‹ Œuvres completes de BergierChapitre 231 sur 255 · DE LA THEOLOGIE · texte numérisé non relu

DE LA THEOLOGIE

proUgonùiwjS.

1. La théologie est la science ou la connaissance de Dieu acquise par la révélation. Les notions que l'on peut avoir de la Divinité par la raison sont une partie de la métaphysi'iuc, nommée théologie naturelle; ces nolions n'entrent point dans notre plan, il les suppose. La théologie, comme tome aulre science, a ses preuves particulières que l'on nomme lieux Idéologiques; ceux qui en font profe siou sont appelés théologiens.

2. Comme il y a différentes manières de la traiter, on distingue la théologie positive et la tcolas tique , la théologie polémique des controversi<tes. la théologie morale des casuis'es qui décident des cas de conscience, la théologie mystique des auteurs ascétiques.

3. La manière dont on l'étudié a donné lieu à differenls termes, comme école, cours de théologie, faculté, grades ou degrés, gradué, bachelier, licencié, docteur, docteur jubilé, uhiquiste, professeur, chaire de théologie, théologal ; thèse, tentative, majeure, mi- U'-ure , antique, sorbonique , respérie , résampte, robert ne, parangmphes; truies usités surtout ddoa l'université de Paris et en Sorbor.ne.

k. Puisque la théologie est fondée sur la révélation , la première question pour un théologien est de savoir si Dieu s'est révélé aux hommes. Ou prouve la nécessité de celte lumière surnaturelle par la faiblesse de la raison humaine, par la multitude des erreurs dans lesquelles sont tombés les peuples infidèle-, et dont les philosophes mêmes n'ont pas su se préserver.

5. Que Dieu ail parlé aux hommes , c'est u\\ fait; il doit se prouver par d'autres faits qui lui servent d'attestation, par les circonstances dont il est revèlu, et que l'on appelle motifs de crédibilité : tels sont les miracles dont nous soutenons la certitude, les prophéties dont nous prouvons l'accomplissement, les vertus de ceux qui ont reçu une mission divine, etc. Ces preuves forment une démonstration morale ou extrinsèque invincible. Ou est redevable aux lectures de Bogie de plusieurs boas ouvrages sur celle matière. Les déistes ei les antres incrédules ont également tort de rej 'ter toute réi élaiion, de dire qu'on leur interdit l'exumm de la religion, et de nommer théisme leur doctrine.

G. Nnus sommes instruits du fait de la révélation pa«* ['Histoire sainte, par le témoi-

gnage des écrivains sacrés renfermé dans 'a Bible on Ecriture sainte. Elle Contient deux parties, l'Ancien Testament et le Nouveau; nous regardons I un et l'autre comme la parole de Dieu, et nous nommons ces écrits livres saints ou sacrés.

7. L'Ancien Testament contient quarantecinq livres ; les cinq premiers sont de Moïse et sont nommés le Pentateuque, savoir la Genèse, V Exode, le Lév'tique, les Nombres, le Deuléronome ; on les appelle heplateuq e , lorsqu'on y ajoute J >sué et les Juges, uctateuque en y joignant le livre de Kulh.

8. Les autres livres historiques sont Josué, les Juges, Rullt, quatre livres des R«is. dont les deux premiers sont aus^i nommés livres de Samuel, deux livres des Paralipomènes ou des chroniques, deux livres d'Esdras dont le second porte au^si le nom de Néhémie, ceux dL' Tobie, de Judith, A'Esther.

9. Les livres sapien:iaux ou livres de morale, appelés par les Grecs panurêtes, sont Job. les Psaumes ou le Psautier, les Proverbes, YEeclésiasle, le Cantique, la Sagesse, i Ecclésiastique : les auteur^ de ces livres sont nommés hagiogmphes.

10. On appelle iivres prophétiques ceux d'/saïe, de Jérémie avec ses Lamentations et Barucli,à'Ezéchiel et fie Daniel; ce sont les quatre grands prophètes. Les douze petits sont Osée, Joël,Amos, Abdias, Jonas, Michée, Na'ium, Ilabucuc, Sophonie, Aggée, Zacharie et Malachie. Ils sont suivis des deux livres des Machabées, qui son-t un ouvrage histurique. Nous regardons comme authentiques le-, histoires de Susanne. de Bel et du dragon, des enfants dans la fournaise, qui font partie de Daniel.

11. Le Nouveau Testament contient vingtsept ouvrages; quatre Evangiles ou histoires de la vie de Jésus-Christ, écrites par quatre év ingélistes , savoir saint Matthieu, saint Marc, saint Luc, saint Jean; les Actes des apôtres.

