IÎÎ. DIEU LÉGISLATEUR , RÉMUNÉRATEUR ET VENGEUR
32. Le principe de toute loi est la volonté de Dieu souverain législateur; c'est elle qui impose aux créatures intelligentes des devoirs ou obligations morales, qui établit la la différence entre le bien et le mal moral, le droit cl le tort, la vertu el le vice, qui donne la force e! la sanction aux lois humaines. De là viennent les notions d'offense, de faut*1, de péché actuel, mortel ou véniel, Je péché volontaire, de péché à mort, péché rontre le Saint-Esprit, de crime, de coutpe, et ce qu'on nomme ryndérèse. Cette volonté suprême, que nous nommons loi naturelle, nous est intimée par la raison, par la conscience, ou parle sentiment moral; de là dérivent le droit naturel, le droit des gens, les droits elles devoirs respectifs des hommes vivants en société.
33. Cette loi n'aurait aucune force si Dieu n'avait établi des récompenses pour la vertu, des peines , des châtiments , des supplices pour le crime ; en cela consistent la justice, ia sainteté, la fidélité de Dieu à ses promesses. Cette justice n'exige point que le crime soit toujours puni, et la vertu toujours récompensée en ce monde, mais dans la vie à venir. La révélation nous enseigne que ces peines et ces récompenses sont éternelles, que la crainte d'encourir les premières est un sentiment louable. Elle nous apprend que Dieu n'abandonne, n'aveugle, n'endurcit positivement personne, qu'il ne punit point l'ignorance involontaire , que les méchants seuls sont réprouvés ; que les épreuves, les tentations sont l'occasion seulement et non la cause du péché; que Dieu le permet, mais qu'il ne le fait pas commettre. Elle nous
rédemption ; ceite promesse a été nommée le . protévangile, ou la première nouvelle du salut des hommes. Telle est la première alliance de Dieu avec le genre humain, qui a été méconnue par les luthériens appelés substantiaires, et par tous ceux qui soutiennent que depuis ce moment le genre humain est une masse de perdition et de damnai m.
36. L 'histoire sainte, en parlant d'Abel, do Çain , d'Enos et des autres patriarches , nous fait comprendre que Dieu lui-même avail prescrit la croyance, le culte, la morale qu il exigeait d'eux, qu'il leur avait révélé une religion. Ils n'ont connu qu'un seul Dieu cré iteur, conservateur , bienfaiteur, législateur des hommes; ils ont cru l'immortalité de l'âme el la vie à venir : ils n'ont rendu qu'à Dieu la gloire ou le culte suprême d'adoration ou de latrie.
37. 1!» l'ont témoigné par les signes que l'on appelle rites, cérémonies, liturgie, culte extérieur. En effet, les prosternations, la prière, les serments au nom de Dieu, les vœux, les consécrations, les offrandes, les sacrifices, le choix des victimes, la distinction des animaux purs ou impurs, le ;eu sacré, les libations ou effusions d eau, et d'autres li-< queurs , les effusions de parfum, Yencens, les ablutions, les expiations, les abstinences, le jeûne, le chant, les hymnes ou cantigues, la danse, les néoménies ou assemblées à la nouvelle lune, les fêtes, les repas communs, les ob-èques ou funérailles des morts, le respect pour les sépultures et les tombeaux, ont fait partie du culte primitif, et se trouvent chez toutes les nations.
38. Far les mœurs des patriarches el par le livre de Job nous voyons la piété, la résignation à la providence, la patience, la confiance en Dieu, la crainte de lui déplaire, la sainteté du mariage, la fidélité di s époux, la.
assure que la justice de Dieu ne déroge point puissance paternelle, la bonne éducation des
à sa miséricorde, qu'il pardonne quand il lui plaît, qu'il est plus enclin à pardonner qu'à punir, que ses menaces mêmes sont des traits de' bonté.
