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reste de l'ancien usage. Voy. Pain bénit. Comme les protestants ont supprimé l'oblation qui a toujours précédé la consécration de F eucharistie et qui fait partie essentielle du sacrifice, il n'est pas étonnant qu'ils aient aussi retranché toutes les espèces d'offrandes. Mais sous quel prétexte ont-ils réprouvé cet acte de religion? Nous l'ignorons. Il leur a paru, sans doute, un reste de judaïsme ou de paganisme, parce que les Juifs et les païens ont fait des offrandes; mais nous avons vu que Jésus— Christ ni les apôtres n'ont point blâmé les offrandes des Juifs ; ils les ont approuvées, au contraire, lorsqu'elles se faisaient avec un cœur sincèrement religieux. S'il fallait éviter tout ce qu'ont pratiqué les païens, il faudrait supprimer toute espèce de culte, puisqu'il n'est aucune action religieuse que les païens n'aient profanée. Si c'est parce qu'il s'y est glissé des abus, môme dans le christianisme, il fallait proscrire les abus comme ont fait plusieurs conciles, et laisser subsister Ja chose. Voy. Oblation. — Thiers, dans son Traité des Superstitions, t. I!, 1. n, c. x, § 9, parle en effet de plusieurs abus dans lesquels les peuples sont tombés à l'égard des offrandes que l'on faisait à la messe , et il rapporte les canons des conciles par lesquels ces superstitions ont été défendues.
OINGTS. Si nous en croyons la Chronique de Genébrard, ce nom fut donné, dans le xvr siècle, à quelques hérétiques anglais, qui disaient que le seul péché que l'on pouvait commettre était de ne pas embrasser leur doctrine ; mais il ne dit pas en quoi elle consistait.
OINT. Voij. Onction.
OISIF, OISIVETÉ. Ce vice est défendu aussi sévèrement par la morale chrétienne que par la loi naturelle. Une des erreurs dont Jésus-Christ a repris le plus souvent les pharisiens était leur entêtement sur le repos du sabbat; il leur a constamment soutenu que les œuvres de charité étaient plus agréables à Dieu que l'incriie absolue dans laquelle ils faisaient consister la sanctification du sabbat. Saint. Paul exhorte les fidèles à se procurer par le travail, non-seulement de quoi pourvoir a leurs besoins, mais encore de quoi soulager les pauvres (Ephes. iv, 28). Use donne lui-môme pour exemple, et pousse la sévérité jusqu'à dire que celui qui ne veut pas travailler ne mérite pas d'avoir à manger (// Thess. ni, 8). La charité, qui est le caractère dislinctif du christianisme, ne fut jamais une vertu oisive. Cette morale fut exactement suivie. Plusieurs chrétiens, dit M. Fleury, travaillaient de leurs mains simplement pour éviter Yoisiveté. Il leur était fort recommandé d'éviter ce vice, et ceux qui en sont inséparables, comme l'inquiétude, la curiosité, la médisance, les visites mutiles, les promenades , l'examen de la conduite d'autrui. On exhortait chacun à s'occuper de quelque travail utile , principalement des œuvres de charité envers les malades, envers les pauvres et envers tous ceux qui avaient besoin de secours.
