AHI
qu'elle s'efforce de leur procurer : ils ont dit que c'est une cruauté de faire envisager à un mourant sa fin prochaine, et de mettre déjà sous ses yeux une partie de l'appareil de sa pompe funèbre. Cette réflexion de leur part démontre sans doute que ce dernier moment est terrible pour eux; mais il ne l'est point pour un chrétien qui croit en Dieu, qui espère en Jésus-Christ, qui attend avec confimce une vie éternelle. Les confréries des agonisant?, les prières que l'on y récite, celles que l'on dit auprès d'un malade, les derniers sacrements, sont une consolation pour lui ; il les demande, il se tranquillise sur l'intercession de l'Eglise et sur les vœux de ses frères ; il les regarde comme la dernière marque d'amitié que l'on peut lui donner. Un père qui bénit ses enfants rassemblés, prosternés et fondant en larmee, est certainement un grand spectacle. Souvent il a fait rentrer en eux-mêmes des pécheurs qui n'y étaient guère disposés ; et, si le philosophe le plus intrépide avait de temps en temps cet objet sous les yeux, ce serait peutêtre la meilleure réponse à toutes ses objections.
Agonie de Jé-us-Christ. Quelques moments avant d'être saisi par les Juifs, Jésus- Christ, priant au jardin des Olives, est lomhé en faiblesse et à Yagonie; il a conjuré son Père d'écarter de lui le calice des souffrances ; il a sué sang et eau. Cel e dans Origène, liv. ii, n. 23 ; les Juifs, dans le Munimen fuie':, sec. partie, c. 2k; les incrédules modernes, ont insisté à l'envi sur celle circonstance. L1 Homme-Dieu, disent-ils, aux approches de lamort, montre une faiblesse dont un homme courageux rougirait en pareil cas.
Nous les prions de considérer, 1° que Jésus-Christ avait prédit plus d'une fois à ses disciples sa passion et sa mort ; il venait encore de leur en parler après la dernière cène. Il nommait ses souffrances le moment de sa gloire; il avait constamment annoncé sa résurrection. 2° H ne tenait qu'à lui de tromper le dessein de Judas et des Juifs ; s'il était allé passer la nuit ailleurs ; s'il s'était éloigné de Jérusalem, ses ennemis auraient manqué leur proie. 3° Au moment qu'il sait leur approche, il se lève, éveille ses disciples, ya au-devant des soldats, se présente à eux d'un air intrépide, les renverse par terre d'un seul mot, leur fait sentir qu'il est le maître de les exterminer ou de se livrer entre leurs mains.
Par son agonie, Jésus-Christ voulait nous apprendre que la répugnance naturelle de soullrir et rie mourir n'est pas un crime, lorsqu'elle est jointe à une parfaite soumission à Dieu. 11 voulait instruire les martyrs, leur apprendre qu'il faut attendre la mort et non la provoquer. Il finit sa prière par ces paroles : Mon Père, que votre volonté se fasse et non la mienne.
Un philosophe moderne est convenu qu'il y a un extrême courage à marcher à la mort en la redoutant. Voyez Dissertation sur la sueur de sang, etc. Bible d'Avignon, t. XIII, p. 468.
AGONI3TIQUES, nom par lequel Donat et les donntisles désignaient les prédicateurs qu'ils envoyaient dans les villes et dans les campagnes pour répandre leur doctrine, et qu'ils regardaient comme autant de combattants propres à leur conquérir des disciples. On les appelait ailleurs circuileurs, circellions, circoncellions, catropiles, coropitex, et à Home monteuses. L'histoire ecclésiastique est pie ne des violences qu'ils exerçaient contre les catholiques. Voy. Circonckllions, Donatistes, e'c.
AG)NYCLITES, hérétiques du vnr siècle qui avaient pour maxime de ne prier jamais à genoux, mais debout.
Ce mot est composé d'« privatif, de yôw genou, et du venbe xkîva incliner, plier, courber.
