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les Juifs n'ont point eu d'autre croyance que celle tic Moïse, et que les chrétiens la sui- ^ ont encore.
Il ne sert à rien de dire que le spinosisme n'est point un athéisme formel ; que si son auteur a mal conçu la Divinité, il n'en a pas pour cela nié l'existence, qu'il n'eu parlait même qu'avec respect, qu'il n'a point cherthé à faire dos prosélytes, etc. Dès que le spinosisme entraine absolument les mêmes conséquences que l'athéisme pur, qu'importe ce qu'a pensé d'ailleurs Spinosa? Les contradictions de ce rêveur ne remédient point aux fatales influences de sa doctrine; s'il ne les a pas vues, c'était un insensé slupide, il ne lui convenait pis d'écrire. Mais l'empressement de tous les incrédules à le visiter pendant sa vie, à converser avec lui, à recueillir ses écrits après sa mort, à développer sa doctrine, à en faire l'apologie, font sa condamnation. Un incendiaire ne mérite pas d'être absous, parce qu'il n'a pas prévu tous les dégâts qu'allait causer le feu qu'il allumait.
SPIKATION. Voij. Trinité.
SPIRITUALITÉ. Voxj. Esprit.
SPIRITUEL. On nomme substance spirituelle tout être distingué de la matière, qui a la faculté de se sentir el de se connaîire, faculté dont la matière est incapable : dans ce sens, l'âme de l'homme est une substance spirituelle ou un esprit. Voyez ce mot. On appelle encore spirituel ce qui appartient à l'esprit; ainsi l'intelligence et la volonté sont des facultés spirituelles, qui ne peuvent appartenir à des corps. Penser, réfléchir, vouloir, choisir, sont des opérations spirituelles, desquelles la matière ne peut pas être le principe, etc. — Le désir de recevoir Jésus-Christ dans la sainte Eucharistie est appelé communion spirilwlle, par opposition à l'action de le recevoir réellement et corporellcment. Les pro'estanls, qui ne croient point la présence réelle de Jésus- Chiisl dans c* sacrement, n'admettent qu'une manducalion ou une communion spirituelle. Voy. Communion. — On appelle lecture spirituelle, cantiques, exercices spirituels, ceux qui excitent la piété ou la dévotion, et qui servent à l'entretenir. La vie spirituelle est l'habitude de la méditation ou delà contemplation, l'exactitude à réfléchir Mr soi-même, à pratiquerions les moyens qui peuvent conduire une âme à la vertu et à la perfection chrétienne : c'est ce que l'on nomme encore la vie intérieure. Un bouquet spirituel est une sentence, une maxime, une 'réflexion sainte, un passage du l'Ecriture, etc., que l'on a retenu dans la méditalion, el que l'on se rappelle de temps en temps pendant la journée.
En parlant de la simonie, on dislinguedans un bénéfice le spirituel d'avec le temporel. Par le premier, l'on entend les fonctions saintes qu'un bénéficier est obligé de remplir, comme prier, célébrer l'office divin , administrer les sacrements, etc., non-seulei.rnt parce que l'esprit doit avoir plus de 1 rt i cm fonctions que le corps, mais en-
core parce qu'elles ont pour objet l'avantage des âmes et leur salut éternel. Voy. BÉ-
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STANOARIENS. Foy. Luthéranisme.