3k. Dieu a exercé l'auguste fonction de législateur dès le commencement du monde, a porté des lois positives. 11 avait créé Adam el Eve dans l'état d'innocence el de félicité,
enfants, leur respect et leur obéissance envers leurs pères, l'union entre les frè es et les parents, l'humanité envers les esclaves, la charité, la justice, la compassion envers tous les hommes, tout ce que l'on appelle œuvres de miséricorde, louées et admirées comme des actes de vertu : Yimpiété, le blasphème, lu parjure, l impudicilé, la prostitution, la sodo
UT.7 PART. IV. TH. DOGM. ET MOR. — SECT. I. TH. MO». — n,AN DE THEOL.
vrir, Y ml altère, le roi, le meurtre on homicide, l'oppression des pauvres, de-* veuves, des orphelins, etc., sont r«'tr;i r»it*^ comme des crimes et des actions abominable$; à plus
forte raison la minuté des nn hropophuges. Mais le brigandage ou les guerres particulières semblaient permises.
39. Celle religion primitive, que Ton appelle loi de nature, n'est point une religion naturelle dans ce sens que l'homme l'ail formée par ses réflexions, Dieu lui-même l'avait révélée: mais elle est naturelle dans ce sens qu'elle était très-convenable à la nature de Dieu, et à la nature de l'homme dans les circonstances où il était placé. Telle est la première ép-que de la révélation. Cette religion devait se maintenir et se perpélu r par I > tradition domestique; mais les hommes ne lardèrent pas de s'en écarter. En effet l'Ecriture met une distinction entre les enfants de Dieu cl les enfants des hommes ; elle nous parle de la corruption des hommes antédiluviens et des Géants, de laquelle Noé sut se préserver; du déluge universel et de Yarche; du crime dcCham, lils de Noé, de la malédiction portée contre Chanaan et sa postérité ; de la tour bâtie par les ÎS'oachides, de la confusion des langues attestée par le nom de Babel, de la dispersion,
kO. Peu après, l'Ecriture nous montre l'origine du polythéisme et de V idolâtrie dans le culte des as:res ou de l'armée du ciel, culte nommé sabaisme, pratiqué par les sabéens ou zabiens, par les sampléens, nommés aussi éliognosliques, et hypsistariens. Les Gentils ou pauns ont pris pour leurs dieux les prétendus Génies, intelligences ou dénions dont ils supposaient que toutes les parties de la nature étaient animées, elles âmes des morts; ils les ont représentés par des théraphims ou idoles, et les ont adorées. De là sont nées toutes les superstitions, les apothéoses, la magie, les sorciers et les sortilèges, les enchantements, la divination, la foi aux songes, les augures, les aruspices, la nécromancie, les mystères du paganisme, Ses sacrifices des victimes humaines, etc. Toutes les pratiques d' stinées d abord à honorer le vrai Diu ont été profanées pour honorer des dieux imaginaires.
kl. Dans ce même âge du monde, l'histoire sainte place la ruine de Sodome, la formation du lac Asphaltite appelé mer Morte; la punition de la femme de Lot changée en statue, les incestes de Lot desquels sont nés les Ammonites elles Moabiles ; quoiqu'elledonne aux patriarches le nom de justes , leurs mœurs n'étaient pas absolument irrépréhensibles ; la polygamie assez fréquente parmi eux n'était cependant ni on crime ni un concubinage. Les mœurs des Amorrhéens, des Chauanéens, des Egyptiens, étaient encore moins pures. Alors la Providence divine était occupée d'un grand dessein.
