‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 87 sur 183 · AS · texte numérisé non relu

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sobre ne les en discu!i>e que par des conjectures et par voie deconséquence, espèce d'apologie qui ne peut prévaloir à des témoignages formels. Il ne réussit pas mieux à les absoudre du crime de magie, puisque ces hérétiques avaient confiance au pouvoir des prétendus génies ou esprits répandus dans la nature ; il n'est pas fort aisé de prouver qu'ils n'ont jamais eu recours à ceux qu'ils supposaient mauvais et malfaisants , ma;s seulement à ceux qu'ils croyaient incapables de fdiredu mal. L'une de ces mauvaises pratiques conduit infailliblement à l'autre.

Par la même raison, nous n'avouerons pas que les Pères ont calomnié les basilidiens, quand ils les ont accusés d'une morale détestable touchant l'impureté, et d'une conduite qui y était conforme ; si dans toutes les sectes il y a eu quelques hommes qui ont conservé de la honte naturelle et de la vertu , il y en a eu aussi d'autres qui ont poussé les conséquences de leurs erreurs jusqu'où elles pouvaient aller, et qui n'ont par. rougi de les mettre en pratique. Il est donc tout simple que l'on ait pris pour l'esprit général de la secte une conduite qui était commune parmi ses membres. Mosheim, moins entêté que Beausobre, avoue qu'une bonne partie des guostiques tiraient de leurs principes une morale pratique très-licencieuse {Hist. christ., proleg., c. 1, § 361.

Nous serons obligés de répéter plus d'une fois ces mêmes réflexions à. l'égard des hérésies anciennes ou modernes, parce que plusieurs des protestants qui en ont parlé l'ont fait avec les mêmes préventions que Beausobre. Ce qu'il y a de singulier, c'est que ces critiques veulent nous faire envisager leur entêtement comme une preuve d'impartialité.

BASILIQUE. Ce nom grec signifie maison royale; on l'a donné aux églises des chrétiens, parce qu'on lésa regardées comme les palais du Uoi des rois, dans lesquels ses adorateurs vont lui rendre leurs hommages: c'est ainsi qu'elles sont nommées par les écrivains du ivc et du v' siècle.

Selon Bellarmin, les chrétiens mettaient une différence entre les basiliques et les temples. Les premiers étaient des édifices destinés aux assemblées chrétiennes et à la célébration" des saints mystères ; par les temples, on entendait les temples des païens destinés à offrir des sacrifices sanglants et à immoler des animaux. Conséquemment quelques anciens, comme Minulius Félix, Origène, Arnobe, Larlance, ont dit que les chrétiens n'avaient pas de temples ; et lorsque les païens leur en faisaient un crime, les mêmes écrivains ont répondu que le sanctuaire le plus digne de Dieu était l'âme d'un homme de bien. 11 ne faut pas en conclure que pour '/ors les chrétiens n'avaient point d'édilices consacrés au culte du Seigneur ; nous prouverons le contraire au mol Eglise ; mais on évila:t de leur donner le même nom qu'aux édifices destinés à l'idolâtrie : on préféra de les nommer basiliques.

Dans l'Occident, au ivc et au v* siècle, l'on entendait par V église la cathédrale, et l'on nommait basiliques les églises dédiées aux martyrs et aux saints ( Hist. de l'Acad. de» inscript., t. XIII, in-12, p. 3tt).

Il paraît que la forme et le plan des églises chrétiennes avaient été tracés sur ce qui est dit dans l'Apocalypse, chap. iv, vi , vu. Saint Jean y fait une description de la gloire éternelle exactement semblable à celle qu'a faite saint Justin des assemblées des chrétiens (Apol. 1, n° 65 et suiv.), et de la manière dont ils célébraient l'office divin. Saint Jean parle d'un trône sur lequel est assis le président de l'assemblée ou l'évêque, de sièges rangés des deux côtés pour vingt-quatre vieillards ou prêtres : c'est le chœur. Au milieu et devant le trône il y a un autel sur lequel est un agneau en état de victime ; sous l'autel sont les reliques des martyrs. Devant l'autel un ange offre à Dieu, sous le symbole de l'encens, les prières des saints ou des fidèles. Il parle d'une source d'eau qui donne la vie; c'est le baptistère ou les fonts baptismaux. — Par cette forme que les premiers chrétiens ont donnée à leurs églises, il est aisé déjuger si ce sont les catholiques qui ont abandonné la croyance de l'Eglise primitive, ou si ce sont les protestants. Ces derniers n'ont dans leurs temples ni chaire pontificale, ni autel , ni reliques , ni encens, ni fonts baptismaux; ils semblent les avoir construits sur le modèle des synagogues des Juifs. Mais tout ce qu'ils ont supprimé parle et réclame contre l'innovation qu'ils ont faite; ce sont des témoins dont ils n'étoufferont jamais la voix.

* BASKIBS. Les annotateurs de l'édiiion de Lefort oui fait un article particulier sur les croyances de ce peuple. Cet article serait bien placé dans un dictionnaire des religions et des cultes, mais nous le croyons entièrement étranger à ce Dictionnaire ; car les croyances de ce peuple n'ont aucun rapport avec la théologie chrétienne. Alin qu'on ne taxe pas notre jugement de trop de sévérité, nous allons citer une partie de l'article.

« Ces peuples, qui n'ont aucune connaissance de la structure du globe, croient que les étoiles sont suspendues dans l'air et attachées au firmament par de grandes chaînes de fer; ils s'imaginent que la terre repose sur trois énormes poissons, dont l'un est déjà mort, preuve évidente de la lin prochaine du inonde; ils affirment qu'au moment de la naissance de chaque individu, le nombre des jours qu'il doit passer sur la terre et la quantité de nourriture qu'il doit consommer sont inscrits sur le livre du destin. Chez eux, un témoignage, appuyé du serinent, n'a de force qu'autant qu'il a été fait, non dans une mai on ou dans un temple, mais sur le terrain du cimetière. Non loin du bourg de «iliarsk se trouve un cimetière niabométan, appelé «alyn-gruss, fort en honneur chez les Tarlares et les «askii s ; ils le regardent comme sacré, et croient que les dévols musulmans, dont les dépouilles mortelles occupent ce champ, font tous les jours quelque miracle; en été, ce cimetière devient un lieu de pèlerinage. Lorsqu'un homme tombe malade, ses parents font venir le prêtre on mollah, qui récite quelques paroles du Coran ci fait de fréquentes aspersions de salive sur les yeux et le visage du patient : ces oraisons et de i'eau claire sont les seuls moyens employés pour guérir le malade. L'emploi des philtres est trés-fio-

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