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lui bâiir un temple. Bayle, Barbe vrac, de
Jaucourt et d'autres ont insisté A l'cnvi sur ce trait d'histoire .soit pour montrer los excès auxquels le zèle de religion est capable de se porter, soit pour relever la fausse morale d'un Père de l'Eglise, qui a cru que le zèle suffisait pour légitimer une action injuste, telle que le refus de réparer le dommage que l'on a causé. La brièveté du récit de Théodoret nous fait assez voir qu'il était mal informé de la nature et des circonstances du fait ; s'il avait été mieux instruit, il aurait molhé tout autrement son avis. Assémani, Biblioth. orient., tom. I, p. 183, et tom. III , p. 371 , nous apprend , sur le témoignage des historiens orientaux, que ce ne fut point Abdas qui fit détruire ce pyrée des Perses, que ce fut un prêtre de son clergé, sous prétexte que cet édifice, conligu à l'église des chrétiens, les incommodait dans le service di > in. La question est donc de savoir si l'évèque devait être responsable de l'action d'un de ses prêtres, et eu réparer le dommage. Nous pré-umous qu'il ne le devait pas ; que s'il l'avait fait , dans les circonstances où il se trouvait, les mages auraient malicieusement représenté sa conduite comme une apostasie, et que c'est ce que Théodoret a voulu faire entendre. Assémani soutient encore qu'il est faux que celte persécution , qui arriva sur la fin du règne d'Isdegerde, ail duré longtemps; elle fut promplcment assoupie. Elle recommença sous le règne de Varane son successeur, non pour punir aucun délit des chrétiens, mais parce que la guerre se ralluma entre les Romains et les Perses. Dans cette circonstance les mages ne manquaient jamais de peindre au roi les chrétiens comme des sujets suspects, livrés aux Romains par inclination, et <lont il fallait se défier : telle fut toujours la vraie causedes persécutionsqu'ils essuyèrent de la part des rois de Perse. Cela esl si vrai que , quand les nesloriens ei les eutychiens curent été bannis par les empereurs, ils furent accueillis par les Perses, parce qu'on les regarda comme de? ennemis de l'empire. Aussi Mosheim, mieux instruit de ces faits que les autres prolestants , n'a pas déclamé avec autant d'indécence qu'eux contre la conduite d'Abdas.
Rarbeyrsc a cité en second lieu l'exemple de Marc d'Aréthuse, qui , sous le règne de Julien, refusa de rebâtir un temple de païens qu'il avait fait démolir sous le règne de Constance. Comme cet évèque y avail été autorisé par l'empereur, avant de le condamner, il faut faire voir que Julien avait plus de droit de faire rebâtir ce temple que Constance n'en avait eu de le faire démolir. Julien fut d'autant plus criminel d'abandonner Marc à la fureur des païens d'Aréthuse, que cet é\èque lui avail sauvé la rie dans son enfance. Quand ces sortes de faits seraient cent fois plus graves et eu plus grand nombre, sérail- ce assez pour prouver que le xèle de religion est une des passions les plus fatales au genre humain ? Comparez, déclamaleurs impudents, comparez ces délits de
quelques particuliers, avec l.-s heureux effets que le zèle des chrétiens a opérés dans le monde entier, qui subsistent encore depuis dix-sepl cents ans, et dont vous jouissez vous-mêmes : comparez l'étal actuel des nations chrétiennes avec celui des peuples infidèles qui n'ont pas voulu recevoir l'Évangile ou qui y ont renoncé ; comparez enfin trois cents ans de persécutions cruelles, pendant lesquelles les chrétiens se sont laissé égorger paisiblement, avec ces instants d'un faux zèle dont un très-petit nombre ont été saisis , et osez encore exagérer les maux qu'ils onl produits. Mais les incrédules ne sont pas assez raisonnables pour faire aucune comparaison: ils ne cesseront jamais de répéter les mêmes invectives; heureusement elles se réfutent par elles-mêmes ; ils n'oseraient pas se les permettre, si le zèle de religion était en général aussi fougueux qu'ils le prétendent.
