VULGAIRE
OFFICE (saint). Voy. Inquisition.
OFFICIANT est la même chose que célébrant ; c'est le prêtre qui dit la messe principale dans une église, qui commence l'oftiee du chœur, qui dit les oraisons, etc. Dans les églises cathédrales il y a dos jours solennels et marqués, auxquels l'évèque lui-môme doit ofticier à l'autel et au chœur.
OFFRANDE. Ce mot, tiré du latin offerenda, désigne l'action d'offrir à Dieu une chose que l'on destine à son culte, et la chose même que l'on offre ; il en de même du terme d'oblat ion. —L'usage d'offrir à Dieu des dons est aussi ancien que la religion; l'on a compris d'obord qui1 c'était un témoignage de respect pour le souverain domaine de Dieu, de reconnaissance pour ses bienfaits, et un moyen d'en obtenir de nouveaux. Soit que ces dons aient été consumés par un sacrifice, employés à la subsistance des ministres du Seigneur, ou destinés au soulagement des pauvres , c'est à Dieu lui-même que l'on a eu intention de les offrir. Nous voyous les enfants d'Adam présenter à Dieu, l'un des fruits de la terre, l'autre les prémices de ses troupeaux (Gen. iv, 3). Il est dit que Melchisédech, roi de Salem et prêtre du Dieu Très-Haut, offrit à Abraham du pain et du vin, et bénit ce patriarche, et que Abraham lui donna la dîme des dépouilles qu'il avait enlevées à ses ennemis (xiv, 18). Jacob promet que si le Seigneur le protège, il lui offrira la dime de tous ses biens (xxvm, 22). Tout sacritice était une offrande, mais toute offrande n'était pas un sacrifice. — La principale oblation que les hommes ont faite à Dieu est celle de leur nourriture, parce que c'était pour eux le dus précieux de tous les biens. Avant e déluge ils ne vivaient que des fruits de a terre et du lait des troupeaux, ce fut aussi leur offrande ordinaire ; après le déluge, Noé offre à Dieu des animaux purs en sacrifice, et Dieu lui permet, et à ses enfants, de manger la chair des animaux (Gen. vm, 20; ix, 3). De même, lorsque la bouillie de riz était l'unique aliment des Romains, Nnraa ordonna que l'on honorât les dieux en leur offrant du riz ou de "la bouillie de riz. Suivant Pline, jamais dans la suite les Romains ne goûtèrent aux fruits nouveaux,
sans en avoir offert aux dieux les prémices ; mais l'usage de leur offrir de la bouillie ou des tartes de riz, adorea dona, adorea liba, subsistait au temps d'Horace, quoique l'on immolât pour lors des animaux dans les temples.
Il n'est donc pas nécessaire de recourir à de vaines imaginations, comme font les incrédules, pour trouver l'origine de l'oblationdes animaux et des sacrifices sanglants ; ils ont été offerts a Dieu, parce que c'était la nourriture des hommes. Que les païens, dont les idées étaient perverties, et qui avaient attribué à leurs dieux les besoins et les vices de l'humanité, aient rêvé que la fumée des victimes leur était agréable, cela n'est pas étonnant; les patriarches, instruits par les leçons de Dieu même, ne sont jamais tombés dans cette erreur; lorsqu'ils vouaient à Dieu la dîme de leurs biens, ils n'étaient pas assez stupides pour croire que Dieu en avait besoin ou pouvait en faire usage, mais ils comprenaient que les offrir à Dieu, c'était lui en fore hommage. Un pauvre comblé de bienfaits par un homme puissant, peut, sans indécence et sans lui déplaire, lui offrir des choses de peu de valeur dont ce bienfaiteur n'a pas besoin, et qui lui seront inutiles; c'est toujours un témoignage de respect, d'affection et de reconnaissance, auquel personne ne peut être insensible : c'est l'intention, et non l'utilité qui donne le prix à ces sortes de présents. David le concevait ainsi, lorsqu'il disait au Seigneur : « Vous êtes mon Dieu, vous n'avez pas besoin de mes bii ns (Ps. xv, 2). » Et Salomon : « Nous vous rendons, Seigneur, ce que nous avons reçu de vos mains (1 Paralip. xxix, 14). » D'autres censeurs des pratiques de religion n'ont pas mieux rencontré, lorsqu'ils ont dit que l'usage de faire à Dieu des offrandes est venu de l'avarice des prêtres qui en profitaient. 11 n'y avait point de prêtres, lorsque Cain, Abel et Noé offrirent des sacrifices à Dieu; et ,uand il y en eut, ils ne profilaient ni de ce qui était consumé par un holocauste, ni de ce qui était donné aux pauvres. Dieu luimême les avait exigés, afin d'inspirer aux hommes le respect, la reconnaissance, la soumission à son égard, le détachement des biens de ce monde, la charité envers les malheureux. Les mauvais cœurs, qui ne veulent rien donner à Dieu, ne sont pas ordinairement compatissants à l'égard do leurs semblables.
