M. DE BEAUVAL
MARCELL1N , son fils.
HEMUETTE, sa fille.
Madame DE JOENVILLE.
EMILIE, sa fille.
HUBERT.garde-chassedeM.DEBEAUVAL.
La scène est dans an champ qn'on vient de moissonner, et sur lequel il y a encore plusieurs monce»ui de gerbes. On voit d'un coté le château de M. de Beau val , de l'autre , des cabanes de paysans, et en général tout ce qui peut décorer un séjour champêtre.
EMILIE, tenant des deux mains, par *es anses , une corbeille pleine d'épis.
Elle va s'asseoir auprès d'une gerbe. — Allons, voilïi qui n'est pas trop mal commencé. Quelle joie pour ma pauvre mère ! I Elle pose sa corbeille à terre , cl re-
garde dedans d'un air satisfait.) Ce vieux. moissonneur I avec quelle bonté il m'a rempli ma corbeille! j'aurais eu beau courir ça et la tout le jour , je n'en aurais jamais ramassé seulement la moitié.
Que le bon Dieu l'en récompense ! Voici
l'ami des enfans.
encore quelques épis à terre : quand je n'en glanerais qu'une poignée ou deux... ( Elle enfonce des deux mains les épis dans la corbeille. ) Je les ferai bien entrer en pressant un peu ; et puis , n'ai-je pas mon tablier? ( Elle se lève, prend d'une main les deux bouts de son tablier, et s' apprête de l'autre à y jeter les épis qu'elle ramasse, lorsqu'elle entend du bruit. ) Mon Dieu I voici un homme qui vient à moi d'un air fâché ; je ne crois pas avoir fait de mal pourtant.
( Elle retourne à sa corbeille, la reprend et veut s'en aller.)