‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 126 sur 228 · SOI · texte numérisé non relu

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ou la barbe, et de se faire des incisions en signe de deuil (Levit. xix, 27 et 28). Isïie condamne ceux qui demandent aux morlsce qui intéresse les vivanis (vin, 19), et ceux qui dorment sur les tombeaux pour avoir des rêves (lxv, 4). On sait jusqu'à quel excès les païens poussaient la superstition envers les morts, et les cruautés qu'un deuil insensé leur faisait souvent commettre. Voilà pourquoi, chez les Juifs, celui qui ava't touché un mort était censé impur. A la vérité, les usages absurdes des païens à l'égard des morts étaient une preuve sensible de leur croyance touchant l'immortalité de l'Ame, et le penchant des Juifs à les imiter démontre qu'ils étaient dans la môme persuasion ; mais pour professer cette importante vérité, il n'était pas nécessaire de copier les coutumes insensées et impies des païens, il suffisait de conserver l'usage simple et innocent des patriarches, qui donnaient aux morts une sépulture honorable, et qui respectaient les tombeaux , sans tomber dans aucun excès. Les rois d'Israël et de Juda qui tombèrent dans l'idolâtrie, ne manquèrent pas de protéger toutes les espèces de magie et de divination, par conséquent la nécromancie ; mais les rois pieux eurent soin de proscrire ces désordres et de punir ceux qui en faisaient profession. Saul en avait ainsi ; gi au commencement de son règne ; mais après avoir violé la loi de Dieu en plusieurs autres choses, il y fut encore infidèle en voulan' consulter l'âme de Samuel (/ Rcg. xxvin, 8). Voy. Pythonisse. Josias, en montant sur le trône, commença par exterminer les magiciens et les devins qui s'étaient multipliés sous le règne de l'impie Manassès (IV Reg. xxi, 6 ; xxm, 24). Il est évident que la nécromancie était une des espèces de goétieoude magie noire et diabolique. C'était une révolte contre la sagesse divine de vouloir savoir des choses qu'il a plu à Dieu de nous cacher, et de vouloir ramener dans ce monde des âmes que sa justice en a fait sortir. Pour en venir à bout, les païens n'invoquaient pas les d'eux du ciel, mais les divinités de l'enfer. La cérémonie de l'évocation des mânes , telle que Lucainl'a décrite dans sa Pharsale, liv. vi, v. 668, est un mélange d'impiété, de démence, d'atrocité, qui fait horreur. La furie que le poète fait parler, pour obtenir des divinités infernales le retour d'une âme dans un corps, se vante d'avoir commis des crimes dont l'esprit humain n'a point d'idée. Comme les cérémonies des nécromanciens se fais lient ordinairement la nuit, dans des antres profonds et dans des lieux retirés, on comprend à combien d'illusions et de crimes elles pouvaient donner lieu. L'auteur du livre de la Sagesse, après avoir fait remarquer les ahus des sacrifices nocturnes, conclut que l'idolâtrie a été la source et le comble de tous les maux, c. xiv, v. 23 et 27. Constantin devenu chrétien avait encore permis aux païens de consulter les augures, pourvu que ce fût au grand jour, et qu'il ne fût question ni des affaires de l'empire ni de la vie de l'empereur ; mais il ne toléra pas la

magie noire ni la nécromancie; lorsqu'il mit en liherté 1 -s prisonniers à la fête de Pâques, ilexceptanommément les nécromanciens, m mortuos veneficus, Cod. Theod., I. ix,tit. 38. leg. 3. Constance, son fils, les condamna à mort ; ibid., leg. 5. Ammien Marcellin, Ma mertin et Libanius, païens entêtés, furent assez aveugles pour blâmer cette sévérité. L'empereur Julien reprochait malicieusement aux chrétiens une espèce de nécromancie; il supposait que les veilles au tombeau des martyrs avaient pour but d'interroger les morts ou d'avoir des rêves. Sa nt Cyrille, contre Jul., 1. x, p. 339. Il savait bien la contraire, puisque lui-môme, avant son apostasie, avait pratiqué ce culte.

Les lois de l'Eglise ne furent pas moins sévères que celles des empereurs contre la magie et contre toute espèce de divination : le concile de Laodbée et le quatrième de Carthage défendirent ces crimes, sous peine d'excommunication : l'on n'admettait au baptême les païens qui en étaient coupables, que sous la promesse d'y renoncer pour toujours. « Depuis l'Evangile, dit Tertullien, vous ne trouverez plus nulle part d'astrologues, d'enchanteurs, de devins, de magiciens, qui n'aient été punis. » De idol., c. ix. Voy. Bingham, Orig. ccclés., 1. xvi, c. 5 § 4.

Après l'irruption des barbares dans l'Occident, l'on y vit renaître une partie des superstitions du paganisme ; mais les évoques, soit dans les conciles, soit dans leurs instructions, ne cessèrent de les défendre et d'en détourner les fidèles : Thiers, Traité des superstitions, liv. i, c. 3 et suiv. Comme la religion nous enseigne que les Ames desnioris peuvent être détenues dans le purgatoire, le peuple s'imagine aisément que ces âmes souffrantes peuvent revenir au inonde demander des prières, etc. Mais l'Eglise n'a jamais autorisé cette vaine opinion, et aucune des histoires publiées à ce sujet par des auteurs crédules n'est digne de foi. Jésus-Christ, dans ce qu'il dit du mauvais riche ( Luc. xvi, 30 et 31 ), semble décider que Dieu ne permet à aucun mort de venir parler aux vivants.

NEF DES EGLISES. Voy. Choeur.

NÉGINOTH. Voy. Néchiloth.

NÈGRES. Ces peuples donnent lieu à deux questions qui tiennent à la théologie ; il s'agit de savoir, 1° si les nègres sont d'une origine différente de celle des blancs ; 2" si la traite des nègres, et l'esclavage dans lequel on les retient pour le service des colonies de l'Amérique est légitime.

I. L'Ecriture sainte nous apprend que tous les hommes sont nés d'un seul couple, que tous ont par conséquent la même origine : d'où il s'ensuit que la différence de couleur qui se trouve dans les divers habitants du monde, vient du climat qu'ils habitent et de leur manière de vivre. Cela parait prouvé par la dégradation insensible de couleur que l'on remarque en eux, à proportion qu'ils sont plus ou moins éloignés ou rapprochés delà zone torride. En général les peuples de nos provinces méridionales sont plus bjzunés

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