‹ Œuvres complètes de BerquinChapitre 117 sur 197 · SCÈNE vni · texte numérisé non relu

SCÈNE vni

MARGUERITE, seule.

MARGUERITE. — Je Serai peut-être bien à plaindre de cette aventure. Voilà que Valentin devient tout à coup un grand seigneur. Qui sait s'il nous aimera davantage , s'il ne rougira pas de nous regarder? (En laissant tomber quelques larmes.) Oh! si cela m'arrivait, je ne m'en consolerais de ma vie. Je l'ai élevé avec trop de soin ! je l'aime avec trop de tendresse! c'est comme s'il était un de mes propres enfans.

SCKNE IX.

THIBAUT, MARGUERITE

THiBAiiT, à M. de Verville qu'il laisse dans l'autre pièce. — Restez , restez. Je viendrai vous avertir quand il faudra.

( Voijant Marguerite baignée de larmes.) — Kh bien ! ma clière femme, qu'as-lu donc à pleurer?

MAR(;uERiTE. — Ah ! mon ami , c'est de plaisir et de tristesse tout ensemble que je pleure.

THIBAUT. — Comment as-tu donc l'habileté d'arranger cela?

MARGUERITE. — Je suis joycuse de ce que Valenlin retrouve ses parens , et de ce que ses parens le retrouvent. Mais nous allons le perdre, nous autres : voilà ce qui m'afflige. Et s'il allait nous oublier !

THIBAUT. — Quelle vilaine pensée l'est venue dans l'esprit! Nous oublier, ma femme ! aussi peu que nous pourrons l'oublier nous-mêmes. Tu ne le connais pas encore assez bien, à ce que je vois.

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