‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 3 sur 183 · NOTICE HISTORIQUE SUB BERGIER · texte numérisé non relu

NOTICE HISTORIQUE SUB BERGIER

plagiaire. Ce détail vient de quelqu'un bien ques les plus scrupuleusement composées

instruit du fond de colle affaire, et il l'aurait supprimé, s'il ne connaissait des pe rsonnes encore imbues de la prévention dont il s'agit contre l'abbé Bergier. »

La cour désira s'attacher notre illustre apologiste : elle le choisit pour confesseur de Monsieur et de Mesdames tantes du roi.

Ce reproche est formulé un peu sévèrement. Est-ce un si grand crime de mettr e le contrepoison à côté du poison? Nous né voyons pas que Bergier ait pactisé avec Terreur dans son savant écrit. 11 fait, il est vrai, concessions de certaines opinions qui n'appartiennent pas au dogme catholique; mais

Ses nouvelles fonctions l'obligeaient à rester il est sage de ne pas confondre les vérités do

a Versailles ; il y porta l'esprit de modestie et de désintéressement qui avaient toujours marqué son caractère. II voulut se démettre de son canonicat : il ne le conserva que sur la vive instance du chapitre. Il refusa un bénéfice qui lui avait été offert. S'il accepta une pension du clergé de France, elle lui fut accordée sans qu'il l'eût sollicitée.

Il allait fréquemment à Paris pourassisler au chœur, afin de remplir, autant qu'il était en lui, ses fonctions de chanoine. Il refusa toujours les distributions manuelles lorsqu'il n'était point présent. Sa placé lui donnait cependant le droit de les recevoir. C'était une privation, non pour lui-même, mais parce qu'il ne pouvait faire assez de bien ; car il employait ses revenus en aumônes. « Quoique je sois à la veille de faire une perte considérable, écrivait-il le 9 novembre 1789, tant sur mes revenus que sur

foi avec les opinions qu'on peut rejeter sans blesser la conscience.

B rgier termina sa sainte et laborieuse carrière le 9 avril 1790.

Ce qui dislingue particulièrement l'abbé Bergier, ce qui fait le caractère exclusif de ses ouvrages parmi les apologies de la religion , c'est, dit Feller, à qui nous avons beaucoup emprunté pour celle notice, une logique d'une précision et d'une vigueur étonnantes, qui se montre, dans une seule et même matière, sous des formes absolument différentes ; attaque le sophisme en tant de manières à-la fois, le frappe si rudement dans les endroits où sa résistance paraissait le mieux assurée, que la victoire se décide toujours par cette lumière pleine et brillante qui ne laisse subsister aucun nuage de l'erreur. Je ne sais s'il est possible d'avoir plus de connaissances en tant de genres ce qui m'est dû, je n'ai de regret qu'autant divers, mais particulièrement dans l'histoire, que je ne pourrai plus assister les malheu- la théologie, la critique, et surtout dans cette reux. » De semblables paroles peignent toute immensité de brochureset de compilations do la richesse du cœur de l'homme toutes les espèces que les Encelades de ce

On se proposait de revoir l'Encyclopédie siècle ont entassées comme des monts pour et de la publier sous une nouvelle forme, abattre, si ce triste exploit pouvait être l'ou-

On s'adressa à Bergier pour reviser et compléter le dogme. On sait, par l'avertissement qu'il mit à la tête de son ouvrage et que nous rapportons nous-même, le travail immense que lui causa le Dictionnaire que nous actualisons.

On y trouve en général la vaste érndi-

vrage des mortels, le trône de PElernel. Personne ne connaît et ne confond mieux les ruses et les détours de ces esprits faux et tortueux, ces petits artifices que le mensonge emploie avec un art qui lui est honteusement propre, ces fruits odieux de la mauvaise foi, ces tours de malice noire, cette impiété ma-

lion, la logique rigoureuse, le style coulant, ligne, comme parle l'Ecriture, qui dirige les

rapide, ai^é de ses autres productions; mais çà et là, ainsi que dans l'ouvrage précédent, un peu trop d'indulgence ou de complaisance envers les gens d'une secte qui ne dédaignait point ses talents ; une espèce d'égard pour des erreurs accréditées, et de composition avec quelques préjugés dominants.

attaques de l'ennemi contre le lieu saint. Quanta malignutus est inimicus in sancto ! Tout cela s'évanouit comme une fumée devant les regards de l'éternelle et invincible vérité présentée avec ses traits naturels par cet homme de génie. Ad nihilwn deductus est in conspecta ejus malignus. C'est surtout a Je crois quelquefois, a dit un critique, en- dans le genre d'argument qu'on appelle rétendre la religion qu'il a si savamment dé- torsion que M. Bergier excelle; c'est par. lui fendue, lui dire avec un ton de tendresse et ordinairement qu'il consomme son triomphe, de plainte : Tu quoque, Brute l Des hommes A peine a-t-il repoussé les attaques des adrespectables ont témoigné leurs regrets sur versaires du christianisme, qu'il les attaque son association à une tourbe d'écrivains que lui-même avec leurs propres armes, tourte chef lui-même appelait une race détestable nées contre eux avec une célérité et une de travailleurs, qui, ne sachant rien, et qui, adresse qui étounent le lecteur, et qui, melsc piquant de savoir tout, cherchèrent à se tant pour ainsi dire la religion hors de 1 adislinguer par une universalité désespérante, se jetèrent sur tout, gâtèrent tout, mettant leur énorme faucille dans la moisson des autres. 11 est certain que cette association a infiniment contribué à répandre un ouvrage pernicieux, vaste magasin d'erreurs de tous les genres, dont les lecteurs chrétiens avaient la plus grande aversion, et qui, depuis qu'il fut décoré du nom d'un auteur si sage et si religieux, trouva place dans les bibliolhè- tifs des langues. Uiiï,'m-12. — kalâceri]

rêne, y placent le philosophismc et l'accablent de mille traits. »

Voici la liste des ouvrages de l'abbé Bergier : 1° Discours couronné, en 1763, à l'académie fie Besançon, sur cette question : Combien les mœurs donnent de lustre aux talents, in-12. — 2* Il avait, dix ans auparavant, remporté le prix de Dissertation à la même académie. --3° Les Eléments primi-

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