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PART. III. THKOLOl.ir: rillI.OI.OG. — DES LANGUES. —PROSPECTUS.
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Je ne connais poinl encore de termes grecs qui aient ce sens, mais on no peut oublier le latin ambio, désirer, rechercher, souhaiter; ni le français, envi, envie, envier, où le b est changé eii v. Celle mémo signification reviendra dans les syllabe an, 31, 3', (hab, chab, jah), etc.
C° Dans le môme sens -X exprime ce qui nous plaît et nous attache, ce qui est bon, agréable, désirable. Ainsi en chaldéen 2X13 (leeb), être bon, doux, agréable, peut être formé de ta augmentatif, et ait, tons (liba) en syriaque, bonté, douceur, plaisir, béatitude', J. 'hébreu a fait par contraction 2r: (lob) bon, bien ; el 2113 (taouab), être bon. On peut supposerai! contraire que 3C est la racine, que axis en a été dérivé par l'addition de l'aspiration au milieu pour allonger la syllabe; et c'est ainsi que nous l'avons envisagé, troisième dissertation, § 2. Ces deux opinions sont indifférentes, parce que IN et 20 sont synonymes.
Le grec infi, mol de tendresse entre frère cl sœur, vient de celle racine par la prononciation que nous avons remarquée dans infûç, art. 2. Ou lil dans quelques ailleurs latins, abo, abare, caresser, témoigner de l'amitié.
7° Par une autre allusion a k° lien, 2X signifie un aulre effet du lien, serrement, gène, incommodité, misère, pauvreté : ces idées sont toujours réunies dans les diverses langues. Le peuple appelle encore un homme qui esl dans le besoin, un homme serré, un homme à l'étroit; angusliœ, chez les Latins, signiliait un lieu étroit, le chagrin et la diselie. On dit aussi d'un homme malade qu'il est arrêté; c'est toujours le même rapport. De la viennent en hébreu ÏP3M (ébiouo), pauvre, misérable, mendiant; '2X (abi), interjection qui marque la douleur ; 2X3 (caab), douleur, tourment ; 2X3, 2X~ (caab, daab), souffrir, être malade ou languissant ; de Jà encore le nom 2Vx (aioub), Job, c'està-dire pauvre ou soutirant.
"aêio,- en grec signilie pauvre, et languissant, comme ebion, en hébreu, et on lit dans quelques auteurs hebco, hebeonis, dans le même sens. Jlebes en approche encore ; hâve en français exprime pâle el languissant, et le moi enfantin bobo signilie mal, douleur.
Celte signification de 2H, contraire aux précédentes, leur est cependant analogue, par rapport à l'idée primitive de lien, idée intermédiaire qui rapproche les deux opposés. Voyez la première dissertation, § 9.
an, signifiant pauvreté, esl encore analogue à 9", ci-après, vide, manquement, défaut; et on pourra faire les mêmes observations sur toutes les racines qui désignent un lien.
8" Dans un sens contraire aux précédents, 2N signilie séparation, sortie, éloignement, uturston; yax dans la version syriaque du psaume xlv, 2, eructavit, [tousser dehors, faire sortir; 2'x (aïb), ennemi ; rB*K (aiba h), inimitié, aversion ; 2M (haïb), X2\~i (liiba) en chaldéen, méchant, qui inspire de l'aversion. C'est la signification de ab en latin, wuns abibo, f^eq, ablego; ytôof, en grec, la-
fuite, V éloignement, yo6i<u, mettre en fuite, ont changé l'aspiration en sifflement. Le français en a substitué un aulre dans gibiet, synonyme a chasse, et giboyer, qui veut dire chasser. Nous verrons à l'art, du S, (pie dans toutes les langues il se met pour les sidlerneuls et les aspirations; 21 dans ce sens s'est conservé aussi simple dans hobtr, vieux mot qui signilie bouger, s'éloigner; ne hobez point delà; ii est for I usité en Picardie.
9° Par relation au précédent, 2X signifie creux, vide, profond. Ce sens esl directement contraire à l'art. 1° élévation, mais il est analogue à séparation et sortie; vider la maison, c'est sortir de la maison. Vid-uiut en latin exprime aussi la privation ; viduus pharetra, dans Horace; voilà pourquoi nrjfts avons dit à l'art. 7°, que ]V2X (ebioun), pauvre, peut se rapporter ici- Il en est de même de X2'2X (abouba), en chaldéen, flûte, tuyau, el ni2X (abolh), vases, bouteilles, tous instruments creux. L'on a eu soin d'avenir, première Dissertation, § 8, qu'un même mot peut se rapportera plusieurs racines. Nous retrouverons ce même sens à 2n el ^x (chab et aph).