C'est donc très-injustement que les païens reprochèrent quelquefois aux chrétiens d'être des hommes inutiles, parce qu'ils ne recherchaient pas les professions qui dissipent trop ou qui peuvent ôtre dangereuses, comme le commerce tel qu'il se faisait pour lors, la poursuite des affaires, les charges publiques ; mais ils n'y renonçaient point lorsqu'ils s'y trouvaient engagés. Aussi nos apologistes réfutèrent avec force la calomnie des païens. « Nous ne comprenons pas, leur dit Tertullien , en quel sens vous nous appelez hommes inutiles. Nous ne sommes ni des solitaires ni des sauvages, tels que les brachmancs des Indes ; nous vivons avec vous et comme vous. Nous fréquentons le barreau, la place publique, les bains, les boutiques, les marchés, les lieux où si; traitent les affaires ; nous soutenons comme vous les travaux de la navigation, de la milice, de l'agriculture, du commerce; nous exerçons vos arts et vos métiers ; nous n'évitons que vos assemblées superstitieuses. » Apolog., c. 42; Orig. contra Cclsum, 1. vm, etc. Les censeurs modernes du christianisme ne sont pas mieux fondés à dire qu'il a consacré Yoisiveté, en approuvant l'état monastique. L'Eglise, loin de tomber dans ce défaut, ordonna d'abord aux clercs d'apprendre un métier pour subsister honnêtement, can. 51 et 52 du quatrième concile do Carthagfl. Le travail des mains fut sévèrement commandé aux moines, et la règle de saint JJeno'u le leur ordonne encore. Cassien et d'autres auteurs attestent que les solitaires de la Thébaïde étaient très-laborieux, qu'ils se procuraient par leur travail, non-seulement de quoi subsister , mais encore de quoi faire l'aumône ; il en fut de même des moines d'Angleterre. Bingham, Origine ecclésiastique, liv. vu, c. 3, § 10. On n'accusera pas aujourd'hui les ermites de Sénart et du Mont- Valérien, ni les religieux de la Trappe, d'être oisifs; ils ont exactement repris la vie des premiers moines, et les religieux orientaux l'ont conservée. Mais, après l'inondation des barbares en Europe. l'Eglise fut obligée de changer sa discipline ; ces hommes farouches ne faisaient cas que de la profession des armes : toute espèce de travail était déshonorante à leurs yeux; c'était une marque d'esclavage et de roture; ne rien faire était un titre de noblesse. On fut obligé d'élever les moines au sacerdoce après la ruine du. clergé séculier : pour l'honneur de ce caractère, il fallut les dispenser du travail des mains, leur recommander seulement la prière, la lecture, l'étude et le chant des psaumes. Fragment d'un concile d'Aix-la-Chapelle, dans la Collection des Hist. de France, t. VI, p. 445. Aujourd'hui les protestants et les incrédules qu'ils ont endoctrinés en font un crime à l'Eglise ; c'est à la nécessité et aux malheurs de l'Europe qu'il faut s'en prendre ; le préjugé des barbares y subsiste encore avec d'autres vices ; quand les ermites dont nous avons parlé seraient tous des saints, on n'en ferait pas pour cela plus d'estime. Voy, Moine.
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OLIVETAINS, congrégation de religieux et clo religieuses assez répandue en Italie: ils suivent la règle de saint Benoît et sont habillés de blanc. Leur instituteur fut saint Bernard-Ptolémée, né à Sienne en 1272.
Leurs constitutions ont été approuvées par les papes Grégoire IX, Jean XXII et Clément VI.
OMBRE. Dans les pays chauds, tels que la Palestine, l'ombre des arbres est un avantage précieux ; le premier soin des patriarches, lorsqu'ils se proposaient de séjourner dans une campagne, était d'y planter des arbres pour y jouir de leur ombrage. Manger son pain à l'ombre de son figuier {111 lieg. iv, 25) est une expression qui désigne l'état de tranquillité et de félicité parfaite. Ombre, dans les livres saints, signifie souvent protection; le Psalmiste dit à Dieu {Ps. xvi, 8) : « Protégez-moi à Y ombre de vos ailes, comme une poule couvre ses petits. » L'ange dit à Marie {Luc. i, 35) : La puissance du Très- Haut vous couvrira de son ombre, » vous protégera et vous mettra à couvert de tout danger. Mais les ombres de la mort signifient, ou l'état des morts, que l'on supposait privés de la lumière, ou une calamité qui nous met en danger de périr; et au sens figuré, l'ignorance et les ténèbres de l'idolâtrie. II est dit dans les Actes des apôtres, c. v, v. 15, que Yombrc seule du corps de saint Pierre guérissait les malades. Saint Paul {llebr. x, 1) dit que la loi de Moïse ne présentait que Vombre des biens fu.urs, c'est-àdire une figure imparfaite des grâces que nous avons reçues par Jésus-Christ. Les païens nommaient ombres les Ames des morts ; ils supposaient que c'étaient des figures légères, (elles que celles qu'un peintre trace avec le crayon s >r le papier.
OMISSION. Ne pas faire ce que la loi de Dieu nous commande est un péché d'omission. Comme la morale évangélique nous ordonne beaucoup de bonnes œuvres et des actes de toutes les vertus, la plus grande partie des fautes du chrétien sont des péchés <Yomission. Mais comme l'inadvertance et la faiblesse peuvent y avoir beaucoup de part, ordinairement ces fautes ne sont pas aussi grièves que les péchés de commission, qui consistent à faire ce que la loi de Dieu nous défend.
