‹ Œuvres completes de BergierChapitre 235 sur 255 · II. DIEU CRÉATEUR ET CONSERVATEUR · texte numérisé non relu

II. DIEU CRÉATEUR ET CONSERVATEUR

20. Les anciens philosophes n'ont point admis la création proprement dite, mais les livres saints nous l'enseignent, ils nous en montrent un monument dans le nombre septénaire ou la semaine; par là sont cou-

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damnés les albanais et h s bagnolats qui croyaient le monde éternel . les henni ni s les hermogénieni et les séleuciens qui soutenaient la matière éternelle.

27. Dieu a créé, 1° les anges, purs esprits, substances spirituelles, tncorp relies, immatérielles. Les uns sont bons, les autres mauvais. Les premiers, selon la croyance «le l'Eglise, sont distribués en neuf ordres ou chœurs, savoir les anges, les archanges , les principautés, les puissances , les trànes, les dominations, les vertus, les chérubins et les séraphins, d'où est venu le mot séraphiqui . Dieu a donné à chaque homme un ange gardien, mais souvent il s'est aussi servi des anges pour exécuter ses vengeances ; l'Ecriture nous apprend les noms de quelques-uns, comme Michaël ou Michel, Gabriel, Raphaël, Abaddon. Les mauvais anges sont designés sous les noms de démons, diables, Satan, Asmodée, Bérlzébub, etc.

28. 2° Dieu a créé le monde visible et tout ce qu'il renferme. C'est mal à | ropos que divers hérél ques nommés cerdoniens, cérinthiens, valentiniens, gnostiques, anlilacles , carpocraliens , archontiques, mardonites, manichéens, baanites, bruchites, catharisjes , sévériens, priscillianistes, pauliciens, poplicains, albigeois, etc., ont censuré Vhexuméron ou l'ouvrage des six jours, ont admis le dualisme ou deux principes créateurs ; les incrédules modernes ont tort de répéter leurs objections et de nier les causes finales. Ce que dit Moïse du ciel ou du firmament, de la terre ou du globe, des eaux de Vabime , des astres, du pur et de la nuit, etc., u'e»t point contraire a la physique.

29. 3° Dieu a créé l'homme à son image et à sa ressemblance, lui a donné une âme spirituelle, immortelle, douée du libre arbitre , ou de liberté exemple de toute nécessiié ;:ussi bien que de coaction ; celle âme n'esl point sortie de la substance divine par émanation . Adam est justement nommé protoptaste, ou premier créé, d'où il s'ensuit nue tous les hommes sont frètes et parents. L'on doit donc rejeter l'erreur des préadamites, celle des origénistes , celle des prvtoclistes qui croyaient la préexistence des âmes, celle des thnétopsychiques qui soutenaient la mortalité de» âmes, celle des arabiques qui pensaient que l'âme mourait et ressuscitait.

30. l'ar sa providence Dieu conserve ses créatures, maintient dans l'univers l'ordre physique qu'il a établi. De là nous lirons la notion de plusieurs attributs divins , relatifs aux créatures; tels sont la science de toutes choses, même des événements futurs , qu ; l'on nomme prescience ou prévision ; les volontés antécédentes ou conséquentes , les décrets absoius ou conditionnels, la prédétermination que soutiennent quelques théologiens. D'où l'on conclut que rien n'esl cas fortuit ou hasard à l'égard de Dieu, qu'il n'y a point de destin, que les Agnoëtes étaieul dans l'erreur. De là encore la bonté, la sagesse, que nous attribuons à Dieu, les noms Ab ou Abba, pèret bienfaiteur, Adonuï , seigneur, que nous lui donnons.

31. L'inégalité que Dieu a mise entre les créatures, ieurs imperfections, le mal qui est ilims le monde, ne dérogent point à 'a bonté •divine. A proprement parler il n'y a ni bien ni mal absolu, mais seulement par comparaison ; les termes de perfection et d'imperfection, de bonheur et de malheur, sont purement relatifs, et il n'est pas nécessaire que l'homme soit impeccable. Aucune créature n'esi entièrement privée des bienfaits naturels ni des grâces surnaiurelles.il n'esi donc, pas nécessaire de recourir à Y optimisme pour justifier la conduite de Dieu, les afflictions et les châtiments qu'il envoie ; pour prouver que ce n'est point un effet de partialité , de haine, d'aversion, pour répondre aux plaintes des marcionites, des manichéens et des ihéacatagnostes, pour réfuier les colluthiens ,qni

et non dan* l'état de pure nature; il les avait placés dans \c paradis terrestre; il leur défendit de toucher au fruit de l'arbre de la science du bien et du mal. Séduits par le démon revêtu de la forme du serpent, ils désobéirent, déchurent de l'état d'innocence; c est ce qu'on nomme la chute d'Adam. Dieu les condamna eux et leur postérité au travail, aux afflictions, aux souffrances, à la mort, les priva du fruit de Y arbre de vie. De là sont venus le péché origin l et la concupiscence avec lesquels nous naissons tous. Saint Augustin a défendu victorieusement ce dogme contre les pélagiens qui l'attaquaient, nommaient les catholiques traduciens, soutenaient que Dieu ne peut punir les enfants du péché de leur père.

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