CASIMIR , PROSPER
Ils portent des assiettes de gâteaux et de fruits, qu'ils vont poser sous le berceau voisin.
Casimir. — Où est-il donc?
prosper , tournant la tête de tous côtés. — Tiens , ne le vois-tu pas avec ses sœurs qui entre dans notre jardin ?
Casimir. — Ah! j'en suis bien aise.
Comme il va être content, lorsqu'il verra combien nous nous sommes occupés de ses plaisirs !
i'kosplk. — Bon! je parie qu'il le trouvera encore mauvais. Il est d'une humeur si singulière! Les fleurs seront mal choisies, le buis sera mai taillé, la terre trop sèche ou trop humide ; que sais-jc , moi ?
Casimir. — Oui; mais sais-tu que je
commence à te croire aussi grognon que lui. Je ne l'ai jamais vu tant d'aigreur.
prosper. — C'est lui qui me la donne.
Ses sœurs ont-elles jamais eu de plaintes a faire sur mon compte. Je ne demandais qu'a bien vivre avec lui-même. Tu sais avec quelle joie j'attendais son arrivée , et comme j'ai couru a sa rencontre pour le bien recevoir.
casimir. — Il est vrai; mais comme je le l'ai dit , mon frère , il peut avoir du chagrin. Il craint peut-être de n'être plus aussi aimé de son papa , ou que maman lui fasse moins d'amitiés qu'à nous. N esl-il pas alors de notre devoir de le ménager dans sa peine, de lui donner des consolations, et de le faire revenir dans nos bras par toute sorte de complaisances ?
prosper. — Tu as raison. Je n'y avais pas encore si bien songé.
casimir. — S'il est aussi bon enfant qu'on le dit, penses- lu comme il sera touché de nos caresses , combien son père et ses sœurs nous en aimeront davantage, et quel plaisir notre maman elle-même en ressentira. C'est de quoi mettre la joie dans toute la maison.
prosper. — Ah ! j'avais tort je le sens. Qu'il revienne, et je lui ferai tant d'amitiés, qu'il faudra bien quïl oublie noire querelle.
casimir. — Crois -moi, courons le trouver au milieu de nos fleurs. Elles feront la paix entre nous.
prosper. — C'est bien dit. Allons.
Donne-moi la main Mais le voici qui
revient.
casimir. — Vois-tu comme il a l'air content?