• ZODIAQUES. — Pendant l'expédition do Bonaparte en Egyple, les savants qui l'avaient accompagne dans sa grande expédition trouvèrent plusieurs zodiaques qui excitèrent vivement l'attention. On en trouva deux à Esnch, l'un du plus grand, et l'autre du plus petit de ses temples. Ces deux zodiaques, avec le zodiaque rectangulaire de Dende.rah, sont les seuls qui méritent une attention particulière ; le planisphère circulaire devra partager le sort du Zodiaque peini dans le luèine temple. On n'eui pas plutôt publié des gravures de ces monuments, que l'Europe, et particulièrement la Erance, furent inondées de mémoires et de dissertations qui en discutaient l'antiquité. 11 fut généralement posé en principe qu'ils représentaient l'état du ciel à l'époque où ils avaient été formés, et où les édifices qu'ds ornaient avaient été élevés. Quelques savants y apercevaient le point où les colures des solstices coupaient l'éeliptique à celle époque , et, avec Burckhardl, attribuaient au grand zodiaque d'Esneh l'effrayante antiquité de sept mille, et à ce'ui de Denderah, celle de quatre mille ans; mais Du puis, en partant des mêmes prémisses, restreignait à trois mille cinq cent soixante-deux celle de ce dernier (a). D'autres prétendirent qu'ils représentaient l'état du ciel au commencement de la période soihique, ei, comme sir W. Drummond, assignaient à celui do Denderah treize cent vingt-deux (b), et à celui du grand (empled'Esueh, deux mille huit cents ans avant notre ère (e). Une troisième classe enfin y vit le lever héliaque de Sirius à une époque donnée, et conclut, avec Fourier, que les zodiaques d'Esneh dataient de deux mille cinq cents, et celui de Deudeiahde deux mille ans avant Jésus Christ {<() ; ou Lien, avec Nouet, que le dernier était de deux mille cinq cents, et le (dus grand des deux premiers, de quatre mille six cents ans antérieur à celle ère (e). Je n'ai pas besoin de vous fatiguer plus longtemps par rémunération de pareils systèmes. La même hase conduisit les divers philosophes q ii s'en occupèrent à des conclusions opposées ; et c'est ainsi que l'erreur se tralnl elle-même par la variété caractéristique de ses couleurs.
Dès le déhui de la discussion, il y eut um\ classe d'investigateurs qui usèrent proposer d'examiner, non plus d'après les principes astronomiques, mais
{a) Voyez Covler.
b) Mémoire sur l'aiiliquié des Zodiaques de Dendruh n d'Esneh. Loud., 1821, p. 1H.
(c; Ibid., p. 89.
((/) Voyez Guigniatil, p. 919.
(e) Recherches i-vuvelle» de Volnnj, m* partie. Paris 1*11, p. 356.
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d'après des principes archéologiques , l'a'armante antiquité accordée à ces curieux monuments; de ce nombre furent le vénérable et savant monsignor Testa, et le fameux antiquaire Visconti {a). Le dernier remarqua, en particulier, que le temple de Denderah, quoique d'architecture égyptienne, portait des marques caraclérisliquesqui ne pouvaient remonter au delà des Ptolémées, et que des inscriptions grecques, qui s'y trouvaient, avaient trait à un des Césars, qui, à son avis, devait être Auguste ou Tibère. Ce raisonnement cependant resta sans crédit pendant vingt ans, et les explications astronomiques furent seules admises. M. Bankes, durant sou voyage en Egypte, lit de celle intéressante recherche l'objet d'une profond? attention ; et, dans une lettre à M. David Daillie, il Ici fit part des raisons qui le fondaient à croit e que ces temples ne remontaient pas à une plus liante antiquité que les règnes d'Adrien et d'Antonio le Pieux (b). Il remarqua que, tandis que les chapiteaux des plus ànc'ennes colonnes de Thèbes ne se composaient que d'une simple campanille, supposée par un fût polygone ou cannelé, ceux d'hsneh et de Denderah sont laborieusement enrichis de feuillages et de fruits. Bien plus, les hiéroglyphes qu'on voit sur les colonnes ne sont certainement pas égyptiens, puisque M. Bankes y a trouvé une inscription indiquant qu'ils y avaient été tracés sous le règne d'Anlonin (c). Cependant les arguments archéologiques en faveur de la construction moderne de ces monuments ont reçu, de la plume de M. Letronnc, leur entier développement. Ce savant érudila puisé, dans les publications et les rapports des voyageurs, tous les renseignements nécessaires sur l'architecture de ces temples, et a expliqué les inscriptions qu'ils portaient encore. MAI. Huyot et Gau lui fournirent des particularités intéressantes sur le premier sujet, l'architecture. Entre autres laits, ils démontrèrent, d'après le style et le» couleurs employé s, que le portique du petit temple d'Esneh, où le Zodiaque est peint, est de même date que le temple lui môme. Or une inscription, la même probablement dont parle M. Bankes, fut copiée par ces artistes sur une colonne du temple. Celte inscription porte que deux Egyptiens firent exécuter ces peintures la dixième année du règne d'Anlonin, la cent quarante-septième après Jésus-Christ (d). Telle est donc la date du petit zodiaque d'Esneh, auquel 0:1 avait assigné une antiquité de deux à trois mille ans avant l'ère chrétienne! Le temple de Denderah a partagé le même sort : une inscription grecque qui se trouve sur son portique, et à laquelle on n'avait pas fait attention, déclare qu'il était dédié au salut de Tibère (<?). Tandis que M. Letronne était ainsi occupé à examiner les inscriptions grecques dont étaient chargés ces prétendus restes de la plus haute antiquité, M. Champollion mettait la dernière main a son alphabet hiéroglyphique, et il confirma bientôt par Si-s recherches les conclusions de son ami. Il lut aussi sur le parvis du temple de Denderah la légende hiéroglyphique de Tibère (/'). Sur le planisphère circulaire de ce même temple, il déchiffra lés lettres ATKPTP, ou bien, en suppléant les voyelles, aïtokpatqp, litre que prenait Néron sur ses médailles égyptiennes (g).
