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imes; mais an théologien bien instruit sait aisément les distinguer.
L'apologie que Baïus a faite de ses propositions condamnées n'est ni sincère ni solide ; il ne les justifie qu'en abusant des passages de saint Paul et de saint Augustin, comme a fait Luther, et comme font encore tous les faux augustiniens.
BAISER DE PAIX. Voy. Paix.
BALAAM, prophète appelé par Balac, roi des Moabites, pour maudire les Israélites; Dieu le força de les bénir et de prédire leur prospérité future (Num. xxiv, 17). Il sortira, dit-il, une étoile de Jacob, et il s'élèvera un sceptre dans Israël, qui gouvernera tous les enfants de Seth, par conséquent tous les hommes, puisque, depuis le déluge, il n'est resté au monde que la postérité de Seth. Le Targum ou paraphrase d'Onkélos, et celui de Jonathan, Maimonide et d'autres savants rabbins , ont appliqué cette prophétie au Messie. Les commeniateurs chrétiens n'ont donc pas tort de l'entendre de même.
Les incrédules ont fait des railleries insipides sur ce qui est dit (iVum. xxu, 18), que Dieu fit parler l'ânesse sur laquelle Balaam était monté ; ils ont regardé cette narration comme une fable ridicule. Mais nous ne vo-ons pas pourquoi il était plus indigne de Dieu de faire parler un animal que de faire entendre une voix en l'air, ou de se servir d'un autre signe pour intimer ses volontés à un prophète. On ne peut , sans contredire le texte sacré, supposer que Balaam était un faux proptiète, un infidèle, un idolâtre, parce qu'il demeurait parmi les Ammonites ; il est évident, par la narration de Moïse, que cet homme connaissait et adorait le vrai Dieu ; il ne partit, pour se rendre à l'invitation du roi des Moabites, qu'après avoir consulté le Seigneur, et après en avoir reçu une permission expresse. Si donc l'ange du Seigneur lui dit, chap. xxn, v. 32 : Ton voyage est criminel et contraire à mon dessein, c'est probablement parce que ce prophète méditait en lui-même comment il pourrait concilier les ordres de Dieu avec les vues du roi des Moabites, afin de ne pas être privé d'une récompense. La manière dont saint Pierre en parle [II Episi. u, 15j ne paraît pas signifier autre chose. Au reste, les commentateurs ne s'accordent pas trop sur l'idée que l'on peut avoir de ce personnage. — De savants critiques en ont pris occasion de traiter une question, qui est de savoir si Dieu peut se servir des personnages vicieux , même des infidèles et des idolâtres, pour prédire l'avenir. Plusieurs exemples allégués dans l'Ecriture sainte prouvent que Dieu l'a fait par d'autres que par Balaam. Le prophète Alichée ( m, 11) accuse quelques-uns de ses confrères de prophétiser pour de l'argent; il ne dit pas néanmoins que c'étaient de faux prophètes. Dans le livre de Daniel (n, 1), nous voyons que Dieu envoie un songe prophétique à Nabuchodonosor, prince idolâtre, quoiqu'il connût le vrai Dieu. Jésus-Christ [Matth. vu, 23) dit qu'au jour du jugement il réprouvera des
hommes qui se vanteront d'avoir prophétisé et fait des miracles en son nom. Saint Jean ( î, 51) nous apprend que Caïphe, en qualité de pontife, prophétisa que Jésus-Christ mourrait non-seulement pour sa nation , mais pour rassembler les enfants de Dieu. Probablement il fil celle prédiction sans le vouloir et sans en comprendre le sens. Note de Mosheim sur Cudworih, c. 5, § 89, à la fin. Quant aux prédictions qui avaient cours parmi les païens, voy. Oracle.
BALE (concile de). Il est reçu en France comme œcuménique , du moins jusqu'à la vingt-sixième session. Il fut assemblé l'an 1131, et dura jusqu'à 1443; mais la dissension entre leconcile et le pape Eugène IV commença dès l'an 1437, à la vingt-sixième session, et dura jusqu'à la fin. Il avait été convoqué en vertu du décret du concile général de Constance, qui avait ordonné, session 39, que dans cinq ans il se tiendrait un nouveau concile général.
