‹ Œuvres complètes de Berquin (volume 2)Chapitre 175 sur 264 · LÉONOR, DIDIER · texte numérisé non relu

LÉONOR, DIDIER

didier , s' élançant dans le saJon , courtvers M. Verteuil, lui saute au cou, et l'embrasse avec tendresse. — 0 mon cher M Verteuil, mon tuteur, mon père, quelle joie j'ai de vous voir.

Mme beaumont. — Que veut dire cette pétulance ? Est-ce qu'il faut étouffer ses amis?

L AMI DES ENFANS

m. verteuil — Laissez-le faire , madame. Les transports de sa joie me flattent bien plus que des révérences froides et compassées. Viens , mon cher Didier , que je te presse contre mon cœur. Quels doux souvenirs tu me rappelles ! Oui, les voilà, ces traits nobles, et celte figure aimable qui distinguaient ton père.

Mme beaomont. — Pourquoi n'avoir pas mis votre liabit de taffetas et votre veste brodée? On ne fait pas des visites eu frac.

didier. — Mais, ma tante, pour m'habiller il m'aurait fallu un peu de frisure. C'est un quart d'heure au moins que j'aurais perdu. Non, je n'aurais jamais eu la patience d'attendre.

m. verteuil. — J'aurais eu bien du regret aussi , je l'avoue , de voir un quart d'heure plus tard cet excellent enfant.

Mme beaumont. — Eh bien ! monsieur, vous n'avez donc rien à nous dire, à votre sœur ni à moi? Vous ne nous avez pas seulement souhaité le bonjour.

didier. — Daignez me pardonner, ma chère tante, j'étais si joyeux d'embrasser mon tuteur. (A Léonor, en lui tendant la main.) Tu ne m'en veux pas , Léonor !

léonor, sèchement. — Non, monsieur.

m. verteuil. — Veuillez l'excuser , madame, à ma considération. Je serais fâché d'être pour lui un sujet de reproche.

Mme beaumont , àparl. — Je n'y saurais tenir plus long-temps. ( A M. Verteuil. ) Voulez-vous bien permettre, monsieur? J'aurais quelques ordres a donner à la maison.

m. vf-rteuil. — Ne vous gênez pas, madame, je vous en supplie.

Mme beaumont , bas , à Léonor. — Est-ce que tu veux être témoin tle leur

insupportable entretien? {Haut.) Suivezmoi , Léonor; j'ai besoin de vous.

léonor. — Non, ma tante, je resterai avec M. Verteuil , s'il a la bonté de me le permettre.

m. verteuil. — Très-volontiers, mon enfant. {Madame Beaumont sort avec un air de dépit. )

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