‹ Œuvres complètes de Berquin (volume 2)Chapitre 213 sur 264 · PRISCILLE , AGATHE , CASIMIR , PROSPER · texte numérisé non relu

PRISCILLE , AGATHE , CASIMIR , PROSPER

m. de fleury. — La voilà, mes amis, celle que j'ai choisie pour faire votre bonheur et le mien. La fortune que j'aurais pu vous laisser, n'eût été rien sans les dons bien précieux d'une bonne éducation. Nous nous sommes réunis pour vous procurer a la fois tous ces avantages. Il manquait aux uns une mère tendre , qui veillât continuellement sur les besoins de leur enfance , qui fût sans cesse occupée du soin de former leui cœur et leur raison , de leur inspirer de sages principes, et de cultiver leurs talens. Il man-

quait aux autres un père laborieux qui les avançât dans le monde, qui travaillât à leur donner un état, et à leui former des établissemens honorables. Vos intérêts étaient les mêmes dans celte union ; et c'est également pour tous que nous l'avons formée. Me promets-tu, chère épouse, comme je te le promets à mon tour, de regarder du même œil tous ces enfaus, de ne montrer à aucun d'autre préférence que celle qu'il méritera par son amour pour nous , et par sa bonne conduite?

Mme de fleury. — Ma réponse est pour toi dans ces larmes , et pour vous, mes petits amis, dans ces embrassemens.

(Elle tend ses bras aux en fan s, qui se pressent tous à l' envi sur son sein.)

m. de fleury.— Et vous, mes enfsns, me promettez-vous aussi de vivre toujours unis, sans querelles ni jalousies, de vous aimer tous , sans distinction , comme frères et sœurs. ( Ils se prennent tous par la main, et tombant aux genoux de M. et de mad. de Fleury, ils s'écrient tous à la fois :) Oui, mon papa, oui, maman, nous vous le promettons.

m. de fleury, se baissant sur eux, et les relevant. — Continuez , mes chers enfans, de vivre dans cette douce amitié. Ses charmes augmenteront chaque jour dans une Maison plus intime. Vous serez aussi heureux par les bienfaits que vous recevrez les uns des autres, que par les petits sacrifices que vous aurez la générosité de vous faire mutuellement. Chacun de vous , en jouissant de son propre bonheur, ne jouira pas moins de celui de son frère , qu'il regardera comme son ouvrage. Tous les gens de bien s'intéresseront à votre félicité ; et vos enfans vous récompenseront un jour, par leur tendresse, d'avoir si bien mérité celle de vos parens.

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