OMPHALOPHYSIQUES. Quelques écrivains ont dit que ce nom avait été donné aux bogomiles ou pauliciens de la Bulgarie, mais il est [dus probable que l'on a voulu désigner par là les hésichastes du xic et du xive siècle. C'étaient des moines fanatiques qui croyaient voir la lumière du Thabor à leur nombril. Voy. Hésichastes.
ONCTION. Dans les contrées orientales,où les huiles odoriférantes et les aromates sont communs, l'on a toujours fait grand usage des essences et des parfums ; l'on ne manquait jamais d'en répandre sur les personnes auxquellss on voulait témoigner du respect. De là Y onction faite avec une huile parfumée fut censée un signe de consécration : l'on s'en servit pour consacrer les prêtres,
les prophètes, les rois, les lieux et las instruments destinés au culte du Seigneur Dans les livres saints, le ternie d'onction est synonyme de celui de consécration; Y oint du Seigneur est un homme auquel Dieu a conféré une dignité particulière, et qu'il a destiné à un ministère respectable. C'est la signification du mot hébreu Messiah, que les Grecs ont rendu par christos, qui a la même signification. Voy. Parfum, Christ.
Jacob allant en Mésopotamie oignit d'huile la pierre sur laquelle il avait reposé sa tête, et où Dieu lui avait fait voir une vision {Gcn. xxvm, 18 et 23). Il la destina ainsi à être un autel, et il la nomma Béthel, la mai^ son ou le séjour de Dieu. Aaron et ses fils recurent Yonction du sacerdoce ; toute sa race fut ainsi consacrée et dévouée au culte du Seigneur (Exod. xxix, 7). Cette cérémonie est décrite, Lévit. vm. Moïse fit aussi une onction sur les autels et sur les instruments du tabernacle. Il est encore parlé dans l'Ecriture de Yonction des prophètes, mais il n'est pas certain qu'ils aient été réellement consacras par une effusion d'huile. Dieu dit à Elie {111 Reg. xix, 17) : « Vous oindrez Elisée pour être prophète à votre place, » et dans l'exécution il est seulement dit que Elie mit son manteau sur les épaules d'Elisée. Ainsi le mot d'onction ne signifie peut-être ici que la destination au ministère de prophète. Mais il est distinctement fait mention de Yonction des rois; Samuel sacra Saiil en répandant de l'huile sur sa tête (/ Reg. xi, 1). Il fit la même cérémonie à David (xvi, 13). Salomon fut oint par le grand prêtre Sadoc et par le prophète Nathan {111 Reg. i, 38). Lorsqu'il est dit (// Reg. h, k) que la tribu de Juda oignit David pour son roi, cela signifie seulement qu'elle le choisit et le reconnut pour tel. L'Ecclésiastique , parlant à Elie, lui dit, c. xliii, v. 8 : «Vous qui donnez aux rois Yonction de la pénitence, » c'est-àdire vous qui leur inspirez l'esprit et le sentiment de la pénitence.
On ne doit pas être surpris de voir le nom d'oint, de messie ou de christ, donné à un roi païen, tel que Cyrus {Isai. xlv, 1). Ici Yonction ne désigne ni une cérémonie ni une grâce surnaturelle, mais une simple destination à jouer un rôle éclatant et célèbre dans le monde ; Dieu lui-même s'en explique, et fait entendre que Yonction ou la qualité de christ, à l'égard de Cyrus, consistait à être un grand conquérant, et le libérateur de.? Juifs. Dans le Nouveau Testament, onction signifie un don de Dieu, une grâce particulière, qui nous élève à une éminente dignité, et nous impose de grands devoirs. Saint Paul dit (// Cor. i, 21) : « Dieu nous a oints, nous a marqués de son sceau, et a mis dans nos cœurs le gage de son esprit. » Et saint Jean (/ Joan. n, 20 et 27) : « Vous avez reçu Yonction de la sainteté, et vous connaissez toutes choses , Yonction que vous
avez reçue de Dieu demeure en vous, et vous n'avez pas besoin que l'on vous enseigne. » L'Eglise chrétienne a sagement retenu l'usage des onctions dans se» cérémo-
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nies; c'est un symbole Irès-énergique pour ceux qui connaissent les anciennes mœurs de l'Orient. Dans l'administration du baptême, on fait une onction sur le front, sur la poitrine et sur les épaules du baptisé, pour signifier qu'il est désormais consacré au Seigneur et élevé à la dignité d'enfant de Dieu. Dans la confirmation l'on en fait une sur le front, afin d'avertir le chrétien qu'il ne doit pas rougir de la profession du christianisme, mais se rendre respectable par la sainteté de ses mœurs. Dans l'ordination, l'évoque consacre par une onction le pouce et l'index de ceuxqui sont promus au sacerdoce, pour les faire souvenir de la pureté avec laquelle ils doivent approcher des autels du Seigneur. En consacrant une église, l'évêque fait des onctions sur les murs de l'édifice, et sur la table des autels qui doivent servir à la célébration du saint sacrifice.
