‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 150 sur 219 · IRE · texte numérisé non relu

IRE

talion de la doctrine du concile de Trente? Les instances réitérées du clergé pour faire accepter de mémo los règlements de discipline, ne prouvent rien, sinon qu'il désirait la i élormalion do tous les abus.

Il ne sert à rien de dire que quant à la doctrine, elle n'a été reçue que tacitement et implicitement, ci non solennellement ou dans les formes ordinaires. Ce critique se réfute lui-même, eu avouant que, dans toutes les disputes qui se sont élevées en France, l'on a toujours pris pour règle les décisions du concile de Trente; que la profession de foi de Pic IV y a été a lop'éo par Iojs les évoques; que les prélats de ce royaume, soit daus leurs conciles provinciaux ou diocésains , soit dans les assemblées du clergé, ont toujours fait profession de se soumettre à sa doctrine, et que, da..s les oppositions même que les états ou les parlements du royaume ont formées à l'acceptation de ce concile, ils ont toujours déclaré qu'ils embrassaient la foi conlcnue dans ses décrets, ibid., § 27. Est-ce là une acceptation tacite ? Nous voudrions savoir quelle est la forme ordinaire dans laquelle ont été acceptés les articles de foi décidés dans les autres conciles généraux tenus depuis la fondation de la monarchie, et s'ils ont eu besoin de lettres patentes du roi , enregistrées dans les cours souveraines.

Le Coa rayer pousse plus loin la témérité, en ajoutant qu'à l'égard même de la doctrine, le concile avait peul-êlre autant besoin de modifications qu'à l'égard des décrets de discipline : il tenait le langage des protestants; aussi Mosheim et son traducteur ont-ils cité ce discours avec éloge, Bist. Ecclés., xvi* siècle, sect. 3, i" part., chap. 1, § 23, et en général les protestants voudraient persuader que le concile de Trente n'a été reçu en France, ni quant au dogme ni quant à la discipline.

Ainsi le prétendait Leibnitz dans un mémoire qu'il dressa sur les moyens de réunir les catholiques aux prolestants ; il aurait voulu que pour préliminaire l'on commençât par regarder ce concile comme non avenu. Bossuet réfuta ce mémoire avec la force ordinaire de son raisonnement ; il pose d'abord les principes fondamentaux de la croyance calho.ique louchant l'infaillibilité de l'Eglise en matière de foi; il fait voir qu'elle énonce sa foi par l'organe de ses pasteurs, et que leur consentement unanime dans la doctrine n'a pas moins d'auto: ité lorsqu'ils sont dispersés que lorsqu'ils sont assemblés. 11 prouve que ce consentement des évoques est unanime dans toute l'Eglise catholique louchant l'œcuménicilé du concile de Trente et touchant l'autorité infaillible de ses décisions en matière de foi ; qu'il n'y eut jamais de doute sur ce point eu France, non plus qu'ailleurs. 11 eu conclut que mellre en question si l'on recevra ce concile, ou si on ne le recevra pas, c'est vouloir délibérer pour savoir si l'on sera catholique ou si l'un sera hérétique. Voyez V Esprit de Leibnitz, t. II, p. 65 et suiv.

Dlf.T. RE TilÉOL. POGUATIQL'B. IV,

Après ces vérités incontestables, peu Importe de savoir la manière dont le concile a été reçu dans les autres pays catholiques. Nos adversaires avouent qu'en Italie , en Allemagne et en Pologne, il l'a été sans réserve; que dans les états du roi d'Espagne il a été reçu sans préjudice des droits et de* prérogatives de ce monarque : or, un des droits du roi catholique n'est certainement pas de rejeter les décisions de foi d'un concile général. On sail que le clergé de Hongrie est dans les mêmes principes et suit le» mêmes maximes que le clergé de France; il n'csl donc pas étonnant qu'il ait gardé la même conduite. De tout cela il résulte qu'aucun concile général n'a élé reçu plus aulhentiquemeut ni plus solennellement , quant à la doctrine, dans toute l'Eglise catholique, que le concile de Trente; les prolestants n'y ont opposé aucune objection qui ne puisse être tournée contre tous les autres couciles. Lorsqu'on 1619 les arminiens les alléguèrent contre le synode de Dordrechl, qui les avait condamnés, les calvinistes n'en tinrent aucun compte, et traitèrent ces sectaires comme des rebelles Yoy. Arminiens.

I TRÉPASSÉS. Voy. Morts.