Les deux principaux objets du concile de Bâle étaient la réunion des Grecs avec l'Eglise romaine, et la réformation générale de l'Eglise , tant dans son chef que dans ses membres, suivant le projet qui en avait été fait au concile deConslance. Conséquemment il déclara, dans sa seconde session, qu'il tenait son pouvoir immédiatement de Jésus- Christ , que toute personne quelconque, même le pape, était obligée de lui obéirdans ce qui regardait la foi, l'extirpation du schisme et la réforme générale de l'Eglise dans son chef et dans ses membres. Ce décret est censé avoir été confirmé par le pape luimême, puisqu'il donna une bulle par laquelle il déclarait que, quoiqu'il eût cassé le concile de Bâle, légitimement assemblé, néanmoins, pour éviter les dissensions, il reconnaissait que ce concile avait été légitimement continué depuis son commencement, et devait l'être à l'avenir; qu'il l'approuvait dans ce qu'il avait ordonné et décidé, et déclarait que la dissolution qu'il en avait faite était nulle. Celte buîle fut reçue et publiée dans la seizième session, le 5 février 143i. — Le concile lit ensuite plusieurs canons de discipline touchant les mœurs du clergé, condamna et supprima les annales.
Mais après la vingt-cinquième session, tenue en 1437, le pape transféra le concile de Bâle à Ferrare, et deux ans après à Florence. Comme les Pères de Bâle s'obstinèrent à y continuer leurs assemblées, et procédèrent juridiquement à la déposition du pape; depuis ee moment le concile de Bâle ne put plus être envisagé comme légitimement assemblé : aussi les évêques s'en retirèrent peu à peu, et sentirent que tout ce qu'ils feraient n'aurait plus aucune autorité.
Il est fâcheux que ce concile n'ait pas ou une plus heureuse issue ; les décrets de discipline que l'on y dressa étaient très-sages. Plusieurs même ont élé suivis, surtout en France, comme ce qui regarde l'établissement des professeurs des langues hébraïque et grecque dans les universités, la fréquenta-
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lion des excommuniés, la prescription en faveur de ceux qui ont possédé paisiblement un bénéfice pendant trois ans, la récitation de l'office divin, la suppression des expectatives de la cour de Home, les privilèges des
gradués, etc. ,.,»,,
On prétend que le haut cierge d Allemagne demande aujourd'hui l'exécution des décrets de re concile, Mère, de France du 2 décembre 1786.
Les actes originaux de ce concile sont conservés dans les archives de la ville de Belle et il y en a une copie authentique à la bibliothèque du roi. Bût. de l'Eglise gallic, t. XVI, I. xlvii, an. 1431.
BANNIÈRE d'église. C'est une espèce de drapeau ou étendard de couleur, sur lequel est peinte ou brodée l'image du patron d'une église, et qui se porte à la tête des processions. Lorsque plusieurs paroisses vont en procession au même lieu de dévotion, chacune se reconnaît et se rassemble à sa bannière. Lorsqu'il y a plusieurs confréries ou associations de dévotion dans une même église, chacune a sa bannière, à laquelle les confrères ou consœurs se réunissent, pour mettre plus d'ordre dans les processions.
Yoy. GoNFALON OU GONFANON.
BAPTÊME (1), sacrement qui efface le péché originel, et qui nous fait chrétiens, enfants de Dieu et de l'Eglise. Jésus-Christ l'a institué en disant à ses apôtres (Matlh. xxviii, 19) : Allez, enseignez toutes les nations, et baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit (2).
Le mot Baptême, en général, signifie lotion, immersion, du mol grec 5«tt:w ou p-otTr- TiJfth je lave, je plonge. Tous les peuples ont compris que l'action de laver le corps était
(!) Nous avons exposé les principales questions nui concernent le baptême dans notre Dictionnaire de ïliéolaqie morale.
