‹ Œuvres complètes de Berquin (volume 2)Chapitre 156 sur 264 · EDOUARD, CHARLES, ALEXIS · texte numérisé non relu

EDOUARD, CHARLES, ALEXIS

Edouard, revenant avec un grand gâteau, qu'il présente à Charles. — Tiens , voila qui l'appartient par-dessus le marche'

L UII UliS ENFANs.

Charles, le repoussant d'une main, et de l'autre se cachant le visage. — Non, non, c'en est trop.

Edouard.— Prends-le , je te le donne ; et ne crois pas que ce soit par le remords de t'avoir celé quelque chose !

Alexis peut t'en être garant.

alexis , en regardant fixement Charles.— Oui, je le suis à la face de tout l'univers. ( Charles s'essuie les yeux. ) Mais je crois que vous pleurez , M. Charles. Qu'avez-vous donc ?

charles. — Rien , rien , si ce n'est

que je suis un malheureux qui qui

vous a trompé.

Edouard. — Toi, me trtmper! Non c'est impossible. Ne sommes -nous pas amis dès l'enfance? fils de bons voisins et de bons amis?

charles. — Et c'est ce qui me rend plus coupable. Je ne mérite pas que lu penses si noblement de moi. (Il prend la main d'Edouard. ) Je puis cependant te montrer que je ne suis pas encore toutà-fait indigne de ton estime. II est bien vrai que je n'ai rien reçu de mon papa

eu bagatelles et en friandises, mais

mais ( Il fouille dans sa poche) voici

trois louis que je lui ai demandés à la place , et qu'il m'a donnés. Tu le vois , j'étais un trompeur , tandis que tu étais si généreux a mon égard. Voici la moitié de mon argent. Il t'appartient de droit. Seulement, par pitié , pardonne-moi ma coquinerie, et reste mon ami.

Edouard , lui sautant au cou. — Oh !

toujours, toujours! toutema vie ! Comme lu me ravis de plaisir ! non pas à cause de l'argent , car sûrement je ne le prendrai pas....

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