‹ Œuvres complètes de BerquinChapitre 119 sur 197 · RITE, VALENTIN NETTE , LOUISON · texte numérisé non relu

RITE, VALENTIN NETTE , LOUISON

M. DE VERVILLE, ouvrant impétueusement la porte, et courant se jeter au cou de Valentin.' — Me voici, mon Ois,

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me voici 1 Oui , tu es à moi , tu es mon sang , mon amour et ma vie !

THIBAUT. — Ne sois pas effrayé , Valentin , c'est la vérité. Monseigneur est ton père. ( Valentin, dans une profonde surprise, regarde tour à tour d'un œil étonné, M. de Verville, Thibaut et Marguerite. U voudrait parler, et sa langue reste muette. )

MARGUERITE. — Oui , mou cher enfant , tout vient de se découvrir. Il y a quinze ans que monseigneur pleure ta perte. C'est a nous de la pleurer aujourd'hui.

VALE>TIN , d'une voix étouffée. — Moi , votre fils , vous , mon père \ (Il se dégage de tous les bras qui l'entourent , se précipite aux genoux de M. de Verville, les embrasse, et couvre ses mains de baisers. M. de Verville jette ses bras autour du cou de son fils, et laisse tomber sa tête sur la sienne. Ils demeurent un moment dans cette attitude, muets et baignés de pleurs. )

M. DE VERVILLE , rcleVOtlt UU pCU SU

tête. — Dieu tout-puissant I quelles grâces puis-je te rendre pour ta bonté !

VALENTIN. — J'avais demandé mille fois au ciel de me faire connaître ceux à qui je suis redevable de la vie ; et c'est de vous que je l'ai reçue, vous qui venez de la rendre , par vos bienfaits , a ceux qui me l'ont conservée ! Que de raisons pour vous chérir , et pour chercher à mériter votre tendresse par mon obéissance et par mon amour !

M. DE VERVILLE. — Mon cœur me fait déjà sentir combien tu en es digne. Oui , mon fils , mon unique fils , ce cœur a toujours été plein de toi. Mais ta mère, quels vont être ses transports ente voyant !

VALENTIN. — Ah ! je vous en conjure , conduisez-moi vers elle. Qu'il me tarde d'être à ses genoux , et de la serrer dans mes bras !

M. DE VERVILLE. — VicDS^ moD ami.

je me reproche tous les instans queje fais perdre a son bonheur. Courons , volons.

THIBAUT, les air étant , et les prenant l'un et l'autre par la main. — Y pensezvous? porter la mort, à force de joie, dans le cœur de celte bonne dame ! i\on , non, il n'en sera pas ainsi. 11 faut commencer par boire un verre de vin pour nous fortifier le corps et l'esprit, autrement nous ferions tout de travers. Je me charge ensuite d'aller à la ville pour amener les choses de loin à madame , et la préparer à voir son enfant. Ah! mon cher Valentin, que tu seras bien aise de la connaître !

VALENTIN. — Je vais donc la voir aujourd'hui , après avoir craint si longtemps de ne la voir jamais ! Jene puis dire la tendresse que jesens d'avance pour elle.

MARGUERITE. — Et moi , Yaleutin , m'aimeras-tu toujours ?

VALENTIN. — Ah! si je l'aimerai ! je t'appellerai toujoursaussi ma mèrecomme elle. Si elle m'a donné la vie , n'est-ce pas toi qui l'as soutenue de ton lait , après que mon second père me l'eût sauvée? Que serais-je devenu sans vous deux? Vous m'avez fait plus de bien qu'il ne sera jamais en mon pouvoir de le reconnaître.

M. DE VERVILLE. — Quc dis-tu , mou fils? Ah! quand il devrait m'en coûter la moitié de ma fortune , je veux que ces braves gens...

THiBxi,r,imte}rompant avec vivacité.