(-1) il est de foi que le baptême est un sacrement de la loi nouvelle (Concil. Trid., sess. 7, can. I). Il est de foi que le baptême conféré soit aux enfants , «oit aux adultes, applique les mérites de Jésus-Christ, donne la grâce, remet le péché originel et tout ce nui participe de la nature du péché {Conctl. Trid., sess. 5, can. 3 et 5). Il est de foi (pie le baptême est le moyen communément et ordinairement requis pour obtenir le salut (Joan. ni, 5; Concil. Carlh., an. 416). Le martyre et la charité parfaite peuventeependant suppléer le baptême lorsqu'il n'est pas possible de le recevoir (Vvij. les mots Charité parfaite et Martvri.). L'eau véritable et naturelle est de nécessité de sacrement pour la validité du baptême (Concil. Trid., sess. 7, can. 7). Pour conférer vah.lement le baptême, if faut absolument invoquer les trois personnes «le la Trinité (Matili. xxvm). Pour la validité du baptême, il n'est pas néCdkSSira que celui qui le confère ait la loi (Concil. Trid., sess. 7, cm. A). Les enfants sont capables de recevoir le baptême, il convient de le leur conférer (Concil. Trid., sess. 7 can. 12 1">, U). " n'est jamais permis .le réitérer le baptême', même en faveur de celui qui a abjuré
la foi (Concil. Trid., sess. 7, can. 11). Le souvenir du baptême, ou la conlianec dans le bàpieme reçu, ne remettent ni ne diminuent les péchés commis aînés le baptême (Concil. Trid., sess. 7, can. 10). I.e baptême de saint Jean n'avait m la même nature, ni la même ellicacitc que celui de Jésus-Christ (i.uncd. Trid., sess. 7, eau. 1).
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un symbole de la purification de l'âme. Les Juifs appelaient baptême certaines purifications légales qu'ils pratiquaient sur leurs prosélytes après la circoncision. On donne le même nom à celle que pratiquait saint Jean dans le désert à l'égard des Juifs, comme une disposition de pénitence pour les préparer, soit à la venue de Jésus-Christ, soit à la réception du baptême que le Messie devait instituer. Celui-ci est absolument différent du baptême de saint Jean, par sa nature, sa forme, son efficacité et sa nécessité, comme le prouvent les théologiens, contre la prétention des luthériens et des calvinistes. C'est Jésus-Christ qui a donné à celte cérémonie la force d'effacer le péché. Yoy. la Dissertation sur les (rois baptêmes , Bible d'Avignon, tom. XIII, p. 199.
Le baptême de l'Eglise chrétienne est appelé dans les Pères de plusieurs noms relatifs à ses effets spirituels, comme adoption, renaissance, régénération de l'âme, illuminatioïi 0 1 c .
Ce sacrement a été rejeté par plusieurs anciens hérétiques des premiers siècles, tels que les ascodrutes, les marcosiens, les valentiniens , les quinliliens , qui pensaient tous que la grâce, qui est un don spirituel, ne pouvait être communiquée ni exprimée par des signes sensibles. Les archonliques le rejetaient comme une mauvaise invention du Dieu Sebaholh, c'est-à-dire du Dieu des Juifs, qu'ils regardaient comme un mauvais principe. Les séleuciens et les hermiens ne voulaient pas qu'on le donnât avec de l'eau; ils employaient le feu, sous prétexte que saint Jean-Baptiste avait assuré que le Christ baptiserait ses disciples dans le feu. Les manichéens, les pauliciens, les massaliens, le rejetaient également. D'autres en ont altéré la forme. Ménandre baptisait en son propre nom ; les éluséens y invoquaient les démons ; les montanistes joignaient le nom do Montan, leur chef, et de Priscille, leur prophétesse, aux noms sacrés du Père et du Fils. Les sabelliens, les marcosiens, les disciples de Paul de Samosale, les eunomiens et quelques autres hérétiques ennemis de la Trinité, ne baptisaient point au nom des trois Personnes divines : c'est pourquoi l'Eglise rejelait leur baptême, mais elle admettait celui des autres hérétiques, pourvu qu'ils n'altérassent point la forme prescrite, quelles que fussent d'ailleurs leurs erreurs sur le fond des mystères.
Les chrétiens orientaux, grecs, jarobites, syriens, égyptiens et éthiopiens, les nestoriens et les arméniens, dont plusieurs sont séparés de l'Eglise romaine depuis douze cents ans, ont conservé la même croyance qu'elle touchant le baptême. Tous en reconnaissent la nécessité absolue, el lui attribuent les mêmes effets que nous ; ils regardent comme nous l'eau naturelle seule comme la matière de ce sacrement ; ils l'administrent par trois immersions. La seule différence qu'ils mettent dans la forme, c'est qu'au lieu de dire comme nous, Je te, bup lise, etc., ils disent : Un tel ttt baftisé a\
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