On convient que le sacre des rois n'est pas une cérémonie aussi ancienne que le christianisme , puisqu'avant Constantin on ne connaît ni roi ni empereur qui ait embrassé notre religion. Onuphre dit qu'avant Justin II, aucun empereur romain n'a été oint ou sacré ; d'autres font remonter cette cérémonie jusqu'à Tliéodosc le Jeune. Les empereurs d'Allemagne ont emprunté cette cérémonie de ceux de l'Orient, et, selon quel- 3ues auteurs, Pépin e^t le premier des rois e France qui ait reçu ïoncCion. L'on convient encore que la cérémonie du sacre n'est pas ce qui donne aux rois leur autorité, ni ce qui impose aux sujets l'obligation de leur obéir; mais elle sert à rendre leur personne plus respectable, et les fait souvenir eux-mêmes qu'il tiennent de Dieu leur autorité. Les protestants ont retranché les onctions du baptême et toutes celles des autres sacrements, sous prétexte que c'est une cérémoniejudaïque, qu'il n'en est parlé ni dans le Nouveau Testament, ni dans les auteurs des trois premiers siècles de l'Eglise. Par la même raison il faudrait aussi s'abstenir de baptiser, parce que le baptême ou les ablutions étaient en usage chez les Juifs. Saint Jacques a parlé de Y onction des malades (/etc. v, 14} ; les protestants n'ont pas laissé de la supprimer. Quand il serait vrai que saint Cyrille de Jérusalem est le premier qui ait parlé des onctions du baptême, et qu'avant ïertullien personne n'a fait mention de celle de la confirmation, que s'ensuivrait-il? Tertullien est du m* siècle, et il dit que cette onction était une ancienne discipline, de Bapt.} c. 7. Aucun des Pères n'a donné un rituel complet de tout ce qui se faisait dans l'Eglise primitive, et au ive siècle on a fait profession de suivre la pratique des siècles précédents. Les sectes, qui se sont séparées de l'Eglise catholique au v' et au vi% n'ont pas élé aussi hardies que les protestants, elles ont conservé l'usage des onctions. L'utilité des huiles et des essences dans certaines maladies les a fait aussi envisager comme un symbole de guérison ; il est dit (Marc, vi, 13) que les apôlres oignaient d'huile les malades et les guérissaient ; ce
DlCTIONN. DE TUÉOL. DOGMATIQUE. III.
n'était pas par la vertu naturelle de cette onction, niais par le pouvoir de faire des miracles que Jésus-Christ leur avait donné. Saint Jacques exhorte les fidèles malades à se faire oindre de même par les prêtres avec des prières; il dit que ces prières faites avec foi guériront le malade, et que s'il a des péchés, ils lui seront remis (Jac. v, 14). Nous ne savons pas si cette pratique était en usage chez les Juifs, niais nous voyons dans l'Ecriture que Yonction signifie quelquefois l'action de consoler un aflligé et de soulager ses peines (Ps. xxn,5; Isai. i,6, etc.). Enfin l'usage des anciens était de se parfumer poulies grandes cérémonies; ainsi David, aptes avoir passé plusieurs jours dans le jeûne et la pénitence, prit le bain et se parfuma pour aller au temple du Seigneur (11 Rcg. xu, 20j. Judith fit de même pour paraître devant Holopherne (x,3).On usait encore des parfums pour les festins : c'était faire honneur aux convives que de répandre sur leur tête des essences odoriférantes (Matth. xxvi, 7 ; Pscm, 15, etc.). Ces essences sont appelées dans l'Ecriture Y huile ou le parfum de lajoie, et cette expression prise au figuré signifie l'abondance de tous les dons (Ps. xliv, 8 ; Isai. lxi, 3).