YAGREDA (Maried'). Marie, nomn ée d'Agié ia, de la ville où elle lui supérieure du couvent de limmaciilée-Conception, naquit te "2 avril 16o2, de parents nobles, riches et craignant Dieu. Elle prit l'habit de religieuse avec sa mère et sa sœur, le 15 janvier 1 (3 1 9. Elle se fil remarquer pendant sou noviciat par de grandes austérités et par son goûl panicu ier pour l'oraison, qu'elle avait pratiquée dès sa plus grande jeunesse. Elle parvint bientôt à un degré de perfection inconnu au commun des religieuses. I) eu permit qu'el e fût affligée par de grandes maladies. Les esprits malins lui causaient des crainies horribles ; on assure même quMs lui apparur ni sous des ligues capables d'elXayer les plus courageux, et qu'ils lui firent subir des tortures qui se.nibl > ieni loi disloquer tous les membres. Mais à peinr était-elle délivrée de ces rudes é;ueive-, qu'elle tomba ■■ dans des extases des ravissements, des visions et d'autres rnervedles semblables. Elle prétendit avoir reçu l'ordre de Dieu d'écrire la vie de la saine Vierge. Son c onfes^eur extraordinaire lui ordonna de jeter cet éciii au feu , e le obéii aussitôt ; mais son confesseur ordinaire lui prescrivit d'écrire de n niveau cet ouvrage. Il parut sous le titre de : La mystique Cité de Dieu, miracle de sa toute-puissance , abbne de la grâce de Dieu, Histoire divine, et la Vie de la très-sainte Vierge Marie, Mère de Dieu , manifestée dans ces derniers siècles ■par la sainte Vierge, à la sœur Marie de Jésus, abbesse du couvent de C Immaculée Lonc< piton de la ville d'Agréda.
Cet ouvrage fut mis à l'i nîex à Borne en 1710. Ë'usèbe Amorl, cé:èbre théol<>g en , déclare que, sous le pontificat de Benoit. Mil, ce décret lui rauporlé. Le procès de la canonisation de Marie d'Agréda fut poursuivi en cour de Borne. Les auteurs de la Bibliothèque sacrét; assurent que Beio îi XIV déclara que les écrits de Marie d'Agréda ne contiennent riea de contraire à la fa. Le jugement sur sa canonisation a été suspendu. La Soi bonne cotidamn i , en 1696, plusieuis propositions extraites de la mystique Cité. Nous croyons que la Sorbonjie s'esl montrée trop sévère. Nous ne voulons pas être plus rigides que l'Egl se elle-même; quoiqu'il y ait dans cel écrit des cho-es qui paraissent extravagantes, considérant que les plus hautes voies de Dieu ne sont pas toujours compréhensibles aux esprits ordinaires, nous nous abstenons de juger.
AGYNNIENS , hérétiques nommés aussi agioniles, ou agionois, qui parurent environ l'an de Jésus-Christ 69k. Ils ne prenaient point de femmes, et prétendaient que Dieu n'était pas auteur du matiage; leur nom vient d'à privatif et deywn, femme. Cette secte parait avoir été un rejeton des manichéens.
AHIAS, prophète du Seigneur, dont il est parlé,/// Reg. xi, 29. C'est lui qui, sous lo
131 AIll AIN 15*
règne de Salomon , annonça à Jéroboam phèlc Séméïas lour défendit dj la part dp
qu'après la mort de ce roi, il régnerait lai- Dieu du combattre contre leurs frères; ils
même sur (iix des tribus d'Israël ; sa pm- n'allèrent pas plus loin, et la guerre n'eut
phélie s'accomplit en effet sous Roboam, (ils pas lieu. /// Reg. xu, 22. Quelques incrédu-
t!e Salomun, parce que ce jeune roi traita les ont encore trouvé b m de reprocber à
avec dureté le peuple qui lui demandai! d'é- ce prophète qu'il avait confirmé les rebelles
Ire déchargé d'une partie des impô s. dans leur schisme. Mais imus les défions de
De là les incrédules modernes ont pris oc- citer un seul j rophète du Seigneur qui ait
easton d'assurer que ce prophète fut la canse excité le peuple à se soulever contre son
du schisme de ces dix tribus, de toutes les souverain, soit dans le royaume d'Israël, soit
guerres et de tous les niau\ qui s'ensuivi- dans relui de Juda.
reni; que ce fut lui qui inspira à Jéroboam 5" Nous ne voyons pis que Jéroboam ait l'ambition et le projet de parvenir à la royau- reconnu par aucun bienfait le service que lé. 1 s en ont conclu qu'en général les pro- lui avait rendu le prophète Aliins; loin de phèles éuiient des rebelles lunatiques, qui suivre ses leçons, il engagea les Israélites soulevaient les sujets ronire leur roi, qui d ns l'idolâtrie. Aussi, lorsqu'il envoya son sou filaient la discorde, el qoi, par leurs pré- épouse déguisée pour consulter Ahias sur la tendues prophéties, toujours crues par le maladie de son fils, ce prophète, quoique depeuple, furent enfin la cause de la ruine de venu aveugle de vieillesse, la reconnut avant leur nation même qu'elle eût parlé; il lui annonça sans
Ce r'>pro( he est grave ; mais a-t-il quelque ménagement la mort prochaine de cet enfant,
fondement dans l'histoire? el les châtiments terribles que Dieu exerec-
1° Nus censeurs supposent que la prédic- rait sur la race de Jéroboam en punition de
tion d' Ahias fut faite à Jéroboam après la son idolâtrie. Jbid. xiv.
