‹ Œuvres completes de BergierChapitre 217 sur 255 · TH. MOU. - PMNG1P. DE MOU · texte numérisé non relu

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sait des commandements contraire à la loi

• do Dieu ou à la loi naturelle ; mais l'obéissance passive est indispensable dans tous les cas.

100. Comme il y a deux sortes d'obéissance, il y a aussi deux sortes de désobéissance : ['active, qui consiste a agir contre les ordres du gouvernement ; elle est toujours criminelle : la passive, qui consiste a ne pas agir; ello est quelquefois légitime savoir dans lestas où l'obéissance active n'est pas pas due.

107. Dans un état monarchique, les citoyens peu instruits des principes disent as

rer, et qui sont les dépositaires de son au- scz souvent, que le monarque étant tenu de

torité sur la terre.

101. On lui doit un honneur de subordination, qui se marque dans les prières qu'on fait pour le souverain, dans les subsides qu'on lui paie, et dans l'obéissance qu'on lui rend. Nous sommes tenus de procurer le bien public, et le service qu'on rend au prince est inséparable de celui qu'on rend à l'Etat: c'est se tromper que de croire qu'on puisse attaquer le peuple sans attaquer le roi, ni le roi sans le peuple.

102. On lui doit un honneur de discrétion. Ce n'est point assez de ne point faire de cabales, de ne point exciter de séditions ; il ne faut ni rechercher ni relever les fautes des souverains; il faut en parler favorablement, et user d'une grande retenue à leur égard, lors môme qu'ils déshonorent le trône où ils sont assis. On parle souvent des princes contre la vérité, parce qu'on n'est pas assez instruit; on en parle toujours avec injustice, parce qu'on inspire aux autres par ces discours, une disposition contraire à celle que Dieu les oblige d'avoir pour ceux dont il se sert pour gouverner.

103. Toute souveraineté suppose, d'une part, le droit de prescrire aux sujets ce qu'ils doivent l'aire ou éviter, et de l'autre, • les forces suffisantes pour les y contraindre. La soumission des sujets emporte l'engagement d'obéir au souverain et exclut toute résistance à ses volontés, lorsqu'il emploie son autorité à un usage qui lui [tarait du bien public. Les sujets ne peuvent donc employer leurs propres forces que de la manière que le souverain l'ordonne. Ils ne "cuvent légitimement refuser de lui obéir, et il est en droit de les y forcer ; mais il y a une distinction à faire entre l'obéissance active et l'obéissance passive.

104. Nous disions, il y a un moment, que le respect dû au souverain, consiste en partie dans l'obéissance. La souveraineté est le fondement prochain et immédiat de cet obéissance. Le droit de commander n'est fondé que sur le devoir d'obéir.

103. L'obéissance active consiste à faire ce que Je souverain commande; elle rend ministre de l'action. L'obéissance passive consiste à souffrir ce qu'on ne peut empêcher sans renverser l'ordre ou le troubler; elle ne rend pas ministre de l'action. L'obéissance active n'est pas toujours due; elle ii" le serait point, par exemple, si le prince fai-

gouverner selon la raison, on n'est obligé d'obéir que lorsqu'il s'y conforme. Ils examinent sur cette maxime ce que le prince ordonne ; et s'ils ne le trouvent pas conforme à leur raison particulière, l'amour-propre leur dit que le prince s'est trompé : de là ils concluent que ce sera !e servir que de lui désobéir. Lorsque la crainte les retient extérieurement dans le devoir, ils tAchent d'éluder l'exécution d'une loi ou d'un ordre qui leur paraît injuste, parce qu'il ne leur est pas agréable ; comme si l'abus de i'autorité pouvait autoriser des inférieurs à s'y soustraire.

108. Les sociétés civiles ne pourraient subsister, si chacun ne se contenait [tas dans l'ordre qui lui a été marqué. Comment fixerait-on Tes inquiétudes et les incertitudes des esprits, si pour quelques lueurs de raison, dont se trouvent susceptibles toutes les opinions, sans en excepter les plus mauvaises, un seul citoyen pouvait priver tous les autres de l'avantage qui a été le motif de la formation de l'Etat?

109. Un sujet ne [tout consulter sa raison particulière, pour se soustraire à celle du souverain, sans violer toutes les lois de la subordination, sans rompre le lien du gouvernement, sans diviser l'Etat, sans le renverser autant qu'il est en lui. Ne vouloir se rendre qu'à ses propres lumières, c'est s'ériger à soi-même un tribunal supérieur à celui du souverain ; c'est mépriser la puissance suprême ; c'est juger les jugements du souverain, c'est prétendre réduire à l'obéissance celui qui doit commander.

110. Quelle que soit la.forme dufgouvernement, l'obligation d'obéir est la même. Lorsqu'une république a fait un décret, est-il quelque sujet assez téméraire pour en appeler à sa raison particulière? Ce qu'on n'oserait faire dans une république, osera-t-on le faire dans une monarchie? Si cela était, il faudrait avouer qu'il n'y aurait point de monarchie absolue sur la terre, et (pie co gouvernement que les républiques appelle ut quelquefois tyran/nique, serait le plus faible de tous, et absolument impuissant pour établir le repos des sociétés où il est reçu.

111. De ce même principe qu'il n'est point de devoirs plus sacrés que «eux qui lient les sujets aux souverains, il résulte encore (iuo la personne du souverain doit être inviolable ;

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OEUYItES COMPLETES DE BElUilEU.

et comme les sujets sosont obligés envers lui par un pacte qu'ils ont fait, ou qu'ils sont [trésumés avoir fait, il est aisé de concevoir qu'ils doivent lui être fidèles, qu'ils sont tenus de ne point troubler l'Etat, de ne point embrasser d'autre partie que celui du souverain.

112. Des associés doivent vivre entre eux, selon que l'exige la fin commune de la société ; donc les bons citoyens doivent aimer Jeurs concitoyens, vivre avec eux en paix, lis doivent, non-seulement rendre à chacun ce qui lui appartient, mais encore avoir pour leurs concitoyens plus d'humanité que pour les étrangers' Enfin il est de leur pouvoir de ne point se déchirer entr'eux, de ne point porter envie à ceux que l'éclat de leur naissance ou de leurs vertus, ou la bien-

veillance du prince distingue; qui, par des qualités rares, se sont élevés à de hautes dignités, ou qui, favorisés de Ja fortune, ont amassés des richesses considérables.

113. Les devoirs particuliers des sujets dérivent tous de la fin de l'emploi dont ils s'acquittent dans l'Etat. La chose même nous dit que chacun est obligé de faire tout ce qui convient à cette fin, et de s'abstenir de tout ce qui est contraire ; de plus, qu'on ne doit rechercher aucune place qu'on ne se sent point capable de remplir. Ce petit nombre de règles suffit pour nous faire connaître sommairement quels sont les devoirs de»

généraux d'armées, des ministres, des ambassadeurs, des magistrats, des juges, des ecclésiastiques, des financiers, des professeurs et docteusrs, des gens de guerre, etc.

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