Lorsqu'il est parlé dans l'Ecriture de l'onction que Jésus-ChrLst a reçue de Dieu, ce terme réunit toutes les significations précédentes ; il exprime le caractère de roi, de prêtre, de prophète, la plénitude des dons du Saint-Esprit, la destination au plus auguste de tous les ministères (Act. iv, 27 ; x, 38). Saint Paul (Hebr.i, 8) lui applique ces paroles du ps. xuv, v. 8: « Votre trône, ô Dieu éternel, et le sceptre de votre royauté est celui de la justice;.... c'est pour cela qin; votre Dieu vous a oint du parfum de lajoie, par préférence à ceux qui y participent avec vous. » Cela ne signifie pas seulement que Jésus-Christ a reçu les dons du Saint-Esprit avec plus d'abondance que les autres hommes, mais qu'il possède tous les attributs de la Divinité auxquels les hommes ne peuvent avoir part que dans un sens très-impropre. L'Apôtre dit à la vérité (Hebr. m, 14) que nous sommes devenus participants de Jésus- Christ, et saint Pierre, que nous participerons un jour à la nature divine (Il Petr. i, 4) ; mais il n'y a point de comparaison h fasre entre cette participation par grâce et celle qui convient au Fils de Dieu par sa nature. C'est vainement que les sociniens ont voulu argumenter sur ces passages pour écarter la preuve qui en résulte pour la divinité de Jésus -Christ. Voy. Fils de Dieu.
ONDOYER un enfant, c'est le baptiser sans observer les cérémonies de l'Eglise. Lorsqu'un enfant nouveau-né paraît être en danger de mort, et qu'il n'est pas possible de le porter à l'église pour lui faire donner le baptême, on prend la précaution de Y ondoyer: mais pour que le baptême ainsi administré soit valide, il faut que la matière et la forme soient exactement gardées. Voy. Baptême.
Oft trouve dans les rituels le détail des cas
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dans lesquels on peut baptiser ainsi les en- Pompée y entra, il n'y trouva rien. Le môme
fants qui ne sont pas encore entièrement nés Tacite, Èist., 1. v, n. 3 et 4, rapporte, d'a-
ou so tis du sein de leur mère. Hors le cas près d'autres écrivains, que Moise et son
de nécessité, on ne doit pas ondoyer, sans peuple ayant été chassés de l'Egypte, parce
une permission expresse de l'évêque. L'usage qu'ils étaient infectés de la lèpre, se retirè-
était établi en France d'ondoyer les princes rent dans le désert d'Arabie, où ils étaient
à leur naissance, et de ne suppléer les céré- ' près de mourir de soif, lorsqu'ils virent une
monies que plusieurs années après ; le roi troupe d'ânes sauvages qui allaient vers un
Louis XVI, par un motif de piété, a fait bap- rocher couvert d'arbres ; que Moïse les
tiser ses enfants avec toutes les cérémonies, ayant suivis, trouva une abondante source
immédiatement après leur naissance. II y d'eau; qu'en reconnaissance de ce service,
eut autrefois du doute pour savoir si les adul- les Juifs consacrèrent dans leur sanctuaire
tes, qui avaient élé baptisés au lit pendant une figure de cet animal. Plutarque, dans
une maladie, et que l'on appelait les clini- ses propos de table, a copié cette table. ques, avaient reçu toute la grâce du sacre- Mais Tacite lui-môme n'y ajoutait pas foi,
ment ; saint Cypfien soutint l'affirmative. « Les Egyptiens, dit-il, n. 5, adorent plu-
Voi/. Cliniques. sieurs animaux et des figures composées de
ÔNEIROCR1TIE, art d'interpréter les son- différentes espèces; les Juifs admettent un
ges. Voy. Songe. seul Dieu que l'on ne peut saisir que par
ONONYCH1TE. Ce terme signifie à la la pensée ; Etre souverain qui existe de
lettre, qui a les pieds d'un âne; il est formé toute éternité, Etre immortel et immuable,
du grec ô'vo?, âne; et d'ô'vuÇ, ongle, sabot. Us regardent comme des profanes ceux qui
C'était le nom injurieux que les païens don- représentent les dieux sous une forme hu-
nèrent dans le m" siècle au Dieu des chré- maine ; ils ne souffrent point de simulacre
tiens. Tertullien dit qu'ils le représentèrent dans leurs villes, encore moins dans leur
avec des oreilles et un pied d'âne, tenant un temple; ils ne rendent cet honneur ni aux