STATION est l'action de. se tenir debout. C'est dans cette attitude que les chrétiens avaient coutume de prier le dimanche, et depuis Pâques jusqu'à la Pentecôte inclusivement, en mémoire de la résurrection de Jésus-Christ. Cet usage est attesté par les Pères de l'Eglise les plus anciens, tels que saint Irénée, Terlullien , Clément d'Alexandrie, saint' Cyprien, Pierre, évéque d'Alexandrie, etc., et par les autres auteurs des siècles suivants; ils en parlent comme d'une tradition apostolique. Du temps du concile de Nicée, tenu l'an 325, cette pratique était négligée dans plusieurs endroits ; les chrétiens priaient à genoux pendant le temps pascal comme pendant le reste de l'année ; le concile ordonna dans son 20e canon d'observer l'uniformité et de prier debout, suivant l'ancien usage. 11 jugea sans doute qu'un rite destiné à rappeler le souvenir d'un des plus importants mystères de notre rédemption ne pouvait paraître indifférent; ainsi, après avoir fixé le jour auquel la Pâque devait être célébrée dans toutes les Eglises sans exception, il détermina encore la manière dont on y devait prier. Il ne paraît pas néanmoins que ce 20e canon du concile de Nicée ait été observé dans l'Occident avec autant d'exactitude que dans les Eglisesd'Orient. Pendant le reste de l'année, surtout les jours de jeûne et de pénitence, on priait à genoux, ou prosterné, ou profondément incliné. Bingham, Orig. ecclés., t. V, 1. xiu, c. 8, § 3. C'était encore la coutume de se tenir debout pendant la lecture de l'Evangile, pendant les sermons, et durant le chant des psaumes. Ou ne se donnait point alors dans les églises les commodités que la tiédeur, la mollesse, la vanité, y ont introduites dans la suite des siècles. Tom.VI, pag. 22, 80, 183. Probablement c'est pour la même raison que, dès le ms siècle, l'on a nommé station ou jours stationnâmes, le mercredi et le vendredi de chaque semaine, parce que, dans ces deux jours, les fidèles s'assemblaient, aussi bien queledimanche, pourcélébrer l'olficedivin et pour participer à la communion. L'on y observait aussi un demi-jeûne , c'est-à-dire que Ion s'abstenait de manger jusqu'après l'office, qui finissait ordinairement à trois heures après midi. Tom. IX, pag. 25V. Ces demi- jeûnes, qui étaient de précepte en Orient, el qui y sont encore observés aujourd'hui, du moins parmi les moines, n'étaient que de dévotion en Occident, et dans la suite la station du mercredi fut transportée au samedi dans l'Eglise romaine. Mais les montanistes, qui affectaient en toutes choses une rigueur outrée, faisaient un crime à fous ceux qui ne gardaient pas le jeûne ces jours-là, ou qui se bornaient à un dcmi-jcûue. Thomassin, Traité des jeûnes, i" partie > c 1!).
Comme l'intention de l'Eglise nt rut ja-
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mais de faire interrompre par des pratiques de piété les travaux des arl< et de l'agriculture dont le peuple » besoin pour subsister, l'on présume avec raison que la discipline dont nous parlons regardait principalement le clergé et les habitants aisés des ailles épiscopalcs ; et il en est de même de plusieurs autres anciens usages.
Par analogie, l'on a nommé station, dans l'Eglise de Rome, l'office que le pape, à la tête de son clergé, allai! célébrer dans différentes basiliques de celte ville ; et comme il les visitait ainsi successivement, l'on a marqué dans le Missel romain les jours auxquels il devait y avoir station dans telle église. A la fin de chaque office, l'archidiacre annonçait à l'assemblée le lieu où il y aurait station le lendemain. On croit que ce fut saint Grégoire qui fixa et distribua ainsi les stations à Rome; aussi sont-elles marquées dans son Sacramentaire. On appelait diacre stationnaire celui qui était chargé de lire l'Evangile à la messe que le pape devait célébrer. A présent il n'est presque aucun jour de l'année auquel le saint sacrement ne soit exposé dans une des églises de Rome, avec une indulgence accordée à ceux qui iront prier dans celle église où il y a station; et à moins qu'il n'y ait quelque obstacle, le pape ne manque jamais d'aller la visiter et y faire sa prière.
Pendant le jubilé, lorsque l'indulgence est étendue à toutes les Eglises de la chrétienté, on désigne les églises particulières dans lesquelles les fidèles seront obligés d'aller faire leurs prières ou leurs stations, pour gagner l'indulgence.
On appelle encore station les prières que les chanoines ou les prêlres d'une église vont faire en procession dans la nef, devant l'autel de la sainte Vierge, avant la messe et après les vêpres. Enfin, l'on nomme quelquefois station la commission donnée à un prédicateur de faire des sermons pendant le carême dans une église particulière.
