‹ Œuvres complètes de Berquin (volume 2)Chapitre 261 sur 264 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

M. DE CRESSAC , madame DE CRESSAC , JULIE, ADRIEN, THOMAS, JEANNE, SUZETTE, LUBIN.

thomas, courant. — Ah ! le malheureux ! Où est-il ? où est-il ?

suzette, montrant Godefroi. — Tenez, mon père, le voilà. (Godefroi épou-

L AMI DES EN FANS

vanté, se relire derrière M. de Cressac.

thomas. — Que vois-je ? {Suzelle et Lutrin courent vers Adrien, qui les présente à Julie. Jeanne se précipite sur la main de madame de Cressac, et la baise. Thomas se jette aux genoux de M. de ('.ressac, et les tient embrassés.)

m. de cressac, relevant Thomas. — Que fais-tu , mon ami? À mes pieds?

loi, mon sauveur, le sauveur de toute ma famille !

thomas. — Oui , monsieur, c'est une nouvelle grâce que vous me faites après tant d'autres. J'ai pu vous prouver combien je suis reconnaissant de tous, vos bienfaits.

m. de cressac. — Tu as fait pour moi plus que je n'ai fait, plus que je ne pourrai faire de toute ma vie

thomas. — Que dites-vous? C'est un service d'un moment. Et moi, il y a plus de huit ans que je vis heureux pai- vos bontés. Voyez ces champs, cette ferme , ce'st de vous que je les tiens. Vous avez tout perdu, souffrez que je vous les rende. Je vivrai assez heureux du souvenir de n'avoir pas été ingrat envers mon bienfaiteur.

m. de cressac. — Eh bien ! mon ami, je les reprends, mais pour te donner des champs dix fois plus vastes et plus fertiles.

La cassette que tu m'as sauvée contient la meilleure partie de ma fortune, et je te la dois. N'ayant plus de logement à la ville, je vais habiter mes terres , tu m'y suivras. Nous y vivrons tous ensemble.

Tes eufans seront les miens.

Adrien. — Ah ! mou papa I j'allais vous en prier. Voici ma sœur de lait Suzette, voilà Lubin. Si vous saviez toutes les amitiés qu'ils m'ont faites ! Je serais peut-être mort aussi sans leurs secours.

Mme de cressac, serrant la main de Jeanne. — Eh bien ! nous ne ferons tous qu'une famille heureuse de s'aimer.

jea.nxe. — Venez, en attendant, prendre quelque repos. Excusez-nous, si nous ne vous recevons pas comme nous l'aurions désiré.

thomas, regardant du côté de la colline. — Voici le chariot qui arrive , et des malheureux qui le suivent. Permettez-vous que j'aille leur offrir quelque secours ?

m. de cressac. — Ah ! je vais avec toi les consoler. Je suis trop intéressé dans 1 événement cruel qui cause leurs peines. 0 jour que je croyais si malheureux ! lu me rends bien plus que tu ne me fais perdre. Pour quelques biens que lu m'enlèves, tu me donnes une nouvelle famille, et des amis dignes de mon cœur.

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