SG
nom du Père, etc. Tous observent les exorcismes et les autres cérémonies du baptême; mais dans le cas de nécessité ils les suppriment ( Perpét. de la foi, tom. V, liv. n, ç. 1 et suiv.). Les protestants avouent que le baptême est un sacrement; mais tous n'en reconnaissent pas également la nécessité et les effets ; tous en ont supprimé les cérémonies.
Conséquemment les théologiens catholiques sont obligés d'examiner, \" quelles sont la matière, la forme, les cérémonies du baptême; 2° qui en est le ministre, ou par qui ce sacrement peut être validement administré; 3° quelles personnes sont capables de le recevoir; k" quels effets il produit; 5° de quelle nécessité il est ; 6" quel est le sort éternel de ceux qui meurent sans avoir eu le bonheur d'être baptisés. Nous tâcherons d'abréger toutes ces questions.
I. De la matière, de la forme, des cérémonies du baptême. Le sentiment universel de tous les chrétiens est que l'eau naturelle de fontaine, de rivière, de pluie, est la seule matière avec laquelle on puisse baptiser validement ; Jésus-Christ l'a ainsi déterminé, en disant : Si quelqu'un n'est pas régénéré par l'eau et par le Saint-Esprit, il ne peut pas entrer dans le royaume de Dieu {Joan. ni, 5). Toute autre liqueur, soit artificielle, soit naturelle, ne peut être employée pour baptiser. Ainsi l'a décidé le concile de Trente, sess. 7, de Bapt., can. 2. Mais l'Eglise chrétienne, toujours attentive à professer sa^foi par ses cérémonies, a élé, dès les premiers siècles, dans l'usage de bénir l'eau des fonts baptismaux par des prières particulières ; c'a été, de la part des protestants, une témérité trèscondamnable de supprimer et de blâmer cette bénédiction. Voy. Lau bénite, Eau du
1JAPTÊME.
La forme ou les paroles par lesquelles ce sacrement est administre, sont : Ja te baptise au nom du Pète, et du Fils, et du Saint-Esprit; et ce sont les propres paroles de Jésus- Christ. Dans l'Eglise grecque, le prêtre dit : Un tel est baptisé au nom du Père, etc. Quelques théologiens ont douté autrefois si celle forme était valide, parce qu'ils prenaient mal le sens de la formule des Grecs ; ils croyaient qu'elle signifiait : Qu'un tel soit baptisé, etc. Aujourd'hui personne ne doute que ce baptême ne soit valide. Dans quelques sociétés protestantes, la coutume s'était introduite de faire verser l'eau sur la tête du baptisé par un diacre, pendant que le ministre, placé dans la chaire prononçait la formule du baptême. Alors le baptême était nul, puisque !e sens littéral des paroles n'était pas vériiié ; le minisire n'aurait pas dû dire : Je te baptise, mais Je te fais baptiser ; nous ignorons si cet usage subsiste encore quelque part.
On a toujours cru sans contestation que l'invocation expresse des trois Personnes divines est absolument nécessaire, et c'est principalement par celte formule du baptême que l'on a prouvé autrefois aux ariens et à d'autres hérétiques l'égalité et la consub-
stantialilé des trois Personnes de la sainte Trinité ; de manière que le baptême conféré au nom de Dieu, ou au nom de Jésus-Christ, serait censé nul. L'Eglise fut toujours trèsatlenlive à examiner si les hérétiques changeaient quelque chose à la formule de ce sacrement ; et toutes les fois qu'ils ont eu cette témérité, elle a rejeté leur baptême.
Quelques incrédules modernes ont écrit que le baptême conféré au nom des trois Personnes fut adopté par les sectateurs de Platon , devenus chrétiens, parce qu'ils y trouvaient les sentiments de ce philosophe sur la Divinité. Ces savants critiques ont ignoré sans doute que c'est Jésus-Christ luimême qui en a dicté et prescrit la formule à ses apôtres, et que ses disciples ont baptisé sous ses veux (Joan. iv, 2 ). Il ne reste plus qu'à prouver que Jésus-Christ a été disciple de Platon. Voy. Trinité.
