient été dispensés de tolérer la doctrine catholique, parce qu'elle ne s'accordait pas avec la leur.
2° Quoi qu'en puissent dire les prolestants, les albigeois avaient commencé par des insultes , des voies de fait et des violences contre les catholiques et conlre le clergé, dès qu'ils s'étaient sentis assez forts. L'an lli7, plus de soixante ans avant la croisade, Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, écrivait aux éxêques d'Embrun, de Die et de Gap : On a vu, par un crime inouï chez les chrétiens, rebaptiser les peuples, profaner les églises, renverser les aute's, brûler les croix, fouetter les prêtres , emprisonner les moines, les contraindre à prendie des femmes par les menaces et les tourments. Parlant ensuite à ces hérétiques, il leur dit : Après avoir fuit
D.CT. I)L TuÊOL UOGUATIQCE. L
un grand bûcher de croix entassées , vous y avez mis le feu ; vous y avez fait cuire de la viande et en avez mangé le vendredi saint, après avoir invité publiquement le peuple à en manger. Fleurv, Hist. ecclés., I. lxix, n. 24. C'est pour ces belles expéditions que Pierre de Hruis fut brûlé à Saint-Gilles quelque temps après. Nous aurions peine à les croire si les protestants n'avaient pas renouvelé ces excès au xvr sièele.
3° L'on ne peut pas douter que tous les libertins et les malfaiteurs de ces temps-là, connus sous le nom de routiers , cotereaux et mainades, ne se soient joins aux albigeois dès qu'ils virent que , sous prétexte de religion, l'on pouvait piller, violer, brûler et saccager impunément. C'est ainsi qu'à la naissance de la réforme l'on vit tous les ecclésiastiques libertins, tous les moines dyscoles et déréglés, tous les mauvais sujets de l'Europe , embrasser le calvinisme, afin de satisfaire en liberté leurs passions criminelles. Un huguenot qui avait un ennemi catholique s'en vengeait à son aise et avec honneur; les enfants révoltés contre leurs parents les menaçaient d'apostasier $ un paysan qui en voulait à son soigneur ou à son curé pouvait exercer contre eux toute sa haine : les prédicants sanctifiaient tous les crimes commis par zèle contre le papisme, leurs successeurs les excusent encore aujourd'hui.
4» Avant de sévir conlre les albigeois, Ion avait emplojé pendant plus de quarante ans les missions, les instructions et toutes les voies que la charité chrétienne pouvait suggérer. L'on n'en vint aux armes et aux supplices que quand ces hérétiques intraitables et furieux ne laissèrent plus aucune espérance de conversion. Lorsque saint Bernard alla en Languedoc pour les combattre, l'an 1147, il n'était armé que déjà parole de Dieu et de ses vertus. L'an 1179, le concile général de Latran dit anathème contre eux, et il ajouta : Quant aux Brabançons , Aragonais , Navarrais , Basques , cotereaux et triaverdins , qui ne respectent ni les églises ni les monastères, et n'épargnent ni orphelins, ni âge, ni sexe, mais pillent et désolent tout comme des païens , nous ordonnons à tuus les fidèles, pour la rémission
de leurs péchés, de s opposer courageusement à ces ravages, et de défendre les chrétiens contre ces malheureux {Can. 27). Voilà le motif de la guerre contre les albigeois clairement exprimé, et c'est pour cela que le légat Henri marcha contre eux avec une armée, l'an 1181. Ce n'était donc pas pour le* convertir que l'on employait contre eux la violence, mais pour réprimer leurs ravages. Les excès auxquels ils s'étaient livrés, sont prouvés 1° par la confession même que le comte de Toulouse lit publiquement au légat, l'an 1209, pour obtenir son absolution ; 2° par te vingtième canon du concile d'Avignon, tenu la même année ; 3° par le témoignage des historiens du temps, témoins oculaires. Que penser des albigeois, lorsque l'on voit le comte de Toulouse, leur protee-
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leur, pousser la barbarie jusqu'à faire étrangler son propre frère, parce qu'il s'était réconcilié à l'Eglise catholique? Le comte de Fois était un monstre encore | lus cruel. Ilist. de VEgl. gall., t. X, I. xxix et xxx.
Mosheim a déguisé les faits avec sa prudence ordinaire; il dit que toutes les sectes hérétiques du xine siècle convenaient unanimement que la religion dominante n'était qu'un composé bizarre d'erreurs et de superstitions , l'empire des papes une usurpalion, et leur autorité une tyrannie. Ces sectaires, selon lui, ne se bornèrent pas à répandre ces opinions : ils réfutèrent encore les superstitions et les impostures du temps par des arguments tirésdel'Ecriture sainte; ils déclamèrent contre, la puissance, les richesses et les vices du clergé , avec un zèle d'autant plus agréable aux princes et aux magistrats civils, que ceux-ci étaient las des usurpations et de la tyrannie des gens d'église. Treizième siècle, w part., ch. 5, § 2.
En effet, les tisserands, les manouvriers, les laboureurs de la Provence et du Languedoc étaient des docteurs fort habiles dans l'Ecriture sainte; au concile d'Albi, l'an /17G, l'évêque de Lodève leur opposa l'Ecriture sainte, et ils furent confondus ; les actes en font foi. Leurs seuls arguments étaient les déclamations, les railleries, les insultes, les calomnies, les voies de fait, comme ceux des huguenots. L'on sait d'ailleurs quel usage les manichéens savaient faire de l'Ecriture sainte; nous le voyons dans les disputes que saint Augustin soutint contre eux.
Quand il serait vrai que la religion dominante au xme siècle était un amas d'erreurs et de superstitions, celle des albigeois valait encore moins, puisque c'était un chaos de rêveries de deux ou trois sectes différentes. Quand celle-ci aurait été plus pure, il n'appartenait pas à de simples particuliers, sans mission, de l'établir, encore moins d'employer la violence, le meurtre, le brigandage, pour en venir à bout. Parce que les protestants ont fait de même, ce n'est pas une raison cl approuver cette étrange manière de réformer l'Eglise.
Si les princes étaient las de la tyrannie des gens d'église, comment ont-ils pu soutenir à main armée les efforts que .faisaient le pape et les évèqucs pour réprimer les albigeois ?
Nous ne prendrons pas la peine de réfuter les motifs odieux pour lesquels on prétend que nos rois, et surtout saint Louis, sonlcn- Irés dans la guerre contre la comte de Toulouse et contre les albigeois. A la vérité, le traité par lequel ce seigneur lit sa paix avec aaint Louis, en 1228, lut très-avantageux à la couronne, puisqu'il y fut stipulé que l'héritière du comte de Toulouse épouserait un des frères du roi, et, qu'au défaut d'enfants mâles, ce comté reviendrait au roi. Mais lorsque la croisade contre les albigeois fut résolue, dix-huit ans auparavant, on ne pouvait pas prévoir celle clause, et il nous paraît que le comte de Toulouse dut se tenir