— Et moi , je ne veux pas que vous disiez un mot déplus Ta-dessus. Votre amitié, celle de madame et de Valentin seront notre plus grande récompense. Je vous défie , avec toute votre richesse , de nous en donner une qui vaille pour nous cellelà. Mais, qu'attendons -nous pour nous mettre à table? Venez, monseigneur. Valentin , ici , à côté de ton père. Oui , je te comprends , va , Marguerite sera près de toi. La bonne créature, elle t'aime si tendrement ! ( Voyant que Marguerite s'essuie les yeux avec son tablier. } Al-

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Ions , ma femme, point de folie ; pourquoi ces larmes? nous ne sommes point perdus les uus pour les autres. S'il était devenu uu vaurien, c'est alors que nous l'aurions perdu , et qu'il aurait fallu le pleurer.

VALENTiN. rcqardanl d'un air aUcndri M. de Verville. — Vous le voyez, mon père, si je dois les chérir? ( // prend la inahi de Mnrcjuer'tte . qui ne peut retenir plus long-temps SCS pleurs, et se tache le visage, pendant que Vùlenlin luifaiimille caresses. )

THIBAUT. — Eh bien! finirez-vous? Ils sont aussi fous l'un que l'autre. Or ça, Marguerite, pour te distraire un peu, fais placer tescnfans, et porte-nousdes verres. ( Pendant que Marguerite s'occupe de ces soins, il se tourne vers M. de Ven'ille, et lui dit : Quand je vous disais tout à l'heure, monseigneur, que la vertu ae restait jamais sans récompense I Vous le voyez pourtant. A peine venez-vousdefaire une bonne aclion , que vous eu voilà tout de suite payé. Vous nous donnez des biens qui n'étaient plus à nous, et nous vous donnons un fils que vous croyiez perdu. ( // se levé; et s' adressant à George, à Jeannette et à Louison, qui, pendant toute la scène, ont gardé le silence , en tenant les yeux constamment fixés , tantôt sur M. de Verville tantôt sur Valentin. ) Et vous , mes enfans , apprenez à ne jamais désespérer du ciel, ni de vous-mêmes. Lorsqu'une inondation m'emporta , il y a quinze ans , ma cabane, la Providence me donnait au même instant de quoi m'acquitter un jour envers le bienfaiteur qu'elle devait m'envoyer. Aujourd'hui que la sécheresse semblait m'avoir ruiné sans ressource , elle rétablit au contraire ma petite fortune. Dieu se sert de tout pour récompenser ceux qui font leur devoir. C'est à deux fléaux des plus terribles que nous devons notre bonheur. Que cette leçon vous serve pour toute la vie ! Lorsqu'un homme

fait le bien , croyez-moi , que les malheurs le poursuivent , qu'il tonne sur sa tête , que tout s'écroule autour de lui , tant qu'il n'a rien à se reprocher , il reste ferme comme un roc, (en frappant du poing sur la table ) ou s'il tombe un moment , il se relève plus vigoureux .... Un coup de vin , monseigneur. (// saisit la bouteille, et remplit les verres à la ronde. ) C'est pour boire tous ensemble à votre santé.

MARGUERITE. — Oh ! avcc qucl plaisir!

THIBAUT. — Valentin , toi seul , tu peux lui dire de bouche : Mon père ; mais nous le disons tous de cœur comme toi : A votre santé, monseigneur!

TOUS A LA FOIS. — A votrc santé , monseigneur I

vALENTix. — A votre santé, mon tendre et respectable père !

M. DE VERVILLE. Ics lurmes aux yeux.

—Je te remercie, mon cher fils. Je vous remercie tous , mes enfans. Que le nom de père est un doux nom! (// boit.) Jamais vin ne m'a paru si exquis.

THIBAUT, d'un air gai. — Ni a moi non plus. Aussi je recommence. C'est pour toi, maintenant, Valentin. Ecoute, quoique tu sois devenu un grand personnage, je ne veux pas que personne t'appelle jamais autrement dans ma cabane En te nommant ainsi, nous sentirons mieux que tu habites encore au fond de nos cœurs.