Y6 en grec a dû signifier vide, puisque ûe«ç<u, dans Suidas, signifie vomo, vomir; c'est rejeter et se vider; «<? en dorien, signiliait dessous, comme sub en latin; û6- 6«>Xw, pour vnoCcàlo. Or le dessous, le bas, la profondeur, le vide, sont des idées analogues ; on en verra mille exemples.
Bibo en latin, avec la double consonne^ signifie vider, rendre vide; il a le mémo rapport avec 2X, 22 (ib, bib), creux ou vase, que potare avec noire substantif pot, et™*» avec pinte el pinler. Abdomen, le bas-ventre, est composé de ab et dom, deux syllabes qui signifient creux, profond, pléonasme ordinaire. Abbée, en français, est l'ouverlurc par où l'eau passe pour tomber sous la roue d'un moulin. Pipe, mesure creuse ou tuyau, est le même mot que bibo, par la substitution des consonnes de même organe.
10" Par analogie à 8", sortie, 2N signifie ce qui sort de terre, fruit, production en général; 2N, plante, arbre, (leur, germe, herbe, verdure ; 2,3X, (ab.b), un épi sur pied ; {Exod. xiii, k, il signilie le mois du printemps, de la verdure, des premiers fruits; X2N (aba), en syriaque , un fruit; N22n, (habba), une fleur; 22n (abab), en chaldéen, produit du fruit.
"UGn, en grec, la jeunesse, les jeunes gens, tout ce qui est jeune ; il se dit des animaux el des plantes; ù^oç, jeune, tendre ou mûr; n6émt ifi}6ûat, croître, grandir ; |3«C«?w, 6«(a- Caivw, bégayer comme les enfants.
Les mots latins pubcs, pubeo, pubesco, ont changé l'aspiration grecque en consonne labiale analogue au sifflement. Le patois bobe, pelil garçon, a seulement doublé la consonne radicale, et les Allemands disent pueb, comme en latin. Le fiançais babouin et babiole, fait encore allusion aux enfants.
Ce dernier sens de 2niious donne lieu de douter si dans plusieurs noms propres hébreux, ii signifie pater, comme le croient
(OJVREtt COMPLETES DE BERGIER.
les grammairiens. Il n'est pas probable que David ait nommé son troisième fils tamuns, Absalom, paterpacis, mais plutôt filius pacis, ou fructus pacis ; as pourrait môme être seulement particule augmontative, par rapport à l'art. 1°, et Absalom signifierait magna pax
ou de la sécheresse, qui sont les eiïels du feu; c'est le sens de la Vulgate qui a traduit solitudinis, une terre dévastée par la chaleur : as en chaldéen, le mois do juillet, le mois des grandes chaleurs.
Afoç exprime do môme en grec sec ou brûlé; et *oKo? est le soleil et la lumière. On
11° as employé, comme on vient de le lit dans les auteurs latins du moyen âge voir, pour désigner ia verdure, et par ana- ebo, ebonis, le soleil; et de la mômo racine logie la jeunesse et les enfants, a servi con- s'est formé le mot français havir, dessécher séquemm4M a désigner la petitesse, qui est la viande au feu.
le sens opposé à l'art. 1"; et cette o'pposi- 2s, dans ce sens, est encore le mômequo tion est sensible dans «Ç»j, jeunesse, et par ar% "JK, *isr, par le changement ordinaire. conséquent petitesse, com\uiv6 à «Si», cruî- 14° as signifie de l'eau, dans le nom syriaque aw (daïb), fluens, au lieu duquel les Chaldéens disent par contraction an (doub), et les Hébreux aï? (zoub).
Aussi et-Sw en grec exprime de môme fluo ; efgtfwç, fluens ou stillans ; x«t£ÎÇoj, effundo. /Joftêô?, en doublant la consonne, est une rivière de Cilicio, selon Pline. Abus, dans Ptolomée, est un fleuve d'Angleterre, appelé aujourd'hui Humùer. Cette prononciation moderne nous fait comprendre : 1° qu o[j£po;, imber, de la pluie; et hibernus, viennent de ob, ib, comme Humber de Abus; 2° que ces noms do rivières ne sont autre chose que le terme général d'eau, comme il a été dit huitième Dissertation, § 2. Ainsi Aube, rivière de France, ne signifie point alba, et son eau n'est pas plus blanche que celle des autres rivières; mais c'est le même1 nom que Abus.
