‹ Œuvres complètes de Berquin (volume 2)Chapitre 132 sur 264 · SÉRAPHINE, EU STAC HE , LÉON · texte numérisé non relu

SÉRAPHINE, EU STAC HE , LÉON

léon. — Voilà un menteur bien impudent ! Je gagerais ma tête qu'il a la chienne. N'avez-vous pas vu comme il avait l'air embarrassé, quand je lui ai dit positivement qu'il l'avait?

séraphine. — Je ne puis le croire encore ; ce serait aussi trop coquin.

léon. — Vous ne pouvez le croire, parce que vous avez une ame si belle , mais de sa part , je crois toutes les noirceurs.

séraphine. — Je conviendrai toujours qu'il est bien grossier de n'avoir pas répondu poliment à nos questions.

léon. — Si vous n'aviez pas été Ta, je l'aurais un peu secoué par les oreilles.

eustache. — Bon! il est plus grand que toi de toute la tête.

léon. — Quand il le serait deux fois plus; je parie qu'il est sans courage. N'avez-vous pas observé qu'il devenait plus impudent à mesure que nous étions plus polis , et qu'il prenait un ton plus honnête à mesure que je lui serrais le bouton ? Mais je vais le suivre , et j'irai lui prendre Diane, en quelque endroit qu'il l'ait mise.

séraphine. — Votre peine serait inutile, monsieur Léon. Encore une fois, je ne puis le croire. Nous demeurons trop près l'un de l'autre, pour qu'il ait pu espérer de nous cacher son vol.

eustache. — Pourvu qu il n'aille pas la tuer , s'il l'a prise , de peur d'être convaincu de mensonge!

léon. — Il ne la tuera pas , mou ami ; c'est pour la vendre qu'il l'a dérobée

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