11 ne reste" plus que le Zodiaque du grand temple
(a) Testa , Sopra due Zodiaci novellamente scoperli mil Eiji.lo. Home. 1802. — Visconti, dans l'Hérodote de Larclier, vol. Il, p. 567 ei seqr/.
(b) Mémoire de sir W . Drummond, p. 56.
(c) liiid., p. 57. — Il s'agit ici, je pense, du temple situé au nord d'Esneh , connu sous le nom de Petit Temple.
(d) liecherches pour servir à l'histoire de l'Egypte pendant la domination des Grecs et des Romains. Paris, 1843, p. 4ofi.
(e) Ibii., p. 180.
(f) Lettre à M Letronne, s ta fin de ses Observations, etc. (y) Lettre à il. Varier, p. 25 , Letronne, p. 38.
d'Esneh, et M. Champollion a fait aussi bon marché de son antiquité et de celle du temple sur lequel il était petit. Lors de son séjour à Naples, en août 18-26, sir William Gell lui communiqua des dessins exacts du Zodiaque d'Esneh, tracés par MM. Wilkinson et Cooper, et il découvrit que ce monument avait été érigé, non comme l'auraient conjecturé les astronomes, sous le règne de quelque Pharaon égyptien, portant un nom barbare, mais sous l'empereur romain Commode (a). Déjà il avait prouvé que les sculptures de ce temple avaient élé exécutées sous le règne de Claude (b).
Ce fut donc avec justice que le ministre de l'intérieur, le vicomte de la Rochefoucauld, dans une lettre adressée au roi de Franee et datée du 15 mai 1820, attribua à M. Champollion le mérite d'avoir, dans l'opinion de tout esprit impartial, décidé le point en litige. « Le suffrage publie, dit-il, des hommes les plus distingués de l'Europe a sanctionné des résultats d ml l'application a déjà été très-utile pour découvrir la vérité en histoire, et pour affermir les saines doctrines littéraires. Car Votre Majesté n'a pas oublié que les découvertes de M. Champollion ont démontré péremptoirement que le Zodiaque de Denderah, qui semblait alarmer la croyance publique, est une œuvre qui remonte seulement au temps où les Romains possédèrent l'Egypte. >
Ou ne devait pas cependant se flalter que la résistance des ennemis du christianisme céJerait entièrement devant ces vigoureuses aitaqces. Trop de science avait été dépensée à soutenir des théories soigneusement élaborées ; on avait exposé avec trop de confiance des systèmes favoris, pour que ceux qui en avaient été les auteurs y renonçassent sans peine, et en certains cas sans résistance !
Difficile est longum subito deponere amorem.
(Catulle, Carm. lxxvi, 13.)
Il était bien démontré, de l'aveu même de nos adversaires, que les temples, et par conséquent les Zodiaques qui y étaient contenus, étaient modernes ; mais ces derniers devaient avoir été copiés sur d'autres d'ancienne date. Ainsi le plan original du Zodiaque circulaire de Denderah deva t avoir été formé sept siècles au moins avant notre ère. Tels furent les moyens de défense mis en avant par feu sir William Drummond, dans son dernier ouvrage (c); mais quand il l'écrivit, il ne pouvait encore avoir eu connaissance de la savante dissertation publiée quelques mois auparavant, dans laquelle M. Letronne a porté le dernier coup à son système, ainsi qu'à tout autre, système qui aurait pour but de défendre l'absurde antiquité des Zodiaques (d).
L'intrépide voyageur Cailliàud, à son retour d'Egypte, apporta, entre autres raretés, une momie découverte à Thèbes, et remarquable par plusieurs particularités. Les deux plus importantes étaient une légende grecque bien détériorée, et un zodiaque qui avait une exacte ressemblance avec celui de Denderah (e). Dans la dissertation dont je viens de parler, M. Letronne entreprend d'expliquer ces deux points, et de les faire concorder avec les représentations zodiacales des temples égyptiens. Il établit l'inscription avec un bonheur qui doit satisfaire le critique le plus pointilleux, et reconnaît que la momie est celle de Péiéméuon, fils de Soler et de Cléopâue, qui mourut à l'âge de vingt, et un ans,
(a) Bulletin univers, ut supra.
(b) Letronne.
(r) Origines ou Jtemarques sur l'origine de plusieurs empires, vol. Il, p 227. Lond., 1823.
\d) Observations critiques et ai chéologiques sur l'objet des représentations zodiacales. Paris, mars 1824. L'éplire d du.aioire, de sir W. I.rutmnond esi datée du 17 septembre tSI2.
(e) Voyage à Mér»é au flâne Blanc, de Paris, 18^3, iu-l'ul, \ôl II, pi. 71.