12. Quatorze Epitres ou leMres de saint Paul : une aux Romains, deux aux Corinthiens, une aux GalUes, aux Ephésiens, aux Pliilippiens, aux Colossiens, deux aux Thessnloniciens , deux à Timnthér, une à Tile, 4 Pliilèmon, aux Hébreux. L'Epître de saint Jacques, deux de saint Pierre, trois de saint Jean, celle de saint Judo et ['Apocalypse ou révélation faite à saint Jean.

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13. On appelle canon la liste de ces divers ouvrages, et livres canoniques ceux que l'Eglise y a renfermés ; on les dislingue en proto-canoniques et deutéro-canoniques.

\k. Tons ces écrits sont l'objet de la critique sacrée, qui consiste à discuter et à prouver l'authenticité, la vérité, l'inspiration dv ces livres; à savoir quels sont les ouvrages autographes, apocryphes, supposés ou pseudonymes, comme les faux évangiles, etc. Celte science exige la connaissance des langues dans lesquelles ont été écrits le texte, les versions, les Turgums ou paraphrases, les S<ptunte, la Vulgate. Ces langues sont l'hébreu ou samaritain, le chaldéen, le syriaque, la langue hellénistique, l'arabe, l'éthiopien, le cophle, le persan, V arménien, le grec, le latin. Le texte et les versions principales sont rassemblés dans les Bibles polyglottes, dont Origène avait conçu le dessein en faisant ses létraples, ses hrxaples et ses oclaples. Pour cette étude, des concordances ou harmonies sont d'une très-grande commodité. Les critiques s'occupent encore des contextes, des variantes ou différentes leçons, de la division des livres saints eu chapitres et en versets, de ld poésie des Hébreux.

15. La critique sacrée distingue les divers sens de 1 Ecriture sainle, le sens littéral, le sens figuré ou mystique, allégorique, ou anagogique, les idiotismes, hébraïsmes, ou héllénismes. Elle apprend à connaître les commentaires et les commentateurs ou interprètes des livres saints, les philologues, le style biblique, etc.

16. En effet, la philologie doit être envisagée comme une partie de la critique sacrée ; mais elle a pour objet les mots plutôt que les choses. Elle examine, 1° les mots hébreux, chaldéens ou syriaques qui oui éle conservés dans les versions, ou dont se servent les Juifs, comme abba, abra, Adam, Bahem, Béhémoth, Béliul, Cérélhiet Phéléthi, Cohen, Corban, Gog et Magog, hosanna, Kéri et Kéiib, Késilah, Léviuthan, mammona, Mao-

zim, Maran-atha, Médraschim, Mégilloth, Méïuzoth, Muzach, Nechiloth, Keginoth, Niddin, Noheslan, paradis, Parasche, Huca, sanhédrin , Sarabella , satrape, Schékinah , Schibboleth, Scilo ou Schiloh,Sethim, Socolhbenoih, Thartach, Thau, Totapoth,clc.

2" Les mots grecs qui se rencontrent dans les écrivains sacrés ou ecclésiastiques, comme hodégos, métrèse, économie, pai'ascève, parhermeneuse, pédagogue, peripsema, phyloutères, pneuma, podere, polymitum, presbytère, proseuche, pygmée, python, scénopégie , et d'autres qui seront placés ailleurs.

.'!" Les mots latins dont la signification est extraordinaire , comme olla , opus plum;.rium, etc.

k* Les mots qui, traduits dans notre langue, peuvent avoir divers sens; le nombre eu est trop grand pour en faire ici la liste; (m eu trouvera plusieurs dans les divers numéros de ce plan.

17. Un théologien doit savoir Vhistoire ecclésiastique, mais ce n'est pas dans les centuries de Magdebourg qu'il doit l'apprendre. Eusèbe et IJégésippe sont de meilleurs guide^. Il lui est important de savoir quels sont les anciens ouvrages auihentiques el de connaître ceux qui sont supposés ou pseudonymes, comme les clémentines, les constitutions apostoliques, les récognitions, le faux Abdias, le testament des douze patriarches, le livre d't'noch, etc.

18. 11 peut tirer avantage de quelques livres des Juifs, tels que \eTalmud qui contient la Mischna et la Gemare, le Cozri; pour la Musore ou le travail des Masorèles, les Deuteroses, le Alachasor, ils ne peuvent lui être d'aucun usage; il importe encore moins de connaître la cabale et la gématrie, les différentes sectes de rabbins nommés gaons et guéonim, etc,

19. ii n'est pas nécessaire non plus d'avoir toutes ces connaissances préliminaires avant de commencer à étudier la théologie, on les acquiert en détail el peu à peu, à mesure que l'on avance uans celle étude

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