VALENTIN . — Et moi . en quelque lieu que ce soit , je t'appellerai toujours mon père. ( Thibaut lui vrend la main et la serre. On boit à la santé de Valentin.

THIBAUT. — Ah ça ! monseigneur , je vous ai raconté comment nous avions trouvé votre'fils. C'est voire tour de nous dire comment vous l'aviez perdu,

M. DE VERVILLE. — Très-volouticrs, mon ami, puisque ce récit ne doit plus me coûter de tristesse. 11 y avait un an que j'étais marié, lorsque la guerre s'étant rallumée, je reçus l'ordre de partir avec mon régiment pour les Indes Orien-

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taies. Ma femme , malgré mes instances , voulut me suivre dans une si longue et si dangereuse navigation, après avoir donné le jour à ce cher fils, le seul que nous ayons conservé. J'avais un oncle, prieur d'une abbaye auprès d'Evreux. L'enfant fut confié a une nourrice du voisinage , pour qu'il fût à portée de veiller lui , et de nous en donner des nouvelles. Je n'en reçus aucune pendant les trois premières années. Inquiet de ce silence, je m'adressai à des amis que j'avais à Paris. Le plus zélé se rendit sur les lieux , d'où il m'écrivit que peu de temps après mon départ une inondation subite avait ravagé la contrée ; que mon oncle était péri dans le désastre, victime de son intrépidité ; que la maison de la nourrice avait été emportée la nuit par les eaux , et que mon fils avait perdu la vie avec elle. Ces nouvelles affreuses m'accablèrent de douleur ; et ma femme en fut sur le point de descendre au tombeau. A mon retour en France , je n'osai faire des recherches qui me semblaient si superflues, dans la crainte que leur mauvais succès ne réveillât des regrets amers , que le temps avait un peu adoucis.

THIBAUT. — Quoi! monseigneur, depuis six ans que je suis votre fermier, j'aurais pu finir votre tristesse ! Je ne me console point de vous avoir laissé si longtemps souffrir. Je vous ai si souvent parlé de mon bonheur, pourquoi ne m'avez-vous jamais parlé de vos peines?

M. DEVERViLLE. — Devais-jc imaginer que toi seul pouvais les finir? Et puis, je te l'avoue , je cherchais à bannir de mon esprit de cruelles pensées. Je craignais surtout de les rappeler en présence de ma femme. Ce matin même , lorsque ta voulais nous paiier de tes enfans , ne , te souvieus-tu pas avec quelle adresse j j'ai détourné la conversation sur d'autres j objets?

VALENTiN, se jetant dam les bras de

M. de VervïUe. — 0 mon père! combien je vais vous aimer pour vous faire oublier tant de larmes !

M. DE VERviLLE , l" embrassant . — X'cQ parlons plus, mon fils, puisque leur source est épuisée.

THIBAUT. — Se vous v fiez pas . monseigneur. Il vous en fera répandre toute votre vie ; mais ce ne seront plus que des larmes de plaisir. Vous êtes loin de le connaître encore. Quand vous aurez vu toutes ses bonnes qualités , il vous en deviendra mille fois plus précieux. Comme j'aime à vous voir si dignes l'un de l'autre!

M. DEVERVILLE , avec altendr'issement.

— C'est à vos instructions, mes braves amis, que j'en suis redevable. C'est près de vous qu'il a pris le goiit de l'honneur et de la vertu . J'ai le bonheur de le trouver tel que j'aurais désiré de le former molmême. Ah ! de quel prix pourrai-je vous satisfaire?

THIBAUT. — !\ous Satisfaire ? Oh I c'est déj'a fait dès long-temps , et Valentin lui-même y a pourvu. Xuil et jour il a travaillé de son mieux pour notre avantage. Croyez -vous que sans ses soins nos champs auraient si bien prospéré?