mort de Salomon ; c'est une fausseté, Salo- Des j rophèles imposteurs et fanatiques mon vivait encore : si ce prophète n'était auraient cherché sans doute à faire leur cour qu'un fanatique, comment put-il prévoir que et à ménager les rois ; nous voyons au con- Rohoam, monté sur le trône, rebuterait le traire les prophètes juifs toujours prêts à peuple ; que le peuple se mutinerait ; que dix reprocher aux rois tous leurs crimes, à leur tribus, ni plus ni moins, secoueraient le joug, prédire des châtiments et à braver la mort, et se donneraient un autre roi? Jéroboam pour s'acquitter des ordres qu'ils avaient reconçut alors si peu le dessein de parvenir à çus de D eu. Leur attribuer les maux qui la royauté, qu'il se sauva en Egypte, el qu'il sont arrivés, c'est vouloir qu'ils aient é é la n'en revint qu'après la mort de Salomon. cause de la perversité des princes qui n'ont
2' Nous ne voyons point qn' Ahias ait eu jamais voulu profiter de leurs leçons. Peut-
aii'une part au soulèvement du peuple, ni on citer un seul roi qui se soit mal trouvé de
qu'il y ait contribué en rien. La seule cause les avoir suivies?
de ce le révolte fut la réponse dure et mena- *A1(ÎLE. L'Ecriture parle souvent .le celte espèce
çanle que fit Roboam aux plaintes de celle d'oiseau. La loi ancienne menait l'aigle au nombre
multitude assemblée. Dieu lui-même avait des animaux impurs. Levit. xi, 13 ; /Jcurôr. xiv , 2.
révélé à Salomon ce qui arriverait après sa D us le psaume 102. v. 5, il est dit «pie le Seigneur
mort ; Ahias ne fit que confirmer la prédic- renouvelle la jeunesse du juste connue celle de l'ai-
lion. Si Salomon n'en profila pas pour don- Sle : Renovabitur ut aquilœ juventus tua. Ce rajemiis-
ner de salutaires leçons à son fils, il tut cou- >cmenl ,do .''a,^,a 'l'11 ":,îire b,e" des °lm,l""s : »
,. -, • . , i -■„ . -i r • est constate que aigle ne se rajeunit pas autrement
pable ; ce n Ml point au prophète qo .1 faut |es ;n,lre,s ()i J^ ,)11IU,,lll0,!s,0S an8 |,(1,s
en attribuer la taule. /// liefj. XI, II. plumes pendant la mue , el qui en reprennent d'au- 3" Jéroboam lui-même ne parait être entré ires. Nous croyons que ce passage signifie : Vous pour rien dans la sédition. Il est dit que les vous renouvellerez ei vous prendrez des forces cointribus mécontentes s'en retournèrent chacune nie l'aigle dans sa jeunesse. Vid. Uoch., de Animal. chez elle ; que Rohomi ayant envoyé un de suer., e\ Menocli.
ses officiers pour les ramener à l'obéissance, AINE, AINESSE. II est naturel qu'un \ è-c
elles le lapidèrent ; que le roi lui-même s'en- conçoive une tendre affection pour le pre-
fuil de S cbem à Jérusalem : qu'ensuite les mier fruit de son mariage, pour l'enfant qui
irihus ayant appris que Jéroboam était de lui a fait éprouver les | remiers mouvements
retour d'Egypte, elles'lui envoyèrent dvs dé- de l'amour paternel. Ce sentiment était plus
ptiles, le firent venir dans leur assemblée et vif dans les premiers âges du monde, lorsque
l'établirent roi d'Israël. Ce fui donc de leur chaque famille était une petite république
propre mouvement qu'elles le choisirent, et isolée. Le cœur était moins partagé par la
non point par l'instigation du prophète. Ibtri., multitude de> affections sociales; les enfants
xw, Ifi. Si elles avaient eu connaissance de étaient la force et la richesse île leur père,
ta prédiction, sans doute elles auraient corn- L'atué était destiné par la nature à étiole
menée par mettre Jéroboam à leur lele, chef de la famille, si le père venait à man-
avanl de mettre à mort l'officier de Roboam quer. C'est ce qui rendait le droit d'aina**. si
k° Les prophètes, loin de souiller le feu sacré et si précieux chez les patriarches,
de la discorde à celle occasion, empêchèrent Moïse l'aval conservé en entier par se> lois
la guerre el l'effusion du sang. Lorsque Ro- Mais à mesure que les penplad s se sont
boa m eut fait prendre les armes aux liiluis augmentées el civilisées, le pouvoir pater--
de Juda et de Benjamin pour forcer lei dix nel a diminué, et le droit d'aînesse a perdu
tribus rebelles à. rentrer sous le joog, le pro - son prix ; nous en sommes venus an point