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quatre mois , vingt-deux Jours , !a dix neuvième aimée de Trajan , le huitième jour de payni , M ie 2 juin de l'ait 1 1 6 île l'ère actuelle (a). Le zodiaque qui se irouxe à l'intérieur de la niche de cette momie, ressemble, comme je l'ai déjà dit, à eelai de Denderaa; il esi, enmme lui, supporté par une ligure monstrueuse de femme q< i a les bras étendus, et il présente les signes du zodiaque sur deux bandes parallèles montant et descendant précisément dans le même ordre, et dans un style de dessin tout pareil. On y découvre même la vache reposant dans un bateau, qui est l'emblème d'Isis ou Sirius. On peut donc affirmer que l'identité des deux repré-euialious zodiacales est pleinement établie. Mais le petit zodiaque offre une particularité : le signe du Capricorne ne se trouve pas dans l'ordre des autres signes; il est placé sur 1a lête de la figure, dans un lieu à part, d'où il semble dominer {b). L'exislence même d'un zodiaque sur la niche d'une momie doit faire mu'tre l'idée qu'il a rapport à la personne embaumée ; en d'autres termes, que c'est un zodiaque astrologique, et non un zodiaque astronomique. Dans ce cas, on peut supposer que le signe, détaché et mis à pari, représente le signe sous lequel celle personne éla'u née, et dont, par conséquent, devait dépendre sa destinée pour tout le cours de sa vie. Il est facile de vérifier cette hypothèse. Nous avons l'âge exact de Pétéménon, ainsi que la date de sa mon; en calculant d'après cela, nous trouvons qu'il était né le H de janvier de l'an 95 de l'ère chrétienne. Ce jmir-là, le soleil se trouvait à peu près aux deux ti rs du Capricorne.
Si au lieu du signe nous préférons la constellation, la conclusion sera la même : car en calculant d'après la table de Delambre, selon la précession annuelle, nous trouvons qu'à l'époque en question, toute la conste laliim était compiise dans le signe, et que, le 12 de janvier, le soleil se trouvait au seizième degré environ de celte constellation (c).
M ne peut d me nous relier aucun doute que le zodiaque ne lût l'expression d'un thème natal ; et l'analogie mms conduirait au même résultat par rapport à celui de Dembrali, quand même la présence des décans, reconnus par ViseonU et expliqués par Champollion, qui a lu aussi bien qu'eux les noms qui leur sont donnés dans Julius Pirmicus, ne nous autoriserait pas déjà à le considérer comme astrologique.
M. Letionne, cependant, ne se contente pas de celle conclusion générale, mais il en ire dans un examen approfondi de IVlrologie des anciens. Celte science, qu, est née ni Egypte, a pissé en Grèce et à Rome, puis elle esi revenue dans s;i mère patrie, ennoblie et consacrée par le patronage des Césars (d). Au moment précis où ces fameux Zodiaques lurent traces, cctl • science , s'il est permis de l'appeler ainsi, avait atteint son zé iih, et planait au-dessus de son sol natal. Manilius et Venins Valens composèrent des Ira. les sur celle prétendue science : l'un sous le règne d'Auguste, et l'autre sous celui de Mirc-Aurèle; mais les nombreuses médailles astrologiques d'Egypte sous I rajan, Adrien et Aulonin, sont des preuves irrécusables de la vogue donl elle jouissait alors dans ce pays (e). C'était aussi le temps des sectes astrologiques, des guosliques, des ophiles et des basilidieng, donl les Abraxus, qui représentaient diverses combinaisons astrologiques, ont été pris se' richement par quelques-uns de ceux qui ont entrepris d'expliquer les Zodiaques, pour des monuments antérieurs de trois mille huit cent soixante-trois ans à l'ère chrétienne (/"). Ce concours de preuves, les da u-s modernes et presque contemporaines de ton*
(a) Pag. 50.
ib) Ibtd , p. 49.
(c) Pag. cT>, bi.
{d) Pag. 58, m.
(C) Pag. 86, 9J.
(fi Ibid., p. 7 Q.
les Zodiaques, le caractère incontestablement astrologique de l'un d'eux, les décatu tracés sur un autre, et, par-dessus tout, l'influence des idées astrologiques à l'époque même à laquelle ont été faits tous les Zodiaques existant en Egypte, ne nous laissent plus aucun lieu de douter que toutes ces représenta lions zodiacales ne soient simplement des restes de la science occulte, et n'expriment que des sujets génétliliaques (a). Quelle perle de talents, de temps et d'érudition la vérité n'a l-elle pas à déplorer, en retraçant l'histoire de celle mémorable controverse! Sur quel éclatant amas de systèmes ruines l'erreur n'a-t-elle pas à gémir '.Systèmes où tout éiait brillant, tout imposant, tout animé de confiance ; mais où tout en même temps était creux, fragile et sans consistance ! Il s'est, il e^l vrai, trouvé des cas où l'on a vu le génie el le savoir d'un antiquaire devenir le jouet d'une fraude plaisante ou maligne ; on en a vu, comme Scrihlerus, rendre à de la rouille moderne le respect et l'hommage réservés à celle de l'antiquité (b ); mais jamais auparavant le monde n'avait vu dans aucun cas mu esprit de vertige s'emparer si complètement d'un aussi grand nombre d'hommes de science et de talent, qu'ils aient attribué des siècles sans nombre d'existence à des monuments comparativement modernes, et que, sans se laisser effrayer par la chute de tant de systèmes,
« Ils lu1 lent encore dans la môme arène où ils ont vu leurs compagnons tomber devant eux, comme les feuilles d'un même arbre. »
(Cuild-Harold, chant iv, 9i.)