* TRÉSOK DES SATISFACTIONS SB Jésus-Christ et des saints. Il est de foi qu'il y a un trésor des mérites de Jésus— Christ. En est-il de même du trésor des mérites des saints? Vcron répond ainsi à celle question : < Ce n'est point article de foi catholique qu'il y ait un tel trésor en l'Eglise ; ni pai taul, connue je. dirai peu après, que le* indulgences se donnent par la distribution de ce trésor. Je le montra par notre rè^le générale; car le concile de Trente, sess. 23, qui est des indulgences, ni aucun autre universel ne nous prop >se celle doctrine. Il est vrai qu'elle est contenue dans la bulle Unigenitus, de Clément VI, De pœnit. et remiss. Mais 1° elle n'est contenue que dans son dispositif; 2° le pape ne produit rien que son opinion particulière ; 3° il n'écrit là qu'à un particulier, et ne propose rien à croire à toute l'Eglise; V bref, la définition d'un pape ne suffit pas pour faire un article de foi catholique. Revoyez sur tout cela nos règles générales, ci-dessus, pag. 27, 29, 50, n. 7, 10 et 12. Ma seconde preuve est prise de ce que j'ai dit; car puisque ce n'est pas article de foi qu'un juste puisse satisfaire pour la peine des péchés d'autrui, soit vivant, soit trépassé, ce trésor ne peut plus être article de foi ; la troisième, Su irez, tome IV, disp. Si, qui est de ce trésor, rapporte en sa sert. 2 : Entre les théologiens, oile Mayron, Durand a nié ce trésor de l'Eglise composé îles mérites ou satisfactions des saints; et il en rapporte deux raisons : la première e>t la nié ne avec la raison de Mayron, parce que les œuvres des justes sont rémunérées condigneineot en la propre personne des saints ; la seconde, ceux-ci n'ont point de mérite qui leur soit superflu; car tous leur sont utiles et elficaces pour quelque récompense; il ne reste donc plus aucun mérite des saints pour être mis en ce trésor; cl plus bus : Quelques-uns ont dit (comme nous avons vu ci-tlessus, tiaitanl des suffrages) que les œuvres, quant à la vertu de satisfaire, sont tellement propres du juste même oui opère ou endure, que nul juste, excepté Jésus-Christ, ne peut les donner sous celle raison à autrui, ou payer pour autiui, ou satisfaire. Selon laquelle ôpiiiiuu il faut dire conséquemmenl que le trésor de I Lglise n'est pas composé des satisfactions des saints, et que rien d'elles n'es' appliqué par les in»

tf;e

TRI

tiulgences pour paiement des délies temporelles. Il est vrai que Snarez, là même, enseigne que la commune sentence des théologiens reconnaît ce trésor, non-seulement des mérites, mais aussi des satisfactions des sainis, dispensé par les indulgences, elc. Ft il le prouve fort au long en la susdite sect. 2. Mai's ce qu'il ajoute esi remarquable au nom de ceux qui nient ce trésor : J'avertis qu'ils ne nient pas que les œuvres des justes demeurent en quelque façon dans le trésor de l'Eglise, quant à la force d'impétrer et mériter pour nous de congruilé quelques biens. Mais qui niera ce trésor eu ce sens? Nos séparés même ne nieront pas ce trésor ainsi entendu : présupposé ce que j'ai remarqué ci-dessus, §111, page 36, n. 1, que quelques théologiens ne sont pas d'avis d'user de ces termes de ménle de congruilé, ni partant de satisfaction de congruilé, ni même pour soi; beaucoup plus seront ils d'avis qu'on n'use pas rie semblables termes de mérite ou satisfaction de congruilé pour attirai ; et j'ai dit que ce n'est pas article de foi rju'oo puisse mériter pour autrui, ni nièii'Ç par congruilé, ni au^si satisfaire, ce que j'ai démontré. Au fond donc ce trésor, selon l'avis de ces théologiens, rapporté par Suarez, des mérites ei satisfactions des saints, ne sera rien autre, sinon que leur bonne vie et bonnes œuvres ont la force d'inipétrer de Dieu pour nous plusieurs biens, et que la bonté divine communique plusieurs laveurs aux vivants à leur considération. Nos séparés ne nient pas cela, ni la communication de tel trésor : aussi esi-il clairement en l'tëcrilure en mille lieux. Gen. xxvi, 24, Dieu dit à Jacob : Je le bénirai à cause d'Abraham mon serviteur. Ils admettent aussi l'huercession des saints au ciel, et que Dieu par elle nous l'ail plusieurs grâces. C'est, en effet, admeilre cetré- >or des œuvres saintes des (idèles morts expliqué Connue ci-dessus.

Page 1