Quant aux cérémonies qui précèdent, accompagnent et suivent ce sacrement , on croit avec raison qu'elles sont d'institution apostolique; elles n'auraient pas été aussi universellement adoptées, si elles n'avaient pas eu pour auteurs les fondateurs mêmes du christianisme. Les constitutions apostoliques, les plus vieux sacramentaires, les Pères du ue el du m? siècle en font mention, non comme de rites institués récemment, mais comme d'usages observés partout. Les uns parlent des instructions et des exorcismes dont le baptême était précédé; les autres, du renoncement au démon, à ses pompes et à ses œuvres, et des promesses que faisait le catéchumène ; les uns, de l'immersion ou de l'infusion de l'eau répétée trois fois ; les autres, des onctions faites au baptisé , du signe de la croix imprimé sur son front, de la robe blanche dont on le revêtait, etc. Tout celaétait jugé nécessaire pour donner au nouveau chrétien une haute idée de la grâce qu'il recevait, et des obligations qu'il contractait. En traitant ces cérémonies de superstitions, et en les supprimant comme des abus, les protestants ont évidemment témoigné que leur croyance touchant le baptême n'est plus la même que celle de l'Eglise primitive; si elle en avait eu une idée aussi basse et aussi abjecte qu'eux, elle aurait baptisé comme eux sans aucun appareil, en versant l'eau d'une aiguière sur la tête du baptisé, dans un plat bassin. C'est principalement dans les exorcismes du baptême qu'au commencement du ve siècle on prouvait, contre les pélagiens, que les enfants, avant d'être baptisés, sont sous la puissance du démon, par conséquent souillés du péché.
Mosheim,dans ses Dissertations sur l'histoire ecclésiastique, t. 1, p. 215, prétend que plusieurs cérémonies du baptême ont élé empruntées des païens ; que les exorcismes en particulier sont relatifs à ce que les platoniciens croyaient des démons. Dans son Misloire ecclésiastique du i" siècle, W part., c. k, § 1 et 2, il dit que les apôtres et les disciples du Sauveur tolérèrent par nécessité, ou établirent, pour de bonnes raisons, différentes
BAP
BAP
cérémonios relatives au temps et aux circonstances. Il convenait, dit-il, dans ces premiers temps, d'avoir quelques égards pour les anciennes opinions, pour les mœurs et les lois des différentes nations auxquelles on prêchait l'Evangile. Beausobre dit que les exorcismes de l'eau et les onctions du baptême sont venues des valentiniens. D'autres ont pensé que lesapôtresavaientétablidansquelques Eglises des cérémonies juives ; mais Mosheim n'est pas de cet avis. Les incrédules n'ont pas manqué d'affirmer positivement que nos cérémonies sont des restes de paganisme : Calvin, encore plus fougueux, a dit qu'elles ont été inventées par le diable. — Impiété et fanatisme anti-religieux. E»t- il croyable que les apôtres, qui ont inspiré aux fidèles tant d'horreur pour les usages, pour les mœurs, pour les pratiques des païens, aient conservé quelques-unes de leurs cérémonies, ou aient voulu ménager leurs opinions? La plupart des cérémonies religieuses avaient été en usage parmi les adorateurs du vrai Dieu, avant d'être profanées par les païens ; pourquoi ne les aurait-on pas ramenées à leur première destination ? Jésus- Christ lui-même en avait donné l'exemple ; il soufila sur les apôtres, pour leur donner le Saint-Esprit, il imposait les mains sur les malades, il toucha les oreilles et la bouche d'un sourd et muet pour le guérir, il mil de la boue sur les yeux d'un aveugle-né, etc. 11 exorcisait les possédés pour lés délivrer; quelques incrédules ont dit qu'en cela il imitait les magiciens. Les apôtres n'ont donc pas eu besoin de la doctrine de Platon louchant les démons, ni des idées païennes, pour instituer les cérémonies du baptême.
Voif. CÉRÉMONIES, EXOBCISME.
