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nais appellent faire le jésumi; et l'on prétend que ce sont les Hollandais eux-mêmes qui leur ont suggéré cette cérémonie. Pour en pallier l'impiété, on dit que les Hollandais, en qualité de protestants, ne rendent aucun culte aux images. Mais autre chose est de ne point pratiquer ce culte, et autro chose de faire une action qui est regardée par les Japonais comme un renoncement formel au christianisme. Des protestants mômes doivent se souvenir que les premiers chrétiens ont mieux aimé souffrir la mort que de jurer par le génie des césars, parce que ce jurement était regardé par les païens comme un acte de paganisme; que le vieillard Eléazar préféra de marcher au supplice, plutôt que de manger de la viande de pourceau, parce que cette action aurait été prise pour une abnégation du judaïsme. lésus- Christ a menacé de la réprobation, non-seulement ceux qui le renient formellement devant les hommes, mais encore ceux qui rougissent de lui (Luc. c. ix, v. 26). Que penser de ceux qui foulent son image aux pieds, afin de persuader qu'ils ne sont pas chrétiens ?
Dans un ouvrage récent, M. le baron de Haren a tâché do disculper la nation hollandaise de l'extinction du christianisme au Japon; il prétend qu'elle n'y a point contribué ; cependant il est certain qu'elle prêta son artillerie à l'empereur dans une bataille contre les chrétiens. 11 passe légèrement sur la cérémonie du jésumi; mais il justifie les missionnaires et les chrétiens du Japon contre les reproches des incrédules, qui les accusent, d'avoir excité des séditions dans cet empire, et d'avoir été les auteurs des révolutions qui y sont arrivées. 11 soutient que, dans les deux guerres civiles qui s'y sont élevées , les chrétiens ont suivi constamment le parti du souverain légitime contre les usurpateurs. Ceux-ci, victorieux et devenus les maîtres, se sont vengés de la fidélité des chrétiens envers leur véritable empereur. Recherches historiques sur l'état de la religion chrétienne au Japon, 1778.
La religion chrétienne n'a point à rougir de ce malheur ; elle se félicitera toujours d'avoir des enfants fidèles, jusqu'à la mort, à Dieu et à César. Mais plusieurs incrédules modernes ont à se reprocher d'avoir répété sans preuve, sans connaissance de cause et par pure prévention, les calomnies que Kœmpfer et d'autres Hollandais ont publiées conire les missionnaires et contre les chrétiens du Japon, pour pallier le crime de leur nation. Ce n'est point à nous de juger si M. le baron de Haren a réussi à la justifier pleinement.
Mais, pendant que ce protestant julicieux et équitable a fait l'apologie des chrétiens du Japon, l'on est étonné de voir un écrivain né dans le sein du christianisme et qui vit dans un royaume catholique, attribuer l'extinction delà religion chrétienne chez les Japonais aux vices et à la mauvaise conduite des missionnaires, et lancer à ce sujet une invective sanglante contre les prêtres en gé-