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Chapitre V

De la société composée qu'on nomme famille, et des devoirs auxquels on est tenu dans celte société.

59. On a observé ci-devant que les sociétés simples peuvent se réunir en sociétés

ture, a excitées à faire du bien Chapitre IV.

De la société domestique, et des devoirs auxquels on est tenu dans cette société.

tique; c'est pourquoi les époux, les pères

et les mères, les maîtres, sont appelés pères

de famille, mères de familles; les enfants de

54. La société domestique , c'est-à-dire l'un et l'autre sexe, fils de famille, filles de

entre les maîtres et les serviteurs n'est pas famille ; et les serviteurs, domestiques.

à la vérité aussi nécessaire par sa nature ' 60. Mais comme plus une société est

que les sociétés plus simples dont on a parlé grande, moins il peut se faire que tous les

dans les deux chapitres précédents; cepen- les membres qui la composent soient d'un

dant elle a subsisté chez les hommes dès les premiers temps. Dans cette société, les serviteurs sont obligés de faire, par leur travail, le profit de leurs maîtres; et réciproquement le maître est obligé de nourrir

même avis, on voit que cette société doit être inégale, et former une espèce de gouvernement, et que le pouvoir de diriger les actions de tous les autres associés vers la fin commune de cette société, doit être con-

ceux-ci, de leur donner quelquefois un cer- féré à l'un d'entre eux. Et comme le père de

tain salaire. Or, comme il est dans l'ordre famille, en tant que mari, a une sorte d'au-

des choses que quelqu'un ait besoin du tra- torité sur sa femme; et en tant que père,

vail d'un autre, et que rien n'empêche que sur ses enfants; et en tant que maître, sur

par ce travail il ne supplée à ce qui lui ses serviteurs, il est évident que le père de

manque, les hommes ont été en droit de stipuler en leur faveur le travail des autres, au moyen d'un salaire; d'où est née entre le maître et le serviteur une société qu'on juge aisément être une société inégale, et une espèce de gouvernement.

famille a droit de diriger la société; mais que la mère de famille, qui partage avec lui sa bonne et mauvaise fortune, est tenue de l'aider de ses soins et de ses conseils.

61. Cette famille est ou indépendante de qui que ce soit, ou s'est réunie à d'autres

35. Ainsi, par maître nous entendons une familles, pour former ce qu'on appelle un

personne qui se sert du travail des autres pour augmenter son profit, et qui s'engage réciproquement à les nourrir et à leur donner de plus un certain salaire. Par conséquent un serviteur est une personne qui est tenue de faire, par son travail, le profit d'une autre personne pour en obtenir des aliments et un salaire.

56. 11 y a deux sortes de servitudes : l'une mercenaire, qui n'a de fondement que le louage; l'autre de sujétion, dont le fondement est la propriété acquise sur les personnes mêmes des esclaves. Nous ne parlons ici que de la servitude mercenaire.

57. Il est aisé de voir quels sont les droits et les devoirs des maîtres, et quels sont ceux des serviteurs. Comme les serviteurs mercenaires ne sont obligés qu'en vertu d'un contrat de louage, il est évident que le maître n'a sur eux d'autre pouvoir que de leur marquer le travail pour lequel ils sont loués, et de les contraindre de le servir le temps convenu. Que si le serviteur ne remplit pas les clauses du louage, le maître est en droit de le priver non-seulement de son salaire, ou d'une partie, mais même de le congédier. De son côté le maître est obligé de nourrir

Etat. Dans le premier cas, elle doit non-seulement acquérir les choses nécessaires à sa conservation et à son entretien, mais encore se défendre contr»e les attaques de ses ennemis. Par conséquent cette famille ressemble à un petit Etat. Dans le second cas, chaque famille se trouvant protégée contre les injustices du dedans par l'autorité des magistrats, et au dehors par les forces de la république, cette société ne peut avoir d'autre fin que d'acquérir les choses nécessaires pour soutenir la famille, et la rendre plus heureuse. Dans le premier cas le père de famille a tous les droits de la souveraineté; et dans le second, il n'a que ceux sans letquels la famille ne pourrait acquérir leà choses nécessaires à la vie, et au bonheur dont elle est susceptible.

62. Mais comme dans les sociétés composées, l'avantage des sociétés simples ne doit point être contraire à la fin des sociétés plus grandes, il s'ensuit que les sociétés conjugale, paternelle et domestique ne doivent apporter aucun obstacle à l'utilité de la famille entière. Il y a des devoirs réciproques entre le père et la mère de famille; il y en a dont ils sont tenus envers les autres mera-

137? PART. IV. 111. DOGM. ET MOU. bres do la famille,

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