Quand les réflexion* de Mosheim seraient aussi vraies qu'elles sont fausses, il s'ensuivrait déjà que les prétendus réformateurs n'ont pas imité la sagesse et la charité des apôtres. Ils ont trouvé les cérémonies établies et pratiquées dans toute l'Eglise chrétienne depuis quinze siècles ; les fidèles y étaient accoutumés, et ellesnedonnaienl lieu à aucune, erreur; les prédicants les ont bannies ; ils les ont taxées de superstitions et d'idolâtrie : ils n'ont pas eu pour les mœurs et les habitudes des catholiques la même condescendance que les apôtres, selon Mosheim, ont eue pour les mœurs des nations païennes auxquelles ils prêchaient l'Evangile ; il nous paraît que cette différence ne leur fait pas honneur. Dans l'article Eau iskmte, nous prouverons, contre Beausobre, que la bénédiction de l'eau n'est point une superstition, ni un rite emprunté des hérétiques. — A la vérité il y a eu quelques changements léger! dans la manière d'adminislier le baptême; mais les rites principaux ont toujours été conservés. Autrefois on le donnait par une triple immersion, comme lonj encore les Orientaux, et cet usage a duré dans l'Occident jusqu'au xn* siècle. Dans le vr, quelques catholiques d'Espagne ne faisaient qu'une seule immersion, de peur, disaient-ils, que les ariens Y isigolhs
n'imaginassent que par la triple immersion l'on divisait la Trinité; mais cette raison locale ne fit point d'impression sur les autres Eglises. La coutume de baptiser par infusion, en versant de l'eau sur la tête, paraît avoir commencé dans les pays septentrionaux, où l'usage du bain est impraticable pendant la plus grande partie de l'année, et elle s'introduisit en Angleterre vers le ix' siècle. Le concile de Calchut ou Celchylh, tenu en 816, ordonna que le prêtre ne se contenterait pas de verser de l'eau sur la tète de l'enfant, mais qu'il la plongerait dans les fonts baptismaux. Voy. Immersion. Nous voudrions savoir pourquoi les protestants, qui font profession d'imiter scrupuleusement l'fc'glise primitive, n'ont pas renouvelé l'usage de donner le baptême par immersion.
Les écrivains ecclésiastiques parlent de plusieurs cérémonies que 1 on pratiquait autrefois en administrant ce sacrement, et qui ne se font plus, ou dont il ne reste que de légères traces, comme de donner aux nouveaux baptisés du lait et du miel dans l'Eglise d'Orient, du vin et du miel dans celle d'Occident, de les revêtir d'une robe blanche, de leur donner incontinent la confirmation et l'eucharistie. Ancien Sacrament., par Grandcolas, w part., pag. 1.
Le temps auquel on administrait solennellement le baptême était la fête de Pâques et celle de la Pentecôte, non pas parce quo la saison est alors la pus favorable aux bains froids, comme l'a rêvé un médecin anglais, mais à cause des deux grands mystères que l'on célèbre ces jours-là. D. Claude de Vert avait avancé que l'origine du baptême est venue de la coutume de laver les enfants immédiatement après leur naissance., M. Languet a lait voir qu% Jésus-Christ n'a eu aucun égard à cet usage en instituant ce sacrement ; que, quand saint Paul a dit que lorsque le baptisé est plongé dans l'eau et en sort, c'est une figure de la sépulture cl de la résurrection de Jésus-Christ, il n'a fait que développer le vrai sens de la cérémonie et l'intention du Sauveur ; que Us noms de régénération, de vie nouvelle, etc., dont il s'est servi, ne sont point des moralilés ni des métaphores empruntées des Juifs ; que quoique le baptême ne se donne plus aujourd'hui par immersion, il ne laisse pas do représenter suffisamment l'intention de Jésus-Christ et les leçons de saint Paul. Du véritable esprit des Cérém. de l'Eglise, § 10 et suivants.
Il importe fort peu de savoir si les Juifs pratiquaient une espèce de baptême à l'égard de leurs prosélytes, et quelle idée ils y attachaient; ce qui est dit dans l'Evangile, du baptême de saint Jean-Baptiste, ne nous instruit pas beaucoup; nous voyons, par la conversation que Jésus-Christ eula»ccNicodème , louchant la régénération spirituelle, que ce docleur juif lut fort étonne de l'idée que le Sauveur lui en donnait (Joan. m, 3 ) ; il n'y a donc aucune ressemblance entre ce qui se faisait chez les Juifs et ce que Je-* sus-Christ a institue.
liAP