MAURICE
Mon cher fils ,
Orléans.
Ne t'afflige pas trop de ce que j'ai à t apprendre par cette lettre. Je voudrais bien te le cacher; mais je ne le puis pas. ion père est dangereusement malade- et sans un miracle exprès du ciel, nous allons le perdre. Ah I Dieu ! Dieu I mon cœur se brise, lorsque j'y pense. Depuis six jours je n'ai pas fermé l'œil; et je suis si faible, que j'ai peine à tenir ma plume 1 laut que tu reviennes sur-le-champ à la ma.son. Le cocher qui te remettra
cette lettre, doit te prendre dans sa voiture. Je t'envoie un bon manteau pour t envelopper, afin que tu n'aies point de troid en chemin. Ton père désire ardemment te voir. « Maurice! mon cher Maurice! si je pouvais l'embrasser avant de mourir ! » voilà ce qu'il a répété plus de cent fois dans la journée. Oh ! que n es-tu déjà ici. Ne perds pas un momenf a taire ton paquet. Le cocher m'a promis toute la vitesse possible. Chaque moment sera un siècle de souffrances pour moi jusqu'à ce que je te serre contre mon
cœur. Adieu, mon enfant, quele Seigneur daigne veiller sur toi dans ta route