‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 85 sur 183 · HA S · texte numérisé non relu

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divers Traités de morale nommés ascétiques, les grandes et les petites règles pour les moines. Ou convient que les Constitutions monastiques qui ont élé attribuées à saint Basile ne sont pns de lui. On trome dans le troisième volume le livre du Saint-Esprit , où la divinité de celte troisième Personne de la sainte Trinité est prouvée par l'Ecriture sainte et par la tradition; trois cent trentesix lettres sur divers sujets. Le livre de la Virginité lui a élé faussement attribué ; mais il paraîla voir été écrit dans le mérre siècle.

Il \ a chez les Orientaux une liturgie qui porte le nom de saint Basile , qui élail en usage dans les Eglises du Pont , de laquelle se servent encore les» jacobiles , les Grecs melcbites, les copbtes d'Egypte et d'Aby saillie. L'abbé Ucnaudot, dans le tome 1er de sa Collection des liturgies orientales, l'a donnée traduite du cophie , ensuite en grec et en lalin. Mais comme il le remarque très-bien , il ne faut pas imaginer que saint Basile l'ait composée et faite en entier; il n'a fait que retoucher la liturgie qui était déjà en usage dans son Eglise, y ajouter quelques prières, en corriger quelques-unes, etc. , sans en altérer le fond. La conformité de celte liturgie avec la multitude des autres liturgies anciennes démontre que toutes ont été faites sur un modèle primitif, suivi depuis les temps apostoliques, et auquel on n'a jamais louché. Le P. Lebrun en a aussi donné une notice, Explic des cérém. de la messe, lom. IV, pag. 372. Voy. Liturgie.

Il n'est point de critiques anciens ou modernes qui n'aient rendu justice à l'éloquence, à l'érudition, à la pureté du style de saint Basile. Pholius, Erasme , llollin , n'ont pas hésité de le proposer comme un parfait modèle de l'ait oratoire. Mais les protestants ont attaqué sa morale, el les incrédules n'ont pas respecté ses vertus : leurs reproches sont aussi mal fondés les uns que les autres. — Barbeyrac, dans son Traité de la morale des Pires, ch. 11, accuse saint Basile d'avoir enseigné que celui qui blesse à mort un ennemi, même en se défendant, est coupable de meurtre ; qu'il n'est jamais permis de tuer , même à la guerre ; qu'un chrétien ne peut s;ins péché avoir des procès , ou faire un serment; il ne permet le mariage de deux personnes qui vivent dans la fornication, que pour éviter un plus grand mal ; il recommande aux moines un extérieur triste, sale et négligé , malgré la leçon contraire que Jésus-Christ donne dans l'Evangile. — Si , au lieu d'enseigner une morale très-sévère, les Pères de l'Eglise avaient eu des maximes relâchées , on déclamerait contre eux avec encore plus d'amertume. Déjà quelques incrédules de nos jours les ont accusés d'avoir eu [tins à cœur la doctrine spéculative que la morale, et d'avoir l'ait plus de cas de l'orthodoxie que des mœurs. Mais quelque austères que fussent leurs leçons, elles étaient cependant pratiquées , du moins par un bon nombre de chrétiens fervents : cela nous parait démontrer que la morale

des Pères n'était pas aussi outrée qu'on le prétend.

On dit qu'ils ont poussé trop loin les régies de la patience qu'ils prêchaient aux fidèles ; et tous les jours on accuse les chrétiens de n'avoir pas élé a<sez patients , soit envers les païens dans le temps des persécutions , soit envers les hérétiques , lorsque ceux-ci abusaient de la protection des empereurs Comment contenter des censeurs aussi bizarres? — Souvenons-nous que saint Basile écrivait dans le lemps que les ariens , soutenus par l'empereur Valons , exerçaient le brigandage dans tout l'empire; on ne pouvait leur résister sans paraître se révolter contre l'empereur : les Pères de ce tempslà n'avaient donc pas tort de prêcher la patience aux catholiques , et de prendre à la rigueur pour ce temps-là les paroles de l'Evangile. V0IJ. DÉFENSE DE SOI-MEME. — Ils

avaient conçu une haute idée de la sainteté du mariage; il fallait inspirer le même sentiment aux chrétiens, parce que les lois des empereurs y avaient très-mal pourvu , et que la licence du paganisme avait élé poussée au dernier excès sur ce point ; nous ne voyons pas en quoi la morale de saint Basile pouvait être dangereuse. — II voulait que les moines portassent à l'extérieur les marques de la pauvreté et de la mortification de leur étal; en quoi contredisait-il l'Evangile? Lorsque Jésus-Christ défendait d'affecier par hypocrisie un extérieur triste et un visage exténué par le jeûne, il ne parlait pas à des moines. On est aujourd'hui scandalisé de ce qu'ils n'observent pas assez rigoureusement les leçons de saint Basile. — On sait avec quelle fermeté il répondit à l'empereur Julien , qui avait d'abord voulu le séduire , et qui ensuite menaça de raser la ville de Césarée , s'il ne faisait pas port, r au fisc mille livres d'or. 11 n'en montra pas moins à l'égard de l'empereur Valons, qui le faisait menacer de l'exil et de la mort s'il ne livrait pas les églises aux ariens. « Celui qui n'a rien , dit-il , que des haillons et quelques livres, ne craint pas d'être dépouillé. Je regarde comme ma patrie, non le sol sur lequel je suis né, mais le ciel. Un corps exténué tel que le mien ne peut souffrir longtemps; la mort, en terminant mes peines, me réunira plus têt à mon Créateur.» — Plusieurs incrédules modernes lui ont fait un crime de celle résistance aux ordres de l'empereur; s'il y avait obéi , ces mêmes censeurs l'accuseraient de lâcheté. Us lui oui reproché de n'avoir donné qu'un petit évêché à saint Grégoire de Nazianzc, son ami. Ils ignorent s,ms doute que saint Grég tire avait renoncé volontairement au siège de Constantinople , qu'il n'ambitionnait comme saint Basile que la retraite , le repos , la liberté de servir Dieu , loin du tumulte du monde. Il est heureux pour nous de n'avoir à justifier les Pères que de l'Ile roïsme de leurs vertus; elles ont été Irop pures pour plaire à des esprits pervers el à des cœurs corrompus.

Basile Ordre de Saint-). C'est le plus an-

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