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Des relations, où l'on traite du non-être et du néant

17. Outre les substances et les modes, il y a des relations. C'est le nom que nous donnons à l'idée que nous acquérons en comparant ensemble deux autres idées.

18. Les relations comprennent les modes qu'on nomme extérieurs et par lesquels on entend ce que nous concevons dans un sujet, quand nous faisons attention à l'action d un autre, comme être aimé, être désiré. Dans ces exemples, il y a une comparaison entre

titOÎJ PART. IV. TH. DOCM. ET M OR. — SECT. I. TH. M OR.— PR1NCIP. DE METAPH. 1270

(li n\ choses, personne ne pouvant être aimé a moins qu'il n'y ait quelqu'un qui l'aime. 1U. Los secondes intentions doivent être nngées dans la môme classe; ce sont des r/.pports énoncés par des mots, qui exprin.ent la manière dont on conçoit la chose même, qu'on rapporte à un autre; comme êire plus grand, être le double, ou. la moitié, etc.

20. Les négations elles privations doivent aussi être mises au nombre des relations.

Les philosophes appellent négation l'absence d'un attribut qui ne saurait se trouver dans un sujet : c'est ainsi que nous nions qu'une pierre pense, ce que nous ne saunons faire sans comparer la pierre avec une .substance qui pense; car sans cette comparaison, il nous est impossible d'apercevoir que l'attribut de penser ne peut convenir à une pierre.

21. La privation est l'absence d'un attribut qui non-seulement peut se trouver, mais se trouve même ordinairement dans le sujet. Un homme sourd est privé de l'ouïe, et nous acquérons cette idée en comparant l'idée d'un homme sourd avec celle d'un homme qui jouit de la faculté d'entendre.

Il v a un nombre infini d'autres relations, parmi lesquelles se trouvent les jugements et les raisonnements, comme on l'a vu dans sa logique.

22. l! suflira d'agiter ici une seule question : savoir, à quelle classe de choses les relations doivent être rapportées.

On ne saurait dire qu'elles ne sont rien; cependant leurs idées ne nous représentent rien hors de nous différent de ces idées : je veux dire que semblables aux notions abstraites, elles n'ont pas un prototype hors de l'àme, comme les idées des substances et des modes. Ainsi les relations n'existent pas comme les substances ni comme les modes; et l'on est fondé à demander s'il faut les mettre dans la classe des êtres. La réponse à cette question dépend de la délinition du terme d'être.

ï\. Si on appelle être tout ce qui est, de quelque façon qu'il soit, c'est-à-dire, si on (Oppose l'être au néant, toutes les relations seront des êtres.

24. Que si on n'admet au nombre des êtres que les substances et les modes, il y aura quelque espèce de milieu entre l'être et le néant. Ce milieu est appelé non-être par ceui qui l'admettent; et ils le distinguent du néant.

25. Il n'y aura pas la moindre difficulté en tout ceci, dès qu'on rapportera toutes les relations au non-être; car, par rapport à l'existence, elles sont toutes de même nature, et la distinction par laquelle on voudrait placer quelques relations parmi les ôlres et quelques autres parmi les non-êtres ne^ saurait avoir de fondement, à moins qu'on ne donne de l'être une définition (put exprime quelques relations, mais qui ne les

comprenne pas toutes. Il ne faut pas disputer des mots, la signification en est arbitraire; mais il faut prendre garde qu'on no rapporte aux choses mêmes une distinction qui ne doit son origine qu'à cette signification arbitraire (\r-<. mots.

2(5. Nous avons dit que les relations n'étaient pas ce qu'on appelle rien (n* 23), ou, comme on s'exprime d'ordinaire, un pur néant. Le néant n'a aucune propriété, et l'on ne saurait nommer tel ce dont on peut affirmer ou nier quelque chose.

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