Uveo, uvesco,. être humide, uvidus, ont changé le b en v. La même chose est arrivée dans hive, ave, ove, noms patois qui désignent de l'eau; dans hiver, hiverner, etc.; l'hiver est le temps pluvieux. (Voy.
fÊfre, devenir grand. Voilà comment les ra Jcines ont reçu insensiblement les deux sens contraires. {Voy. Dissert. 1, § 9.) Celle rdée^ de petitesse se fait surtout sentir dans |3«e«Çco, p«/*6«wj, babouin, qui nous rappellent le bambino des Italiens; et une preuve que ce sens n'est pas le plus ancien, c'est que as ne l'a point dans les langues orientales.
12° as signifie le souffle; c'est la même racine que in et «m (av et aph), qui sont peintures du souffle, comme on l'a vu dans la quatrième Dissertation, § 2, parce quo ces consonnes sont de même organe; as mauvais esprit, devin, homme inspiré par un génie, .magicien; nias (abolh), des soufflets, ou des esprits follets; saïas (abouba), flûte, instrument à vent, peut encore s'y rapporter. Par cette signification l'on explique fort naturellement nas rpas, abolh abah. [Job ix, 26.) Ce n'est point naves desiderii, ni naves pomorum, comme on l'entend ordinairement; mais naves vend, naves afflatœ, des vaisseaux poussés par le vent.
Le grec, en changeant l'aspiration douce Dissert. VI, § 4.) de ob, oub,en sifflement a formé *oï6of, nom Ce changement est le même en hébreu, d'Apollon, le dieu des devins et de la ma- où as, in, =]S, ont le même sens. Ce monogie; yoceâÇeo, yotoawcj, deviner, prédire. 'ÀSàs, syllabe a conservé toute sa simplicité dans àe«î, dans Hésychius, signifient un fol. Or le français ebe, le reflux de la mer, la déce terme fait allusion au souffle ou au vent, crescence du Ilot, et il a été latinisé par comme notre substantif folie est analogue à quelques auteurs qui ont dit ebba. Il peut follis, un soufflet. Par la même analogie encore avoir rapport à 8° et à 9°, éloignement
nous disons une tête pleine de vent, pour une tête folle, et nous appelons esprit follet une exhalaison qui voltige.
On reconnaît aisément Je chaldéen abbouba dans Je terme d'Horace ambubaiœ,
et vide.
L'équivoque du nom as, liqueur^ et as, jeunesse, a fait dire aux mythologues qu'Hébé donnait à boire aux dieux. Hébù est fille de Jupiter et de Junon, c'esi-à-dire que la
des joueuses do flûte. Bombas, en doublant pluie est fille du ciel et de l'air; on coula consonne, est le souffle, ou le son de la çoit cela sans effort.
trompette, et un vent malhonnête. On peut 11 est bon de remarquer que as, eau, li-
rapporler à la même racine le fiançais bibus, queur, est encore analogue à as, profondeur,
terme de mépris; elle a pris un sifflement art. 9°, parce que l'eau ne se trouve quo
plus fort dans fifre, emprunté de l'allemand dans les lieux bas et profonds; ces deux
pfeiff, et on apercevra le même changement
,. , , ,, , as, an, 22,
en confrontant les syllabes ab> chab> nab>
& cR, al»h, hS, ebaft, S q^ ^utes siguident la même chose.
13" as signifie le feu, pau, analogie avec l'article précédent , et avec le suivant; parce que l'air, le feu et l'eau ont été représentés par le souffle. {Voy. Dissert. I, §9.) Ainsi naisSn(thlaoubelh) {Ose. xm, 5) , est entendu par quelques-uns de la chaleur
sens sont presque toujours réunis dans les racines.
Voilà donc quatorze significations attachées à la même syllabe, qui ont enlre elles une liaison évidente et qui reviennent dan» le même ordre, avec les mêmes variétés ue prononciation dans quatre langues. Cetio conformité paraît démontrer le principe sur lequel porte le système que l'on a tâché de développer dans les dissertations précédentes; que les vraies raciues du langage sont monosyllabes; qu'elles sont les mêmes