M. DE VERVILLE. — Vous perdrez donc beaucoup eu perdant ses secours ?

MARGUERITE. — Hélas I c'cst la satisfaction de l'avoir près de nous que nous aurons le plus à regretter.

vALENTix. — Non, mon père! je dois vous le dire . parce qu'ils vous le cacheraient peut-être , de peur d'exciter encore la générosité de votre cœur. Je leur devais bien tous mes efforts pour les soins qu'ils avaient pris de mon enfance, et je n'avais aucun mérite à travailler pour eux. Mais quelque laborieux qu'ils puissent être, mes bras leur étaient nécessaires. S'ils perdeut mon assistance, c'est à moi de les en dédommager. Tln'en est qu'un moyeu. Par bonheur il dépend de la première grâce que j'ai a vous de-

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mander, et que vous ne tne refuserez point dans ce moment de joie, n'est-il pas vrai, mon père?

M. DB VER VILLE. — Oui , mon Ois!

parle, demande. Il n'est rien que tu D'aies le droit d'obtenir.

vALENTi.N. — Eh bien ! je voos en supplie, donnez-leur pour moi ces champs, puisque je ne pourrai plus les cultiver pour euï.

THIBAUT, avec feu. — Que dis-tu, Valenlin?

M. DE vERviLLE. — Ce quil dit! Ah!

ce qui porte la joie dans le fond de mon cœur, en me prouvant combien le sien est capable de reconnaissance. Oui ! mon fils . je suis sûr maintenant de posséder bientôt ta tendresse, puisque je te vois si sensible à celle que ces braves gens avaient pour toi. Thibaut, reçois cette ferme des mains do notre fils. Je neveux point lui ravir lo plaisir de te la donner. J'y joindrai seulement pour ma femme et pour moi la métairie de Gervais, qui t'appartient aussi dès ce moment.

THIBAUT. — Arrêtez, monseigneur! arrêtez. Je vous demande grâce. Ne nous accablez pas davantage. Comment pourrions-nous jamais nous acquitter envers vous? Voulez-vous nous rendre ingrats malgré nous-mêmes?

M. DE VERVILLE. — Ne commeuce donc pas à lêtre. en m'ôlant la joie de reconnaître le don que tu me fais. Un fils ne vaut-il pas mille fois les biens que je t'abandonne? Parle, donnerais-tu le tien à ce prix?

THIBAUT. — Vous avcz toujours le secret de me confondre; ainsi je vous laisse faire comme il vous plaira. Ce serait un crime à nous de batailler contre votre bonté. (// se tourne vers Marguerite. ) Ma chère femme, nous étions ce matin hors d'état de payer la moitié de nos dettes, et voilà que maintenant nous regorgeons de richesses ! 0 mes enfans ! je

puis donc mourir sans être inquiet sur votre sort ! Et toi , Valentin , quand je te perds, je te vois pourvu d'un père tel que tu le mérites! Je crains que ma pauvre tête ne se dérange de tant de joie.

M. DE VERVILLE. — Tieus , Thibaut, il faut boire un coup pour la raffermir.

THIBAUT. — Voilà un conseil admirable, dont je veux profiter. (Après avoir rempli les verres à la ronde, il se lève , ôte son chapeau, et le fait tourner autour de sa ttie.) Allons, ma femme; allons, mes enfans, ( Voyant que George , Louison et Jeannette n'osent toucher à leur verre. ) Allons , vous dis-je , c'est un verre de reconnaissance. 11 faut le vider jusqu'au fond. Oui, Marguerite! tu as beau leur faire des signes , il faut qu'ils en passent par-là.

MARGUERITE. — Mais , moD ami! je crains....

THIBAUT , l'interrompant. — Tant mieux , ma femme ! je veux qu'il leur en reste une petite pointe dans la tête, pour qu'ils se souviennent à jamais de ce grand jour. Laissons-les boire largement à la santé de notre bienfaiteur. Lorsqu'ils penseront dans la suite à tout ce qu'il a fait pour eux , ils lui rendront , pour chaque goutte de vin, mille fois plus de larmes de reconnaissance et de tendresse. Pardonnez , monseigneur , ils ne sont pas encore d'un âge à comprendre tout l'excès de vos bienfaits ; mais laissez-les grandir. Aussi long-temps qu'ils jouiront de la vie , vous serez béni par eux et par leurs enfans.