Jamais, en effet, l'erreur ne s'est montrée plus parfaitement semblable à l'hydre de la fable. Chaque tete était coupée dès qu'elle apparaissait, mais il s'en élevait aussitôt une nouvelle à sa place, également hardie, el disant de grandes choses. Celte guerre violente a continué pendant plus de vingt ans ; mais comme les préjugés se sont peu à peu dissipés, et que la véritable science a pris de nouvelles forces, les facultés vilales du monstre ont perdu de leur vigueur, et les blessures qu'il a reçues lui ont été plus fatales. Depuis longtemps il a rendu le dernier soupir, les derniers efforts de ses mortelles attaques onl cessé; el, n'existant plus que dans les annales de l'histoire, il ne peut pas plus aujourd'hui inspirer de teneur aux plus simples el aux plus timides, que le squelette décharné, ou que les dépouilles bien conservées de quelque monstre du désert, dans le cabinet des curieux. Toutefois il y a du plaisir à voir le catalogue des noms illustres qui n'ont pas courbé le genou devant celte idole favorite, elje ne ferais que leur rendre justice en les citant. Un écrivain, dans un journal anglais, longtemps après les dernières recherches dont j'ai rendu compte, a eu la hardiesse d'avancer, que c sur le continent (et il parle de la France en particulier), l'antiquité des zodiaques de Denderah a été considérée comme suffisamment é ablie pour prouver que les Egyptiens étaient un peuple savant el initié aux sciences longtemps avant l'époque de laquelle notre croyance fait dater la création de l'homme; » tandis qu'en Angleterre celte opinion non-seulement était rejelée, mais le contraire même avait été démontré pour la première fois par M. lîentley (c). Par un procédé logique, malheuteuscnirni trop commun dans les pages de ce journal, l'écrivain attribue la cause de ce phénomène à la religion des deux pays. * La funeste influence du papisme, dit-il, pousse le philosophe qui cherche la vérité à rejeter touie révélation comme une lourberie inventée par les prêtres; tanfa) Ibid., p. 103, 108
(0) Voyez les Curiosités de Littérature de d'Israéli, 2'sér. 2' édit. Lorul., 182i, vol. III, p. i!l ri suiv. Mais aux exemples niés par d'Israéli on pourrait en ajouter beaucoup d'autres également curieux.
(<■) B iti-yh ernic , avr I 182:'«, p Iô7.
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dis que, dans noire pays libre, l'encouragement donné à un plein et libre evamen des preuves du christianisme en a fait sentir toute la force aux raisonneurs doués de sagacité (a). » Tout ceci a été écrit deux ans après que le dernier ouvrage de Lettonne eui mis fin au débat soulevé à l'occasion des Z"diaqies. Si donc ce critique avait été moins emporté p:ir le désir de lancer des traits contre le calbolicisrne, dans le temps mène qu'il combattait l'impiété, l'ennemi commun, il n'aurait pas manqué assurément de se rappeler les noms, non seulement de Lelronne et de Champollion, mais encore de Lalande, de Viconli, de Paravey, de Delambre, de Testa, de Biot, de Saint-Martin, de Halma et de Cuvier, qui tous ont assigné à ces monuments une date moderne. Or toutes les fois qu'il est question, non de nombres, mais de science astronomique , des noms tels que ceux de Lalande, de Delambre et de Biot peuvent assurément en conlre-batuicer plusieurs autres, et venger les savants frai çais de l'odieuse inculpation si injustement lancée contre eux.
* ZOROASTRE. Voy. Perses.
ZWINGLIENS, secte de protestants, ainsi nommés de Ulric ou Huldriz - Zwingle , leur chef, suisse de nation, né à Zurich. Après avoir pris le bonnet de docteur à Bâle on 1503, et s'être ensuite distingué par ses talents pour la prédication, il fut pourvu d'une cure dans le canton de Claris, et ensuite de la principale cure de la ville de Zurich. Dans le même temps, ou à peu près, que Luther commença de répandre ses erreurs en Allemagne , Zwingle enseigna les mômes opinions contre les indulgences, contre le purgatoire, l'intercession et l'invocation des saints, le sacrifice de la messe, le jeûne, le célibat des prêtres, etc., sans loucher néanmoins au culte extérieur.
