‹ Œuvres complètes de BerquinChapitre 126 sur 197 · HEUREUX LE PERE D'UN SI BON FILS · texte numérisé non relu

HEUREUX LE PERE D'UN SI BON FILS

Myrlil ayant ramené des champs son troupeau, était allé, un soir, se promener dans la prairie voisine. Le calme profond des campagnes éclairées par la douce lumière de la lune, le souffle d'un vent frais , et les tendres accens du rossignol , le retinrent long-temps plongé dans une rêverie délicieuse. Il revint enGu vers sa cabane; et comme il passait sous un berceau de pampres verts qui en décoraient l'entrée, il trouva son père qui sommeillait paisiblement au clair de la lune. Le vieillard était couché sur le gazon , tenant sa tête blanchissante appuyée sur une de ses mains. Myrtil s'arrêta devant lui. les bras croisés contre sa poitrine.

Sa vue restait constamment attachée sur son père. Seulement il regardait de temps en temps le ciel à travers le feuillage, et des larmes de joie coulaient de ses yeux.

0 mon père, dit- il ! toi que j'honore le plus après les dieux, comme lu reposes doucement ! Que le sommeil du juste est tranquille! Tu as sans doule porté tes pas chancelans hors de ta cabane pour célébrer le soir par de saints cantiques , et le sommeil t'aura surpris après ta prière. Tu auras aussi prié pour moi.

Ah ! que je suis heureux ! Les dieux t'écoulent d'une oreille favorable ; car , autrement , pourquoi notre cabane serait-

CHOIX DE LECTURES

elle ombragée par des arbres courbés sous le poids de leurs fruits? Pourquoi la bénédiction du ciel serait-elle sur nos troupeaux et sur les productions de nos champs ? Lorsque, satisfait de mes faibles soins pour le repos de ta vieillesse, tu verses des larmes de joie ; lorsque, tournant tes regards vers le ciel, tu me donnes ta bénédiction d'un air content, de quels doux senlimens je suis pénétré I Encore aujourd'hui, quittant mes bras pour aller te ranimer à la chaleur du soleil : Mon fils, disais-tu, que le ciel, pour te récompenser, te fasse vivre à jamais heureux dans ces campagnes chéries ! Mes regards aftaiblis n'ont pas en-

core long-temps à les parcourir. Bientôt je les quitterai pour d'autres campagnes

plus heureuses Ah, mon père! Ah,

mon meilleur ami ! je vais donc bientôt te perdre.... Il se tut un moment, et regarda le bon vieillard avec des yeux mouillés de larmes. Mais non, reprit-il, ta vieillesse est encore robuste. Les dieux te laisseront encore sur la terre pour faire le bien, pour m'apprendre à le faire, quand tu ne seras plus. Il dit, ei craignant pour son père les vents frais du soir et la rosée humide , il lui baise le front pour l'éveiller doucement, el le conduit dans sa cabane pour lui procurer un sommeil plus commode.

LA SAIGNEE.

PERSONNAGES

M. DORMEL.

Madame DORMEL.

DORMEL l'aîné, fils, égé de 20 ans.

SOPHIE , flile de M. DORMEL , âgée de i 8 ans.

DORMEL le cadet, âgé de 6 ans.

Le comte de SAINT-BON.

Un laquais du comte, personnage muet.

La scène est à Paris, dans la maison de M. Dormel.

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