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ALCORAN. Votj. Mahométisme.
ALCU1N, diacre de l'Eglise d'York, fut appelé en France par Charlcmagne, et eut l'avantage de donner des leçons à cet empereur, et de contribuer au rétablissement des lettres; il mourut dans son abbaye de Saint- Mariin de Tours, en 80'*. Il a fait plusieurs ouvrages théologiques qui se sentent de la rudesse du vme siècle : mais la doctrine en est pure. L'auleur doit être rangé parmi les écrivains ecclésiastiques et les témoins de la tradition. L'on attend la nouvelle édition de ses œuvres, promise par un savant bénédictin de la congrégation de Saint-Vannes; elle sera plus exacte et plus complète que celle d'André Duchesne, en 3 volumes in-fol.
Basnage a voulu persuader qu'A/cum n'était pas du sentiment catholique touchant l'Eucharistie.; le conîraire est prouvé dans la Perpétuité de la foi, tom. I, 1. vin, c. 4.
* ALEXANDRE LE GRAND. Le premier livre des Machabées, c. vi, v. 2, donne à Alexandre le nom <le premier roi des Grecs. Les incrédules ont vu dans ce passage une erreur; mais il est constant que c'est réellement Alexandre, qui le premier, a pris le titre de roi. Des médailles sont venues confirmer cette vérité, et donner ainsi raison à la Bible contre les arguties des incrédules et des protestants. Nous développons cette réponse au mot Médailles.
ALEXANDRIE. Nous n'avons à parler que de l'Eglise fondée dans cette ville célèbre. Selon tous les monuments anciens de l'histoire ecclésiastique, c'est saint Marc, disciple de saint Pierre, qui a prêché l'Evangile dans Alexandrie, et y a fondé une Eglise. M. de Valois pense que ce fut la neuvième année de l'empereur Caudo, environ dix-sept ans après la mort de Jésus-Christ : d'autres placent cet événement dix ans plus tard.
Quoi qu'il en soit , l'on ne pouvait ignorer dans Alexandrie, ville remplie de Juifs, ce qui s'était passé en Judée dixsept ans auparavant : il y avait un commerce habituel entre Alexandrie et Jérusalem, et une synagogue dans cette dernière pour les Alexandrins. Acl. vi, 9. Si saint Marc avait raconté des faits imaginaires dans l'Evangile qu'il écrivit pour l'instruction des nouveaux fidèles, il leur aurait été très-aisé d'en constater la fausseté. Apollo, disciple de saint Paul, était d'Alexandrie. Act. xvm, 24. Les troubles qui causèrent la ruine de Jérusalem ne se firent point sentir en Egypte; l'Eglise naissante put y jouir d'une longue tranquillité. Saint Marc eut une suite non interrompue de successeurs dont Eusèbe a donné la liste; la tradition apostolique a dû se conserver longtemps sans altération dans cette église patriarcale. On sait qu'Alexandrie était une des villes où les sciences étaient le plus cultivées; il y avait une école de philosophie. Panthaenus, Clément d'Alexandrie, Origène y furent instruits et y donnèrent ensuite des leçons. Ce n'est donc pas dans les ténèbres, ni sous le voile de l'ignorance que le christianisme s'est établi dans Alexandrie. Ceux qui ont cru en Jésus-Christ, ne l'ont pas fait sans s'être informés de la Vérité des faits publiés par les apôtres. Il
n'est pas douteux que celte Eglise n'ait eu une liturgie qui lui était propre, et il est trèsprobable (lue c'est celle qui a paru dans la suite sous le nom de saint Marc. Nous en parlerons au mot Liturgie.
Il n'est aucune des anciennes Eglises qui ait été aussi agitée que celle d'Alexandrie; relie ville, grande, riche et très-peuplée, était partagée en trois religions, le paganisme, le judaïsme et le christianisme, et ses habitants étaient naturellement séditieux et violents. Pour celle raison, les empereurs furent obligés d'accorder beaucoup d'autorité à l'èvêque ; sa juridiction s'étendit bientôt sur toute l'Egypte La célébrité de l'école d'Alexandrie contribua encore à lui donner beaucoup de considération parmi les autres évéques ; mais plus cette place était importante, plus elle était exposée à de fréquents orages. Dès le commencement du me siècle, l'ordination d'Origène, qui pnrut irrégulière à deux évoques d'Alexandrie, leur fournit un sujet de troubler le repos de ce grand homme ; d'autres le protégèrent, en particulier Denis , qui occupa ce siège vers l'an 250 : mais celui-ci à son tour fut accusé d'avoir préparé les voies à l'erreur d'Arius. L'an 306, le schisme de Mélèce divisa celte Eglise, et l'an 320 Arius commença d'y publier son hérésie. On sait combien elle causa de désordres dans toute l'Eglise, et à quelles persécutons saint Athanase fut exposé, parce qu'il soutenait avec zèle la divinité de Jésus- Christ. Théophile, un de ses successeurs en 385, fut ennemi de saint Jean Chrysostome, et augmenta les brouilleries qui régnaient déjà entre les évéques d' Alexandrie et ceux de Constantinople. L'épiscopat de saint Cyrille, neveu et successeur de Théophile, fut très-orageux ; Nestorius , qu'il condamna dans le concile d'Ephèse en 4-31, et contre lequel il écrivit, eut beaucoup de partisans qui accusèrent saint Cyrille d'eutychianisme. Dioscore, qui lui succéda, embrassa ouvertement le parti d'Eulychès; il résista aux décisions du concile de Chalcédoine, tenu l'an 451, et entraîna toute l'Egypte dans son schisme. Lorsqu'on voulut mettre sur ce siège des évéques catholiques, les Alexandrins en massacrèrent un et en chassèrent un autre. Pendant près d'un siècle, les empereurs employèrent vainement toute leur autorité pour rétablir la paix; leurs efforts n'aboutirent qu'à aigrir les Egyptiens contre le gouvernement. L'an 630, le patriarche Cyrus fut le premier auteur du monothélisme, et quatre ans après, les mahométans conquirent et ravagèrent l'Egypte.
Basnage, dans son Histoire de l'Eglise, liv. ii, s'est beaucoup étendu sur ce tableau ; son dessein était de prouver que les évéques d'Alexandrie n'ont jamais reconnu la juridiction du pontife romain, et ne lui ont jamais été soumis. Ce n'est pas ici le lieu do discuter tous les faits dont il veut tirer avantage; mais quand l'indépendance de ces évéques serait encore mieux prouvée, qu'en résulterait-il? Les tristes effets qu'elle a produits suffiraient pour démontrer contre les