C'est une question entre les luthériens et les calvinistes, de savoir si c'est Luther ou Zwingle qui conçut le premier le projet de la rélormalion. Comme celte dispute, nous intéresse fort peu , il nous suffit d'observer que, comme Lulher avait pris ses opinions dans les livres de Wiclef et des hussiles, il n'est pas étonnant que Zwingle ait puisé les siennes dans la même source et se soit fondé sur les mêmes arguments. Que l'un ait commencé à les publier l'an 1516 et l'autre l'an 1517, cela n'importe en rien à la vérité ou à la fausseté de leur doctrine. Une affectation puérile des protestants est de vouloir persuader que celte troupe de prétendus réformateurs, qui parurent tout à coup dans les différentes contrées de l'Europe au xvie siècle, étaient ou autant d'inspirés que Dieu avait illuminés, ou autant de génies supérieurs, qui, par une étude profonde et constante de l'Ecriture sainte, aperçurent à peu près dans le même temps les erreurs, les abus, les désordres dans lesquels l'Eglise romaine était tombée. Mais pour peu que l'on possède l'histoire des xne, xuie, xive et xve siècles, on sait que, pendant cet intervalle, l'Europe n'avait pas cessé d'être infestée par des sectaires qui, tantôt sur un article, tantôt sur l'autre, •avaient employé contre l'Eglise catholique îes mêmes objections, les mêmes abus que
Ifi) Brilisfi crilic, avril 1820, p. 130 et seq.
l'Ecriture sainte, et les mêmes calomnies- Les prétendus réformateurs ne firent que les rassembler, et formèrent leurs systèmes de ces pièces rapportées. Le témoignage seul des protestants suffit pour nous en convaincre. Afin de prouver que leur doctrine n'est pas nouvelle, ils se donnent pour ancêtres les albigeois, les vaudois, les lollards, les wicléfites, les hussites, etc. De quel front veulent-ils, d'au're part, nous peindre leurs fondateurs comme des esprits sublimes qui, par leurs propres lumières, ont découvert toute vérité dans l'Ecriture sainte, et n'o*;t point eu d'autres maîtres que la parole de Dieu ? Dans la réalité, c'étaient de simples copistes et de purs plagiaires. On ne peut voir sans indignation les écrivains prolestants prodiguer le nom de grands hommes à une foule d'aventuriers dont la plupart n'étaient que des prêtres ou des moines apostats, qui avaient secoué le joug de toute règle pour être impunément libertins.
Si du moins ils s'étaient accordés , on pourrait être dupe de leurs prétentions ; mais à peine eurenl-ils rassemblé quelques prosélytes, que chacun d'eux voulul faire bande à pari. Quoique Zwingle convînt en plusieurs points avec Luther, ils étaient cependant opposés sur deux ou trois articles principaux de doctrine. Luther était prédestinateur rigide, il donnait tout à la grâce dans l'affaire du salut, il niait le libre arbitre de l'homme. Zwingle, au contraire, semblait adopter l'erreur des pélagiens, tout accorder au libre arbitre et aux forces de la nature ; il prétendait que Caton , Socrate, Scipion, Sénèque, Hercule même et Thésée, et les autres héros ou sages du paganisme, avaient gagné le ciel par leurs vertus morales. Basnage néanmoins a voulu le justifierj: il prétend que, selon la doctrine formelle de Zwingle, personne ne peut aller à Dieu que par Jésus-Christ, et que la grâce justifiante est absolument nécessaire. H pensait donc que les philosophes pouvaient avoir eu quelque connaissance de Jésus-Christ, comme Melchisédech, les mages et d'autres justes qui étaient hors de l'ancienne alliance; qu'ils pouvaient donc avoir eu une grâce intérieure pour produire les excellents préceptes de morale qu'ils ont enseignés. En cela, continue Basnage, Zwingle pensait comme saint Justin, saint Clément d'Alexandrie et saint Jean Chrysostome. Histoire de l'Eglise, I. xxv, c. h, § 9.
Il y a dans cette apologie deux infidélités grossières. 1° Pour éviter le pélagianisme, ce n'est pas assez d'admettre la nécessité d'une lumière intérieure pour obtenir le salut , il faut encore confesser la nécessité d'une motion surnaturelle dans la volonté, qui l'excite à faire le bien et à correspondre aux lumières de l'entendement. C'est ce que saint Augustin a soutenu contre les pélagiens, et ce que l'Eglise a décidé. Zwingle a-l-il pu sans impiété soutenir que des païens, morts dans la profession de l'idolâtrie, oui reçu le mouvement du Saint-Esprit el ont eu la grâce jusliûaulc? 2 Plusieurs
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Pères ont pensé, à la vérité, que Socrate et quelques autres païens ont eu quelque connaissance du Verbe divin, qui est la raison souveraine, et qu'ils oui ele en quelque manière chrétiens à cet égard ; mais ils n'ont jamais rêvé, comme Zwingle, que celte connaissance a sufii pour les conduire au salut, qu'ils oat eu la grâce justifiante et qu'i s sont placés dans le ciel. S'il en était besoin, nous citerions aisément leurs paroles, et l'on y verrait que Basnage a voulu en imposer aux lecteurs peu instruits.