42. En effet la vocation à' Abraham attestée par la circoncision et accompagnée de promesses magnifiques, les voyages de ce pâli iarche, son séjour sous le chêne ou le térébonhe de M ambré, l'histoire de Sara, nièce
et non sœur d'Abraham, d'Agar, d'Ismne'l, d'Isa ac, de Jacob, de ses douze enfants chefs de douze tribus, de Joseph, le testament de Jacob, etc., sont le prélude d'une seconde alliance que Dieu voulait former, d'une seconde loi positive plus ample que la première, et qui était devenue nécessaire à l'état dans lequel se trouvait alors le genre humain. C'est la seconde époque de la révélation.
k'à. Ce grand événement fut précédé de la mission de Moïse attestée par ses miracles, par les plaies de V Egypte, par l'institution de la pâque ou de V agneau pascal, par le passaye de la mer Rouge, par l'arrivée des Israélite dans le désert près du mont Sinaï, par une suite d'autres prodiges tels que la colonne de nuée, la mnnne du désert, etc. Ainsi, par le choix ou l'élection de Dieu, les descendants d'Abraham nommés Hébreux, Israélites, ensuite Juifs, sont devenus le peuple. de Dieu; mais on ne doit pas les accuser d'avoir volé les Egyptiens, d'avoir été une horde d'Arabes Bédouins, etc.
kk. Les lois que Dieu leur donna par Moïse, les promesses qu'il y ajouta, sont appelées l'Ancien Testament, la loi ancienne, la loi écrite, la loi de Moïse, la religion juive, le judaïsme. Dieu ne leur révéla point de nouveaux dogmes; ceux qu'ils avaient appris par la tradition de leurs pères étaient suffisants. Mais il renouvela les commandements de la loi primitive renfermés dans le décala gue, les fil graver sur deux tables, y ajout t pour nouvelle sanction la promesse des ré compenses temporelles. 11 défendit rigoureusement l'idolâtrie, la superstition des hauts lieux, des songes, des présages, des stigmates, toutes les pratiques des païens, comme de consulter les ob et les morls, d'honorer le mort, de faire les repas du mort ; de là l'impureté contractée par l'attouchement, des cadavres.
ko. Toute espèce d'impudicité, toute espère d'injustice ou d'acception de personnes à l'égard du prochain, lurent sévèrement interdites, toutes les œuvres de charité et d'humanité furent expressément commandées.
Dieu y ajouta des lois civiles, judiciaires, politiques et militaires. Celles qui regardent l'année sabbatique, l'année jubilative ou de la rémission, les villes de refuge, le mariag • d'une veuve nommée Ibum, la flagellation de quarante coups, la lapidation, les vengeurs du sang, etc., la servitude, le jugement de zèle, les serviteurs ou esclaves; ainsi le gouvernement des Israélites fut d'abord une théocratie.
kii. Mais les lois cérémonielles furent le plus grand nombre. Elles ordonnaient, l'd s offrandes, comme la présentation des premiers-nés ou des aînés des familles, des prémi es, de la gerbe avant la moisson, des pains de proposition, des parfums ou de l'encens.
2" Des sacrifices et le choix des victime-, las holocaustes, les sacrifices pour le pécfir, celui du houe émissaire nommé zazel, celui de lu vache rousse, etc.
mo
:i° Des abstinences, comme celle de la chair de pourceau, du sang, des chairs suffoquées, par conséquent le choix des viandes.
h" Des expiations et des purifications pour effacer les souilluies ou les impunies légales, même des épreuves, comme celle des eaux de jalousie.
5° Des consécrations, comme celle qui se faisait avec l'huile d'onction, celle des nathinéens, des nazaréens ou du nuzaréat, des vœux ; mais Vanathème était une exécration.
6° Des fêtes, le sabbat, les néoménies, la pâque, la pentecôte, la fête des tabernacle*, des expiations ou pardon, des trompettes, la fêle des sorts nommée purim ou phurim. Les
ram et un voiit magnifique; on y admirait les parvis, les pusioptturies, les galeries appelées péribolos, le pinacle, la plate-forme, Hc. Salomon établis des portiers, des mtljrtciens, et d'autres officiers pour le service du temple, dont les richesses et la magnificence surpassaient Celle* de» lempl s du paganisme.
