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piccards, béguins, frères et sœurs de l'esprit libre, pauvres frères adamites, etc. Voy. Du Cange, au mot Tirlupini.
TYPA9E, ville d'Afrique, devenue célèbre dans l'histoire ecclésiastique par un miracle qui y arriva l'an V8V. Hunéric, roi des Vandales, arien décidé, tyran très-cruel, et qui était pour lors maître des côtes d'Afrique, exerça une persécution sanglante contre les catholiques qui refusèrent d'abjurer leur foi ; il poussa la barbarie jusqu'à faire couper la langue à plusieurs, parce qu'ils persévéraient à confesser la divinité de Jésus-Christ. Six autours contemporains rapportent que ces confesseurs, quoique ainsi mutilés, continuèrent de parler aussi distinctement et aussi librement qu'auparavant, qu'ils se retirèrent à Constantinople, où l'empereur Zenon et toute sa cour furent témoins de ce prodige. Il est attesté par Victor, évêque de Vite, dans son Hist. de la persécution des Vandales, 1. v ; par l'empereur Justinien , troisième successeur de Zenon, dans le code de ses lois, 1. i , tit. 27 ; par Enée de Gaze, dans son dialogue intitulé Théophraste ; par Procope , dans VHisl. de la guerre des Vandales, 1. i, c. vm : par le comte Marcellin, et par Victor, évoque de Tunone, dans leurs chroniques. De ces six auteurs, quatre se donnent pour témoins oculaires et déposent de ce qu'ils ont vu. Leurs témoignages sont rapportés dans une dissertation publiée sur ce sujet à Paris, en 176G.
Malgré la répugnance qu'ont les protestants à croire les miracles opérés dans l'Eglise catholique, Abadie, Dodwel, le traducteur de Mosheim, et deux autres Anglais qu'il cite, reconnaissent que celui-ci est incontestable. Il a cependant été attaqué par quelques incrédules d'Angleterre. Les uns ont révoqué en doute l'authenticité des témoignages de ceux qui le rapportent ; ils ont dit que, suivant toute apparence, on n'arracha pas entièrement la langue aux prétendus miraculés, qu'il leur en resta une partie suffisante pour pouvoir parler. Ils ont cité deux exemples tirés des mémoires de l'Académie des sciences de Paris , où il est fait mention de deux personnes qui n'avaient plus de langue , et ne laissaient pas de parler. D'autres ont soutenu que le dogme nié par les arien9 n'était pas assez important pour que Dieu voulût le confirmer par des miracles ; que pour savoir la vérité, il ne fallait consulter que l'Ecriture sainte. Ces objections frivoles ont paru assez fortes à Mosheim, pour lui faire conclure qu'il est difficile de décider si ce fait fut naturel ou miraculeux, Hist. ecclés., ve siècle, 11e part., c. 5, § k, note (h).
Il résulte seulement de là, qu'en fait de miracle aucun témoignage , aucune preuve ne peut convaincre ceux qui ont quelque intérêt à les contester, qu'il suffit qu'un seul incrédule ait hasardé un doute ou une objection quelconque, pour que tous les autres •se croient fondés à le nier. Ce procédé est-il 'raisonnable ? 1* Si le nombre de si ; lémoins tous instruits et respectables par leur rang,
n'est pas suffisant pour constater un fait historique, nous demandons combien il en faudrait pour vaincre le pyirhonisuie de nos adversaires. Ceux que nous alléguons n'ont pas pu se concerter; les uns ont écrit en Afrique, les autres à Constantinople, les autres ailleurs : aucun n'a pu être assez impudent pour citer un fait fabuleux ou incertain, comme ui\ événement public, connu de toute la ville de Constantinople et de presque tout l'empire. L'auteur de la dissertation dont nous avons parlé a discuté l'un après l'autre les témoignages qu'il rapporte ; il a fait voir qu'aucune raison de critique ne peut en affaiblir l'authenticité , qu'ils sont uniformes sur la substance du fait, quoiqu'il y ait quelque variété dans les circonstances ; que la manière simple et positive dont ces auteurs s'énoncent ne laisse aucun doute sur leur sincérité et sur leur attention à examiner le fait dont il s'agit. 2* Quatre de ces témoins, en particulier l'empereur Justinien , disent qu'ils l'ont vérifié de leurs propres yeux , qu'ils ont fait ouvrir la bouche aux miraculés, et qu'ils ont vu qu'on leur avait coupé ou arraché la langue jusqu'à la racine. Ce n'est donc pas le cas de soupçonner que cette opération cruelle avait été mal faite, et qu'il leur restait encore une partie de l'organe de la parole. 3° Les deux exemples, tirés des Mémoires de l'Académie des sciences, et quelques autres que l'on peut citer, ne détruisent point le surnaturel du fait que nous examinons. II a été vérifié que dans la bouche de ceux qui parlaient sans langue, il restait du moins une légère partie de cet organe, ou qu'il s'y était formé une excroissance qui en tenait lieu; l'on avoue encore qu'ils ne parlaient ni aussi distinctement ni aussi librement que ceux qui ont une langue, qu'ils n'étaient parvenus à pouvoir articuler des sons que par de longs efforts. Au contraire, les miraculés de Typase , incontinent après avoir souffert une extirpation entière et cruelle de la langue, continuèrent de parler comme ils avaient fait auparavant ; nous soutenons que le fait, revêtu de ces circonstances , est évidemment miraculeux, et qu'il n'est aucun naturaliste sensé qui ose en disconvenir. k° Ce n'est ni à nos adversaires ni à nous de décider en quels cas ni pour quelles raisons Dieu doit ou ne doit pas faire des miracles ; c'est à lui seul d'en juger, et il est absurde de prétendre qu'il n'en a dû faire que pour convertir des juifs ou des païens, et non pour confirmer la foi des fidèles ou pour confondre l'incrédulité des hérétiques. Il est faux que le dogme nié par les ariens ne fût pas assez important pour que Dieu daignât le confirmer par un trait surnaturel de sa puissance. Aux mois Aiuamsme et Trinitk, nous avons fait voir que cette vérité est l'article fondamental du christianisme ; que les sociniens , dès qu'ils ont refus.' de l'admettre, ont été forcés, par une chaîne de conséquences inévitables, de, réduire, leur religion à un pur déisme. Une autre absurdité est de dire que, pour connaître la vérité ou la fausseté de ce dogme, il faut
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