Quand on remonte à l'origine des usages ecclésiastiques et religieux, on voit qu'ils ont été tous établis sur des raisons solides et analogues aux circonstances ; ceux qui les trouvent ridicules ne montrent que de l'ignorance. On demande si les prières sont meilleures dans une église que dans une autre et si Dieu n'est pas disposé à nous écouter partout. Il l'est, sans doute ; mais Jésus-Christ, qui nous a recommandé de prier toujours, nous a dit aussi que, quand plusieurs sont rassemblés en son nom, il est au milieu d'eux. Il a donc voulu que les fidèles priassent en commun, afin qu'iis se souvinssent qu'ils sont tous frères, tous enfants d'un même père, tous destinés au même héritage éternel, et qu'ils prissent intérêt au salut les uns des autres. Voy. Prière, Communion ijes saints. Lorsque, dans une grande ville, il y avait des églises éloignées les unes dos autres, il était de la charité des évoques d'y aller faire les stations ou les office* divins, afin de donner nui divçrs membres de leur troupeau la
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commodité de se rassembler, pour ainsi dire, sous la houlette du pasteur. A présent, si cela est moins nécessaire qu'autrefois, il est encore utile de conserver les anciens usages, parce qu'ils nous rappellenttoujours les mêmes vérités, et parce que les dévotions particulières, qui n'ont point d'autre règle que le goût et le caprice, ne manquent jamais d'entraîner des abus et des erreurs.
STAUROLATRES. Voy. Chazinzariens.
STERCORAN1STES. On a donné ce nom à ceux qui soutenaient que le corps de Jésus-Christ dans la sainte eucharistie, reçu par la communion, était sujet à la digestion et à ses suites, comme tous les autres aliments. La question est de savoir s'il y a eu réellement des théologiens assez insensés pour admettre cette absurdité.
Mosheim, plus modéré sur ce point que d'autres protestants, convient qu'à proprement parler le stercoranisme est une hérésie imaginaire. Dans le xic siècle, les théologiens qui soutenaient que la substance du pain et du vin est changée dans l'eucharistie au corps et au sang de Jésus-Christ, imputèrent à ceux qui tenaient le contraire cette odieuse conséquence, que ce corps et ce sang adorables sont sujets dans l'estomac à la digestion et à ses suites. Ils argumentaient sur ces paroles du Sauveur : Tout ce qui entre dans la bouche descend dans le ventre, et va au retrait. Ceux qui niaient la transsubstantiation ne manquèrent pas de rétorquer l'objection contre leurs adversaires et de prétendre que, puisque le corps et le sang de Jésus-Christ avaient pris la place de la substance du pain et du vin, ils devaient subir les mêmes accidents qui seraient arrivés à cette substance, si elle avait été reçue par le communiant; Hist. ecclés., ixe siècle, 11e part., c. 3, § 21.
Nous ne ferons point de recherches pour savoir si ce ne sont pas les ennemis du dogme de la présence réelle qui ont été les premiers auteurs de cette odieuse objection, plutôt que les défenseurs de la transsubstantiation ; cela est d'autant plus probable que les successeurs des premiers la répèlent encore : nous nous contentons de l'aveu de Mosheim ; il convient que, dans le fait, cette imputation n'était applicable ni aux uns ni aux autres, que les reproches venaient plutôt d'un fond de malignité que d'un véritable zèle pour la vériié. On ne peut sans impifdence, dit-il, l'employer contre ceux qui nient la transsubstantiation, mais bien contre ceux qui la soutiennent, quoique peut-être ni les uns ni les autres n'aient jamais été assez insensés pour l'admettie; ibid.
Il ne fallait pas affecter là un peut-être, il fallait avouer franchement que ce reproche était absurde dans l'un et l'autre parti. Plus équitable que lui, nous allons faire voir qu'il ne peut avoir lieu contre aucun des sentiments vrais ou faux qui sont suivis d,;ns les différentes sectes chrétiennes touchant l'eucharistie ; nous ne refusons jamais de rendre