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justice, mémo à nos ennemis. I" Le rc proche de slercofiinisme ne peut être fait aux calvinistes qui nient la présence réelle de Jésus- Clirisl dans ce sacrement, ni contre les luthériens qui prétendent aujourd'hui que l'on y reçoit à la vérité son corps et son sang, non en vertu d'une présence réelle et corporelle du Sauveur dans le pain cl le vin, mais en vertu de la communion ov de l'action de recevoir ces symboles. Voy. EcctunisTiE, § '2. 2" Luther et ses disciples , qui admettaient i'iinpanaliou ou l'union du corps cl du sang de Jésus-Christ avec la substance du pain cl du vin , ne donnaient pas moins lieu à l'accusation de stercoranisme que les défenseurs de la transsubstantiation ; Mosheim ni Basnagcn'en ont rien dit, parce qu'ils n'en voulaient qu'aux catholiques. Mais il n'est pas difficile de justifier ces impanateurs ; ils enseignaient sans doute que le corps de Jésus-Christ ne demeure sous le pain ou avec le pain, qu'autant que cet aliment conserve sa forme et ses qualités sensibles ; que le pain, devenu du chyle dans l'estomac, n'est plus du pain, qu'ainsi le corps de Jésus-Christ cesse d'y être uni. 3° Il faut élre entêté à l'excès pour soutenir que celte accusation est mieux fondée à l'égard des catholiques qui admettent la transsubstantiation. Jamais ils n'ont pensé que le corps de Jésus-Christ esl encore sous les espèces ou sous les qualités sensibles du pain, lorsque cesqualités ne subsistent plus. Au moment que les espèces sacramentelles sont descendues dans l'estomac, elles sont mêlées ou avec les restes d'aliments, ou avec les humeurs qui doivent concourir à la digestion. Dès lors ces espèces ou qualités sensihles sont altérées ; elles ne subsistent plus du tout lorsqu'elles sont changées en chyle; le corps de Jésus-Christ n'y est donc plus. Comment prétendre que ce corps adorable est sujet aux suites de la digestion, dès qu'il cesse d'exister par la digestion même des espèces sacramentelles.
P-asnage, qui a fait une longue dissertalion sur le stercoranisme, Hist. de l'Eglise, 1. xvi, c. 6, a manqué de jugement, lorsqu'il a dit que les accidents qui peuvent arriver au corps de Jésus-Christ dans l'eucharistie embarrassent fort les théologiens qui admettent la présence réelle ; ils ne sont embarrassants que pour ceux qui ne réfléchissent pas. Ils iucommocleiil peut-être ceux qui commencent par argumenter sur la substance dis corps ; mais nous demandons ce que c'est que celte substance séparée ou abstraite de toute qualité sensible, et si on peut en donner une notion claire ; si on ne le peut pas, de quoi servent les arguments?
Voici le plus fort : Les Pères de l'Eglise ont dit que l'eucharistie nourrit nos corps aussi bien que nos âmes ; or, c'est la substance d'un aliment, et non ses qualités sensibles,qui peut produire cet effet: puisque la substance du pain, selon nous, n'est plus dans l'eucharistie, il faut que ce soit la substance du corps do Jésus-Christ qui y supplée.—Cette objection est clic donc insoluble'.'
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Nous demandons ce que c'est que nourrir notre corps ; c'est sans dou'e en augmente r le volume. Que l'on nous dise comment une substance corporelle, dépouillée de toutes ses qualités sensibles, par conséquent de volume, peut augmenter celui de notre corps. Les Pères ont dit que l'eucharistie, le pain eucharistique, l'aliment consacré, etc., nourrit notre corps ; mais ils n'ont pas dit que c'est le corps de Jésus-Christ, ou la substance de ce corps adorable, ou la subsîance du pain, qui opère cet effet. Tous croyaient , comme nous, que la substance du pain n'y est plus, et tous comprenaient que la substance du corps de Jésus-Christ , dépouillée de toute qualité sensible , ne produit point un effet physique et sensible, l'eu nous importo ce quia été dit djns le ixc et le xi" siècle, et ensuite par les scolasliques , touchant celte dispute. Quand nous serions forcés d'avouer que tous ont mal raisonné et se sont mal exprimés, il n'en résulterait aucun préjudice contre la croyance catholique. On a eu très-grand tort d'attribuer le stercoranisme à Nicélas, à Amalaire, à Rabau- Maur, à Héribalde, à llalramnc, etc., et quand il serait vrai que tous se sont mal défendus, il ne s'ensuivrait encore rien. 11 aurait été mieux de ne point appliquer à la sainte eucharistie des notions de physique ou de métaphysique très-obscures, très-incertaines, et qui ne pouvaient servir qu'à embrouiller la question ; il aurait été mieux de ne pas entreprendre d'expliquer par ces notions fautives un mystère essentiellement inexplicable. .Mais l'affectation des protestants de ramener ces dispûtes sur la scène ne prouve que leur malignité. Il a fallu que Basnage s'aveuglât au grand jour pour affirmer, dans le tiire du chap. 6, que VEglise grecque ancienne et moderne était stercoraniste, puisque les Grecs soutenaient que II réception de l'eucharistie rompt le jeûne. Il avait perdu toute pudeur quand il a osé. attribuer l'origine du stercoranisme à saint Justin, parce que ce Père a dit, Apol. î, it. 06, que l'eucharistie est un aliment duquel notre chair et notre sang sont nourris, et à sain; lrénée, parce qu'il enseigne, adv. flœr., i. v, c. 2, n. 2 et 3, que noire chair cl noire sang sont nourris et augmentés par ce pain et par celte nourriture qui est le corps de Jésus-Christ. Basnage a falsifie ce passage, en mettant qui est appelé le corps de Jésus- Christ. 11 a poussé plus loin la turpitude, en ajoutant queOrigène « été stercoraniste public, puisqu'il a dit que l'aliment consacré par la parole de Dieu et par la prière, dans ce qu'il a de matériel, passe dans le ventre et va au retrait, in Malth., t. n, n. 14; qu'il faut mettre au même rang saint Augustin et l'Eglise d'Afrique, puisque nous lisons ces paroles, Serm. 57, c. 7, n. 7 : « Nous prenons le pain de l'eucharistie, non-seulement afin que notre estomac en soit rempli, mais afin que notre âme en soit nourrie ; » enlin l'Eglise d'Espagne, parce qu'un concile de Tolèlc, au vir siècle, a décidé qu'il ne faut consacrer que de petites hosties pour la com-