VALENTIN. — Oui ! j'osc en répondra pour eux , je connais leur bon cœur ! 0 mes chères petites sœurs, et toi, mon frère , jamais je n'oublierai l'amitié que vous avez eue pour moi. (// les embrasse.) Mon père , vous me permettrez de ménager chaque jour sur mes plaisirs pour leur donner de quoi se faire un établissement.

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M. DEVERViLLE. — Doucement, je te prie, ne va pas sur mes droits. Je viens tout à l'heure de m'engager pour le trousseau de Jeannette.

VALE>Ti>'. — Eh bien! je me réserve George et Louison. Tu le veux, n'est-ce pas , ma mère Marguerite ? ( Elle lui serre la main, et ne répond que par ses larmes.) Tu le veux aussi, mon père Thibaut?

THIBAUT. — Comment pourrais-je te refuser ce qui paraît te faire tant de plaisir ? Oui , je l'accepte pour toi autant que pour moi-même. J'y mets pourtant une condition que je vais proposer à monseigneur.

Bi. DE VERViLLE. — Voyons , de quoi s'agit-il ?

THIBAUT. — Vous m'avez dit souvent que vous et madame, vous désireriez avoir une petite maison de plaisance dans cette contrée , pour y passer la belle saison. Le champ voisin est a vendre. Vous pouvez l'acheter pour y bâtir un petit pavillon à votre fantaisie. De cette manière , nous vous aurons près de nous pendant la moitié de l'année. Je parierais que Valentin prendrait de la mélancolie, s'il lui fallait toujours être emprisonné dans la ville.

M. DE VERVILLE. — Qu'eu dls-lu , mou fils?

VALENTiN. — J'en serais charmé , je l'avoue; je ne respire que l'air des champs.

M. DE VERVILLE, avec un sourire. — A la bonne heure. Tu vois, Thibaut, que je me rends plutôt à ta prière que tu ne l'as fait à la mienne.

THIBAUT. — C'est qu'il y a de la différence. Mais je n'ai pas tout dit. Ce terrain est assez grand pour y planter un joli jardin. Vous me regardez, monseigneur? Oh! vous ne savez pas encore tout ce que Thibaut peut faire. J'étais jardinier autrefois , et je n'ai pas oublié mon métier. Je me charge de vous arran-

ger votre parterre si joliment, qu'on vienne le voir de tout le pays comme une merveille.

GEORGE. — Je prendrai pour ma part de creuser les canaux et les fossés , de faire les terrasses, et de planter les arbres de vos allées.

MARGUERITE. — Et moi , je veux , avec mes filles , relever les plates-bandes , et les garnir de fleurs.

JEANNETTE. — IN'ous y porlcrons les plus belles de notre jardin.

LOuisoK, en sautant. — Oh, quand serons-nous à l'ouvrage !

M. DE VERVILLE. — Y pCUSCZ-VOUS ,

mes amis? 11 faudra donc que j'aille labourer vos champs , tandis que vous vous occuperez de mon parterre?

THIBAUT. — Ne pensais-je pas que vous auriez encore la malice de me contrarier? Ecoutez, monseigneur, nous eu serons plus expéditifs à notre ouvrage. Et puis, le meilleur temps pour travailler a votre jardin , c'est justement la saison où il n'y a presque rien à faire dans les champs. Quoique Valeutin soit maintenant un seigneur, j'espère qu'il voudra bien nous aider. Ses mains sont accoutumées à manier la bêche, et travailler pour vous sera son plus grand plaisir. Laissez-nous faire. Chacun s'emploiera de bon cœur à sa besogne ; et tout sera fini avant que vous ayez eu le temps d'y songer. Mais voi.-i le brave Gervais. Que nous veul-il? {Il se lève , court à lui , et le prend par la main.)

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