Chapitre vin
Des devoirs des sujets.
97. Nous ne serons pas obligés de nous étendre beaucoup sur les devoirs des sujets, par la raison que ces devoirs sont une suite des droits du souverain, et qu'ils en sont les corrélatifs. On peut considérer'les sujets, ou comme sujets simplement, ou comme chargés de quelque partie de l'administration qui leur avait été confiée, c'est-àdire, que leurs devoirs sont ou généraux, ou particuliers. Les premiers dérivent de l'obligation qui les lie à la souveraineté, et les seconds, -de la fonction particulière dont ils doivent s'acquitter dans l'Etat.
98. Les devoirs généraux des sujets ont pour objet, ou l'Etat lui-même, ou ceux qui le gouvernent, ou les citoyens avec lesquels ils vivent en société.
Tout Etat formant une société, et chaque associé étant obligé de diriger ses actions à la fin commune de la société, il en résulte que le sujet ne doit rien avoir plus à cœur que le salut de l'Etat, ^quece salut doit lui être plus cher que lui-même, qu'il est tenu d'employer toutes les voies honnêtes pour procurer l'avantage de l'Etat.
99. En second lieu, comme l'Etat ne peut subsister qu'autant que les sujets soumettent leur volonté à celle du souverain, il s'ensuit que les sujets sont tenus à un amour de dévouement et d'obéissance envers leur souverain, comme leur supérieur; qu'ils lui doivent non-seulement un honneur extérieur, et des démonstrations de respect portées au plus haut degré, mais encore un honneur intérieur, c'est-à-dire, une vénéra-
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