Le second article sur lequel Zwingle n'était pas d'accord avec Luther, était l'Eucharistie. Le premier prétendait que, dans ce sacrement , le pain et ta vin n'elai ni qu'une ligure ou une simple représentation du corps cl du sang de Jesus-Christ ; au lieu que Luther admettait la présence réelle, quoiqu'il rejetât la transsubstantiation. Zwingle disait que le sens figuré de ces paroles, ceci est mon corps, lui avait été révélé par un génie blanc ou noir; il confirmait celle explication par ces autres paroles, l'agneau est la pâque, dans lesquelles le verbe esi équivaut à signifie. Il paraît que le génie blanc ou noir de Zwingle n'était pas un grand docteur; le vrai sens n'est point que l'agneau est le signe ou la représentation de la pâque, ou du passage, mais qu'il est la victime de la pâque, ou du passage du Seigneur; le texte même l'explique ainsi, Exod., c. xu, v. 27. D'ailleurs la circonstance dans laqui-lle Jésus-Christ prononça ces paroles, ceci est mon corps, exclut évidemment le sens figuré. Voy. Eucharistie.
Vainement, l'an 1529, Luther et Mélanchthon d'un côté, OEcolampade et Zwingle de l'autre, s'assemblèrent à Marpourg afin de conférer sur leurs opinions el de tâcher de se rapprocher; ils ne purent convenir de rien, ils se séparèrent sans avoir rien conclu, el fort mécontents l'un de l'autre. La rupture entière entre les deux partis se fit en 15H et dure encore ; toutes les tenlatives que l'on a faites depuis pour les réconcilier n'ont abouti à rien. Cet esprit de discorde ne ressemble guère à celui des apôlres. Aucun de ces envoyés de Jésus-Christ n'a dressé un symbole particulier de croyance, n'a établi un culte extérieur d fièrent de celui des autres, ni un plan particulier de gouvernement, n'a fait schisme avec ses collègues ; ce que saint Paul avait prescrit a été observé dans toutes les Eglises apostoliques. Il reprit vivement les Corinthiens d'une légère dispute survenue entre eux; il voulait que ions ne fussent qu'un cœur el qu'une âme, / Cor.,c. i, v. 10. Dieu, dit-il, nesl pas le Dieu de la dissension, mais de la paix, comme je t'enseigne dam toutes les Eglises des saints, cap. xiv, v. :J.{. Le royaume de Dieu consiste dans la paix et la joie du Saint Esprit: recherchons donc tout ce qui contribue à la paix Rom. xiv, 17). Dieu a donné à son Eglise des pasteurs et des docteurs... afin que ntus parvenions tous à l'unité de la fui... et que nous ne soyons pas flo'tants el emportés à tout vent de doctrine comme des enfants
KEphes. iv, 11). L'A poire met au rang desœuvres de la chair les haines, les disputes, les jalousies, les emportements, les i!is-cnsions, les sectes, Gulat., c. v, v. 19 et 20, etc. D'où l'on doit conclure que les fondateurs de la réforme n'ont été rien moins que des docteurs et des pasteurs donnés de Dieu, et qu'en eux la chair agissait beaucoup plus que l'esprit. En effet, parmi eux, c'était à qui l'emporterait sur ses collègues, ferait prévaloir ses opinions, se formerai; le parti le plus nombreux, prescrirait le plus irapé-, Pieusement ce qu'il fallait croire, pratiquer ou rejeter. Lorsqu'il ne pouvait pas dominer par la persuasion, il faisait tout régler par l'autorité des magistrats. Telle fut en particulier la conduite de Zwingle; Calvin fil de même, pendant que Luther s'appuyait de la protection des princes de l'empire. Les prétendues Eglises qu'ils formèrent ressemblaient moins à des sociétés de saints qu'à des synagogues de Satan.
