‹ Œuvres completes de BergierChapitre 218 sur 255 · S'IL Y A UNE LOI NATURELLE, ET QUELLE ELLE EST · texte numérisé non relu

S'IL Y A UNE LOI NATURELLE, ET QUELLE ELLE EST

Avant que d'entrer dans cet examen, il faut expliquer certains termes dont l'intelligence est nécessaire pour éclairer Ja question.

On entend par le mot de loi : la volonté d'un supérieur manifestée au dehors par laquelle il oblige les sujets à faire quelque chose.

Mais qu'est-ce qu'obliger? C'est mettre quelqu'un dans la nécessité de faire quelque chose ou d'être puni.

Ainsi, comme le remarque l'auteur du droit de la natureet des gens, une obligation proprement dite ne peut être imposée que par un supérieur, c'est-à-dire, par un être qui est non-seulement plus parfait que celui à qui il commande, mais qui en peut disposer absolument et le rendre heureux ou malheureux à son gré.

Cela posé on ne voit pas en quel sens peut être vrai le sentiment de ceux qui disent qu'il n'est pas de l'essence de la loi d'être pénale, et qui appellent sanction de la loi la clause comminatoire ajoutée à la loi ; à moins qu'ils ne veuillent parler des peines purement temporelles. Un supérieur peut bien dire à son inférieur : Je vous ordonne de faire telle chose ; sans ajouter à ce commandement une clause comminatoire, sans dire encore : si vous ne le faites pas, vous serez puni, vous encourerez telle peine. Mais ce terme, je vous ordonne, qui fait l'essence même de la loi, exprime l'obligation en conscience, c'est-à-dire la nécessité d'obéir ou de pécher et par conséquent d'encourir la privation de la béatitude; peine

(2312) Quoique cette dissertation de l'abbé Bergier ne soit point terminée, pour ne priver le public d'aucune parcelle de ses œuvres, nous croyons devoir la reproduire ici. La première partie seule est achevée ; nous ne voulons pas dire toutefois que

par conséquent qui est essentiellement at~ tachée à toute loi proprement dite, et sans laquelle on ne peut se former une idée précise de ce terme obliger, obligation, ni de ceux-ci commander, ordonner, devoir; qui tous signifient cette nécessité imposée à quelqu'un de faire telle chose, ou d'en recevoir tel châtiment.

Lors donc que nous disons que Dieu commande, ordonne, oblige à quelque chose, impose une loi à sa créature ; nous entendons par ces termes que Dieu veut que la créature fasse cette chose, et qu'il le veut tellement qu'il la rendra malheureuse si elle ne le fait fias.

Or comme Dieu est essentiellement le supérieur des créatures intelligentes, puisque non-seulement, il est d'une nature plus excellente que la leur, que non-seulement il les a créées et qu'elles tiennent tout de lui, mais qu'il peut encore disposer d'elles à son gré, les rendre heureuses ou malheureuses quand et comment il le juge à propos; il est clair 1" qu'il peut commander quelque chose aux créatures. 2° Que lui seul peut leur commander et qu'aucun autre être n'a ce pouvoir s'il ne le tient de Dieu. 3° Que quand il veut que la créature fasse quelque chose, cette volonté a nécessairement un effet ; et cet effet c'est la nécessité où se trouve par là même la créature de faire ce que Dieu veut; nécessité non pas physique qui détruirait sa liberté, mais morale, qui consiste en ce que la créature ne peut pas s'abstenir d'obéir sans se rendre malheureuse.

Bergier l'aurait publiée telle que nous la trouvona dans ses papiers. Mais la seconde partie n*est qu'ébauchée; à peine en avons-nous le plan et l'indication des preuves.

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