‹ Œuvres complètes de Berquin (volume 2)Chapitre 24 sur 264 · MARIANNE , DOROTHÉE , FRÉDÉRIC · texte numérisé non relu

MARIANNE , DOROTHÉE , FRÉDÉRIC

Marianne, l'embrassant. — Ah! mon cher cousin !

dorothée. — Il mérite bien ces cares es pour les chagrins qu'il ii"us cause!

Marianne, lui tendant la main. — Je le vois , tout est oublié.

Frédéric — Ma chère cousine, je te

trouve donc toujours la même ? Tu n'as jamais été si sévère pour moi que ma sœur.

dorothée. — Si je l'étais autant que votre oncle , va...

Frédéric. — Avant tou'.es choses , que dit-il ? Es'-il donc vrai qu'il soit ti fort en colère contre moi ?

Dorothée. — S'il savait que nous <* cachons ici, nous n'aurions rien de mieux à faire que de vider la maison , et do courir les champs.

Marianne. — Oh oui ! garde-toi bien de te présenter sitôt à ses yeux: il serait homme à te fouler peut-être sous ses pieds dans sa première fureur.

Frédéric. — Que peut donc lui avoir écrit le préfet ?

dorothée. — Un beau panégyrique sur tes fredaines.

Marianne. — Mon frère en avait déjà touché quelque chose par la poste d'hier.

Frédéric. — Quoi ! Rodolphe a écrit?

Je n'ai donc plus besoin de justification. 11 sait aussi bieu que moi comment les choses se sont passées. Je lui ai tout confié.

Marianne. — Il n'y aurait qu'a te juger sur sa lettre !

Frédéric. — Je veux Aire un ccqu s .

si je ne suis pas innocent.

dorothée. — Ce n'est rien dire. Il faut bien être l'un ou l'autre.

Frédéric. — Et vous avez pu me croire coupable? Quel est doue mon crime?

d'avoir vendu ma montre?

dorothée. — ÎS'est-ce rien que cela ?

et qui sait encore si tes chemises, les habits....

Frédéric. —Il est vrai. J'aurais tout vendu si j'avais eu besoin de plus d'argent.

dorothée. — Voila une belle manière de le défendre ! Et passer les nuits hors de ta pension?

Frédéric. — Une nuit, ma sœur.

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L AMI DES ENFANS

Dorothée. — Et le révolter contre uu juste châtiment ?

trédéric. — Dis contre un outrage que je n'avais pas mérité. Quand je miserais soumis , j'aurais toujours conserve dans l'esprit de mon oncle la tache d'une faute. Et si l'on m'avait chassé, je n'aurais jamais reparu devant vous.

Marianne. — IVIaïs , mon ami. que peux-tu dire pour ta défense ? Il faut bien que nous en soyons instruites, pour te blanchir aux yeux de mon papa.

Frédéric. — Le voici. II y a quelques jours qu'on nous parla d'une foire dans le prochain village. Le préfet nous donna la permission d'y aller pour nous divertir, et pour voir les curiosités qu'on y montre.

dorothée. — Ah ! c'est donc en oranges et en pralines que lu as mangé la montre et ton Exercice du Chrétien ? ou bien a voir les singes et les marmottes?

Frédéric. — Il faut que ma sœur ait bien du goût pour toutes ces choses, pour croire qu'on puisse y dépenser son argent. Non , ce n'est pas cela. J'avais soif, et j'entrai dans une auberge, où l'on vendait de la bière.

dorothée. — Mais, c'est encore pis.

Frédéric. — En vérité , ma sœur, tu es bien cruelle. Laisse-moi donc achever.

Tandis que j'étais assis....

Marianne, prêtant l'oreille vers la porte. — Nous sommes perdus 1 Mon papa ! Je l'entends.

dorothée. — Sauve-toi ! sauve-toi !

Frédéric. — Non, je veux attendre mon oncle pour me jeler à ses pieds.

Marianne. — Eh non , mon ami ! il n'est pas jn état de t'enteudre. Par pitié pour moi

Frédéric. — Tu le veux?

Marianne. — Oui , oui . laisse - moi gouverner les affaires. ( Elle le pousse par les épaules vers la porte de l'escalier dérobé; la ferme tur lui, et revient. )

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