La dureté des pères et mères, qui se
enfants; ils découlent naturellement de la fin de cette société, qui est l'éducation.
41. Comme les pères et mères ne peuvent avoir pour leurs enfants qu'un amour de bienveillance, et que cet amour consiste à se complaire dans le bonheur d'un être inférieur, à conserver ce bonheur, à l'augmenter autant qu'il est possible, les pères et mères sont tenus non-seulement de conserver leurs enfants, mais de faire tout ce qui dépend d'eux pour les rendre heureux : ce qui renferme tous les soins de l'éducation.
42. Si les pères et mères sont tenus de conserver leurs enfants, ils doivent non-seulement leur fournir des aliments convenables, et les vêtir selon leur condition, mais encore veiller à leur santé, préserver leur corps et leurs membres de tout accident, les détourner de tous les vices qui altèrent la santé, conséquemment ne point les laisser sans surveillants.
43. S'il est du devoir des pères et mères d'augmenter, autant qu'il est en eux, les perfections et le bonheur de leurs enfants, et si un esprit cultivé et instruit contribue a
les perfectionner, il sera du devoir des pères rencontre quelquefois, n'autorisent point les
et mères d'enseigner par degrés à leurs en- enfants à s'écarter de la soumission qu'ils
fants, dès l'âge le plus tendre, les préceptes leur doivent; cependant si les pères et mères
de la sagesse et la science des choses divi- commandaient des. choses déshonnêles et
nés et humaines, ou de les confier à des contraires à la volonté divine ou aux lois, il
maîtres capables de les leur enseigner ; d'où vaudrait mieux leur désobéir que d'enfrein-
il suit encore que les pères et mères doivent dre les préceptes de Dieu et les lois
sonder le caractère et les dispositions de leurs enfants, choisir pour eux un genre de vie qui leur convienne, et ne rien négliger pour les mettre en état de s'acquitter des emplois auxquels ils auront été destinés.
44. La volonté étant le vrai siège de l'amour du bien, qui fait en même temps le bonheur de cette vie, les pères et mères doivent s'occuper d'inspirer à leurs enfants des inclinations vertueuses et leur faire contracter des habitudes louables. Us pèchent uonc contre leur devoir, quand ils les accoutument à l'avarice, à l'ambition, à la volupté, qu'ils déguisent sous les noms d'économie, d'élévation d'âme, de délicatesse, et qu'ils leur en donnent l'exemple.
45. Comme rien ne Halte tant les jeunes gens que le plaisir et l'oisiveté, les pères et inères les accoutumeront à supporter le froid, le chaud, à se contenter d'aliments simples et communs, à s'occuper d'un travail convenable, quelquefois pénible. On voit les etfets de cette éducation dans les enfants de campagne, qui sont toujours plus robustes que les enfants élevés avec délicatesse.
46. Les liaisons dangereuses sont ce qui contribue le plus à pervertir les jeunes gens, les pères et mères doivent surtout veiller sur cet objet. Les âmes encore tendres se portent plus aisément au vice qui a une apparence de liberté; elles ne peuvent supporter les avis qui contraignent, et ne savent pas distinguer le flatteur du véritable ami.
47. 11 est aisé de se faire une idée des devoirs des enfants envers leurs pères et mères,
51. Comme l'autorité des pères et mères a pour fin de diriger la conduite de leurs enfants, cette fin obtenue, le moyen cesse. Ainsi l'autorité des pères et mères expire non-seulement par leur mort, mais encore du moment que les enfants sont d'un âge assez mûr pour se conduire eux-mêmes, et qu'ils forment d'autres sociétés et d'autres familles. Mais en quittant la maison paternelle, l'amour ne cesse point avec l'autorité De bons parents doivent se complaire au bonheur de leurs enfants séparés d'eux. 11$ doivent les aider, autant qu'il est en leur pouvoir, de leurs biens, de leurs conseils, amasser pour eux comme pour ceux qui sont dans la maison paternelle; en un mot ne rien négliger pour les rendre heureux.
52. Si l'amour des pères et mères ne s'éteint pas pour leurs enfants sortis de la maison paternelle, ces mêmes enfants sont tenus de les aimer pareillement. Il y a plus : comme on estobligé d'aimer ses bienfaiteurs, ils doivent joindre hïamour de respect et de dévouement, celui de reconnaissance. Us doivent louer sans cesse et exalter la bienveillance de leurs pères et mères, compenser leurs bienfaits par d'autres bienfaits, ne rien entreprendre d'important sans les consulter, leur fournir des aliments dans leur indigence. Les lois civiles mêmes contraignent les enfants à remplir ce devoir sacré quand ils sont capables d'y manquer.
53. Si les pères et mères meurent avant que les enfants soient parvenus à un âge compétent, il est naturel que l'éducation de ces enfants soit confiée à des personnes qu'on
iâ'fi
appelle tuteurs : ainsi la tutelle n'est autre
chose que le pouvoir de diriger, au défaut
des pères et mères, les actions des enfans, et
d'administrer leurs biens jusqu'à ce qu'ils
soient en état de le faire eux-mêmes Les
tuteurs ont donc les mêmes pouvoirs que
les pères et mères, à moins qu'ils n'aient
été restreints par les lois civiles. Us doivent
aussi remplir les mêmes devoirs que les
pères et mères. D'un autre côté, les enfants
sont obligés envers eux à l'amour de vénération, à la soumission, à la reconnaissance;
et cette obligation est d'autant plus stricte, plus composées. Lorsque les sociétés, dont
que le service est plus grand, rendu par des nous venons de parler se réunissent, il en
personnes que la bienveillance, non la na- résulte ce qu'on appelle une famille. Une famille est une société composée de la société conjugale, de la paternelle et de la domes-
son serviteur de louage, et de lui payer «on salaire ; et le serviteur doit au maître, outre son travail, respect et obéissance.
58. La société du maître et du serviteur mercenaire finit par l'expiration du temps pour lequel le serviteur s'est loué.