Lorsque la loi fut donnée aux Juifs, Moïse entra dans le plus grand détail des offrandes qu'ils devaient faire, des précautions et des cérémonies qu'ils y devaient observer. Dieu leur dit par la bouche de ce législateur : Vous ne paraîtrez pas devant moi les mains vides (kxod. xxui, 15). Il n'est aucune espèce de comestibles dont les Juifs ne fussent obligés d'offrir à Dieu les prémices, la dîme, ou une portion ; toutes les fois qu'ils venaient dans le temple, aucun acte public de religion qui ne dût être accompagné d'une offrande, et ils devaient choisir pour cela ce qu'il y avait de meilleur.
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Dieu n'avait point voulu donner aux prêtres de portion dans la terre promise, afin qu'ils subsistassent des oblations du peuple. Lorsque, par avarice ou par irréligion, les Juifs négligeaient de faire ces offrandes telles qu'elles leur étaient prescrites, Dieu les en reprenait et les menaçait par ses prophèïes (Malach. i, 8, etc.). De là les incrédules ont pris occasion de dire que la loi juive peignait Dieu comme un monarque intéressé, avide de dons et de présents, d'encens et de victimes; que le culte qu'il exigeait était fort dispendieux, et qu'il semble n'avoir été établi que pour l'avantage des prêtres; que par la quantité des tributs que ceux-ci étaient en droit d'exiger, ils étaient les tyrans de la nation.
Mais avant de hasarder ces reproches, il aurait fallu faire quelques réflexions. 1° Dieu lui-même a déclaré aux Juifs qu'il n'avait pas besoin de leurs offrandes, qu'il ne les exigeai que comme des témoignages de piété, de reconnaissance et d'affection ; qu'il les dédaignait et les rejetait lorsque ces dons ne partaient pas du cœur (Ps. xlîx, 8 ; l, 18 ; Isai. i, 11; Jercm. vi, 20; Amos, v, 21, etc.). 2° Il avait promis de récompenser abondamment leur libéralité par la fertilité de la terre, par la fécondité de leurs troupeaux, par la prospérité delà nation ; cette promesse était confirmée par le prodige continuel de la fertilité de la sixième année, afin que la terre se reposAt ; ondant la septième; et les Juifs ont été forcés de reconnaître que tous leurs désastres avaient été la juste punition de leur négligence à observer leur loi. Avaient-ils sujet de regretter ce qu'ils donnaient à Dieu? 3° Les lois qui concernaient les offrandes étaient pour l'avantage des pauvres autant que pour celui des prêtres ; ceux-ci étaient obligés de donner aux pauvres tout ce qui ne leur était pas absolument nécessaire , et de payer eux-mêmes aux pauvres la dîme de tout ce qu'ils avaient. Refond, Antiq. sacr., me part., c. 9, §7. Une preuve que leur sort n'était pas fort heureux, c'est qu'il leur est arrivé plus d'une fois d'être réduits à la dernière indigence parla négligence des Juifs; Josèphe, Antiq., lib. xx, c. 8. Cela devait arriver toutes les fois que le peuple se livrait à l'idolâtrie. Enfin ils étaient sévèrement punis lorsqu'ils abusaient de leurs droits, ou qu'ils négligeaient leurs fonctions ; témoin le châtiment des enfants d'Héli et les menaces que Dieu fait aux prêtres par Ezéchiel et par Malachie. La loi avait doue sagement pourvu à tous les inconvénients.
