‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 6 sur 228 · JE.V · texte numérisé non relu

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néral. C'est néanmoins en qu'a fait le rédacteur du Dictionnaire géographique de l'Encyclopédie, au mot Japon! Il n'a cité aucun garant des faits qu'il avance; il n'aurait pas pu en alléguer d'autres que Kœmpfer ou quelques autres protestants fougueux. 11 a ignoré sans doute que leurs impostures ont été réfutées, il y a plus d'un siècle, parle témoignage même d'autres protestants plus désintéressés et plus croyables. Voyez Apologie pour les catholiques, t. II, c. 16, imprimée en 1682. Quant à la bile qu'il a vomie contre les prêtres en général, il l'avait sucée dans les écrits de nos philosophes antichrétiens.

JARDIN d'EDEN. Yoy. Paradis.

JEAN-BAPTISTE (saint), précurseur de Jésus-Christ. L'historien Josèphe a rendu témoignage, aussi bien que l'Evangile, aux vertus de ce saint homme. Antiq. Jud., 1. xviii, c. 7. « C'était, dit-il, un homme de grande piété, qui exhortait les Juifs h embrasser la vertu, à exercer la justice, à recevoir le baptême, à joindre la pureté du corps à celle de l'àme. Comme il était suivi d'une grande multitude de peuple qui écoutait sa doctrine, Hérode, craignant son pouvoir, l'envoya prisonnier dans la forteresse de Mâchera, où il le fi t mourir. » Josèphe ajoute que la défaite de l'armée d'Hérode par Arétas fut regardée comme une punition que Dieu tirait de ce meurtre.

Blondel et quelques autres critiques ont voulu rendre ce passige suspect d'interpolation, parce qu'il leur a paru trop honorable à saint Jean-Baptiste. Quelle raison aurait donc pu empêcher Josèphe de rendre témoignage à un homme dont la vertu était reconnue dans toute la Judée, et que plusieurs Juifs avaient été tentés de prendre pour le Messie? Mais voilà l'entêtement des ennemis du christianisme ; il sont fâchés de ce que Jésus-Christ a eu pour précurseur et pour premier apôtre un homme d'une vertu aussi éminente, et au témoignage duquel ils ne peuvent rien opposer.

Quelques-uns ont dit qu'il y avait eu un complot formé entre Jésus et Jean-Baptiste pour en imposer au peuple, pour flatter l'espérance que les Juifs avaient d'un libérateur, et que Jean-Baptiste était convenu de céder le premier rôle à Jésus. Mais il aurait fallu du moins nous apprendre quel intérêt, quel motif, ces deux personnages ont pu avoir de former ce complot, de s'exposer tous deux à la mort, et de la subir en effet pour flatter les espérances de leur nation.

Dans l'Evangile de saint Jean, c. i, 33, Jean-Baptiste proteste qu'il ne connaissait pas Jésus, mais qu'il l'a reconnu pour le Fils de Dieu, en voyant le Saint-Esprit descendre sur lui a son baptême. 11 paraît donc que Jésus-Christ et son précurseur ne s'étaient jamais vus ; le premier avait vécu à Nazareth dans la plus grande obscurité, le second avait habité les déserts des montagnes de la Judée, et l'on ne voit pas en quel temps ils auraient pu convenir ensemble du rôle qu'ils

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devaient jouer. Ce n'est pas assez d'imaginer des soupçons, lorsqu'ils ne sont fondés sur rien. Ces calomniateurs téméraires ont dit ensuite que Jésus paya d'ingratitude le témoignage que Jean-Baptiste lui avait rendu; qu'il ne lit rien pour le tirer de sa prison, et qu'après sa mort Jésus n'en parla presque plus. Si Jésus avait fait quelque tentative pour délivrer son précurseur des mains d'Hérode, on l'accuserait d'avoir attenté à l'autorité légitime, et on citerait cette circonstance comme une nouvelle preuve du complot formé entre eux. Mais il fallait que leur témoignage mutuel fût confirmé par leur mort : c'est la destinée de ceux que Dieu envoie pour instruire et pour corriger les hommes. Jésus a rappelé plus d'une l'ois aux Juifs les leçons, les exemples, les vertus de Jean Baptiste. (Matth. c. xi, v. 18; c. xvn, v. 12; Marc, c ix, v. 12; Luc. c. vu, v. 33; c xx, v. 4 ; Joan. c. xx, v. 4-0.)

Animé du môme esprit que les incrédules, Beausobre, Hist. du Manich., 1. i, c. 4, § 9, prétend que l'hérésiarque Manès a pu blâ mer avec justice la faiblesse de Jean-Baptiste, qui, voyant que le Sauveur ne le délivrait pas de sa prison, entra dans quelque doute qu'il fût le Christ. Où sont donc les preuves de ce doute prétendu? Matth., c. xi, v. 2 et suiv., il est dit que Jean-Baptiste, informé dans sa prison des miracles opérés par Jésus, lui envoya demander par deux de ses disciples, Etes-vous celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? qu'en leur présence Jésus guérit plusieurs malades, et dit aux deux disciples : Allez dire à Jean ce que vous avez vu. Lorsqu'ils furent partis, Jésus loua devant tout le peuple la constance, la fermeté, la vie austère et les autres vertus de Jean-Baptiste ; il ne le soupçonna donc pas d'être dans le doute touchant la qualité du Messie. Il est clair que Jean- Baptiste avait envoyé ses deux uisciples, non pour dissiper son propre doute, mais pour confirmer dans l'esprit de tous ses disciples le témoignage qu'il avait rendu à Jésus. Aussi, après sa mort, plusieurs s'attachèrent à Jésus (Joan. c. i, v. 37).

Ces réflexions ont été faites par les Pères de l'Eglise et parles commentateurs; Manès ou son apologiste ont-ils été en état d'en prouver la fausseté?

Jean (chrétiens de saint). Voy. Mandaï-

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