11 eu arriva précisément ce que saint Paul voulait éviter; tous se laissèrent emporter â tout vent de doctrine, le hasard seul décida de celle qui serait enfin suivie. En Allemagne, Luther avait enseigné d'abord des décrets absolus de prédestination el l'anéantissement du libre arbitre de l'homme; Zwingle professait en Suisse la doctrine toute contraire ; le premier tenait pour le sens littéral de ces paroles, ceci est mon corps, le second pour le sens figuré; Luther et .uélanchthon auraient voulu conserver quelques cérémonies, Zwingle et Calvin n'en souffrirent aucune, ils décidèrent que toutes étaient superstitieuses. Après la mort de Luther, Mélanchhon et d'autres adoucirent sa doctrine touchant le libre arbitre et la prédestination, ils admirent la coopération de la vol >nlé de l'h mime avec la grâce; bientôt les décrets absolus cessèrent d'éLre enseignés parmi les luthériens. Au contraire, après la mort de Zwingle, Calvin professa ces décrets d'une manière encore plus révoltante que Luther. Les zwingliens , après avoir d'abord témoigné de l'horreur pour cette doctrine, l'embrassèrent â la fin ; elle a dominé dans les églises réformées de la Suisse presque jusqu'à nos jours , puisqu'elles adoptèrent généralement des déere s du synode de Dordrccht. Enfin, le socinianisme qui s'y est glissé y a remis en honneur le pélagianistne de Zwingle. — 11 na sert à rien de dire que ces variations, ces incertitudes, ces disputes sur la doctrine, ne roulaieni point sur des articles fondamentaux. En premier lieu, saint Paul n'a point distingue entre les articles de foi, lorsq Vil a exigeentre les fi lèies l'unité de la foi, el qu'il a condamné sans exception les disputes, les dissensions et les sectes. En second lieu, nous soutenons que les décrets absolus de prédestination enseignés par Calvin, sont une erreur fondamentale; il s'ensuit de ces décrets que Dieu C:>t directement el formellement la cause du péché, qu'il y pousse positivement les hommes, dans le dessein de les damner ensutie : blasphème
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horrible s'il en fut jamais. On a beau nier cette conséquence, elle saute aux yeux ; une erreur ne s'efface point par tics contradictions. En troisième lieu, les calvinistes n'ont pas cessé de répéter que la croyance des catholiques touchant l'Eucharistie est une erreur fondamentale, qu'elle les entraîne dans l'idolâtrie, que cet article seul a été un juste sujet de schisme et de séparalion d'avec l'Eglise romaine. D'autre pari ils ont soutenu constamment avec les luthériens, que si l'on admet la présence réelle, on est forcé d'admettre aussi la transsubstantiation et toutes les conséquences qu'en tirent les catholiques. Cependant les calvinistes auraient consenti à tolérer cette erreur prétendue chez les luthériens, si ceux-ci avaient voulu fraterniser avec eux, tant il y a d'inconséquence dans .leur système et dans leur conduite.
Quelques auteurs ont écrit que, de tous les prolestants, les zwingliens ont été les plus tolérants, puisqu'ils se sont unis avec les calvinistes à Genève, et avec les luthériens en Pologne, l'an 1577. Rien n'est moins juste que celle observation. Il est d'abord certain que ces sectaires n'ont pas reçu de leur fondateur l'esprit de tolérance. Lorsque Zwingle commença de dogmatiser, il ne loucha pas au culte extérieur; mais quelques années après, lorsqu'il se sentit assez fort, il eut avec les catholiques, en présence du sénat de Zurich, une conférence qui fut suivie d'un édit par lequel on retrancha une partie des cérémonies de l'Eglise ; on détruisit ensuite les images, enfin l'on abolit la messe, et l'exercice de la religion catholique fut absolument proscrit. Ainsi, avant de savoir quelle doctrine on suivrait parmi les zwingliens, l'on commençait par détruire l'ancienne religion.
Mosheim, quoique admirateur de Zwingle, avoue dans son Hist. de la Ré formation, sect. 2, c. 2, § 12, que ce novateur employa
plus d'une fois des moyens violents contre ceux qui résistaient à sa doctrine ; que dans les matières ecclésiastiques il attribua aux magistrats une autorité tout à fait incompatible avec l'essence et le génie de la religion. Cela n'empêche pas Mosheim de l'appeler un grand homme, de dire que ses intentions étaient droites et ses desseins louables. Où est donc la droiture d'intention d'un sectaire qui s'attribue dans son parti plus d'autorité que n'en eut jamais chez les catholiques le souverain pontife ni aucun pasteur; qui décide despotiquement de la croyance, du culte religieux et de la discipline; qui donne toute la puissance ecclésiasiique au magistrat civil, parce qu'il est sûr de la diriger à son gré ; qui emploie la violence pour faire adopter ses opinions, et qui meurt les armes à la main en bataille rangée contre les catholiques? Si c'est là un apôtre envoyé du ciel, que l'on nous dise comment sont faits les émissaires de l'enfer. Malheureusement Calvin se conduisit de môme à Genève, et Luther à Wirtemberg. Les trailés d'union entre les zwingliens et les luthériens n'ont été ni solides ni de longue durée; ils n'ont subsisté qu'autant que l'a exigé l'intérêt politique des deux partis. Nous avons parlé plus d'une fois des moyens violents que plusieurs princes luthériens ont employés pour bannir de leurs états les sacramentaires cl leur doctrine. Pierre Martyr, zwingli/n déclaré, appelé en Angleterre par le duc de Sommerset, sous le règne d'Edouard VI, ne sut pas établir la paix entre les divers partisans de la réformation : ses disciples, nommés aujourd'hui presbilériens, puritains, non conformistes, ne sont pas moins ennemis des anglicans que des catholiques. Que l'on dise tout ce que l'on voudra pour excuser cet esprit de division inséparable du protestantisme, il ne fera jamais honneur à aucune des sectes qui en font profession.
FiN DU TOME QUATRIEME ET DERNIER.