51. Sous Roboam, un schisme de dix tribus sépara le royaume d'Israël de o-lui de Juda. Sous les rois idolâires parurent plusieurs taux prophètes qui donnaient Lu s songes pour des visions prophétiques; mais Dieu suscita de vrais prophètes, tels qu'Elie, Elizée, lsaxe, Jérénae, etc. On accuse mal à propos Osée d'avoir fait des imprécations, Llizée d'avoir été cruel, el d'avoir permis à
en ce nies ou la fête de la dédicace du teumle Naaman le culte de Kemnon, dieu des Sysont d'une institution plus récente. \ riens.
47. Pour remplir le culte divin avec p'u>* de dignité, Moïse construisit un tabernaoevw forme de temple, plaça dans le saint des saints une arche d'alliance el un propitiatoire, fil faire des autels, une table des pains de proposition, un chandelier d'or. Aaron son frère fut eboisi de Dieu pour être souverain pontife. Les babits de sa dignité étaient une robe de lin, une tiare, une lame d'or placée
52. Pour punir les fréquentes idolâtries de son peuple, Dieu le livra aux Assyriens, lui fil essuyer une transmigration et une captivité à Babylone. Dans cet intervalle arriva le miracle des trois enfants sauvés de la fournaise et le châtiment de Nabwhodonosor.
Après soixante et dis ans, Dieu fil reconduire son peuple dans la Judée. La résistance des Machabées el leurs victoires sur les r is
sur son Iront, un éphod ou super-huméral, de Syrie sont une époque célèbre dans l'his un pectoral ou rational auquel était attaché luire juive.
V oracle nommé urim et thnmmim. Les lévi tes furent chargés des fondions du sacerdoce, et simples prêtres.
43. Bientôt les Israélites se rendirent coupables d'idolâtrie en adorant le veau d'or Ki~ joun ou liemphan, Baal, Assarolhou Astarté, UéelpUégpr, Chamos, Molocti, la reine du ciel et l'armée du ciel. Dieu punit leurs murmures et leurs révoltes, surtout celle de Coré, et leur complaisance pour les Madianites. Ils ne sont point accusés d'avoir adoré dagon, mais le serpent d'airain sous les rois. Les auteurs profanes, qui ont nommé les .Juifs célicoles, et leur ont attribué le culte d'un prétendu dieu Anoniehyte, connaissaient mal leur religion, aussi bien que ceux qui oui blâme leurs prières.
i9. Après la mort de Moïse, Josué gouverna ce peup:e sous le nom de juge, lui fit passer le Jourdain, prit Jéricho, arrêta le soleil dans sa course, fil sur les Chananéens la conquête de la Palestine, terre promise à Abraham. Parmi les guerres des Juifs on distingue celle qu'ils firent aux Beujamites de Gabaa, et celle dans laquelle Jnhel acheva la victoire; Aod, Jephté, Samson, Samuel sont célèbres entre les juges ; on accuse mal à propos de cruauté le dernier à cause du meurtre à"A-
<jag.
50. Les Israélites voulurent avoirdes rois : le premier fut S.iùl qui consulta la pythonisse d'Iîndor ; il fut remplacé par David sous le pontifical A'Abiathur et d'Achimelech ; David punit les Ammonites et fut repris de ses faules par le prophète Nathan. Salomon, son fils et son successeur, fut visité par la reine de Saba, fit construire le temple de Jérusalem dans lequel, outre les choses qui avaient été dans le tabernacle, on voyait une mer d'ai-
53 Alors il se form;i différentes sectes chez les Juifs." On y vil chlore les assidéens, les pharisiens, les sadducéens, les samant tins adorateurs de Nergal , les esséniens, les thérapeutes, les galiléens, les sébuséens, les hérodiens ; on établit les synagogues, les scribes ou les docteurs de la loi ; on distingua les Juifs génit es el les Juifs ptosélgies. La distinction des rabbanisles et des caraïtes est plus moderne; les réchubites, dont a p.irle J-erémie, n'etaieut pas une secte. Ce sont les rabb-inistes qui ont (orge la prétendue loi orale renfermée dans la mischna. Il n'est pas certain que les auteurs profanes aient ern-r piunte des Juifs quelques-unes de leurs connaissances.