Quoique Jésus-Christ ait commandé moins de cérémonies que d'actes intérieurs de vertu, il n'a pas supprimé les offrandes; il a prescrit, au contraire , la manière de les faire : Si en apportant, dit-il, votre offrande à l'autel, vous vous souvenez que votre frère a quelque sujet de mécontentement contre vous, allez a abord vous réconcilier avec lui, et venez ensuite faire votre don à Dieu (Matlh. v, 23). Saint Paul, quoique occupé des travaux de l'apostolat, portait à Jérusalem les au-
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mènes qu'il avait recueillies, et y faisait des offrandes (Act. xxiv, 14). Il décide qu'^ l'exemple des prêtres de l'ancienne loi, qui vivaient de l'autel , ceux qui annoncent l'Evangile ont droit de vivre de l'Evangile (/ Cor. ix, 14). C'est ainsi, en effet, que vécurent d'abord les ministres de l'Eglise. Aucun fidèle ne participait au saint sacrifice sans faire une offrande, et le produit en fut bientôt abondant ; on le partageait en trois portions, l'une pour l'entretien du culte divin, l'autre pour la subsistance des ministres de l'Eglise, la troisième pour le soulagement des pauvres. On offrait à l'autel le pain et le vin qui devaient servir au sacrifice ; les autres offrandes étaient déposées dans un lieu destiné à cet usage, ou dans la maison épiscopale, pour être employées au besoin. Mais on refusait les dons des excommuniés, des hérétiques, des pécheurs publics et scandaleux, de ceux qui conservaient une inimitié irréconciliable, de ceux qui étaient réduits à la pénitence publique, etc. On ne recevait pas même les offrandes que leurs parents ou leurs amis auraient voulu faire pour eux après leur mort. Bingham, Oriq. ecclés., 1. xv, c. 2, § 1 et suiv.
Ammicn-Marcellin reproche au pape et autres ministres de l'Eglise romaine do recevoir de riches oblations des dames romaines ; mais cet auteur païen ignorait le saint usage auquel ces dons étaient destinés ; ils étaient employés à nourrir et à soulager les pauvres, les veuves , les orphelins, les prisonniers, à racheter les esclaves, etc. C'est ce que représenta le diacre saint Laurent au préfet de Rome, lorsque celui-ci voulut le forcer à lui livrer les trésors de l'Eglise dont il était dépositaire. Dans un temps où les évoques et les autres membres du clergé étaient tous les jours exposés au martyre, ils n'étaient pas tentés d'amasser pour "eux des richesses. Dans la suite des temps, les différentes révolutions survenues dans l'empire romain ont fait comprendre que la subsistance des ministres de l'Eglise serait trop précaire, si elle n'était fondée que sur les obi tions journalières des fidèles ; c'est ce qui a fait donner des fonds aux églises, et a donné lieu à l'institution des bénéfices. Voyez ce mot. Comme les biens de l'Eglise ont été souvent usurpés, on a encore été obligé dans les derniers siècles de recourir aux offrandes et aux droits casuels; quoique ce soit dans l'origine des dons volontaires, il y a cependant encore des diocèses où elles sont censées une dette envers les pasteurs; mais elles sont très-peu considérables. On verra dans le Dictionnaire de droit canonique quelle est sur ce sujet la discipline actuelle.
Dans quelques paroisses, le jour des Trépassés, les fidèles sont dans l'usage déporter du blé à Y offrande, et de faire de même aux obsèques des morts ; c'est un symbole de notre croyance à la résurrection future, tiré de saint Paul (/ Cor. xv, 36). Il n'y a donc en cela rien de ridicule ni de superstitieux. L'offrande du pain bénit, qui se fait le dimanche dans les paroisses, est un faible
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